‹ L'Angleterre, la Chine et l'Inde (volume 2)Chapitre 13 sur 19 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

Des missions chrétiennes en Chine.

Je M p«is aller plm mrâot saat psrlaf «n peu <)cs mlttlMi» ^édebnes. BMes ont e« eb Cblile crote épeqaet bien disllDctétf.

Les Msiorkns, ainsi qu'il conste par le mùimment défi ehé de Si6g« Àafi^f» et par é^Mitres données, k>iii de irocnrer de ropporitkm, Ai^ivi proiégés par le» smiferaim de la Cbtoe ; mais il» déchurent piii» lard, cft disparurent enfin lors de Finvairimi de» Tartare»-ilIoBgo]s« arec lesqueh if hitrodiilsit en Chine rislamisme. Toutefois^ il n'y eut pus de persécution contre le christianisme considéré comme secte reUgrense ; Marco Polo n'eût pas inanqoé d'en faire mention , pnisqn'H parle des nestoriens et dé qîsatre de leurs églises qu'il Tisâla. Il raconte en outre que, contre Kublaîkhaii, se sonlera un prince appelé Nayan» lequel était chrétien baptisé, et amt dans son arniée beaucoup de chrétiens ; que dans ceRe circonstanceles bouddhistes et tes morahu^» se moquaient des chrétiens^ parce qœ leur Dieu ne les avait pas aidés ; qne ceux-ci étant allés s'en plaindre à kublaî-khan, ce prkice les eonsiria en leur disant que leur Dieu n'avait pas aidé Nayan parce que sooentreprise était crkiinelle j et il <k^fendit aux musul^ ttans et aux bonddbistes^demolesier désornuâs les chrétiens^ Il est 1^ croire; qae les nestoriens de Chine, ne pouvant communiquer avec leurs chefti spôitneis de Mésopotamie, à cause des guerres que h famille deTcbinguis atluma dans tonte FAe^, décHnërent â*evx-<m6mes et allèrent perdant le terrain qu^ils af aient gagné, Jusqu'au point de s'éteindre entièrement. ' &i ce résultat contribua sans doute Tairivée de diverses mission» caiho<« Hques, qui vinrent par la voie de 1» Tartarie, et qui furent très^t^ien atccueilties par les empereurs mongols de la Chine; Peut-'être le terrain leur avait-it été préparé par Marco Pbfo, qui alla en Chine en 1260, fut chargé de pimsleurs affaires importantes , et mspira une telle affection à Kubfaî^ khan, qu'il eut beaucoup de peine à obtenir de lui la permission de revenir en Burope«

Jean de Honte-Corvino fut le premier missionnaire catholique qtii strhtt h Pékin, en 1290, et, malgré la guerre que lui firent les moines nestoriens, il s'établît solidement, éleva deux églises et convertit plusieurs Tartares et qnekiues neetorien» haut placés. En ld08, il reçm un renfort par l'arrivée de trois religieux franciscains qui lui furent envoyés de Rome, et qui le sMfèrent évéque de Pékin. Parmi lei» personnes quf il convertit, setrouvriit

une riche dame arménienne, qui bâtit à ses frais, à Han-cheo-fu, une magnifique église, à laquelle Tévêque Monte -Gorvino donna le titre de cathédrale. Plusieurs autres missionnaires arrivèrent successivement à la cour des empereurs uiougois , qui , non contents de les proléger constamment, leur accordaient tous les mois un secours d'argent. Cet état de choses si favorable se modifia lorsqu'un Chinois, en 1367, leva une armée, chassa les Tartârcs et fonda la dynastie des Mings. Sa politique fut de couper toute communication avec la Tartarie, qui était la route par laquelle les missionnaires se rendaient alors en Chine. Cette circonstance, jointe à ce fait que. les souverains mosagols avaient toujours protégé les chrétiens, fut cause de. la con^plète ruine des missions en Chine. Celles de Tartarie éprouvèrent plus tard le même sort, quand TÂsie devint la conquête du fameux Timour (Tamerlan), qui était un musulman fanatique.

Nous venons de voir la lumière de FÉvangile s'allumer deux fois et s'éteindre deux fois en Chine ; le christianisme devait y être apporté une troisième fois, mais p^r la voiç de iner et non plus par celle de terre.

£n 1698, les Portugais doublent le cap de Bonne-Espérance, et, bientôt après, quelques-uns d'entre eux arrivent jusqu'en Chine. Vers 1550, saint François-Xavier fait des efforts pour entrer dans l'empire, et meurt (1552) dansl'ilede Sancian, appelée aujourd'hui parles Anglais S. John. Deux autres missionnaires plus heureux, les jésuites Michel, Roger et Matthieu Ricci, parviennent, en 1580, è établir une mission dans l'intérieur, et, plus tard, pénètrent jusqu'à Pékin, où le dernier, grâce à son habileté comme hor« loger, comme musicien, comme constructeur de cartes géographiques, se fit une position importante.

Marco PqIq, l'évêque Monte-Corvinq et tous les missionnaires qui étaient passés par le pays des Tartares- Mongols pour aller en Chine donuaient à cet empire le nom de Cathay, et à Pékin celui de Kanbaiih^ c'est-àdire résidence du khan. Lorsque les Portugais arrivèrent à Macao et à Canton, ils appelèrent le pays entier Chine, et sa capitale Pékin,' mai qui en chinois veut dire capitale ou cour du Nord, comme Nankin signifie capitale du Sud, Quant au mot Chine, on n'en sait pas exactetement l'origine; car les Chinois eux-mêmes ignorent cette dénomination. Ce n'est pas ici le lieu de reproduire toutes les conjectures qui ont été faites sur ce sujet ; mais j'en présenterai une, parce qu'elle m'est propre et que personne n'y a songé. Il y a , sur la côte septentrionale de l'empire, un grand port avec une ville, capitale de la vaste et populeuse , province de Chan-tung. Lorsque les Chinois prononcent le nom de cette ville, qui s'appelle China-fa, ils font entendre exactement le mot china^ comme les Portugais le prononcent pour désigner la Chine.

Matthieu Ricci, dès qu'il eut résidé quelque temps à Pékin, commença

à soupçonner qoMi était dans h Tille que Marco Polo et Monte-Goriâo appelaient Kanbalik, et par conséquent dans le pays quHls' nommrâBt Cathay. Une'polémique s'engagea sur ce point, et voici le moyen que Ton prit pour découvrir la vérité. Il partit de THindoustan une expédition de missionnaves qui> traversant TA^banislan, devaient aller se placer sur la route des anciens missionnaires qui allaient de Rome au Gathay et à Ran^ balik ; et puis continuer leur route par la Tartarie. De toute l'expédilion; il n'y eut qu'im seul missionnaire, le P. Goes, portugais, qui, accompagné d'un fidèle convers, arriva an Gathay, lequel se trouva être en eiet k Ghine des missionnaires de Macao ; il envoya à Kanbalik un message auquel répondirent ses collaborateurs évangéliques de Pékin, et à peine avait-il goûté le plaisir de voir positivement résolu le grand problème qui lui avait fait entreprendre un si gigantesque voyage, qu'il mourut par suite des* fatigues et des inquiétudes inséparables d'une semblable entreprise. On demeure frappé d'admiration devant la hardiesse et la persévérance de ces missionnaires, et il est incontesuble qu'indépendamment des résuluts reli* gieux, ils ont rendu d'immenses services à la science et à la civilisation.

Les missionnaires de cette troisième époque épronvèr^t beaucoup d'aï* ternatives. D'un côlé, leurs relations intimes avec les Portugais et les autres commerçants européens leur étaient on ne peut plus nuisibles ; car ceux-ci portaient singulièrement ombrage au gouvernement impérial à cause de leurs conquêtes dans l'Indo-Chine, et plusieurs mandarins ne c(mi<* sidéraient les missionnaires que comme des agents et des espions politiques. G'est ce qu'on peut voir dans l'important ouvrage Le christianisme en Chine. « Dès l'origine^ dit son savant auteur (1), ils (les mandarins) ont été persuadés que le but bien arrêté des Européens, en venant en Ghine, était de s'emparer du pays. » Et, à ce sujet, il fait un récit que je vais reproduire, récit qui ne sera pas sans intérêt pour le lecteur :

« Â l'époque où le christianisme pénétrait jusque dans les rangs de la famille impériale , il se formait à Macao un sombre orage qui menaçait de ruiner la colonie portugaise et les missions catholiques de la Ghine, Les Hollandais, jaloux des hardies et glorieuses expéditions des Portugais dans les Indes , envieux surtout des richesses qu'ils y amassaient , avaient armé de nombreux navires pour exercer la piraterie dans les mers de l'extrême Orient. Ges forbans audacieux portaient la désolation dans les Molnques et dans les tles du détroit de la Sonde. Non contents de ces riches pillages, ils équipèrent une flottille et tentèrent de s'emparer de nie de Formose. Ayant été vigoureusement repoussés par les Ghinois, ils jetèrent les yeux sur la petite colonie de Macao. Les Portugais, qui

(1) Tome II, page 82. .

•vit«it cfloma^sâflce dto ienrs projets liostiles^ âinipèi^iità se fartifier. iliS fistttfrattérenl. atec ai^enr une épaisse maraHle smr les bonk escarpés de bIncT, ain de repouaser pl|» facitement les attaques des pintes holIandaiSr t'Ua se présentaient. : \

.: . « Les CUaois, toajûars ennenns des étrangers, proôtèrent de cette ocêa^ sion t>our se sbalever. lis prétendaient qne les Portugais vonlaimit s'empa* rer de Tempire; qu'ils avaient déjà édevé pli»sieura dtadélkSs, car ils appdaieDt -ainsi les é^es récenuumit construites « et que maintenant ih se fortifiaient du côté de la mer. Ils allaient jusqu'à dire que le P« Cataneo h«ait été désigné ponr être empereur. €e missionnaire « qui de^is qud^ Que .temps était retourné k Macao, avait arnsérvé le costume chinois» éteneÉ iasiélwkit qu'il se tenait prêt à se mettre en campagne. Ses capi-* taines «t ses nominreux partisans étaient déjà dans l'intérieur et occupaient dès peints stratégiques d'une grande importanca On voulait parler des résidences chrétiennes de Tchao-tcheou et de Nan^tchan^-fou , de Nankin et de Pékin. Ces bruits ridicules ayant été malicieusement répandus de tous o5ié8, la popalaee s'insurgea, s'arma de piques et de bambous, et courut assiéger l'église portugaise, que les Chinois s'obstinaient à considérer comme une forteresse. On y niit le feu et on U pilla. Un Portugais, ayant arraché à un Chinois un tableau de la Vierge qui avait été mi» ot, bmbéaux, en fil. une sorte d'étendard et parcourut la ville pour excitev ses compalriotes à la vengeance. Les Portugais, les nègres surtout^ à la vue de la sainte image, se formèrent en bataillon , et le zèle refigièox exakant leur éaei'gte et leur courage, ils se précipitèrent sur les païens et ks mirent en fuite. Usant ensuite de représailles, ils allèrent saccager le palais des mandarins, et se saisirent du principal agent de la séditiod, ^'iis emprisonnèrent dans le collège, après l'avoir accablé de codpsdâ bambou. Le^ magistrats de la ville voisine, nommée Hian-Cban, Montagne des Parfums, se concertèrent avec l'autorité portugaise, et l'ordre fut rétabli. : » Cependant le feu couvait toujours sous la cendre, et un lettré trouva moyçn de rallumer l'incendie. Jl publia un écrit sur la future invasion des étrangers. Dans ce roman plein de fiel et de malice, le P. Cataneo était toujours représenté comme prétendant à l'empire. Il avait visité à dessein les principales villes de la Chine, depuis Macao jusqu'è Pékin. Les l>optes par terre et par eau lui étaient parfaitement connues, il savait l9 langue chinoise, et durant plusieurs années il s'était habitué aux mœurs et 91QX usages du pays. Il avait déjà dans l'intérieur un grand nombre de partie ^ns ^ et il n'attendait plus pour agir que l'arrivée d'une flotte considérable partie depuis longtemps de l'Occident.. Les Japonais et les Malais de la Sonde devaient être ses auxiliaires» Ces armées formidables allaient arriver au premier jour, et c'en était fait des pauvres Chinois de Macao ; le peuple

itKntiferstft éliffl*e )^ ^Mahis <êès BarMtés. C^Mtte , ré|)aAdù avec pitilà^^ iet^évof^ })tt'»la MltfMt«dë , étêlta ^ttné têiireur 'pm^tté jpiittiii % "po^tnfii^ tinta âb tàtm>. CbftdCiii m ^èâ ffitilés éi s^s pkqillêftis, et McM^t Wifl6s 1^ ImM^ HshiïÈoïêes, Sommes, ^fëmïaes 'èt^éribntô, tont âlépai1]t%tj»ë s^ii à Qmm. la tter éruft ^îHémiée 4è Jèfl^ès faisant )è 'sativè^ 'de de tiiaIkM[i«tfx^p]e. OU ïie pressait, 4»n crMt, 1è rivage était eMMiWè'flè m«tiA)lés ât le^Ae ^Ôi^tèi on dât 4!t iqùe la hinetisè floltè itait en V4è lA ifii'cm n'tivaît "plus le temps *è se riiettt^^ Tabrl ï)am^€l(itr* JtwA il 4* ï^eôla ^Itts II Macao qoe les ï^ortngans A tenrs *è!icSaf es «fêlures.

% Lièrtqïie ces "bânctes de W^ptclç ^ttivèi'éît i tlafiitôtt , tÏTèS ëofeîftàifr- (^êM^Htète ^Me ënfti^e l^tiVàrttt adnt èïlés étaicfrtt bdùl^èrtéiés. Lëî «Mfgîstrtite , les tobiHdbnùs de teï¥è et âe infer, îe petiple , tons )es habitante «fe id Vffle-, dfepBfe le i1ce-h)i juscfù'^ià déWiier dès ptjrtéfti*, tont lé lâ^ÉdefttC eontakien l(}n'oii ilS^ hïëiMt devénfir h pMe dél^ diables èbèi^ dentaux. Ow èonvo^ ia milice , on arma les Jotoqués de gneh^, ttt Veh^A for(^ les'ifcorps^^éte Igèffdetïtii 'tfeiftèùt Jont-H ihiîl iià hâirt ii* rempli-* , t/t; afin de mieux Àe ^ptêpïïttt à h ^^ense, ùh fit bbàttt^ tontes lèè teaisMi^ Mtàes en 4èlKMf<ë des tenraSlës du tôté dd Aeuvè. 1) y en ^t , Sît^n , {Ans de mSH^ ^ ftirèfifi déaM)Iî^%le lénd M tbAible. 'Pôtrr pins de ilflMté'dd fit ttsfarek- à gif«nit «et à èhanic lés p^tëè «te eétte jpîti^ dé îa Ville , ik Vkih pttblia dans to^s tei ^ak'tiers un édlt ^r )et|nd il *éhitt *ékpre^me^'dlê«' fenduà «Mft elM^n dé i*0c^o# «ans fis» t)lai^on^nëun habitait Ite fihicé^^ Ht pàfoe qlre, lj<MHa!ft Tl^, 4'^ d'énac, homme Ko^HM'oè CÛs^ttiniéb), h vedi «'emparer de r^emiÀ^è. k k^e vk&-r<N , ne se c^tétiftanï pas ^ ces fon&iddbtefe pt^eMMons, ^pédîk «été êsttféèté à ÏPékfn, ^r àVek-ffirempèi^iiff du Allg€Éf ^1 9ë toéha^it; Les mii»?onnM^e8 de h ^jjftfM èurem beatitonp à eenSHr de èetté étonnante HlfAire, <|ài fat bâi" K ^iMe d^anéantir tcMves les mfteidns de h Ohinè;

toXes Pi)^t«lgaisde Màéâo é^ent déhs là situation la pins crUi^é. Nét^ sisulement leur eoaii&erté dveè lés Ctaiiioîs avait eessé , knais ils éféSénl entofe «lienal;^ de mourir de faim , car Maeàb étant un rbthër stérile» 1^ habitants de la colonie n'ont pour ^'alimenter d'autreé r^fesob^ctes qtté K* proTiUtons apportées pai^ les Chihois de tiian-chaâ et de Canton. liés âubcM rîKs&B portugaises ptitièùi donc le parti d*ienvoyëi* à Canton iibe M^-UtihiMë ambassade pour exposer au vice -roi combien ils étaient éloignés dès vdéé ambitieuses qu'on leur supposait II ne leur fbt pas difficile de pt'OuVer qu'une poignée de marcbands ne pouvait soiiger I s'emparéi* dé rfimpirë Gélesie, Il y eut dôs lors un rappt-ochement , et il fut pfefmis à qdel^ocii Chinois de retourner à Macao à titre d'èssâi et pôut» exàittiner les affâhiBk stu' le» lieux mème&

» Aussitôt que la nouvelle de cette réconciliation circoh dans la Tille de Canton, il y eut parmi le peuple un mouv^ement séditieux, car on se plai* gnait amèrement que, sur un vain prétexte, le hai-teoo, ou grand chef maritime , eût fait abattre tant de maisons. On réclamait à grands cris des indemnités, on voulait enchaîner le haï -tenu et renvoyer à Pékin pour y être jugé et condamné. Celui-ci soutenait, pour se tirer d'embarras, qu'on n'avait pas cédé à une vaine terreur, et que les étrangers avaient réellement le projet de bouleverser l'empire et de renverser la dynastie.

» Sur ces entrefaites arrive à Canton le frère Martinez, de la mission de ^'an-lchang•fou. Ce jeune Chinois, natif de Ma'cao , avait fait ses études au collège pour entrer dans l'état ecclésiastique. Après avoir reçu les premiers ordres, il avait été envoyé dans l'intérieur, afin de se former, en la compagnie des missionnaires, à la vie apostolique. Le recteur de Macao l'ayant rappelé depuis quelque temps, il arrivait à Canton au milieu de l'affreux désordre que nous venons de raconter. Martinez était tourmenté par une fièvre violente. Au lieu de continuer sa route jusqu'à Macao, il voulut s'arrêter un peu chez les chrétiens de Canton pour se reposer et attendre que les affaires prissent une tournure plus pacifique.

» Un néophyte devenu apostat, et par conséquent furieux ennemi des chrétiens, ayant appris l'arrivée du frère Martinez, alla le dénoncer an grand chef maritime , en disant que ce Martinez était le lieutenant et l'espion du P. Cataneo , le prétendant à l'empire, qu'il avait été préparer rinsurrection danstl'intérieur, et qu'il arrivait pour tracer la route aux armées étrangères attendues à Macao. Le grand chef maritime , qui cherchait à se disculper aux yeux du peuple de la démolition des faubourgs, fut enchanté de recevoir une semblable accusation, et envoya ses satellites s'emparer, pendant la nuit , du frère Martinez. Ce pauvre conspirat^r était dans son lit, accablé par un violent accès de fièvre. 11 fut contraint de se lever, ainsi que les autres chrétiens de la maison. On leur lia les mains derrière le dos, et on les conduisit, à la lueur des torches et avec d'horribles vociférations, jusqu'au tribunal du haî-teou# Aussitôt qu'ils furent arrivés, on les appliqua tous à la torture , c'est-à-dire qu'on leur pressa étroitement les pieds entre deux poutres et qu'à chaque question les bourreaux frappaient sur les poutres à coups de gros maillets. Le frère Martinez endura héroïquement cet horrible supplice , et ne cessa de protester de son innocencew"

» Le juge était sur le point de le renvoyer absous, lorsque son accusa* teor, le néophyte apostat , se présenta et dit que Martinez était réellement un dangereux conspirateur ; qu'à son arrivée à (Canton il s'était empressé d'acheter de la poudre, et qu'un enfant de la maison où il logeait pouvait en témoigner. Cette nouvelle accusation ranima la colère du magistrat. On

ic v«nir l'en&nt et on Fiateirogea. Dans la kii^e cbmoise y le mène caractère, yo, peut signifier à la fois poudre à canon on poudre de nvôdecine 9 il suffit pour exprimer Tua ou Tautre d'iHie légère différence dans rintpBation* Le juge demande à Tenfant ce que Marlinez a acheté en arri* vaut à Canton. U répond naïvement qu'il a acheté du yo (de la poudre de médecine). Vous l'entendez , s'écrie l'accusateur, il a acJaeté du yo (de la poudre à canon). Martinez se défend et explique qu'il avait en effet acheté des médicaments pour se délivrer de la fièvre. Le lémoin, interrogé de nouveau , confirme ce que vient de dire Taccusé ; miais le juge ayant fait serrer les doigts de l'enfant entre. deux bambous et le m^açant des plus cruelles tortures » le força de déclarer que le yo en question était effectivement de la poudre à canon. L'accusé fut alors soumis à une cruelle flagellation et condamné à mort. Avant de subir le dernier supplice, il devait être encore interrogé et torturé par le vice*roi. Mais son corps avait été si impitoyablement déchiré qu'il ne présentait qu'une seule grande plaie tout ensanglantée. -Pendant qu'on le traînait au tribunal du vice-roi, il expira sur Ja voie publique, le 31 mars 1606, à l'heure même où le Sauveur des hommes était mort sur la croix pour le. salut do monde.

« Les craintes d'une invasion étrangère ne s'étaient pas encore apaisées. Le viee<roi commanda au généralissime des troupes de la province de mettre sur pied son armée et d'aller faire le siège de Macao. Le prudent généralissime , avant de se mettre en campagne , jugea à propos d'envoyer un de ses lieutenants visiter oflbîiellement la colonie portugaise et examiner l'état des affaires. Ce haut fonctionnaire , homme sage et modéré , s'acquitta sincèrement de sa mission. En arrivant à Macao , il se rendit au collège des jésuites , où il depaanda à voir ce redoutable Ko^ti-niou qui aspirait à devenir empereur du Céleste Empire. Le P. Cataneo, qui avait une physionomie assez débonnaire, lui fit visiter la maison, afin de bien le convaincre que ce n'était pas un arsenal rempli de munitions et de madbines de guerre.... Voilà, dit-il en loi montrant les livres de la bibliothèque, les armes avec lesquelles j'ai le projet de soumettre l'empire. — ^ Le mandarin sourit et ne parut pas très-^rayé. L'ayant ensuite introduit dans la salle d'étude, où il y avait. quelques séminaristes silencieusement occupés à lire et à écrire : Yoilà, ditril, l'armée qui doit combattre sous mes ordres et m'aider à monter sur le trône impérial. — Le lieutenant fut tout à fai(« rassuré. Après avoir visité les églises, les monastères. et les divers éta-blissements de Macao, il s'en retourna à Canton, bien convaincu que l'histoire de cette formidable et prochaine invasion n'était qu'un roman.^ Ayant rendu compte de sa mission aux autorités de Canton , le désarmement s'effectua peu à peu, la paix se rétablit, et les relations commerciales entre les Chinois et les Portugais reprirent leur cours habitud. »

ïifkmeai p«t «m^l nMknles iiu'tn pourrait le. croire au iprcmicr «iKMid. ^ qu'on vieot.âelktd arriva loraqua le:#ortugal «C TËspagoe éflaîent rémiig flons le floeptre Ae Philippe II, fomunt aiM une. puissance inuqM, ^ûA possédait toAte T Amérique du Sud, y compds le Brésil, phisieurs çéisAB cbm^rinde et mr \e délrokée Idaiacoa « les PhiKppiiiefi^ les MatiaMes^ éou

Trois 00 qu9tlre ans avant l'incident i^e rapporte rabbé'Hiic, 23sû^€hiv noM ament été ^asésau 61 de l'épée aux PhittppiBeB pour 8^étre9OiÉl]0r6»i afroir aiasàacré iMmuGOup d'Espa^ols et assiégé la capitale ^ Maoilie, mèfm arec assaut, bien, que sans succès. On >étak ^énéraleaM»! convmm aux Phitippioes que cetie insnrrectioii avait été tramée et disposéeisar quelques mandarins vesus peu de temps auparavant à Alaniile, et qui y à la faveitr d'un prétexte, a^Tàlent obtenu de visiter les fortifications, spécialetnieHt le fort déCeadaot l'entrée de la baie eppeié C^viu. Les cknmiques^ooiitBOi^ pondues rapportent que les autorités de Canton tenaient Soute prête «ne expédition de 100,000 bommes pour aller s'emparer des PhiHppiBes. Peu de temps après, k gouverneur général de cette colonie, ayant reçu des renforts d'Am'^ique, équipa une grande flotte pour attsr couquàir .les M«lnques, coïnme il les cotiquit en e&t, y laissaot desigomisons, et faisant prisonnier le roi, qn'ii amena à Manille. Cette expédititn^ ^i dut Mrê très^considénkble* smit de Maniik en i60i6 (même abnée de i'a£<« faire du P/ Çataneo) , et il est probable que les autorités de Gemton cnu« vent qu'elle était préparée contre la Chine» et qu'elles allaii^nt la voir paraître d'un imteent à l'aptre» Il n'est donc pas étonnant qu'elles s'ato^ nia$ientiaaternfint, persuadées, oonuiae elles devaient réire,.qtte I4 dich pQDitiOn d<é ces ptiîssant9 étrangers, déjà soiidement^établis è Maoao^ était de pourauii^re la conquête naiverselle. A cette époque,. Macao possédait d^k la fo^rteresise dite du Mmit (del Monte) et trois autres. forts*

Malgré ces contrariétés, qui se i^eproduisirent souvent sous diverses {aripes, les missionuairep gagnèrent du tqrratn» et finirent par arriver à ua degré de prospérité qui dépassa t|j|iates leurs espérances» D'un côté 1^ plusieurs bauts mandarins, pleins de l'idée qu'ils se faisaient de la gran-^ deUr de leur pays^ et n'ayaat qu'un souverain mépris pour ces nationa étrangères t si insignifiantes à leurs yeux, ne daignaieiat pas s'arrêter à des «peftsées de crainte pour des projets de conquête de la part des Portugais ok d'autres Européeos; d'un autre G6té« plusieurs des missionnaires qui , vers celjte.époqiae) arrivèrent eo Cbiue, éuk^n( des hommes remarquables et traversés dans les sciences 1 ce qui leur attira beaucoup de considération et de re^ct. Lorsque les Tartares-iVIandchoox envahirent la Chine 1 plu* si€»rs missionnaires hiibitaieut l'intérieur du pays et y voyageaient osten^. siblemeot ^op sait même que I9 premier miniilr^du (dernier empereur dse,

— tri —

fai «tr^hstie iteft Jiiiigs Jétitt ckrMen* LeaéMtt prefnienisolii^cistiBi maià» choix, qoi temiit AÉMHmni^et Song^hi, iM trailèreBl É¥ci& k^lds grÉnèi diBdnctiDU, CO iemier avaft une Véritable MDiUé pouf le clitf deimisaioBS ée Pékin, le F. ScbiiiU U le oombh d'hopaenn^ et il allait sobtciiI dus loi passer des heures natièrv». Le P. Schali eotainsi ooçailoik de iUre quek quefois. beaucoup de bien aa peuple ebkiaii; car il dinit lia vérité ali mon narqnè, ce que ses nînistres n'oMôent pas toujours îaire. Le sotcèsseur de ces princes, Xang^hi, ne traita pas les miisaionnehres bvec moins d^ dlstinctiôD dans les oommeooemenls de son règnes oefnt niêine lè| à to&s les points de vue , l'époque le phis briUante des iMBsioiis catholiqpats eU Chin& Qnek|ue8 jésuites exéoutdrent une frikingulatiim géâé^ et dre»* sènent la grande carte de toute la Chine ; ils apprirent aux Ghsnessr à faedie des canons de bronze de gros calibre, et ils réglèrent le calendrier d'après tes règles de la science. Yuyant les jéàfiites en si grande laveur auprès du prince; beaucoup d'indigèbes recherdièrent la ftveer des jésuites et se firent chrétiens.' Dans le pelab même de Tcmpere^r une église fot élev^eii et il ceutriboa par ses dons aux firais^ de cette construotion.

Connaissent à fond b' langue et les idée» du pe^upla au. sein duquel ils viraient» ces rdigîeut virent ({it*il serait impossible d*implautfr sdti^ detnenten GUne une reUgiou» une sebte qudco&que ^ni coUdeiâueff rait le principe , si sacré pour les Chinois, d'bonorer la qi(i|iui]:e.dQ$ pet rents, des ancêtres et de Confildus. Cet usage» eu effet, lof me .me pertie essentielle du grand système de la piété filiale, sur lequel reposent la onh raie. la politique et radministration de reBdpire. Miàis de^missioMMiires denuoieains parvinrent à troubler Fqeuvre si proopère des j^^uite») voya^it les Chinois chrétiens s*agenouiller devant les tombeaux de leurs parents et y brûler de l'encens, ils taxèrent ces pratiques d'idolâtrie, en déclarèrent qu'on^ne pouvait les permettre h aucan catholique. La question étaii fort grave : non^seulement on condamnait comme coupable un usage que les Chinois considèrent comme le devoir le plus natnrel et le plus sacré « luaîf encore on mettait tout chrétien di^s l'impossibilité d'être onandarin ou moine lettré; car on sait que quiconque dépend du gouvernement est tenu de rendre officiellement des honneurs funèbres à C^nfucius* Il en résultait qu'aucun Chinois d'une condition élevée, ou même de la classe moyenne^ ne pouvait embrasser la foi catholique saps renoncer au commandement et aux honneurs; or, p'était là un bien grand ^orifice dansun pays où les fonctions publiques sont le rêve doré de quiconque a quelque fortane^ quelques talents, quelque noble ambition. Nous l'avons déjà dit , en ('«hine, l'unique aristocratie, p'est le corps des mandarins, etjce corps e^t ouvert aux hommes de toutes les classes. Comment donc.f^ropager u^e religion qui fermait tout avenir, excluait toute espérance et défendait d'aspirer à

ce qw peittobteair môme l'homme qui se (rouve dans la position la plus fltodesie? Les jésuites pensaient que ce qiii importait avant tout à la reli'gî<m, c*était qu'elle fût professée par de hauts personnages, parce que leur exemple entraînerait les autres ; et. qu'ils pourraient aider de tontes les ma« nières. lis essayèrent doncde persuader au Pape que les observances condamnées par. les dominicains étaient des cérémonies purement dviies et dans les.'fuelles n'entrait aucune idée religieuse. Pour penser le contraire, il faudrait se figurer que les Chinois croient que leurs parents et leurs ancêtres se transforment tous en dieux. Les disputes que les jésuites et les dominicains eurent sur ce point de doctrine furent très-orageuses, et l'em** pereur Kang-hi voulut une fois assister lui-même à une^ discussion, qui se termina par un grand scandale; car, ne pouvant se convaincre par des pa^ rôles, ils eurent recours elles arguments plus violaits.

La {HTopagande de Rome s'était déclarée contre la doctrine des jésuites, et la sentence avait été approuvée par Innocent X, en 1645. Les jésuites travaillèrent à la faire' révoquer, et le tribunal de l'inquisition déclara que les rites des Chinois n'avaient qu'un caractère purement civil Cette sèn« tence fut ap^nrouvée, en 1656, par Aleximdre VII; mais, en 1693, le vi« Caire apostolique Maigret rendit, en Chine, un décret diamétralement op^ posé à la décision du tribunal de l'inquisition, et le pape Clément XI confirma , en 1704^ le décret de Tévêque Maigrot.

Cependant Kang-hi déclara que les missionnaires qui suivraient la doc-» trine de Ricci seraient autorisés, et que tous les autres devraient quitter la Chine; le Pape, de son côté, ordonna que tout missionnaire qui irait en Chine jurerait de n'obéir qu'aux ordres et instructions provenant du souferain pontife.

Il parait que ces querelles déplurent singulièrement à Kang-hi, trèschôqlié d'ailleurs de voir qu'un prince d'Italie prétendait commander dans ses États. Ce même empereur, qui avait tant protégé les missiohnairës, ordonna que tous eussent à*^quitter les provinces de l'empire, pour se rendre, mi à Pékin, soit à Canton, d'où ils retourneraient en Europe. Un des résultats les plus funestes des dissidences des missionnaires, ce fut de mettre en doute leur propre doctrine. On leur disait alors souvent : « Comment pouvez-vous assurer que vous prêchez la vérité, quand vous-mêmes n'êtes pas d'accord sur vos croyances ?»

A mesure que l'on voyait s'accroître les conquêtes des Européens dans I-Indo-Chine, ainsi que les discussions et les guerres entre eux, les mandarins devenaient plus défiants à l'endroit des missionnaires catholiques, qu'ils soupçonnaient toujours d'être des espions et des agents des rois de l'Europe. Et, à vrai dire, il n'y a pas tant lieu de s'étonner qu'ayant vu ces rois s'avancer Jusqu'aux frontières de la Chine, ils leur aient supposé

le désir de s'emparer^ s'ils le pouvaient « de la diine eUo^ioâQie. Un etnperear disait à des missionnaires : « Ce que vous désirez^ c'est de con-* verUr tous mes sujets à votre foi, n'est-ce pas? — Oui, grand prince. — £t, si vous y parveniez, à qui obéiraient-ils ensuite, à moi ou'à vous? »

Les missionnaires se plaignent que les commerçants leur ont fait et leur font beaucoup de mal, au poiot de vue 4e leur objet, qui est dte s*étaèltr solidement en daine et d'y propager la foi. Les commerçants, de leur côté, disent que l'obstination des missionnaires à vouloir introduire en Chine une religion qui déplaît au gouvernement oblige celui-ci à repousser tous les Européens; il est probable que les uns et les autres ont raison.

Déjà saint François-Xavier, lorsqu'il voulut entrer en Chine, e^t à lutter avec les commerçants portugais établis dans Tile de Sancian, et enfin il mourut dans cette île sans avoir, réalisé son ardent désir. Pareillement, les premiers gouverneurs des philippines, dans l'intérêt du commerce , défendirent aux missionnaires d'aller en Chine; cependant six à huit franciscains exaltés s'échappèrent un jour dans une embarcation chinoise qu'ils avaient frétée, en convenant avec le capitaine qu'il les déposerait sur la côte à Canton. La chose eut lieu ainsi ; mais avant qu'ils fussent arrivés aux portes de la ville, une grande foule s'était attro«:^pée autour d'eux pour voir ces étranges figures. Arrêtés à la porte et conduits devant le tn^4^ trat, ils dirent qu'ils étaient venus prêcher la religion chrétienne et mourir pour elle. Comme personne ne les comprenait , le patron du navire qui les avait apportés déclara qu'une tempête l'avait forcé d'aborder avec ces gens-là. Le magistrat les fit affermer d^ism» maison, et, quelques jours après, les envoya à Manille, par un des vaisseaoz de la ligne djes PbiHp-* pines.

Les missionnaires nestoriens arrivèrent au septième siècle par la Tartarie et seuls; voilà pourquoi ils ne soulevèrent aucun soupçon et furent parfaitement accueillis. Il en arriva de même pour les prêtres caiholiques que le F ape envoya aqssi par la Tartarie, aux dou^ème et treizième siècles; et les bonzes bouddhistes venant de l'Inde furent également bien reçus par les mêmes raisons. Si les missionnaires chrétiens de la troisième époque fussent aussi arrivés seuls, ils auraient obtenu la même protection ; mais ils se présentèrent, au seizième siècle, en même temps qu'oA vit suc les côtes de l'empire des navires de guerre portugais, anglais, espagnols et hollandais. Sansxette circonstance ils auraient sûrement joui de la même tolérance et de la même liberté qui ont toujours été aiccordées aux sectaires de Mahomet, de fiouddha et de Lao-tseu. Mais il est probable. aussi qu» la crainte qu'a toujours causée dans ces contrées l'approche des Eoropéens s'est accrue par l'infatigable insistance desmissionnaBes à s'introduire dans l'mtériettr du pays. Je me suis quelquefois entretenu avec des Chinois an

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si^ét 4ëfr^iilÉi(mÉ^€ht>éliéii^ et jelé» ni toiijocii^ ilHMiVés i^étréB âè cette lèée qoe tèH« k» sceotirà d'ai^ûtqaé rcçoîf entflés tofesloonairés Itôur OTiK éwr oy te par le» àeuveraiBS earôpêéDd. Yolfei à frèèhtyett "près !e diàJogiië qui s'éiat^liMafe inTarlftbfemeflt -— « Ltê ii!A$k>BÀa#es fkimeitt dé trè»- Mln, et eé TOyage leur eodteléHf dier ; et «nsdke ifar Tiveiit fd decequ'on lHir> envoie ikf tour paya Qtti donepeâC enf^jetàe» mmam sa cmisiâé'hibie», ^àùÊk ]e»iNÂs de l'fitirepèT ^ Yoos êtes eMpIêtetiieiit dasM» Perrefttr; ce &e sent pus ks rois qui éo^oieiit ces somm^t^; ils s'y sent poitt^rieil. — Mais, Ams ce cm, d^eù sort dose tant d'argent 7 -^ Je vais vous FexpKqner : ii y a dans diSSréiites v^^Hed d'£urepe des associaiiODS de personnes eioeiemes et pletnés de religion, qui s*eiigagèiit volontairenient tt poyer ttiaque mois on ebaqoe sem^ane une petite seinme, et, conmie ks personnes qui souscrivent sont en très-grand nombre, on fîoit par rétmir ainsi dès somfnes considérables, que Von envoie Ici et dmis â*ïutres paya po6r l^èM-eiiéÉides missionâsâres. Ciar il iant que vons saolneK quecenVsl pesseulement en GMne qu'il y a (tes i^ioànaines» mais anssi dans bean-^ coup d^'antrc» contrées. -^ Bi^ ; j'adtnets qu^ en soie ainsi/ Mais qtlel est le niio^<^ peut porter ces gens^ik & donner volomaâMnent leur argent ^our qve des missicmnaires vie&nent! iei non» engfi^er à nous ftire cbé-^ tf^fBS? Ilif doivent m attendre quelque avantage, qncitiioe pteêl ; car il »'y à ntilfcdnHné^ lusses insensé pour donner son aargent sans quolqne intéfft; ^ Bi n'attendent ancm proifit. U n^ a en tom cila'qne générô»«è, biMHé de'cèBor, t^m, pur désir dé vous xtit devoir thi^eos comote mt. -^ Blafei, je' ts A»nbnde de nowf^a«, powqooi Veulenl41S' que nelis soyiral cbréttmis? QMlear importe à eux ? -«^ Je vais i^otis le dire; vonssavei que notre religion enseigne qu'il y a un ciel où va notre esprit après qné nétPB corps esi n^rt ; dans eë ciel, on jonit d^une grande Miellée Maib il y^ aussi n^r enfer, c'esl-à<^dire on ahlme rempli .de flammes, un lien dé fonÈnients, eàf Teaprit de cet» qui a été inalfeisaBi va, pour ft'en se^ttl ^nnéi^. 'ContiMeaè m^oonter avec attention.-^ Jevoos éoonie. ^ Vous iteivez aussi qu^il y a dans notre rel^ion une cérémonie appelée le baptémeé f<sur qa\in bomme' soii ckiétien, il est indispensable qn'il soie baptisé^ ott pdnr< tnîeni ^e, o^esl le baptême qui le constitue obrétîem C'est aas$r un dogme de notre religion que celut qui n'est pas baptisé' ne peut entr^ au del> et; par ceaj^équeni, doil aller en enfen Yeîlà rexplicatioâ^ de tmt ce ^ vons'SemMail siditteile à comprendre. Cent qfn donnent leor atfent ne sont ni ^s niais ni de» gens qui espèrent faire mi bénéfice. Senleme^ iib déftrent qfue vons soyez bapiisés et que vous reconnaissiez b vrai Dien, tiliBi que laéns n'trilies pnsen eitfer. Yoùs voyez que, dann tOut eetei 19 tt>'y a' que bonne votoiiè et^ eompassion pooir vott& -^ Unis, moasiénr ; W^^esàrlettMnioif (^ voiis paitei^} ~ Je voas assurei «yio to«toéqtie

ji Vbw Sis est ift pilt^ vâ^Àé. — Toils m'éfb!]^ ] cai^ Jer tcMi) ^ «tio}èi« feiHi poetr m homme 3*une rstison pM'Mie, «f toâs te»&firopê«ti9 qoc foi «osn^ jë les aj atîi^si' troturéj» t^rè^<-iâtélUgèii«is ; tiisii» les ^ïmm qœ foos ,me djtes me paraissefut singulière» et înoomprébéflsible». Gt)ttiii«iif no bwHm^ l^ttissaD* de ^ saiûe vfàsm peiui-fl (»«cm#i» qu^iin Chîooh, iprfqpK ^ei»ttte«r qnH pufeseeipe, doive, pa* céfa séql qpil ii^st fKis chrétien.^ étre^préolpilé pour to^bups-^nscte Ueof deal tous paifer, pMh'âer flaniiiiiii el âisuotiritiefitdt J'^i ôuï^^ire que votre religton enseigne des cMés Idi^ sJDg^iltèires , par etempFe qfi*oiie femme , fovii: m êtam posiliTtiBMit viei^e, enfanta un Dieu ; qn*1ï y a un aotrê Dietf qwi^, soias m point dd tue, est une scBrf«^ personne, et> seu^ un autire point de tue; ti»©fc diiMinetes ^rsonnes^. î* va sans dire que tout cefe me seoAte absrordô-; xmsi^mÈÈ^ rtms, chrétien», vous le comprcaiez sansf doute. Ce que je nepmtutligârer^ ifm que quelqu'un se- figure et se persuade sérIeusenRfflt que tout ce quil y a et toul? ce^ quHt y a eu m uKmde dte Chauds, et d^âutred^ bommi^i bons ou fidéefaMif», seulement pourn'êirepàfl dieveuus^ cbvétiend, doivent brâlqr éterneUemeât Efeu supposant que eela suit iÀtm, il y a plasiew^r aûl^ H0R6 de Chinoise qui ne savent toiême pa» qu-ileilste me rèigioft 'dite'du Seigneur du ciel (le ehriatianisine). El eeim-l( ans» •dol\tfe»r bMiee f V a*t>-il< de leur fsftite' âp ne pas conni^re <^tte rètigM» ? EM^tt ùYat pa» de ftiutet pm^W f ah^ châtiûietit? -^ M^e^ti' dier «M>flâîe«r^ Toûsivottf^4tiis éloigné de* b question. Rappehs-^oUs que' je ne suis pas missbimàiiia et 91^ je ne pipéfiinds^ fm^ vous làpôi^ nuè «royale quelconque. JniMiu^ expliquais h'pm'^^tmé» l*dtge»f qu0 tes Mi'sslDaflMreid ehnftietia reçoîfvantr d'iuvope ; ei je vous' répète*' ce cfae je vi^iis û dèjli dât : |t y aime kdnûtii d'Itfi^ens ir^$*^àffWls, trèB^-^housksiME^ €» matière de mi»^ gMW^ aoprèâi de ckh] to«t le reate \éwt seinl^ lisigtilianu O sont e» vérité des person»^ remplis d'e«eetlefits sentiments el d^atoMurpouri-hn^manlté. Blles< pensent qœ , si voua ne voua faives pas cbrétiens^ vous irez ett' enfsr.Jis'iie veux pas entrer tât av^ voua dan^lâ <Ksctt»lon d» savoir ^ elle» se ttompeni^, comme v^ot» h prétendez ^ niais t^ est) HéuT croyance. Me sont c^ntaincuès , je voua l'assure^, qué> ït plus gmnd bte» qu'elloa pnissenf fiiire k un peuple m-^ «m tlomme, ^eà de te convertir au christianisme' < dé % cet esprit et prbsôly«îst&e^ cette ardeur pouf' ta pr^agande religieuse ; de Ki ces sonsciripttons volontaires, de l£i enfin ta * venne^'de ces sâssionnairès que votis prenez peur de» étions et des agents dearoisderÈnrope. >>

Le digne abbé Hue, q«je j'ai déjà dite, Bv, Gooàme teiic W aiondè soiit; un voyage au Thîbet en compagnie d'un a«rtt^ missionnaire, et tous teB deux jouissaient dans ce paf s d'une' grandu^ estime. Kishe» , qni^ aVàitété CKimniAssaiM ia^iérial à Canton^ lom d« la gueri*6 contre tes AngtrîH et 96

se trouvait alors ^u Thibet comme ambassadeur de Ghiiie, obligea le gouvernement local à les faire partir, bien qu'il At lui-même avec eux dans de bons rapports et les traitât avec beaucoup de considération. Kishen connaissait toute l'histoire des missionnaires en Chine et savait les services qu'ils y avaient rendus. En conséquence, j'exprimai mon étcMine* ment à l'abbé Htfc de ce que c'était un homme aussi éclairé que Kishen qui les avait fait sortir du Thibet , et je lui demandai s'il savait quel motif il avait pu avoir d*agir ainsi : « Voyez-vous, me répondit-il, à ces mandarins, quelque éclairés qu'ils soient, il n'y a pas moyen de leur ôter de la tête que nous sommes un peu agents politiques. » -

 ce point de vue, j'ai toujours pensé que les démarches des ministres et consuls européens pour favoriser la propagation de la foi en Chine ont été très-préjudiciables à cette même propagation, car elles ont servi à confirmer les mandarins dans leurs soupçons. Si les missionnaires eussent été abandonnés à eux-mêmes , sans que personne s'occupât de les délivrer quand ils. se trouvaient poursuivis ou emprisonnés, ils seraient loin de faire ombrage comme ils le font maintenant. Sans doute quelques-uns de ceux qu'on a sauvés au moyen de réclamations et de menaces eussent été victimes ; mais la cause de la propagande y eût gagné.

Pourquoi voit-on jouir d'une si complète tolérance en Chine les bouddhistes et les musulmans '7 Parce que le gouvernement n'attache pas la moindre importance à ces sectes, qu'il pourrait anéantir le jour qu'il lui plairait, et dont les membres ne sont point en relation avec des étrangers puissants, en sorte que personne ne l'inquiète à leur occasion.

J'ai exprimé ces mêmes idées à plusieurs missionnaires; mais il en est peu que je sois parvenu à persuader. En général • leur désir est que les gouvernements de l'Europe obligent les mandarins à les tolérer. Ceci laisse croire qu'ils ont peu de confiance en leurs propres ressources. ■

 Chang-hai , en 18^5, on mit en prison, pour je ne sais quel délit cornihun, un Chinois qui se trouvait être chrétien. Dans les environs demeurait un évêque italien, monseigneur Besi, lequel, cédant aux larmes des parents du prisonnier, se rendit à la ville et pria le consul anglais d'intercéder auprès du gouverneur chinois pour qu'on le mît en liberté. Le consul accéda à sa demande, et le prévenu fut élargi. Dans cette circonstance, je dis franchement à l'évêque qu'à mon avis il avait mal fait; que, si le chrétien était^ tombé en faute , on devait laisser la justice du pays « suivre son cours, et que je regardais comme très-préjudiciable à la propagation de la foi qu'il eût fait intervenir dans cette affaire un consul étranger, et surtout le consul anglais.

Ceux qui ont marché le plus aveuglément dans cette voie erronée sont les Fran^iis. Toute l'ambassade de M. de Lagrenée était triomphante

parce qu'on avait obtenu de Ki-ying un décret impérial en favecir du cbris* tianisme, et que'ues attachés allaient répétant avec emphase que « la France est Tépée de la religion. » Mais ce décret n'a été qu'un expédient pour renvoyer content ,M. de Lagrenée , et la situation des chrétiens ne s'est améliorée en rien, si même elle n'a pas empiré.

Le baron de Forth-Roueame raconta lui-même qu'à Chang-haï, il fit que la corvette de guerre qui le portait saluât par une salve un évêque qui était venu à bord, et cela afin de l'honorer et de lui donner de l'importance aux yeux des autorités chinoises. Il me raconta aussi qu'à Ming-po, après avoir visité la ville, il s'était. mis à descendre le fleuve et était déjà près de l'embouchure, lorsque, le gouverneur chinois passant dans la rue, un individu se prit de querelle avec un des hommes de sa suite, et se montra sans doute insolent. Le gouverneur lui fit administrer quelques coups de bâton. Il se trouvait que cet homme était chrétien^ et il est probable que sa hardiesse provenait en partie de cette circonstance, et de ce que le ministre de France venait de passer par Ning-po avec la corvette de guerre. Le missionnaire français qui résidait dans cette ville donna aussitôt avis de ce qui s'était passé au baron de Forth-Rouen, et celui-ci, remontant jusqu'à la ville avec sa corvette, exigea que le gouverneur donnât au Chinois deux cents piastres comme dédommagement des coups qu'il avait reçus , et la chose eut lieu ainsi. Je dis franchement à M. de Forth-Rouen que , d'après ma manière de considérer cette question , il ne faudrait pas beaucoup de faits de cette espèce pour eu finir avec le peu de tolérance dont notre religion jouissait encore en Chine. £n effet, le gouverneur chinois à qui était arrivé ce qui vient d'être raconté dut nécessairement se dire : « Si j'ai eu ce désagrément, si j'ai subi cette humiliation à l'occasion de ce chrétien, à quoi devrais-je m'attendre le jour où il y aurait des milliers de chrétiens? Nous serait-il alors possible de gouverner? »

En 18ftZi , la corvette de gueri^e V Héroïne fit en Cochinchine beaucoup de menaces et fut sur le point d'ouvrir le feu de ses canoos pour qu'on lui, livrât cinq missionnaires catholiques qui étaient arrêtés par les autorités locales. Quatre ans plus tard, dans le même lieu, la corvette ta Fictorieuse et la frégate la Gloire, pour obtenir la mise en liberté d'un missionnaire également arrêté à terre, firent plus que des menaces ; elles coulèrent à fond plusieurs navires cochinchinois, et tuèrent plus de mille hommes ! Quel habile moyen d'introduire le christianisme dans ces nations que nous appelons barbares ! — Aujourd'hui, rapproche de tout négociant européen est rigoureusement défendue en Cochinchine , pays où naguère les Français étaient très-estimés.

C'est une erreur de croire que les mandarins ne pourraient pas, s'ils le . voulaient , empêcher l'entrée clandestine de missionnaires chrétiens en

Chhie. Le plas souyent, ils savent très-bien où Hs se tronvent» mais ils de portent point leur attention snr eux, les tenant t^ur ûH imbéciles ou des foos. Eli règle générale, le mandarin ne s*oeciipe qbe des affaires cpii lui sdtit déférées par les parties intéressées, et un Chinois ne se présente devant le tribunal d'un magistrat qne lorsqu'il se voit dans la nécesnté de le faire. Plusieurs missionnaires tn'ont eoi-mêmes avoué que les manclarins des endroits où ils avaient leurs églises étaient informés de tont, et qu'il ne pouvait en être autrement , puisque dans ces églises il se réunissait beaucoup Ae monde les dimanches, les jours de fêt«, etc. ; des Chinois non chrétiens m'ont assuré la même chose. Ces mandarins n'attachaient aucune importance à la présence de ces missionnaires cachés , saciiant parfais tement qu'ils prêchaient une doctrine bonne au fond< avec des mystères in* compréhensibles, comme la Conception et la Trinité, qu'ils ne s'oecupaienl qu'à chanter des prières (la messe) en noe langue incomprise (en latin) à certains jours, en se revêtant d'un costume singulier, etc. i toutes choses plus ridicules & leurs yeux que coupables ou redoutables. Si ce mépris était général , tomme il l'est pour les bouddhistes^ la Chine serait couverte d'églises chrétiennes; mais il v a quelques mandarins qui arrêtent les missionnaires cachés^ ou parce qu'ils les considèrent comme des agents étrangerst ou parce que quelques individus malinteationdés les dénoncent

Lorsque j'étais à Chang-hai, un évêque italien, qui avait sa résidenee à quelques Ueues, venait qoelquefds chez moi habillé en Chinois. Un do-* mestiquè qui avait ipa confiance fnt instruit de tout; il alla même phEisienrs fois avec des commissions de ma part dans la maison ok se cachut Tévêqne, et fut sur le point de se faire baptiser. Renvoyé, ce domestique, pour se venger, falla dénoncer an gouverneur général do département, mon ami, l'évêque en question, en assurant quMl connaissait eiactement sa demeure et qu'il y conduirait directement les agents de fa pohce. Il croyait sans doute recevoir une récompense; mais, à sa grande surprise, on le renvoya sans faire attention à sa déposition.

Toutefois, s'il venait à être reçu comme une chose constante parmi les Chinois qu'il existe des relations intimes entre les souverains étrangers et les missionnaires apostoliques, il serait impossible à ceux-ci de faûre le moindre progrès et même de maintenir ce qni existe; car il n'y a aucun moyen de forcer les mandarins à les tolérer, sauf d'occuper le pays.

A moins que je ne m'abuse grandement , peut*il y avdr quelque chose de plus nuisible aux intérêts de la religion en Chine que les démarches que font les gonvemements étrangers potir l'y introduire et l'y sontenir?

Cependant , je ne blâme pas en ceci les agents diplomatiques; ils ne lEont qoe suivre leurs instructions. Moi-^même j'ai eu aussi ^ parmi les miennes, celle de donner aux missionnaires toute la protection possible, quoique

rien ne fût plus contraire à mes idéei» et à ce qne m'dvaient appns mes observations. Les intéressés eux-mênfies , comprenant mal leur position et lenrs intérêts, sollicitent leurs gouverneBieots poar les protéger d'une ma« nière effective et directe.

Les premiers missionnaires européens qui arrivèrent en Chine au seizième siècle étaient des hommes éminents et des savants distingués : par là, ils obtinrent la faveur des hommes qui gouvernaient Les Chinois, n^ayant aucune religion , sont naturellement d*une extrême tolérance. Protégés par le gouvernement , les jésuites firent beaucoup de prosélytes , et sans les inquiétudes qu'inspirèrent aux mandarins les conquêtes des En-, ropéens, et surtout sans la lutte si funeste qu'engagèrent avec eux les dominicains, soutenus à la fin par le Pape, je regarde comme très-probable qu'à cette heure la Chine entière serait chrétienne. Il n'y a pas d'homme plus disposé à se convertir qu'un Chinois, par cela même qne, générale* ment, on le trouve libre de toute croyance préalable.

Les sociétés de propagande devraient veiller à ce qu'il n'allât en Chine que des hommes d'élite, et possédant quelques arts on quelques sciences. Il y a présentement en Chine des missionnaires catholiques français, italiens et espagnols; la plupart ne savent guère que le latin et les connaissances nécessaires pour remplir le ministère sacerdotal. Pourtant les Français sont généralement plus instruits que les autres; les Espagnols, aq contraire, se distinguent par leur infériorité; en sorte que ces trois catégories d'ouvriers évangéliques représentent l'état de civilisation de leur patrie respective.

Les chefs des sociétés qui s'occupent de la propagation de la foi de-vraient, entre autres mesures, obliger tout nouveau missionnaire à lire ce que les misï^ionnaires antérieurs ont écrit sur la Chine, et leur faire subir un examen sur ces matières. Ainsi les missionnaires arriveraient possédant au moins quelque connaissance du champ dans lequel ils doivent travailler, ce qui, sous beaucoup de points de vue, leur serait d'une immense utilité.

Yoici un fait à Tappui de cette idée. Comme j'étais à Ning-po, en 18/i5 , un missionnaire, qui résidait à Chuzan, vint loger chez moi. L'objet de son voyage à Ning-po était de parler au gouverneur du district au sujet d^affaires concernant sa mission. C^était un intelligent et excellent homme , mais qui ne connaissait nullement la Chine. Â peine arrivé, il va droit au palais du gouverneur, comme en France il aurait pu aller à la mairie, et Il dit aux domestiques de l'annoncer, en leur remettant sa carte, qui por* tait ces mots/)..... ioya (le seigneur D ). Des employés du gouverneur vinrent aussitôt lui demander s'il était consul ou commandant d'un vaisseau de guerre, ou enfin s'il était revêtu de quelque autre emploi. Le

missionnaire répondit qu'il n'était rien de tout cela, mais bien prêtre de la religion chrétienne ; sur quoi le gouverneur refusa de le recevoir. ,M. D .... * s'en revint fort irrité contre le gouverneur, et me raconta ce qui venait de lui arriver. Je lui fis remarquer qu'il n'y avait en cela rien de bien extraordinaire; qu'en Chine on ne va pas voir une personne de quelque importance sans lui en donner avis quelques heures à l'avance, et que quand on veut employer les formes d'une rigoureuse étiquette, l'avis doit précéder d'un , de deux et même de trois jours; que quant à lui avoir demandé s'il élait consul, ou commandant d'un vaisseau de guerre récemment arrivé, cela provenait du titre de loya (seigneur), qu'il s'était luimême donné, et qui n'appartient qu'aux véritables mandarins. M. D

me répondit qu'en Chine on donne à tous les Européens le titre de ioya. Je lui répliquai qu'il était dans l'erreur; que j'entendais nommer tous les jours les principaux commerçants européens, et que jamais on ne leur appliquait d'autre titre que celui de siensen (monsieur) ; qu'on ne donne celui de ioya qu'aux consuls. Ce missionnaire résidait à cette époque dans l'ild de Chuzan, qui avait été occupée par les Anglais, et où les petits gamins, quand ils voyaient un Européen, couraient après pour lui demander de l'argent en criant : Loyal Ioya! de même qu'en Italie les garçons

de café et les décrotteurs traitent tout le monde à'excciience, M. D ,

malgré mes remarques, écrivit au gouverneur pour se plaindre de n'avoir pas été reçu par lui, et il terminait sa lettre en rappelant que M. de Lagrenée était à Macao avec l'escadre française, et qu'il allait lui rendre compte de tout ce qui s'était passé. Alors le gouverneur envoya un de ses employés chargé de lui demander ce qu'il voulait et de satisfaire à ses désirs, pour qu'il s'en retournât content à Chuzan. Afin qu'on puisse avoir une juste idée de reflet que devait produire sur

l'esprit du gouverneur la prétention de M, D au titre de ioya, je

vais entrer dans quelques explications. En Chine , on ne connaît d'autres prêtres que ceux qui desservent les temples de Tao et de Bouddha. Les indigènes appellent ces prêtres hoshan, et les Européens, honzes. On a pour ces temples très-peu de respect, peut-être par suite des commandements de Kaug-hi, que j'ai cités au chapitre H du présent ouvrage. Lorsque les mandarins sont en voyage, ils logent dans les pagodes avec tous leurs domestiques , et beaucoup de particuliers eu font autant. J'ai moi-même une fois, avec d'autres Européens, logé plusieurs jours dans un de ces temples, et cela non pas dans des pièces séparées, mais dans celle même où se trouvaient des idoles. Nous avions nos lits à côté des autels, qui nous servaient de tables, et sur lesquels, en nous déshabillant, nous déposions non-seulement nos vêtements et nos chaussures, mais encore tout ce que bon nous semblait. Quant aux bonzes, on les traite avec

le dernier mépris. On a déjà vu dans le chapitre r*" ks représenutions faites par des censeurs, qui se plaignaient de ce qu'en conséquence de la vente des emplois, on en était venu à voir décorés du titre de mandarins jusqu'à des bonzes et des voleurs de grands chemins. J'ajouterai un lait qui m'est arrivé : je demeurais à Cbang-haî, dans le centre de la ville, et, comme je l'ai déjà dit, j'étais souvent visité par des voisins et par d'autres Chinois qui par curiosité se faisaient présenter pour voir de près des objets d'Europe. Je recevais tout le monde avec bienveillance, désirant me créer des relations qui me donnassent le moyen d'arriver à bien connaître ce vaste port, entreprise nullement facile. Un jour il vint un bonze : je le priai de s'asseoir, et j'ordonnai qu'on' apportât le thé et la pipe; mes do* mestiques n'en firent rien. Au bout de quelque temps, croyant qu'ils avaient oublié mon ordre, je le réitérai, demandant encore le thé et la pipe, mais ce fut en vain comme la première fois. J'allais appeler de nouveau quand le bonze se leva et prit congé. Dès qu'il fut sorti, je demandai, assez mécontent, à mes domestiques, pourquoi ils avaient tant tardé à ap« porter le ihé. Alors mon maître de chinois, qui remplissait en même temps les fonctions de maître d'hôtel, me dit que c'était lui qui avait empêché de l'apporter; que les bonzes ne devaient pas prétendre à me faire visite, que je ne devais pas les recevoir , les faire asseoir, et bien moins encore leur faire l'honneur du thé et de la pipe. Or, comme il n'existe en Chine à'autres prêtres que les bonzes, il n'y a pas d'autre moyen pour désigner un missionnaire que de l'appeler un home chrétien.

Il y a en Chine un grand nombre de familles véritablement chrétiennes, dont les ancêtres furent baptisés par les Ricci, les Schall, les Yerbiest Quant aux missionnaires actuels, je crois que tout ce à quoi ils peuvent aspirer, c'est à conserver ce qui reste des travaux des anciens»

Ce qu'ils obtiennent, c'est de baptiser un grand nombre d'enfant&, et voici comment : lorsqu'ils savent que quelque enfant est en danger de mort, ils envoient dans la maison une femme chrétienne qui apporte une petite provision d'eau bénite. Elle demande aux parents la permission d'appliquer un rem'ède au petit malade. Les parents, convaincus que l'enfant va mourir, ne font pas de difficulté de la laisser essayer son remède. La femme verse sur lui l'eau bénite, et ainsi l'enfant çst baptisé et son âme^uvée. Les missionnaires recueillent aussi et font élever beaucoup de ces petites filles que leurs parents abandonnent et vouent à la mort ; telle est l'origine de la société charitable dite de la Sainte-Enfance.

Les difficultés contre lesquelles les missionnaires ont à lutter seraient fort grandes même pour des hommes plus éminents. A ces difficultés est venue depuis peu s'en ajouter une qui n'est pas peu considérable. Les sociétés bibliques anglaises et américaines se sont mises à envoyer des mis-

flonâftires en Chfée; e^^ «ur tome ia côte, il y. eo a de 60 à 80 ifaat èhàcon avec laî m famille pios oa moins nombreuse. Si la dîiférepee de doctrine entre (es jésuites et les dominicains amena une si grande pertor«> bation dans Tœuvre de la propagation de la foi et fut cause de sa ruine presqne totale , il est aisé de Ee faire une idée des résultats funestes que doit avoir la lutte entre le principe catholique et le principe protestant, entre le moine cénobite et le missionnaire anglican ayant femme et enfants. Quelle infusion ces différences ne doivent*elles pas jeter dans l'esprit hésitant des Chinois !

8tr J. Bowrîng, dans son livre sur le royaume de Skm, p^rlam des missionnaires catholiques et protestants qui s'y trouvent , raconte que les Indigènes lui disaient : « Ils ne s'entendent pas entre eux. Quand ils seront d'accord sur ce que nous devons croire et faire , nous serons plus disposés à les écouter sérieusement. »

Dans ce moment il se forme un autre orage bien menaçant pour les missions apostoliques. Les rebelles, qui aspirent à renverser la dynastie Tsing, proclament Jésus^Christ ; mais il est éf ident qne, dans le cas où ils Viendraient à triompher, ils formeraient une nouvelle secte dissidente de ftome , et que s'ils se laissaient dominer par l'esprit d'intolérance qni caractérise trop souvent les sectes chrétiennes, le catholicisme serait destiné à de terribles dangers.

Les missionnaires protestants, ne pouvant pénétrer dans l'int^ienr dn . pays parce qu'ils n'ont pas comme lés catholiques des coreligionnsiiri^ font les cacher, demeurent dans les ports delà cdte, où ils s'occupept à léire imprimer en chinois des grammaires », des dictionnaires et de^ extrait^ de la Bible (tracts) ; en outre, ils entretiennent des écoles et des hôpitaux. Mais Tobjet de tous leurs efforts c'est de distribuer le plus grand nombre possible de Bibles ^t d'extraits (tractij.

A l'époque où je résidais à Ning«*po, le niissionnaire américain 0' Mac Cartee, uii de$ hommes les plus agréables que j'aie connus, povrit dans cette ville un hôpital. Pour cela il loua un grand local faisant partie d'une vaste pagode. Comme il soignait les malades gratniieajent, il commença l en venir chaque jour par centaines. Mais il va sans dire que Iqs inédi- ^ caments n'étaieqt qu'un appât pour attirer du monde et distribuer des extrait». Or, comme l'excellent L>' Mac Cartee ne pouvait b fui seul suf- . fire \ tout , il fut obligé de recourir ^ robligeance des bonzes bouddhistes de la pagode, lesquels le secondaient très-activement, veillant surtout à ce qu^aucun Chinois ne se retirftt sans sa Bible ou son tract. Je fus plus d'une fois témoin de cette distribution de Bibles, faite avec beaucoup de gravité par des i»*étres bouddhistes, et je ne pus m'empêcher de faire des réflexions que le lecteur comprendra aisément.

JTe pense que lés missiouiiaires, taot tatholk|«es q«e prenestents » aunîeot ÎA on grand bkii et ga^iié beaiio^iip plus de lierram, s'ils se fusseat mëb^s iâ publier en iefaiiiofs des livi>es iUm^s, préseAisB^vn eipoié àe Ffaisloire anckfine et œoâeraie, de la séograpkie, de te «lMi9tîq«ei de la ooBstitDftion , de$ usages des peuples cbrétiei^) ei^ de «os «cienœs M de notre ^ilisatioQ.

Un journal en langue chinoise, çui, outre les noaveics éUtn^ènè, donnerait les nouYelles du pays et tout ce qui serait de nature à intéresser les habitants de Tempire, produirait probablement d'excellents résultats, d'autant plus que la langue écrite étant la même dans toutes les provinces, le nombre des souscripteurs pourrait être immense.

Les missionnaires catholiques forment quelquefois dans l'intérieur de la Chine des séminaires où l'on élève des jeunes gens indigènes. Mais dans ces écoles quelles connaissances les élèves acquièrent-ils qui puissent leur être utiles pour devenir des hommes instruits et pour faire avancer la civilisation parmi leurs concitoyens? Le lecteur aura de la peine à le croire : ce que ces pauvres Chinois apprennent à force d'années, c'est... le latin ! L'Europe n'a donc rien de mieux à enseigner à la Chine que le latin ! En vérité , c'est pitoyable. Encore si nos livres sacrés avaient été originairement écrits en latin ^ il y aurait une raison; mais puisqu'ils le furent en hébreu et en grec , et que la Fulgdte n'est pas autre chose qu'une traduction, d'où a pu venir l'idée d'abêtir les Chinois, déjà si ignorants, par l'étude du latin (1)? Si l'on tenait à leur apprendre une langue, ne vaudrait-il pas mieux choisir le français , qui leur serait plus facile et qui leur ouvrirait la porte de toutes les sciences de l'Europe ?

Je sais bien la diflScuIté qu'il y aura à enseigner nos sciences en chinois. On sera forcé pour cela, ou bien d'inventer, pour les nomenclatures, des milliers de caractères que personne ne comprendra , ou bien d'introduire l'élément purement phonétique, auquel cas on pourrait adopter la nomenclature latine , peut-être même la française.

Ce second moyen est le plus aisé. J'ai appris à un Chinois notre alphabet; il le sut parfaitement en deux ou trois jours, et je lui écrivais avec nos lettres des mots et des phrases de sa langue qu'il lisait et comprenait à l'instant Cela l'intéressait beaucoup, et il était dans l'admiration en voyant combien notre système d'écriture est ingénieux et facile. Toutefois nos lettres ne sont pas aisées à intercaler parmi les caractères chinois; il faudrait en adopter d'autres qui se lussent comme le chinois verticalement, de haut en bas. L'alphabet tartare- mandchou, avec quelques compléments, serait celui qui conviendrait le mieux.

(1) Voyez la note E à la fin de ce volume.

Je reprodoirai à lu Gn du volume» note F, deux relatious d'emprisonnemeiKs soufferts par un missionnaire espagnol après le décret obtenu par M. de Lagrenée en faveur de la religion chrétienne. Le missionaaire m'envoya lui-même ces relations avec une lettre par laquelle il mt priait de lui procurer un passe-port (un passe-port en Chine !) pour rentrer dans Tempire. Je crois qu'elles seront considérées comme très-instractives à divers points de vue.

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