CHAPITRE DIXIÈME
Canton, Macao, ttoog-kong et Chuzan.
Lft hMte politique do gdttveriiêfiiëiit tartare^ttHiddéhou a toujomu ecm^ ftlsté à fertiaer la Chine et b h*y hv^et pénétrer aacuit Européen (1). Cette fioUtiqoe, loomme ji9 l*ai déjà dit, a eu pour canse le caractère turbulent et ambitieux avec lequel , dès le principe , nous nous sommés montrés sur 'les eôles de l'émpii^i de là les craintes que nous avons inspirées; on
I pengé que si nous tenions à nous introduire dans ce padâque pays , nooi troublerions l'ordre , nous donnerions mauvais exemple aux indigènes , nous les perv^rtirioDS» et nous aspirerions probablement à continuer notre lystème de conquêtes. Craignant qu*unë fois entrés il ne fût trop difficile de nous chasser , on a pris le plus grand soin de nous fermer les avenues et de barricader les portes. L'auteur de The Chinese and thtif rebet^ UtMM^ qui de tous les étrangers est peut-être celui qui a le plus de motifs pour bien connaître la Chine , dit positivement (page 290 ) que le syttèdie d'eiclUsion adopté par le gouvernement chinois provient uniquement de la crainte que loi inspire Tambitien des Européens pour les ac*qui^tionsde territoire « et que^ s1l pouvait B*aS5Urer que nous n^avons fî'autre objet que le odmmerce, nous serions très^bien reçus partout Ce
(i) t( J6 erois que le peuple chinois n*a point de Sentiment de respect potir notre n«tîonaltté| et il ne saurait en être autrement tant que ceux qui gosvernent le payft parleront des étrangers dans des ternies injurieuiL et méprisants; dans tous las documents publics qui ne nous sont point adressés directement » nous s^vuims désignés par toutes les autorités, depuis Tempereur jusqu'au serviteur le plusintoo» par la qualification de « Barbares » , contrairement à leurs plus anciens usages. Notre soumission à des restrictions qui nous relèguent dans des limites étroites, comme si nous étions une race de barbares auxquels on ne saurait sans danger concéder un libre accès, tend à imprimer à tous les étrangers un stigmate d'infériorité.
II n'est pas surprenant que dans cette situation la population soit disposée à nous insulter et à nous inquiéter; sous ce rapport ^ j'ai peu d*espoir qu'ils s'amendent tant que des changements politiques ne nous auront pas tirés de cette honteuse position. La punition de temps à autre de quelques coupables isolés ne peut réellement avoir que peu d'effet, même comme palliatif, et la vraie cause des dangers et des maux dont nous sommes menacés incessamment dans nos relations reste entière, sans être affaiblie par de telles mesures. Je n'espère pas que mon opinion à ce sujet ait beaucoup d'influence , mais j'ai cru devoir la faire connaître comme étant le résultat de mes observations personnelles pendant un séjour de quelque durée dans différents ports. » Dépêche du consul, M. Rutherfobd Alkock.)
4« s'est passé pendant, ofst èemères aQOéle», ioiqd^QspIrer d'aatresidé^ an gosTemessient iinpéHd, a dft ie^opfirin^âaaai9 celles qu'il avait déjà, et kii persuader qu'^ks n'étaient que trop justes. En effet, il s^est vu conr traint de céder one partie de son territoire (Hopg-kong); le cooinierce ^^ étranger est devenu pour lui une calamité dont il ne lui est pas possible de '86 délivrer, et il le supprimerait peuMtre si la chose était en son pou- -voir. Il déplore la tolérance des hommes qui ont autrefois gouverné la Chm, et qui nous ont permis d'y mettre le f^ed. Ainsi ^ la peur qu'a
- toujours eue de nous ce gouvernement si ombragt ux u*a fait que s'accro^e, et son désir de noasiomer l'emfvre est aujourd'hui plus vif que jamais. £n même temps, l'esiHrit de l'Europe marche dans un sens diamétralement o[^)osé; ^dle veut absolument que la Chine s^t ouverte. De ces deux pensées » contraires , de eet antagonisme de systèmes , il doit nécessairement résulter une lutte continuelle, jusqu'à ce que l'un de ces deux principes demeure vaincu et l*autre triomphant (1). Depuis le jour où la paix fut -signée en Id&S, il était évident qu'une autre guerre devait surgir. Uain*tenant aussi, on conclura plus ou moins promptement un autre traité plus ou moins avantageux; mais ne nous bisoos.pas illusion : cette nouvelle paix ne sera qu'une seconde trêve. Si le gouvernement de la Chine conserve son caractère actuel, et surtout si {'argent sort dfi nouveau de Chine par f effet du commerce ea^rieur ^ comme il ei> est sorti durant la preoùère moitié de ce siècle, il est indubitable que le gou vouement chinois aura ponr les étrangers une haine chaque jour plus profonde >, haine qui croitra en raison des concessions que ce gouvernement se
(1) Les traités Pottinger ont fait ime profonde blessure à rorgdeil do govTeniè^ meai chinois, roais n'ont point modifié ses principes politiques. Ce gouvernement •s*y est sonmis comme à une dure nécessité. Le but qui a présidé à nos négociations a été la destruction des barrières qui empêchaient Tintercourse avec le Taste enàpire de la Chine, et rétablissement et l'extension graduelle de relations de commerce amicales avec ses innombrables habitants. Dans ces traités nous avonft cherché à mettre nos marchands en état de tirer parti des immenses ressources et de la puissance extratordinah'e de production et de consommation de la Chine, et d'offrir en retour an peuple chinois tous les avantages d'un commerce honorable et lucratiC. Mais ces vues n'ont jamais pu obteur l'appui ni Passentiment des autorités chinoise^. Biles ont pour politique maintenant, comme elles Pont toujours eu, non ^'attirer les étrangers, non de faciliter leur accès , mais au contraire de l'empêcher et de s'y opposer avec persistance. .
- fl faut donc toujours se rappeler, en traitant de Pétat de nos relations avec ce pays, qtte le gonvemement de la Grande-Bretagne et celui de la Chine visent à des «buts diaméhralement oppoéés.
(Dépêche de sir J. Bowamc à lord CujiENnoH, 19 avril 1852.)
verra cootraiut de faire. En effet, se départir de son système favori d'administration pour en adopter an antre qne lui impose par la force des armes nne puissance étrangère, n*est-ce pas, pour la Chine, subir. la pression de cette puissance, et en quelque sorte porter le joug? Et ce joug, n'est-il pas naturel qu'elle aspire à le secouer? Il arrivera donc que les homiliations exciteront Tindignation des mandarins et peut-être d'nne bonne partie du peuple, auquel le contact même des étrangers fera comprendre que pour lutter avec avantage contre eux, il n'a besoin que d'adopter •leurs armes et leur tactique. Ainsi la Chine relèvera le gant , elle apprendra à se battre, elle deviendra une nation aailitaire. Or, l'Angleterre est-elle dans l'intention de soutenir à l'extrémité de l'Asie une lutte perpétuelle? Est-ce un commerce à coups de canon qu'elle prétend y suivre? Car elle ne pourrait tomber dans le rêve d'une occupation militaire de la Chine.
Yoilà pourquoi j'ai dit que les hostilités actuelles à Canton sont une affaire d'une portée plus haute qu'on ne le pense communément; ce n'est pas seulement une guerre, mais un anneau auquel doit se rattacher toute, une cbatne de guerres.
Voulez -vous savoir de quelle manière les mandarins comprennent généralement la question des relations avec les étrangers? Voici à pea près, leur raisonnement :
« Nous, ô Européens, nous n'allons pas vous inquiéter chez vous, nous n'exigeons pas que vous changiez vos lois et vos usages, nous ne prétendons pas vous faire abandonner vos croyances et vosdoctrines pour que vous adoptiez les nôtres, nous n'envoyons pas dans vos ports des vaisseaux armés de canons. Si quelque habitant de cet empire juge à propos d'aller dans vos contrées , il est soumis en tout aux lois du pays, et s'il y contrevient en quoi que ce soit, vous le punissez et le traitez comme bon vous semble. Pourquoi n'agissez -vous pas de même à notre égard, et ne nous laissez-vous pas en paix ? (Combien a été différente la conduite que vous avez tenue chez nous depuis le commencement i A peine débarqués à Canton , les Portugais y occasionnèrent des troubles. On leur permit de s'établir à Ning-po; mais ils firent si bien qu'on fut obligé de les en chasser. On lenr assigna ensuite comme mouillage l'endroit où est aujourd'hui Macao. Sur ce qu'ils représentèrent qu'ils avaient besoin de faire sécher leurs marchandises, qui avaient été mouillées par l'effet des tempêtes, on leur permit de construire des baraques; et puis, pour ne pas les contraindre de rembarquer ou de vendre à bas prix les articles qtii n^avaient pas encore trouvé d'acheteurs, on les autorisa à convertir leurs baraques en magasins. Quelques-uns fixèrent leur résidence dans rétablissement et obtinrent peu à peu la permission d'y bâtir des églises. Plus tard, se trouvant en guerre avec d'autres étrangers, ils soUicilèrent et obtinrent l'autorisation d'avoir
des troupes et de fortifier les entrées du port, afia de le mettre en ét2\t de défense. Jamais nos empereurs ne se sont opposés à ce que les Portugais fussent régis par leurs autorités nationales et selon les lois de leur pays. Grâce à toutes ces marques de bonté et de condescendance de la part de nos souverains, ils ont, durant des siècles, réalisé d*immenses bénéfices. Et comment ontrils reconnu tant de faveurs? En attaquant notre autorité , ea se mettant en révolte ouverte, en se refusant à la continuation du payement annuel du tribut auquel ils avaient toujours été habitués (1); et pour terminer, en s'emparant du territoire de Macao, dont ils se sont déclarés exclusivement propriétaires, comme si son véritable maître leur en avait fait don ou le leur avait vendu.
» Voyez maintenant les Anglais. Après s*être emparés, par la force ou la ruse, de toute Tlnde et des détroits de Malacca , ils arrivent à Canton et y font leur première apparition en tirant des coups de canon. Cependant on leur permit de faire le commerce et d'exporter le thé et la rhubarbe, si nécessaires à leur santé; de leur côté, ils apportèrent de leur pays l'opium, an moyen duquel ils enlevèrent des milliers de millions. Quand notre gouvernement , reconnaissant combien cette drogue est pernicieuse de toutes les manières, a voulu en faire cesser Tusage, ils sont arrivés avec dos navires à vapeur et des soldats, ils ont causé de grands désastres et tué une infinité de personnes, pour nous obliger à continuer de fumer Topium et de leur donner notre argent. Ils prétendent, il est vrai, qu'ils n'ont poiint fait la guerre pour ce motif, mais bien pour obtenir satisfaction de l'insulte que reçut le capitaine Êlliot, quand il fut prisonnier dans sa maison durant trois jours ; ils ajoutent qu'ils ne protègent pas la contrebande de l'opium, et que c'est à nous de la faire cesser. Mais, s'il en est ainsi, pourquoi ont-ils exigé le payement des 20,000 caisses que Lin-tsi-su parvint à saisir et fit brûler? Ces étrangers, en barbares qu'ils sont, prennent plaisir aux combats et s'y exercent; ils sont par conséquent supérieurs à nous dans l'art de détruire les hommes. La nation chinoise, étant plus civilisée, a, par principe, la guerre en horreur, et y est, par suite, moins habile. Les Anglais ont profité de cela pour nous demander des sonunes énormes (2) et pour s'établir sur notre sol en s'emparant de Hong-kong » dont ils ont fait une station pour leurs vaisseaux et leurs soldats, et un dépôt commode pour leur opium.
« Les Hollandais, après avoir conquis Java, s'emparèrent aossi de notre
(1) Le gouvernement de Macao a payé aux Chinois^ jusqu'à Pan 1849, la somme anneUe de 500 taels d'argent (environ 3,000 fr.).
(2) 27,000,000 de piastres comme indemnité pour les frais de la guerre.
— aune de Férmosê, où ilsse fortifièmnl, et« a{irès en avoir été cbasiéff^ ib ea? Yoyèrept par trois foisdes expéditions armées pour ia recouvrer* .
• Les Espagndis et les Français, qqi ont àusâ des pays soumis k Imr l^oufoir dans les Indes et aux Pbiiippînes , nous envoient des agents qai» sons prétexte de religion, s'effidrcent de séduire de pauvre Chinois ponr les attirer Si lenrs doetdnes. Leur but est de se |E»'0carer ainsi des espionii et de se (aire des partisans dans le pays. Les Français surtout s'obstinent k Tonloir que nous autorisions leur prosélytisme, et si nous ne sommes pas dociles ifs nous tourmentent par de dures réclamations. Ils protestent qu'en cela ils n'ont pas d^autre objet qne notre propre bien ; mais c'est Ijki une chose trop ridicule pour pouvoir être dite sérieusement.
» Vous tous, Européens, vous pariez beaucoup de philanthropie, de justice et de raison, et vous assurez que votre religion est sublime et vraie; mais, en même temps, pour avoir de l'argent, vous aflkDOteis tous les daq-^ gers, TOUS passez par^dessus toutes les considérations, et chaque fois qu'on vous laisse faire, vous vous emparez, comme des pirates, des peuples qui né sont pas assez forts pour se défendre, et vous les enlevez à leurs sonven rains naturels et légitimes. Peut-'être vous glorifiez-vous de ces actes de barbarie comme si c'étaient de grandes et nobles actions ^ et éleyez^yQUA' tnême des temples aux auteurs de ces brigandages (1). n .
Nous pourrions, il est vrai, répondre aux mandarins, ou du moins à l'empereur de la Chine et aux grands de sa cour ; « Vous aussi vous 0te$ des dominateurs étrangers du pays que vous gouvernez sans aucun droit, . Les souverains légitimes de l'empiré vous ayant demandé du secours dam un moment de trouble public, vous vîntes en qualité d*amis jst d'al)iés, et vous profitâtes de l'occasion pour usurper l'empire et en demeurer lef maîtres. Dans les documents officiels yous faites un grand étalage de votre iimour pour le peuple et de votre respect pour ses volontés et ses sentir inents. S'jl en est ainsi, pourquoi voulez- vous à tout prix le fi»ire renoncer è rjiabitude, pour lui si agréable^ de fumer de l'opium î Puisqu'il Tacheté «t qu'il s'en sert malgré tant de difficultés et en dépit de toutes vos défenses, a'e^ril pas évident qu'il l'aime et qu'il Taime passionnément? Ypus dîtes aussi que c'est par considération pour le peqple que vous vous opposez à ce que nous visitions l'intérieur de l'empire, Maip c'est là m prétexte qui mérite à peine d'être réfuté. Les Chinois.n*ontaucupe sorte de répugnance ni de préjugé qui les éloigne de nous, Différents §n çeja des hindous, des
(1) Lq gouvernement chinois fait construire en mémoire des grands hommes de son pays, des édifices où Ton place une statue destinée à rappeler le souvenir de celui à qui Tédifioe est consacré. Il fait élever aussi des arcs et des tombeaux d'honneur, et décerne aux familles des tablettes portant des inscriptions lionorifiqoes.
Mnstilinatis et d^antrès étrangers , ils s^assodent h nous sans la moindre dIflBctiIté, ils mangent paiement avec nous, vivent très-bien en notre compagnie, et ne trouvent nulleinenit mauvais que nous ayons des relation^ â*anaour avec des femmes de leur nation et que nous les épousions. Plu^ tieuiis Européens, missionnaires et non missionnaires, ont, pendant ceâ dernières années, pénétré dans l'intérieur de l'empire (1), et, bien qu'ils aient été souvent reconnus, ils n'ont éprouvé aucun désagrément de la part des populations, si ce n'est d'être pour elles des sujets de curiosité. Ancien^ nement, tout étranger qui arrivait en Chine circulait sans rencontrer lé moindre obstacle partout où bon lui semblait, sans excepter même le lieu de la résidence de l'empereur. Ce n'est donc pas le peuple chinois, non» ce n'est pas lui qui veut mettre des entrave» au commerce, et qui s'oppose & ce que nous allions librement dans tout l'empire ; c'est vous seuls i d Mandchoux, qui faites tout cela, parce que Vous craignez, quoique sanà fondement, qu'éclairé par nous, le peuple n'ouvre les yeux, ne recouvré son indépendance, et ne vous chasse du trône que vous occupez sans droit! Ainsi donc, quelle est la volonté que nous devons respecter, celle du peuple, ou celle de ses oppresseurs étrangers? -
» Si nous venons Caire le cmnmerce dans vos ports, n'êtes^^vous pas parfaite<jment libres d'aller en faire autant dans les nôtres ? Ne pouvez-vous pas eil outre (chose qui ne nous est pas permise à nous en Chine) entrer dans nés pays, les parcourir dans tous les sens et y résïderi certains d'y être partout prot^és^ au moins autant quelles naturels du pays eux-wêmes? Si, pendant quelques années de ce siècle, de l'aident a été exporté de Chine, la quantité de métaux précieux que nous y avons importée durant lés deux oà trois siècles précédents dépasse tous les calculs ; cet empire a été l'abîme où sont venues s-engloutir les richesses du monde entier. Maintenant même nous recommençons à y importer de l'argent, et des milliers de Chinois qui mourraient ici de faim , ou causeraient d'affreux désordres en volant et tuant sur terre et sur mer , vont dans nos colonies où ils sont très-bien reçus, et puis s'en reviennent avec le fruit de leurs économies: Nous tenons hos pays ouverts à tous les hommes , et nos mers à tous les vaisseaux. Le principe du mare iibevv/m est universellement reconnu et respecté, et pourtant, par condescendance pour vous, nous défendons à nos embarcations de dépasser le trente-deuxième degré dans votre mer Jaupe, qui, après tout, ne laisse pas que de faire partie de cette mer Mère, de celte mer commune que le ciel a faite pour tous. Les mission*^ naires ont dressé pour vous la seule- véritable carte géographique que voué ayez de votre empire ; ils vous ont fait un calendrier , ils vous ont appris
(1) Les voyageurs anglais M. Dallas, M. Fortune, etc.
à ftindre des pièces d'arliilerie ; le peu que vous savez en physique, en mathématiques, en astronomie, c*est à eux que vous le devez. Les Portugais, depuis les premiers temps de leur établissement à Macao jusqu'à nos jours, vous ont puissamment aidés à vous débarrasser dfis pirates qui infestent constamment vos côtes, et contre lesquels le gouvernement chinois est toujours impuissant Les Anglais, pendant ces dii' dernières années, ont détruit plusieurs centaines d'embarcations de ces écumeurs de mer, et sans leurs navires à vapeur , votre marine marchande , peut-être même votre marine impériale auraient été complètement détruites, et vos côtes horriblement ravagées ; et qui sait si présentement les forces de ces féroces pirates ne se seraient pas accrues au point que, se combinant avec celles des rebelles de Tintérieur , elles eussent soumis tout Tempire ? Votre reconnaissance pour ces services désintéressés, qui nous coûtent notre ^r* gent et notre sang, consiste à nous appeler tarhares et à nous insulter autant que vous Tosez , lorsque nous mettons le pied sur votre terri* toire. »
Voilà des raisons pour et contre; mais il est bien à craindre qu'ici, comme dans plusieurs autres litiges internationaux, la force seule ne soit appelée à décider. Toutefois, puisque ce que les étrangers désirent réellement c'est de faire le commerce, il serait bien à souhaiter qu'on pût obtenir ce résultat par des moyens pacifiques ; cela vaudrait mieux que de s'exposer à réveiller ce colosse qui dort maintenant, mais qui quelque jour pourrait fort bien venir nous visiter à Manille, à 3atavia et à Calcutta.
Je vais émettre une pensée qui, adoptée, concilierait probablement les Tœux et les intérêts de tous, et épargnerait bien du sang. Je reconnais que ce n'est guère qu'un rêve doré, que de la pure poésie ; je vais toute* fois, quelle que puisse être sa valeur, exposer mon projet en peu de mots.
Lorsque la colonie.de Hong-kong fut fondée, les Anglais qui résidaient en Chine crurent généralement que cette ile allait devenir un important marché, et diverses compagnies s'empressèrent d'y élever à grands frais de vastes constructions. Néanmoins il était aisé de prévoir qu'elle ne servirait que comme poste militaire et comme lieu de refuge, en cas de danger, pour les négociants établis à Canton.
Yoici ce que j'écrivis à ce sujet au ministre des affaires' étrangères d'Espagne. J'envoyai une copie de cette dépêche au gouverneur général des Philippines, qui en fit publier la substance, sous forme de lettre particulière, dans un journal de Manille. Un journal de Hong-kong traduisit cet article en anglais pour le tourner en ridicule, et afin d*amu$er ses lecUurs.
t A son Excellence le Ministre des affaires étrangères.
« « Hông-koDgy le 3 mars 1844.
» Monsieur le Ministre , '
» J*ai TU la ville que Ton construit dans cette île. On y compte déjà plus de cinq cents maisons, dont quelques-unes sont bâties avec beaucoup de magnificence et ont de vastes magasins. Plusieurs des n^ociants étrangers qui s'étaient réfugiés à Macao se sont déjà transportés ici. Nombre de marchands et d'artisans chinois y sont aussi accourus, attirés par l'espoir de gagner beaucoup d'argent dans un lieu où l'on bâtit une ville, où l'on trace des routes, et où il y a une escadre et une garnison. Cette lie, presque déserte naguère, n'a pas aujourd'hui moins de quinze mille habitants, et pourtant bien des négociants anglais n'y sont pas encore venus, soit qu'ils craignent de voir recommencer cette année les fièvres qui pendant l'été dernier firent tant de victimes , soit surtout parce que leurs maisons ne sont pas encore terminées. Dans la pensée que peut-être Votre Excellence sera bien aise de pouvoir se former une idée exacte de l'avenir qui paraît réservé à cette colonie, je vais lui en faire la description en y ajoutant quelques observations.
» Le fleuve de Canton a son embouchure à un point très-accidenté; par conséquent, on voit au-dessus de la surface de l'eau un grand nombre de petits sommets formant autant d'îles. Hong-kong est un de ces som* mets, aussi n'y a-t-il pas la plus petite plaine. La ville a été fondée sur la cOte, et elle ne se compose que d'une longue rue. Dans bien des endroits les maisons d'un côté sont au niveau de l'eau , qui baigne leurs murs, tandis qurr^s-à-vis , sur l'autre ligne , elles sont à six ou huit pieds audessus, tant ^st rapide la pente du terrain. J'ai observé quelques maisons ^ bâties à soixjinte pas de l'eau , et qui n'étaient pas à moins de vingt-cinq pieds au-dessus de son niveau. La rue qui, comme je l'ai dit, constitue actuellement toute la ville, présente la forme d'un fer à cheval , et a une longueur de quatre à cinq milles; mais on y trouve beaucoup d'intervalles sans aucune construction. Le centre de la ville doit être peu distant de la maison du gouverneur, et de là part déjà une rue de maisons cbinmses qui se dirige vers la montagne. A l'exception de quelques petits vallons, l'Ile est complètement stérile, on n'y trouve que de la pierre et de l'eau; tout le reste doit y être apporté du territoire chinois.
» On conçoit qu'à Hong-kong les loyers des maisons et des magasins, et tous les objets nécessaires à la vie doivent coûter fort cher ; or, c'est un grand inconvénient dans un lieu destiné à servir d'entrepôt» et où
doivent s*effectaer les échanges des marchandises d'Europe contre celles de Chine. J*ai vu le compte des frais d'une partie de marchandises expédiées de Londres , entreposées ici pendant quinze jours et vendues ensuite à Canton, Le déchargement et le chargement, le magjisinage et la commission à Hong-kong, avec l'assurance contre l'incendie, le fret den epibarcations pour le transport à Canton, et l'assurance de ces embarcations, ont augmente l« prix de revient de 12 pour 100, somtne qu'on am-ait 4pat^ée si les marchandises eussent été envoyées directement h Cantonl il est donc très-vralsemblablè que lorsque les cinq ports seront ouvert conformément ant stimulations du dernier traité , les factoreries étrangè-^res rebâties à Canton , et la confiance rétablie, les vaisseaux iront directement des points de production à ceux de consommation , sans passer par Hottg-kong, où ils ne feraient que perdre du temps et se charger de frais addition^nels. Les négociants en. opium sont les seuls qui probablement auront ici des magasins, afin de pouvoir faire plus aisément la contrebande. L'anse sur laquelle on bâtit la ville forme un port parfaitement abrité par plpsieiirs lies et îlots, qui le ferment au point de lui donner presque l'aspect d'un lac. Mais vous savez que ce qui attire les vaisseaux, ce sôQt moins les bons ports que les bonnes afiaires.
I » Gomme position militaire, je ne vois pas non plus id rleo de bien avantageux, à l'exception du port, eiû une flotte peut être parfaitement abritéo. L'île ne pouvant rien produire , il est évident qu'il suffirait de la bl<iqiier pour forcer les habitants^ à se rendre ; d'autant plus qu'à cause îles antres lies qui l'entourent, on ne peut y arriver que par quelques passes fort étroites. La ville elle-même est très-facile à surprendre , à moins qn^on n'élève d'immenses fortifications tout autour de l'île, qui a vingts-deux milles de périmètre, ou Inen sur la crête qui la domine; car iin parti de Chinois débarqué durant la nuit sur la côte opposée pourrait en deux heures s'emparçr de cette crête, et de là faire rouler sur la ville les rochers de la méntagne.
• Pour me résuiper, je suis convaincu. que rétablissement naissant de Heng-kong , malgré la vigueur avec laquelle il se développé, ne sera jamais qn^uu marché de circonstance, Son plus: ou moins d'importance dépendra de la sécerké qu'il offrira oono^ les attaques des Chinois , et pour qu*il 'présente cette sécurité, il est indispensable que les Anglais aient dans ces eaux des forces nfivales supérieures ^ celles de l'empereur. Cette supériorité existe pour le mom^t; pais elle ne saurait durer éternellement, vu l'instabilité des choses humaines , et à cause dq changement politique qui évideÎBinent va s'opérer dans ce pays. De tout cela il résulte que je ne samrais at^rer au fameux Hong'^kong un avtoir bien brillant .. 4 Dieu gwde ?otre Exeellenne» etc. »
MaintêDant, Feipftrteiicé a ^én^iitrô que BoDg^-koag ae iefi pn aot
phce de commerce tant que le pôrtile Canioa «era omreit; çn d*àiitrei termes, que Hong-kong gagnerait beanœup % eq que Cantoa fftl coin^<» temeilt fermé. .
La position de llte de Cbuzan est beaucoop pins avantageuse que eelle de Hong-kong; mais sir H. IPottin^r se déeida ponr cette deraî^t parce que les négociants anglais établis en Gliine la préféraient à Chuian , persaadéf qu'ils étaient que Canton serait toujours le gi and marché du. «iHOmerce étranger. En 18/i6, dans une réunion où se troaifaieiit plusieurs des principaux de ees négociants , je soutins que Ghaiig*tia! ne tarderait pas à éclipser €anUHi , parce que ce port était appelé à approvisionBer neuf dos > plus riches provinces de l'empire, et se trouve en outre plus près de la capitale, tandis que de Canton au cœur du pays il y a une grande &» tance. Et c'était afin de tenir les Européens le plus loin possible, quels cour de Pékin avait choisi Canton. Néanmoins, de tous les négeeiants aiift glais qui se trouvaient à cette réunion, un seul se rangea à mon avis : ce fut M. E. Boustead, qui a toujours été regardé comme un iKMnme d'une grande capacité , et c'est peut-être ce qui empêcha qu'on ne se raoquftc ds md , comme l^avait fait le journaliste de flong-kong. ,
Les traités entre h Chine et la France, l'Angleterre et les États-Unis, fixant eux-mêmes une époque où ils doivent être révisés, l'empereur aura bientôt la liberté d'en conclure de nouveaux et de faire d'autses acrangements. Ma pensée est donc que le gouvernement. anglais (puisqu'on le charge de i^lef seul tout ce qui est relatif au. .comiperce de la Cfaitie avee rétranger) devrai^ conclure avec l'empereur une convention en Terto dt laquelle' les divers ports de l'empire demeureraient complètement fermés I tous les orangers; en échange de c^tte ooncessioiii, l'ingleterre preAdrsi{ possession de l'Ile de Chuzap ; on concéderait aossi tme tle à la France et h toute ^ntre puissance qui le désirerait ; car la France et les ÉtatSTUnis ont déjà obtenu ^ans leurs traités un article par lequel ces puissanee$ ont dffHt h être traitée^ comme la nation la pliis fiivorisée.
La position de Gfauzan est excellente comme place da comiperce; elIs se trouve^ pour ainsi dire, à l'embouchure de tous les grands Qeuv^ qui pénétrent dans le cœur de l'empire, et qui ^'embraqcht^pt ev^O des fh vières et. des canaux véritablement innombrables. Chumn sq trouve en outre è égale distance des deux extrémités du littoral d^ l'empire , ce qi^ la rend très^propre à servir d'échelle et à deveoir uri lieu d'éabaoge, T0u|ep les jonques cpii vpnt maiuL^ant à Singapour iraient à Cbuzan ; i] en seritit de même d'un grand nombre de navires de UanillSi du Japon, des îi^df rooéanie» etc. Enfin» de Cbuzan partiraient d^ gsbaros et même d0 sifpt pies bateaux avec des ariiclss d'EuuDps qoi, l^|ejp)ent ou pfu* coptn^lNmâ^i
entreraient dans les riviôres, et ainsi d'innombrables pacotilles arriveraient jusqa'aui protinces les plus éloignées* £n effet,. le pins petit bateau peut aller de Chnzan à Ning-po,' et, de là, par les rivières Takîa et Tsientang jusqu'à Hancheu, où commence le grand canal qui coupe du nord au sud le Yang-se-kiang et le Hoang-ho. Ces deux fleuves traversent de l'est à Touest presque toute la Chine. Pour que tout' ceci soit plus aisé à com« prendre, je donne id une petite carte.
Ning'poy comme je Texpliquerai plus loin, est un port où Ton peut avoir en même temps le thé noir et le thé vert à meilleur marché que dans aucun autre , et les navires qui arrivent avec des thés à Ning-po n'auraient qu'à faire treize milles de plus pour se trouver à Tching-hae, à l'embouchure du fleuve; or la traversée de ce dernier point à Chùzan se fait sans aucun danger en quatre heures quand la marée est favorable, et en moins de temps si le vent est bon. On recevrait également de l'embouchure du Yang'-se-kiang, la rhubarbe, le camphre, l'alun et la soie. Pendant que les Anglais occupaient Chnzan , des embarcations de six à huit tonneaux allaient sans cesse de Chang-haî à Cha-pu , et de là à Tching-hae et à Chnzan, pour importer en Chine des articles d'£urope. L'alun vient des mines de Uen-cheu et s'embarque à Pignian , port situé entre ï9ing-po et Emooy. Le camphre est un produit de Fu-kien; et la rhubarbe venant de l'intérieur, on la transporterait à Ning-po tout aussi bien qu'à Canton.
De Hui-cheu , grande ville de la province de Gnan-hui, où se réunit le thé vert destiné pour l'Europe, on peut transporter cette feuille à Ning-po en moins de temps qu'il n'en faut pour aller à Chang-ha! , et en économisant plus d'une piastre par quintal , parce qu'on passe une douane intérieure de moins que lorsqu'on Ta à ce port. A Blacao et à Canton , j'avais entendu des négociants étrangers, de ceux qui occupent le premier rang en Chine, discutant sur l'avenir probable de Chang-ha! et des autres champs récemment ouverts à la spéculation , dire qoe le thé çerait toujours expédié de Canton , parce que c'était le seul point où l'on sût bien l'emballer, chose fort importante à cause de la longue traversée qu'il doit faire. Or, je puis assurer que cet argument est absolument sans valeur; car le thé vert sort de Gnan-hui tout emballé, tel qu'x>n le voit dans les hongs de Canton; tout ce qu'on fait dans cette dernière ville , c'est de raccommoder quelques caisses qui ont pu se briser en chemin.
Personne ne conteste que le thé noir (qui vient des montagnes de Ftt-kien et de Kian-si) puisse se transporter plus vite et avec moins de frais à Ning-po qu'à Canton et à Chang-hai Ainsi donc, le thé Vert et le thé noir pouvant l'un et l'autre être obtenus à Ning-po à meilleur marché que dans aucun anU^ des cinq ports que nous avons la faculté de fréquenter» il semble que Chnian serait le meilleur entrepôt pour cet important article»
brGoogle
Les Yilles de U at-sing et de Hucheu, où se tissent tous les crêpes, font partie de la province de Che-kiang, dont la capitale Hanchea fabrique aussi beau-» coup de soies, ainsi que la ville de Kia«-cbing. Les satins se font à Nankin.
Ghuzan, sous la protection du pavillon anglais, ne tarderait pas à devenir un vaste marché où Ton verrait accouru* des Chinois, des Japonais, des Malais, des naturels des Philippines, des Arabes, des Coréens /des Cochinchinois, des habitants du Ton-kin, etc.
Les navires et bateaux chinois y viendraient , comme nous l'avons dit| pour se charger de marchandises qu'ils introduiraient ensuite dans l'empire légalement ou par contrebande. On me dira que les mandarins , au moyen de douanes intérieures et d'autres gabelles, gêneraient le commerce, mais la contrebande neutralise l'effet de ces exactions. Dans a^con pays le gouvernement ne peut imposer des droits excessifs, sans créer par contrecoup une active contrebande, et cela est surtout vrai en Chine, à cause du nombre inûni de rivières sur lesquelles naviguent sans cesse des milliers d'embarcations, et aussi pour plusieurs autres raisons que je crois superflu d'exposer ici, vu qu*il est facile de les déduire^de tout ce qui précède. Ce qui se passe maintenant relativement à l'opium confirme ce que je viens de dire.
L'Ile de Chuzan, grâce à sa fertilité, peut, en cas de nécessité, suffire par ses propres ressources à l'entretien de sa population tant indigène qu'européenne, et de la garnison nécessaire pour la défendre. Les points abordables sont en petit nombre et faciles à garder. Elle est dans d'aussi bonnes conditions comme position militaire que comme place de commerce. Les habitants seraient charmés de l'arrangement que je propose; car, pendant le séjour des Anglais, ils furent bien traités, gagilèrent beaucoup d'argent et ne payèrent aucune espèce de contribution ; aussi regrettèrentils sincèrement leur départ. En 18ft/i, passant par Chuzan pour aller à Shang'haî, je m'y arrêtai deux ou trois jours. Mon professeur de chinois, toutes les fois qu'étant descendu à terre il revenait à bord, ne pouvait contenir son indignation contre les habitants de la ville, lesquels, disait-il, étaient des misérables qui aimaient les Anglais.
A des époques d'anarchie comme celle-ci, non- seulement des commerçants, mais aussi de riches familles chinoises se réfugieraient à Chuzan, afin de jouir de la sécurité et de la tranquillité que leur garantiraient la force et la neutralité du goutemement anglais.
On conserverait dans le sud Hong-kong et Macao, où se concentrerait le commerce qui devrait se maintenir dans cette partie de l'empire. Ce commerce du sud ira diminuant sans cesse, et se transportera peu à peu dans le nord; toutefois il y restera toujotirs un trafic considérable, et il est superflu de faire observer que mon projet serait aussi favorable à Hong-
hjoag €ftè Iteiië.qB'iiiipfitaiii ptm lacutetlcii de 1» fnix ^tr^ PSoropt et; le OUeste Bmpire^
. Il eonficiiHk*ak de toQtefe miBttère& d'exife? (ie Fempereu^ la cesftkm formeâede Micad aa rddè Portogat. Indépeftâioament des titres qa'a Sa . fliAJQStô Très«>Fidftle poar obtenir i^ttedéclaration de son ditût à la posse»^ aton 9bMdne et perp^eelle de celte TîUe^ il y a le principe de réalité entre tontes les nations chrétiennes. Dès lors que TeoEipcteur a donné une lie ^ r Angleterre , il doit être disposé à en donner aussi à tonte nation qni Texigéra. Lorsqtietes gouvernements de France et des ^tats«Unîs» eu 1844 1 envoyèrent des nûsaîone en Ghin^, K.i-ying s'attendait à des demandes de cette nature» Macao a toujours été et continuera d'être un excellent pied^ à<-terre pour ks étrangers arrivant en Chine, ei si l'on ferniait Canton ^ comme je le voudrais, il redeviendrait un point important et florissant* < ' Les Cbiiiws seront obligés de payer une indenuiité pour les factoreries de Canton, qui ont été détruites. Au lieu de les construire de nouveau dans cette ville désagréable, où les Européens seront toujours dans de mauvaises coJnditîons et sons rinflnence d'nn climat insupportable e^ été , wpouiTait lesétaUir dans la vilie si pittoresque de Ting-hae#
Si les Français ou les Américains n'étaient pas satisfaits de cet arrangement, que feraient-Sls? Ir«ieot*ils piorter la guerre sur ces côtes pour obtenir de nouveau l'otlverUire des oinq ports , eux qni n'ont jamais voulu prendre part aux mesures coerdtives?
^ Quoique les dispositions hostiles des habitants de Canton envers les étrangers soient primitivement , 8«ns. aucun doute^ l'œuvre des mandarins, il est positif nénmnoins que pendant ces dernières années ils se sont montrés extrêmement agressifs et insolents^ L'arrangement que je propose serait le meilfeur moyen de les punir.
Malgré tout ce qui précède » et fûlHHi décidé k laisser Canton pour tonjdors, il ne serait pas moins important d'y entrer, ne fût-ce que pour Quelques jo^rs. Les Anglais piir leurs réclamations et ks mandarins par leur résistance ont tait de cette question un point trop capital Les' négociants anglais, s'ils avaient la liberté d'entrer à Canton, n'en useraient que rarement; car la partie qui est à leur disposition est sans comparaison plus propre et moins étouffée que celle qui leur est interdi^, et januiis les Européens n'y habiteraient d'autre quartier de la viUe que le bord de la rivière. Ce qui. manque réellemeat aux étrangers résidant à Canton, c'est la liberté de se pnHnener k pied ou à cheval dans la campagne. 4ctucU)C0ient, ils n'iont d'autre distraction que quelques promei* nades en bateau sur le fleuve « ni d'autre moyen de faire un peu d'exerr cice que le jeu de billard. Mais, je le répète, l'entrée dans Canton est dBveiue une afiaine de point d'honneur» et il ne tant pas qne ks Chinois
- ââ3 -
paissent croire qu'ils ont triomphé (1). L'occapation indéfinie de Canton aurait pour unique résultat de persuader à la cour de Pékin, et même à toute la nation chinoise , que le prqjet des Anglais est en effet de s'emparer peu à peu de tout l'empire, tomme ils $e sont emparés des Iodes. Or, tout le monde comprend les conséquences d'une telle couTiction dans l'esprit des Chinois.
Quant à moi , je regarde comme si utîle et si convenable le projet de fermer Canton, que, même en supposant qu'on n'adoptât pas le plan que je vienft d'exposer» je conseillekuls fort^mânt d'ld)andoaner Canton |Mur Manldn, ou pour Hin^aingan, situé à l'emboudiure du Hoang^-ho, ft Veû^ droit où il est traversé par le grand canal» on bien ponr Tieâ-sin, on même pour un porc au Chan^tung» de manière à ne conaervef au âud que Uicao et fiong^kong.
Hong-kong aurait ainsi un commerce actif et ne serait plvtd onéirent an gouvernement d€ Londres. .
Ceux qui ioni accoutumés à la routine des factoreries de Canton se figureront peut^tre qae les embarcations qui maintenant descendent de l'intérieur vers cç port ne voudraient pas desoenàre jusqu'à tlong-^kodg, où ils imagineront d'autres inconvénients du même genre. Potfr tome ré^ ponse , je les supplierai de jeter lesyeax sur la caita
Je crois superflu d'ajouter qoUl est presque Indoèitablè que h goatet^ nement impérial embrasserait avec joie un projet qui fermerait auk Bar^ bares toutes les oôces de k Chine*
. J'aj par-lé de Tion^sin » quoique je &*ignore pas que des taiêseaut ay«n( Un fort tirant d'eau ne peuvent remonta jusqu'à oe port» surtout eot hiver» Mais il est trôs-aisé de ilonstruire, sur la cdte même de Chine» des jonques on d'autres embarcations qui puMsent y arriver, et d'établir ainsi » depuis Chang<-bal, une esp^ de commerce de cabotage. LMmportant serait d'avoir les factoreries à Tien^sin plutôt qu'à Canton.
(i) C'est à peine si je pourrais donner «ne idée de la joie entlkousîaste qui a accueilli la nouvelle du succès de la politique de Siu. Sur tous les murs des rues étaient affichés des placards pleins d'expressions louangeuses. Oh y annonçait que Tes Barbares avaient abandonné pour toujours leurs prétentions, et que leslkiveurs ftnpériales pleovaient sous toutes les formes non-seulement sur Sia , mais sur tout kidividn qu'il signalait, duas son ra^pMrt, cemme ayant coopéré avae lai à la grande et pacifique victoire obtenue^ ainsi que resprimé une lettre de remperevr» sans la mort d'un seul individu. Six arcs de triomphe en granit ont été élevés, tant cfaBS la ville que dans les faubourgs de Canton, d'après les ordres 4e l'empereur, poux p!erpétuer le souvenir de ce fait, que la sagesse et le patriotisme du commissaire impérial nous avaient contraints de retirer nos demandeis ; et les inscriptions que portent ces monuments expriment la satisfaction de Temperenr dans les formés les plus flatteuses et les plus emphatiques. ^
(jDépéche de sir J4 Bowrimo à lord Clarendon, 19 avril 1852.)