CHAPITRE QUATRIÈME
Conduite du gouvernement chinois depuis la guerre de 1840.
Il est hors de doute que les concessions faites par les Chinois dans le traité de Nankin n'aient été arrachées par la force : elles ouvraient une brèche dans le mode d'e%istence de ce peuple et étaient pour le gouvernement embastillé de Pékin le commencement d*une révolution. 11 arriva donc une chose assez naturelle ; la guerre terminée et la peur une fois passée , les mandarins retournèrent sur leurs pas et revinrent autant quUl leur fut possible à leur ancienne manière de considérer et de traiter les Européens. . Sir J. F. Davis, qui, dès Tépoque du traité de Nankin, fut ministre plénipotentiaire d'Angleterre en Chine, s'exprime ainsi dans ses dernières publications:
« ,,. Une succession de tentatives les plus harcelantes, directes ou indi-, rectes , dans le but d'envahir les droits résultant de nos traités , occupa les premiers temps de mes fonctions diplomatiques ou administratives. Des infractions à notre souveraineté furent tentées à Hongkong, quoique cette Ile eût été cédée à la Grande-Bretagne a pour être gouvernée par telles lois et tels règlements que Sa Majesté jugerait convenable d'établir, » Un fonctionnaire chinois eut. la hardiesse d'essayer de lever des contributions sur les indigènes dans la partie sud de l'ile, et comme il était nécessaire* de diminuer le goût pour de tels procédés, il fut remorqué par un steamer dans son propre bateau, et mis en prison à Victoria pour trois mois.
» ... Ki-ying luî-méme ne put résister non plus à la tentation d'essayer de retenir à Canton quelque chose du monopole hong , qui avait toujours été si profitable au gouvernement. Il proposa qu'une centaine de marchands autorisés s'établissent dans cette localité; mais il lui fut répondu que le principe du traité, abolissant entièrement le système hong, serait aussi bien violé par l'établissement de dix que de cent marchands,
Des batailles de la même sorte furent livrées aux nouveaux consulats. Le vice*-roi de Fuchan*fou s'efforça de refuser à nos consuls une résidence, tant dans cette ville qu'à Amoy, précisément sous le même prétexte qu'à Canton, l'hostilité du peuple. Les mesures les plus fermes et les plus énergiques devinrent nécessaires, et j'eus la satisfaction, après beaucoup de difficultés, d'établir nos consuls dans des résidences convenables, à Fuchan^ fou et à Àmoy, vers le commencement de 18ZÎ5. Les consuls des différents ports signalèrent , dans leurs rapports , diverses infractions au principe de la liberté complète de commerce. Cette intervention indirecte avait pour
objet d*enlraver le développement naturel du commerce européen dans les nouveaux ports. On en trouve un exemple dans les empêchements mis au transit des thés du lieu de leur production vers Chang-hai, afin d'essayer par là de les diriger vers leur ancienne destination, Canton. Un autre exemple en est offert par le permis de monopole accordé par les autorités locales de Ning-po à certaines personnes pour faire le commerce du fer. Un monopole semblable ou même pire du commerce de cassia (cannelle) fut accbrdé à un seul marchand, à Canton, qui, en conséquence, tirait de chaque acheteur de cet article une valeur montant à 50 pour 100 de plus que le droit requis par les tarifs du traité. On découvrit aussi qu'une douane avait été établie dans l'intérieur pour percevoir sur nos manufactures de coton des droits de transit, qui, conformément au traité, ne pouvjaient être perçus dans les ports de commerce. II fut enfin mis arrêt à tous ces dommages , mais ce ne fut qu'au prix de beaucoup de temps et après de nombreuses correspondances. »
L'empereur ordonna qu'on dressât secrètement une liste de tous les I Chinois qui avaient trahi leur pays et aidé en quelque chose les Anglais. C'était là manquer à un article du traité de Nankin, par lequel l'empereur s'était engagé à tenir une conduite tout opposée.
Par suite de cette enquête, plusieurs Chinois commencèrent à être inquiétés sous divers prétextes, ce qui donna lieu à dé vives réclamations adressées aux autorités chinoises. Le consul de Ning-po , M. Thom , pour sayver un certain Luming, que les mandarins avaient fait emprisonner, se rendit lui-même à la prison et y arbora le pavillon britannique.
Quelques mandarins civils ou militaires furent condamnés à mort ou exilés , mais un seul fut exécuté : ce fut le vieux général Yu Puyun , qui commandait à Che-kiang , et qui s'enfpit lors de la prise de Ning-po. Ce général avait rendu des services signalés en poursuit^ant et détruisant des bandes de voleurs, et il jouissait d'une grande réputation de bravoure et d'habileté. Il fut en conséquence envoyé contre les i^nglais, et cette distinction eut pour résultat de lui faire perdre l'honneur et la vie. On dit qu'au moment où il allait être décapité, à Pékin, ses amis* lui administrèrent une substance analogue au chloroforme pour le rendre insensible.
Les gouvernements de Belgique, de Hollande, de Suède, de Prusse et d'Espagne envoyèrent en Chine des agents ayant mission de s'informer de l'importance et de l'avenir que présenteraient les ports qui venaient d'être ouverts au commerce étranger. Les gouvernements de Belgique et de Suède obtinrent du commissaire impérial une copie du traité de Nankin et du traité additionnel , revêtue du sceau de l'empereur, et une communication du même commissaire concédant à ces deux pays les bénéfices desdits traités.
Le président des États-Unis députa, de son côté, une mission assez
nombreuse, à la tête d^ laquelle se trou?ait M. Galeb Gusbing; et qui débarqua à Macao le 2/î février 18A4. De là, M. Galeb adressa au vice-roi commissaire uoe conomunication où il lui annonçait qu'il avait ordre d'aller jusqu'à Pékin. Le vice-roi se rendit aussitôt à Macao et parvint à détourner le représentant américain de son projet d'aller à la cour. Les deux
. premières communications adressées à celui-ci par le vice-roi durent être renvoyées^ parce qu'en conséquence de l'opiniâtreté avec laquelle ie gouvernement chinois s'attache constamment à rabaisser les autres puissances , les mots Empire de ia Chine étaient placés plus haut que le nom des Etats-Unis, Les deux plénipotentiaires conclurent un traité conforme en substance à celui de Nankin. Le seul avantage réel qu'il renfermât se rapportait au droit de tonnage que chaque navire étranger devait payer, d'après le premier traité, chaque fois qu'il abordait à un des cinq ports ouverts au commerce, et, d'après le second, chaque fois seulement qu'il arrivait de l'exténeur à ia côte de Ghine. £n conséquence de cette amélioration, les navires étrangers peuvent faire le commerce de cabotage entre ces dif-< férents ports , concurremment avec les jonques chinoises.
Voici ce qui se passa après que ce traité eut été conclu. Plusieurs négociants européens se promenant un soir dans le jardin de la Gompagnie,
' la populace en força l'entrée et s'y rua tout à coup. Ges messieurs furent obligés de fuir mi moyen de canots. Dans la soirée du lendemain la populace s'attroupa de nouveau , mais elle fut chassée sans opposer beaucoup de résistance. Deux ou trois Américains ayant accompagné un de leurs compatriotes qui s'en retournait chez lui à travers la foule , furent, à leur retour, attaqués à coups de pierres et d'autres projectiles ; alors un Américain tira un coup de feu pour forcer la multitude à se retirer, et tua un Indigène nommé Su-Amun. Une enquête fut ouverte à ce sujet par le magistrat du district, et un rapport adressé par le lieutenant-gouverneur à Ki-ying; mais celui-d ne s'occupa point d'envoyer une force suffisante gour contenir la populace irritée, et demeura dans l'inaction comme un homme qui ne sait que faire. Dans une communication au ministre américain, après avoir demandé qu'on lui livrât le meurtrier , il ajoute : « On assure que » l'homme qui a été tué était du district de TsJngyuen et qu'il n^avait point »de parents à Ganton; s'il en eût été autrement, le peuple n'aurait pas » manqué de vouloir venger immédiatement sa mort , en mettant de nou- » veau le feu aux factoreries , ou en les pillant, ou en commettant quelque. » acte du même genre. Du reste, la population est très-irritée, et il est im- » possible que des collisions n'aient pas constamment lieu jusqu'à ce que » la victime soit vengée. •
Un détachement de marins de la corvette Saint-Louis arriva à Ganton le lendemain , et la tranquillité fut rétablie.
Ki-ying s'adressa poar U troiaième fois à M« Gasbiug pour demander que l'Américain qui avait tiré le coup de fea fût livré , et avouant do r€»tê que la populace de Canton était une turbulente 'canaille, mais ayant recours au subterfuge accoutumé, qui consistait à s'excuser sur l'impossibilité où il était de la maîtriser. Rieii ne saurait donner mieux que- ce fait une idée du peu d'importance que les mandarins attachent aux traités conclus avec les Européens, car la complète exemption de la juridiction locale, tant au civil qu'au criminel, était parfaitement stipulée dans le traité qui venait d'être signé avec les Américains aussi bien que dans celui qui avait été fait avec les Anglais. Mais des actes de cette nature étaient pour les Chinois des choses si nouvelles, et ils les comprenaient si p^u, qu'en les rédigeant il leur arrivait quelquefois de faire des observations risibles; par exemple, dans une occasion ils refusaient de mettre aux articles les n""" l"", 2'', 3^, etc. , parce qu'ils se figuraient que cette numération désignait une aoVte d'ordre hiérarchique; or, disaient-ils, un article ne devait pas être supérieur à l'aptrei puisque tous avaient la même valeur.
Je l'ai dit déjà et je le répète , un traité pour les Chinois u'est pas autre chose qu'un acte de concession de certaines grâces en faveur d'un roi d*£urope qui les sollicite ou en faveur da ses sujets; et« par conséquent! il n'est pas étrange qu'en certaines occasions ils se figurent avoir le droit de retirer des faveurs qu'antérieurement ils avaient cru opportun d'accorder,
M/Cushing, dans le but de mettre fin è cet incident, adressa au vice*roi commissaire impérial une réclamation relative à un Américain nommé Sherry, qui avait été tué en mai 18A1, parce qu'il avait été pris pour un Anglais, et, quoique cette affaire eût été déjà terminée et qu'on eût alloué k la famille une indemnité de 8,000 piastres, M. Cqshing la réveilla et obtint par' là qu'on ne parlât plus de l'homicide commis à Canton, On ne doit pas oublier que les Américains put toujours sur les côtes de Chine deux ou trois navires de guerre ; il en est de même des Français.
Après que M. Cushing eut quitté la Chine, M, J. liV. Davis arriva pour le remplacer en qualité de commissaire ou ministre résident. Il fut reçu par le vice-roi dans une maison ou magasin particulier hors de CaqtOQ.
Lorsque, plus tard, le 17 février 18A9, le même vice-roi, Siu, dut aller à bord du vaisseau U Hastings pour conférer avec M. Bonham, représentant de la Grande-Bretagne, ayant été invité è monter préalablement à bord d'une corvette américaine mouillée dans les eaux de la rivière, il s'y rendit en effet et fut reçu par le représentant américain, M, Davis, et par M. P, Parker, le représentant actuel. Ce dernier m'a raconté que Siu avait été très-froid et de mauvaise humeur, et qu'il s'était montré aussi peu poli qu'il l'avait osé (a« little civil as fit dared to ^e). U est probable qu'il ne monta sur la corvette américaine qu'aGn d^" ne pas avouer
iflqriipitement qu'il n'ealrait que parforea dans le itàmw anglais; et, néanmoins, il devait être reconnaissant envers le représentant américain t car il s'agissait en ce moment même de forcer l'entrée de Canton , et comme les Américains ont les mêmes droit)» que les Anglais de résider dans^ cette ville. M, Booham avait demandé au ministre américain que les forces des deux nations agissent de concert, ce dont AL J. W*. Davis s'était excnsé.
M. Davis fat remplacé par M. Mac-Lane, qui ne pat jamais obtenir une entrevue avec le commissaire imt)érial, quoiqu'il la sollicitât avec insistance. Il n'eut pas plus de succès dans une viske qu'il fit k Tien-sin en 1854» Il fut remplacé par le docteur Peter Parker , qui n'a pas trouvé les manda*^ rins plus irai tables que ses prédécesseurs Davis et Mac-Lane«
En juillet 1856» une querelle s'engagea h Fueban^iou entre des Chinois et des Américains. Un de ces derniers, M. Gunningbam, négociant, fat tué d'un coup de poignard. Un Chinois qui était h son service su(k:omba également I aussi bien qu'un compatriote de celui-ci,
£n août de Tannée IS^ft, M. de Lagrenée arriva à Macao^ avec unn nombreuse suite, en qualité d'envoyé extraordinaire de France* Le vice-» roi commissaire impérial se rendit aussi à Macao, et conclut avec le plé*nipotentiaire français un traité qui peut être considéré comme la reproduction de celui de M, Cusbing.
£n dehors du traité. M, de Lagrenée obtint un décret de Tempereur permettant, dans ses États» le libre exercice de la religion chrétienne. Les Français furent très-satisfaits de ce résultat, d'autant plus que c'était à peu près le, seul avantage réel qu'ils eussent obtenu; mais je suis porté k croire qu'en touchant à cette question ils coinmirent une faute et ne firent que porter préjudice k la religion chrétienne» Je reviendrai sur ce sujet.
Les missions américaine et française furent traitées avec assez d'égards, parce que les échecs subis dans la guerre contre les Anglais étaient très-* récents, au point qu'on n'avait pas encore payé les 21,000,000 de piastre» aUoués à titre d'indemnité; parce qu'on voulait éviter que ces nouveaux envoyés ne prissent la. résolution d'aller à Pékin; parce qu'il ne convenait pas aux orgueilleux mandarins de montrer que ce n'était que par force qu'ils avaient échangé avec les Anglais des visites et des politesses; enfin ^^ parce que ces ambassadeurs ne demandèrent pas (ainsi qu'on l'avait) redouté) une ile chinoise comnie l'avaient fsdt les Anglais pour Hong-kong, et qu'ils se contentèrent des concessions faites au commerce de la Grande** Bretagne; en quoi le commissaire impérial ne pouvait trouver la moindre difficulté , puisqu'il avait satisfait d'avance i leurs^désirs en stipulant dans un arttde additionnel au traité conclu avec les Anglais que tous les ét]ran«< gers jouiraient des droits accordés aux sujets de la i^rande-BreUgne. Au moyen de cette claufie, Ki^ying empêchait que ses ennemis triomphants
eussent le monopole des quati*e nomeaux marchés, et il profu^tt pour kur nuire do seal moyen qu'il eût alors en son pouvoir. .
Après que la mission extraordinaire de ftl. de Lagrenée fut partie , le ixiron de Forth-Rouen fut envoyé en Chine en qualité de ministre résident. Le commissaire impérial le reçut comme il avait fait pour le représentant ' américain , M. J. W. Davis, dans une maison particulière située hors de Canton , et M. de Forth-Rouen ayant sollicité de lui une nouvelle entrevne, il ne l'obtint pas, bien qu'il ccmsentît à ce qu'elle eût Heu d'une manière aussi peu convenable que la première fois. Ainsi, après un séjour de trois ans en Chine, il partit n'ayant vu le commissaire impérial qu'une seule fois.
Le baron de Forth-Rouen fut remplacé par M. Bourboulon, qui n'a jamais été ni visité ni reçu par le commissaire impérial.
Nonobstant le» stipulations du traité conclu avec M. de Lagrenée , et malgré le décret impérial obtenu par ce ministre en faveur de la religion chrétienne, le missionnaire français M. Chapdelaine fut, en juillet 1856, dans, la province de Riang-^si, soumis à un martyre de deux jours et ensuite décapité. Sa tête , suspendue d'abord à un arbre , fut plus tard dévorée par des chiens et des pourceaux. On ouvrit le corps pour en arracher le cœur; on le dépeça ensuite, et il fut, dit-on, cuit et mangé. Deux chrétiens chinois furent décapités en même temps que le missionnaire. . Les Anglais, ainsi que je l'ai déjà dit, ne tardèrent pas à ressentir les effets de la réaction provoquée par les mandarins. Sept mois à peine après la cessation dès hostilités, il arriva à Canton on grave événement qui eût po devenir fatal à un grand nombre d'étrangers.
La milice irrégnlière , que le gouvernement avait licenciée , était on élément de continuels désordres. Quelques malintentionnés commencèrent à faire courir le bruit que les troupes anglaises qui revenaient de la côte septentrionale allaient être cantonnées à Ho-nan , en face de Canton. Sous ce prétexte, on répandit parmi le peuple des manifestes furibonds, dont l'un , en date du 2 décembre (18^3) , invitait les notables de toute la province à se réunir à Canton pour aviser. Les autorités ne prirent aucune mesure pour arrêter ces manœuvres, jusqu'au 6, qu'elles publièrent enfin un édit contre ces réunions séditieuses. iMais le langage de cette pièce était si peu énergique qu'elle ne servit qu'à encourager les mutins. Le lendemain, sur le soir, une grande multitude se rassembla auprès des factore» ries i ouvrit une brèche dans Ij mur qui entourait le jardin dépendant de ces établissements, s'y précipita, et mit lé feu au consulat d'Angleterre. A minait, trois hongs (factoreries), composés chacun de plusieurs maisons, étaient en flammes. Dans une de ces maisons se trouvaient les directeurs d'une maison de commerce américaine ; ils se défendirent vigoureusement»
tuèrent cinq Chinois^ se virent enfin obligés de s'échapper par derrière. Le gouvernement chinois paya une Indemnité pour les pertes occasionnées par ces éTénements,
A Chang-hai, le major Balfour, consul anglais, eut des démêlés avec le gouverneur, parce que celui-ci se refusait, dans les communications officielles, à employer les formes convenables, et un petit navire était dé^ prêt à mettre à la voile pour aller à Hong-kong donner avis de ce qui se passait. À cette vue, le tautai céda enfin et se décida à envoyer au consul une dépêche dans laquelle il lui dounait le même titre que le consul employait à son égard«
En mai iSà^^ sir J. F. Davis remplaça sir B. Pottinger.
En mars 18/!i5, le vice-consul de Canton, M. Jackson « M. M. Martin, connu par ses écrits sur les colonies, trésorier à Hong-kong, et M. le chav pelain de Sa Majesté Britannique dans cette même île, se promenant tranquillement en dehors de Tenceinte de la ville , furent attaqués par un rassemblement, frappés, blessés et volés.
Les autorités chinoises, fidèles à leur usage à peu près invariable en pareil cas, firent tous leurs efforts pour âuder, pour différer, enfin pour amoindrir le châtiment des coupables. Le magistrat que cette affaire conr cernait publia un manifeste dans lequel il parlait des personnes offensées comme d'individus qui, se trouvant à bord de vaisseaux marchands, seraient descendus à terre. Son but était de faire entendre au peuple que les mandarins n'attachaient à cette affaire aucune importance , et qu*il ne publiait le manifeste en question que pour se délivrer des importunes réclamations des Anglais.
Au mois d*août 18^5, on fut obligé d'envoyer la frégate à vapeur ta Méduse, à Fuchan-fou, parce qtie les Anglais qui y résidaient étaient insultés par la populace, qui allait jusqu'à leur cracher au visage. Le commissaire impérial et le gouverneur de Fo-kieu , dans leur réponse aux réclamations qui leur furent adressées à ce sujet, présentaient ces attaques comme d'innocentes manifestations de curiosité de la part du peuple.
En février i8&6 , le commandant du vapeur de guerre te Vixen avec quelques officiers et matelots, en tout une dizaine d'hommes, étaient descendus à terre pour tirer des oiseaux ; environ 1,000 individus coururent sur eux eu poussant des cris et en leur lançant des pierres, et ils furent contraints de regagner leurs canots. Une longue correspondance fut échangée à ce sujet, mais il ne fut pas possible d'obtenir que les autorités locales punissent aucun des Chinois qui s'étaient rendus coupables de cet acte de violence.
Vers la fin de mars de cette même année 18&6, des troubles ayant
êelatéà Fachan-fou.'il y eut pkriîeuts blessés, ci des-maw(ms de cortmerèe atïghiïses (ateni pJllées. Après Hen des'débats, h gotfrernemeiit chlttow fut obligé de payer une indemnité de 46,163 piastres.
Le 4 âtri! 18W, Ki-ying et sir J. F. Davis sîgirèrent une convemion dans laquelle fut consigné te droit des Anglais d'entrer à Canton ; mate lenr entrée était ajournée afin de donner aux mandarins le temps de dis^ poser le peuple à supporter leur présence sans trop d'opposition. Celte eoflVentioii fut ratifiée par l'empereur. - .
Aussitôt, et avant l-époque convenue, les Anglais remirent Chdïan. ïl est à remarquer que Ki-ying s'opposait à cette remise, demandant que le traité fût strictement exécuté dans tous ses articles, il est probable qtié les mandarins étalent bien aises de voir les Anglais demeurer à Chuzan, où ils souffraient infiniment da climat , et oà ils avaient' perdu plusieurs centaines "des leurs.
Le 25 août 1846, sir J. F. Davis se plaignait amèrement an commissaire impérial d'une sorte de conjuration organisée parmi les gardes nationaux de Canton, dans le bût d'empêcher qu'on ne cédât aux Anglais le terrain indispensable pour construire des maisons et établir des cimetières^ et il appuyait ses plaintes par des menaces.
En même temps, on affichait à Canton des placards pleins de menaces furieuses contre les Chinois qui céderaient du terrain aux étranget*s pour former des factoreries. Il y a tout lieu de croire que ces écrits avaient pouf auteurs les mandarins eux-mêmes ; du moins est-il certain que denx^ci fermaient les yetit.
En juin 1846, à l'occasion d'une querelle qui s'était engagée dans une rue, la foule envahit lés factoreries européennes dans l'intention de les piller et de les brûler. Les Anglais et les Américains , s'étant unis pour la défense commune, firent feu, et trois Chinois furent tués. Les mandarins, qui, durant trois heures entières, n'avaient pris aucune mesure pour rétablir l'ordre, voulurent ensuite exiger que trois Anglais fussent exécutés afin de calmer le peuple. Or, il est à remarquer qu'il était impossible de savoir de quelles mains étaient partis les coups qui avaient tué les trois Chinois, et que, parmi leâ individus qui avaient fait feu, il y avait un grand nombre d'Américains et probablement des sujets d'autres nations. Par suite de ces événements, les étrangers qui résidaient à Canton s'organisèrent et s'armèrent de manière à former une sorte de milice nationale, et de se mettre en mesure de repousser la force par la force.
ù Vers la fin de 1846, dit le plénipotentiaire anglais sir J. P. Davis, le point culminant dd. désordre avait été atteint par la populace à Canton. Parmi les actes de violence commis contre les sujets anglais ou tous autres étrangers, deux matelots, après avoir été attirés dans les rueis basses et y
avoir élé assaillis par la populace, battus, lapidés et blessés ilaiagweifsèment, furent portés à demi morts au eonsulat. \jè cônitcil adressa des plaintes à Ki-ying; mais la restitution de Gbu2an avait produit on changement défovorable« D'autres griefs exigeaient qu'on adressât une éjiergique réclamation , appel que Ki*ying n'accueillit qu'avec une brusquerie dontt il n'avait pas encore doobé d'exemple. Aussi, vers le commencement de mars suivant (18ii7) , une attaque bruule eut lieu contre un officier d'artillerie d'un grade supérieur et dnq autres personnes respectables pen^ dant une excursion qu'ils firent sur la rivière de Canton. »
£n mars 18^7, la populace de Canton entreprit de détruire et d'incendier des hangars qui avaient été construits pour abriter les canote des vaisseaux, et les autorités ne prirent aucune mesure pour l'empêcher. Sir J. Davis leur adressa un message très-^ergtque, menaçant d'appeler la troupe qui était à Hong-^kong.
Plus tard, il envoya à Ki-ying une copie d'une communication extrêmement forte qu'il avait reçue de son gouvernement; et voyant que le conimissaire impérial n'en tenait aucun compté et répondait d'une manière évasive à toutes les réclamations qui hii étaient faites, il dédda, de con*cert avec les commandants âeis forces de terre et de mer qui se trouvaient à Hongkong, de se diriger sur Canton avec toutes les troupes dont il pourrait disposer. L'expédition eut lieu lé l*^ avril iSkl; on prit les fortt; dits do Bogue t on enclooa cent vingt-sept canoûs, et trentensix heures suffirent pour obtenir tous ces avantages et pour arriver k Canton.
Sur-le-champ, une convention fut signée dans laquelle on .stipula que tes Anglais entreraient à Canton au bout de deux ans. En ootre^ on déter^ mina et où leur concéda les terrains nécessaires pour construire des factoreries et former un cimetièrCé Ce qu'il y eut de remarquable dans cette circonstance, c'est que les Anglais, après avoir remporté une victoire, firent une concession en consentant à n'user que dans deux ans du drojt qu'ils avaient d'entrer immédiatement dans Canton. Cette modération ne servit qu'à augmenter Toutrecuidance des Chinois et à les disposer à la résistance qu'ils firent en 18/i9«
Le 8 août 18^7, huit Anglais passaient tranquillement dans un canot; lorsqu'ils se trouvèrent à la hauteur du village de Huan^chi , des gardes nationaux chinois tirèrent «ur eux trois coups de canon en poussant de grands cris et en proférant des malédictions, en sorte qu'ils furent forcés de retourner eh arrière.
Siu, gouverneur général des proviiicesde Canton et de Kian-si^ adressa à l'empereur, en date du 26 août 18/i7, un mémoire pour demander des instructions au sujet des réclamations que faisaient les Anglais relativement à keor entrée à Canton^ et aux terrains qu'ils demandaient qu'on leur
louât pour établir des factoreries et uu ciûietièré. Nous sigoaierotas dans cette commooicatioa le passage suivant :
« Toute leur confiance repose daps la contrainte, en vue de nous ûiire accéder à ce qu'ils veulent , et dans un violent et ingouvernable e^rit d'usurpation.
» Lesdits barbares , depuis le temps où Votre Majesté a sanctionné le traité de paix , ont fréquemment montré de hautes prétentions , et lorsqu'ils obtenaient la longueur d'un pouce , ils s'en emparaient d'un autre. »
Le 8 mars 1868, trois respectables missionnaires étaient allés à quelques . lieues de Chang-hai pour distribuer des imprimés relatifs à la religion ; ils furent attaqués avec fureur, renversés par terre, grièvement blessés et complètement dépouillés par une tourbe de matelots qui avaient appartenu aux équipages des embarcations en\ployées à porter du blé à Pékin pour le compte du gouvernement. Il est à remarquer que ces misérables n'alléguèrent pas pcfur prétexte que les missionnaires distribuaient des livres destinés à propager une religion étrangère ; ils avaient au contraire commencé leurs violences contre les missionnaires en se plaignant qde ceux-ci distribuaient trop peu de livres , et en ei^igeant qu'ils leur en donnassent davantage. Le consul, M. Rutherford Alcock, demanda à l'instant que les coupables fussent arrêtés et punis; mais les autorités ne répondirent que par de vaines excuses. M. Alcock, s'étant assuré l'appui de deux vaisseaux de guerre, empêcha^ la sortie de mille barques chargées de blé, qui devaient être dirigées sur Pékin , et envoya un des vaisseaux de guerre à "Naukin, avec le vice-consul, qui, accompagné d'un interprète, portait une communication dans laquelle le gouverneur général de la province était supplié d'envoyer un employé supérieur pour examiner les faits. Les^ àu<> lorités de Chang-hai produisirent deux individus qu'elles supposaient être le» coupables, mais on vit bientôt que ce n'était qu'une supercherie. Elles essayèrent aussi de faire sortir les embarcations chargées de blé en trom* paut la vigilance de la corvette qui gardait le passage, et elles s'efforcèrent d'empêcher, au moyen de divers prétextes, l'autre vaisseau de guerre d'aller à Nankin. Ënfin^ voyant qu'ils ne pouvaient s'en sortir autrement, les mandarins firent arrêter les principaux auteurs des violences et les envoyèrent à Chang-hai, où leur identité fut constatée par les trois missionnaires blessés. Et pourtant, même après cela, ils s'efforcèrent de rendre le châtiment illusoire , usant pendant le cours de cette affaire de toute la mauvaise foi et de tout le mauvais vouloir possibles. Dans le manifeste qu'ils publièrent à ce sujet, ils présentaient le fait comme une querelle survenue entre des Anglais et des Chinois.
Dans ces circonstances les consuls de France, des États-Unis et de Belgique, sur l'invitation de celui d'Angleterre, prirent oflBciellement connais-
sance de Taffaire, y intervinrent et déclarèrent qu'ils approuvaient et appuyaient les démarches de M. Alcock,
Mais le ministre plénipotentiaire de Sa Majesté Britannique en Chine désapprouva la condoite de son subordonné de Chang-haî; le ministre d*État écrivit de Londres dans le même sens, jugeant que le consul avait dépassé ses pouvoirs et qu'il s'était exposé à provoquer de sérieuses hostilités. Il est très-possible que la même chose soit arrivée à ses collègues.
Les négociations relatives à cette désagréable affairé durèrent un mois.
Dans les premiers jours d'avril 18^8 » deux Anglais furent attaqués* et maltraités à Canton. On demanda que les principaux coupables fussent châ» tiés publiquement dans' le lieu même où le délit avait été commis, ce qui fut obtenu avec beaucoup de difliculté.
Le 31 août de la même année, le vice-consul de Fuchan-fou, M. Parîsh, passant à cheval à moins d'un demi-mille du consulat , on le siffla , on lui lança des pierres, et on le frappa violemment à coups de bâton. Le consul lui-même avait été bruyamment insulté par la populace.
Vers cette époque, six paisibles commerçants anglais, qui étaient sortis de Canton pour se promener sur le fleuve dans un canot, débarquèrent à un petit village situé sur les bords du fleuve et nommé Huang-chu-ki. La populace s'étant ameutée , quelques-uns d'eux qui portaient des pistolets firent feu et tuèrent .un Chinois et en blessèrent un autre. Mais ils furent tous cruellement assassinés, et quelques-uns n'expirèrent qu'après avoir été soumis pendant deux ou trois jours à d'horribles tortures.
Le gouvei'nement de Hong-kong réclama, et les autorités chinoises, malgré le principe adopté à l'égard des étrangers d'exiger toujours vie pour vie, ordonnèrent que quatre Chinois fussent décapités; mais, selon toutes les probabilités, ces criminels décapités n'appartenaient nullement au village coupable; c'étaient des pirates condamnés à mort, comme il y en a toujours un grand nombre dans les prisons de Canton, où l'on coupe annuellement jusqu'à mille têtes. £t ce qui donne lieu de penser qu'il en fut ainsi, c'est la manière même dont on procéda. En effet, aucun Anglais n'assista à l'interrogatoire ni à la défense, et lorsque les colipables furent traînés au supplice , quelques-uns , dit-on , étaient bâillonnés , afin qu'ils ne pussent pas répondre si on leur adressait quelques questions. L'exécution eut lieu en présence d'un piquet de soldats de marine, qui débarquèrent d'un navire anglais.
Par suite de ces tristes événements si fréquemment renouvelés, le gouvernement anglais recommanda à sir G. Bonham de veiller à ce que> toutes les fois qu'un sujet de la Grande-Bretagne aurait été insulté, un fonctionnaire anglais fût témoin du châtiment. Mais cet ordre fut retiré sur de très-sages observations du consul M. Rolherford Alcock, l'un de»
Jiomipes les plus capables que la reîoe d'Av^gleterre ait eus à aoa service dans ces contrées.
Siu et sir G. Bonbam se idre&t pour ta. preini^e foi^ ^.:lia«*|i]mtchi , lieu où sir J. F. Davis avait été préseotéà Ki^ying^ fitoA avj|itMft^<^'le traité i^dditionael.. Après l'entrevue, JSflii alta avec sîr G. fioobam,jiÛ9Uer la .frégate de guerre ilf^û^. . , .,.,>f ,^.. :
Le 27 décembre iSi^S, M^ Mead^ws, interjMrète du çonjjulatd^ Cayaton;, fat attaqué, sur le fleuve du mêu^e qom^ par des pisatf^« ç| 3e i^rilpt à «auver sa vie qu'en tuant deux CbUigâs et en.^e jetant.dans l'eau^pQiy:. gagner ^ la nage la rive du fle^ve• Le comniifisaireio^iérial.fit «ri^r.pia* «ieu^s des coupables, et il ne ci^a^nit pas de faille sayqir Qffi«i#eo)ent |i sir G. Bonbam que ceux cbez qui Qp n'^ivait pas trouvé d'auitire déUl^^qn^ celuié'avoir atuqué et. volé M* M^adows «eraieat any^yés «xii ^l^res, ^lav»quQ ceux qui, ea 05tfre,> nnaiei^tvplé des, sujets ci^mkf.Bi^fmmt décapités. ; . . .,w .
Le U avril 1849 approchant, sir G« Bonbam entinuâ laqmestiop^fle l'^n^ irée à Canton , et Siu , le 17 .févjriei:, se trunsporl^a à bord du ^ai^^u ie JSa4tiiikg9 pocoe conférer avçc l»i.. Avant de sortir de Ç0nto0| U av^i( p^^ bljié un manifeste dans lequel |1 jaùnonçait qu'il allait faire l'imp^ctipa d^s forts de b rivière.. Son but; ev cçfla n'était évidemment qi^ de é^m^n à entendre au peiiple que. ce .n'était qiiie par hasard m çn p^fiswtqu'i} mw* liait à bord d'un vaisseau de^ barbares anglais; car, leur. faire imeAisjij^ proprement dite lui eât^sen^blé uoebumitiatioBu jç^e rés^tat de If j9Q(KQyiie (ut que ^iu obtint un délai de.qi»arante |our/9 pour écrira à f^ékii^ et demander de» instructions à l'empeieur. Celui?çi ré|)oii<iit par un décret h bconique et d'une si^Ui£ait6,siniiiageiise» qu'osa pouvait y.vw.éi^pie^t l'ordre d'ouvrir la iVîUe aust i^ngtais^t cdui de la fermer; bdéoiâion de l'affaire était donc laissée à Siu. ^ . ,
Dans le courant d6mairaâB49« il se forma à Canton un codu^ ott^omité de patriotes et de notables, dans le but de prendre des mesures poucemn pédier les Anglais d'entrer dans la ville.. On organisa parmi, les be^itiaiita de la ville ^t des environs «ne garde, ikationale^ qui atteignit le chiffre de 80 à IOÛ9OQO hommes « el on prit des mesujnes pour s'assucer les fonds uécessflures à son entretien ; des amendes furent édictées contra ceiii:.%tti se moatreraiient indiilérents; plusieurs corporations de négocianls.défefi'^ dirent par des manifestes à tous leurs membres de faire aueiUie^pèce:dB commerce avec les. Ang^is; edfin onjmprima^ on.afficba aux coins des rues et'€n répandit de tous côtés des. placarda jneendiaires. Le fionsoliui-* glais.de £anton en envoya quelq^ies^funs^aa commissaire impérial Siu >;qui répondît qu^il ne. pou^ eaipêehery oes mattifostfllioas de la volonté dû
Googk
L^ I^lm, ^fmf^;^m{^ c'^iit IVp ^ tout le vm^i ,;avai€^ dan^ la rivière de Canton plus de forces navales et à,e troupes qu!il n'mk t^^^ pour B*ep^rpr de cett^ vi(le,:.e( il qs( trè&-prd>pible.,qi^ «i Si^.eût.été ,coB99i9GU qu^ çett^ a^ire pouvait ameaer h guerre^ ïLn^^ ^erajt ppint jûj^siioé kM ^HYW^' Jta {X)titjgii§ des atfV)r.ités aoglais^^ k ceinume^^ Ik'f aurait dû élre que Sin fui pefsuadé qu'on ne Fecidçrait,pa& Mai»» tout. ^9 contraire, la croyance général^ était que les Anglais n'en vieur draîent. point à faire, ujsagç de la forqs. Sir J[. fiowriog, dsins une dép^cl^e récente, faisant allusion à pe qqi s^ passa à l'époque do^t aops parloi^^, dit que malheorenseoient Iç commissaire mpérial put savoir qu'il ne serait ,p9S tiré m CQop de canon. Il n'^jonte pas de qui Sju r^çut qette iipfarmatîgn; Je ne le dirai pas Bon plus.
J'iyaMtBrai^eoleasent «qu'il «est déplorable qu'yen Ç^ue ^sétr^^gers ne s'unissent pas,;<^ ifonne fin pour Uaiter avec les niapd«|rïns.le6 question^ auxquelles tous les étr^^ng^rs sont intéressés* Plus loin , je revi^)4iraî JlpéxialeQieiiit sur ce point.
. ie jo^ de. .la d^iaion. arriva m^n , et Siu interpréta le décret de l'eaipereur dans le sens oj^^osé à l'on^erture. En copj^quence Jes, Anglais se dé^isiérent et se résignèrent pour ne pas entreprendre unenonveile^uerre» quoiqu'il soit constant que la patience des Européens n'a servi et oe servrrji qu'à r^kidre les mandarins plus orgueilleux et plus insolents.
La .sortie des vaisseaq^ anglais 4iQ.la rivière de Caatpn fut, rcigardée.p^r les Chinois cainn^ une victoire; on éleva. de^ arcs de triomphe, on dis^* triboa des tablettes d'honneur; et on en suspeniiit uqe <jans le teipple d*uae certaine idole , auprès de Canton , à la protection de laquelle ^n. 4is|4t qu'âait ^û en grande partie le triomphe obtenu sur les barbares.
£n se refusant à ouvrir les portes d^ Canton., Siu .offrit de recevoir j^ir G. Bonfaam et le c(«sul' D' J. Bowring hors de la ville , dans la maison de campi^ae du négociant How- Kua^ Pendant la durée de la correspondance qui s'engagea à ce si^, Siu envoya une fois un décret de l'emr pereur 1^ sir G.^ fionham, en lui disant : « Obéissez respeaueusement. » •
U y a^tocyours eu.^ C^ine des perso^nnes candides qui se sont laissé «onvaiacre paf les astuoieux mandarins, lesquels. ont coinstaminent voulu iSïCttser leur potftique de réclusion par l'aversion naturelle etspontauée des indigènes pour tes étrangers. Sir G. fionham, qui, a nn peu partagé l'erreur de ces personnes-là , disait dans sa dépêche du 23 avril 18^9 :
« L'argument de i'aversion des habitants est sans nul doute fondé jusqu'à ^m certain point. Je ne suis pas aussi fixé sur le pouvoir des autorités à 4XNitenir la plèbe en cette occurrence, tout en étant convaincu que sir X F. Davis ne se trompait pas en attribuant une.graode partie de l'auimosité
— aida peuple à rencouragement qu'il reçoit à ce sujet de la part de ses mandarins. »
Dans un décret de l'empereur en date du 7 mai 1849 , il était dit :
« Le gouverneur général (Slu) et le gouverneur en question (Yeh) , en tranquillisant le peuple et en gouvernant les barbares , ont sur tous les points fait converger leurs mesures sur la racine et l'origine de l'affaire ; ce qui a, eu pour effet de rendre lesdits barbares traitables et soumis. Il m*est impossible d'exprimer complètement le plaisir que nous en éprouvons; et afin d'encourager des services d'une haute valeur, il est convenable que des récompenses libérales soient accordées. <»
L'empereur accordait ensuite de grandes récompenses à Siu , Yeh , etc. Au commencement de juin i8A9, Siu adressa à l'empereur un rappqrt dans lequel il lui recommandait ceux qui s'étaient distingués en dirigeant, sous € action des autorités, les mesures jie protection.
Le 9 août 18A9 > l'empereur disait dans un décret :
« En conséquence des mesures prises par les grands officiers des provinces de Kouang-toung, le peuple a été exercé aux manœuvres militaires, et les braves ont été animés par de hauts principes. C'est à cause de cela que les barbares anglais n'ont point osé agiter de nouveau la question d'entrer dans la ville. »
Dans le courant de cette même année iSl\9, le commandant (Johnston) et le second de la frégate de guerre Scout, et l'élève consul Parish , se promenant tranquillement , furent assaillis avec de grands cris et à coups de pierres. Les autorités chinoises se refusèrent à faire châtier les coupa* blés en présence d'un fonctionnaire anglais.
M. le docteur Bowring (plus tard sir John Bowring) arriva à Canton en qualité de consul général. Il sollicita une entrevue avec le vice-roi commissaire impérial, et, quoiqu'il n'exigeât pas que ce fût dans son palais, à l'intérieur de la ville, mais qu'il se contentât d'être reçu dans une maison de campagne quelconque, comme l'avaient été d'autres fonctionnaires européens , entre autres le consul de France comte de Ratti- Menton, il ne put rien obtenir.
Le gouvernement de Londres ne voulut pas recourir à la voie des armes pour refréner le mauvais vouloir des mandarins et obtenir la sincère exé^ cution du traité de Nankin ; mais il prit le parti d'envoyer le vapeur de guerre Beinard à Tien-sin (port très-voisin de Pékin), afin probablement de donner connaissance à la cour de ce qui se passait , et de se mettre , s'il était possible , en communication directe avec elle.
Sur la mission pour laquelle ce navire fut envoyé à Tien-sin, durant le printemps de 1850, le gouvernement anglais a observé une réserve complète i même envers le parlement; car ayaAt fait. imprimer récemment^
pour en dooow communication aux membres de cette assemblée ^ plusieurs cahiers de la correspondance relative aux affaires de Chine , il a entièrement laissé de côté cet incident. Ce que j*ouîs dire alors» ce fut que le gouvernement de Londres avait envoyé à son ministre plénipotentiaire une lettre autographe écrite par la reine Victoria à Teropereur de la Chine, lettre conçue dans des termes d'une grande énergie, et qu'ordre avait été donné de la faire parvenir à Pékin, de la manière la plus convenable, soit en y envoyant un fonctionnaire chargé de la porter , soit en la remettant ï quelque mandarin expressément désigné pour la recevoir. Si ce renseignement est exact , il y a tout lieu de croire que le voyage du vapeur le Reinard n*eut d*autre objet que la négociation de cette affaire. Dans tous les cas, il est certain , tant à cause du mystère dont on a enveloppe ce voyage, qu'à cause des. événements subséquents, qu'on n'obtint aucun résultat satisfaisant.
Peu de temps après , la copie d'un décret impérial que je vais rapporter circula parmi les habitants. Les autorités de Hongkong demandèrent officiellement à Siu si ce décret était authentique ; il répondit qu'on ne lui en avait pas donné communication , et qu'il ne l'avait point vu dans la gazette de Pékin. Il est superflu d'observer que son assertion ne prouvait rien ; car les mandarins, dan^ leurs rapports avec nous, mentent jusqu'à la dernière impudence, même sans nécessité et sans aucun motif plausible. Voici ce décret:
« Vers la fin de la quatrième lune de Tannée 30 de Fuk-nang, trois » vapeurs anglais grands et petits arrivèrent à Tien-sin , sous le prétexte
• de venir offrir^ leurs félicitations, mais réellement avec l'intention de 9 reconnaître secrètement le pays. Arrivés à Tien-sin , ils envoyèrent 9 immédiatement deux lettres aux ministres Ki-ying et Muchanga. L'auto- » rite principale de Tien-sin les reçut et en fit part à ses^supérieurs, » et ceux-ci , de même que les ministres, en donnèrent connaissance à la « couronne.
» Sa Majesté répondit :
» Le gouvernement a déjà expédié ses instructions à tontes les autorités , » afin qu'elles s'acquittent de leur devoir et ne fassent point usage de » paroles trompeuses, car elles feraient naître par là des troubles. Elles » doivent permettre auxdits barbares de faire le commerce ; telle est la » bienveillance sans bornes de la nation. Mes ancêtres ont toujours » montré de l'affection au peuple et lui ont toujours prodigué toutes » sortes de soins; lesdits barbares devraient être reconnaissants à l'ex- » trême et se tenir en paix; c'est la première fois qu'ils sont venus ouver-
• tement à Tien-sin, présentant des lettres aux grands ministres, ce qui est » irrévérencieux à l'extrême. Il a été ordonné auxdits ministres de ne faire
» aucune réponse» cette réponse cessant 4*être nécessaire depuis que Tés 9. barbares se sont vantés qu'ifs dépasseraient tes Hmites et viendraient » présenter les lettres eux-mênaes.
». C'est donner la plps singulière excuse que de parler de Ta fatigue ». résultant du voyage depuis les ports de mer de Kuan-tung, Fq-kien^ » Cbe-kiang ^ Kiang-su , Chan-tting et Tien-sin. Ma dignité me dicté T^ d*infornîer les ministres qu'il serait très-inconvenant que je fisse un^ » réponse afin d'expliq^uer le vide d'une telle déception. Siu, le gouverneur » général des 2 Kuangs^ qui a. traité si souvent ces sortes d'affaires, doiï j> certainement savoir que les barbares sont comme le diable ou, les frdits » du Yi (sorte de monstre marin). Ceux qui sont à Canton doivent dorer » navaot écrire de cette ville, et toutes leurs transactions se feront par » l'entremise^ du gouverneur Siu, et toutes les autorités du littoral doi- » vent éviter de communiquer avec les barbares , car its occasioneraiéot 9 par là des troubles. Observez avec Soin ces instructions.
» Respectez. cela!...»
Encouragés par ce succès, les mandarins marchèrent à grands pas dans la voie de la réaction, et, ai^ commencement de juin 1850, les autorités^de Canton établirent un nouveau système pour le commerce du tlié j dans lie but avoué de retirer de ce comtâercé des sommes au moyep desquelles le trésor impérial pût rentrer dans ce que lui devait la corporation des anciens négociants hongs. Il faut remarquer que cette dette cpnsiistait tout simplement dans une somme de cinq^ milliojis de pEaslres que le gouvernement avait demandée aux négociants hongs, pour contri- ))uer à parfaire celle de vingt-huit miflions q\i'il fut obligé de payer aux Ai^glais après la guerre de iSÛQ. Les. commerçants hongs ne voulant ni ne pouvant payer une si forte somnie, finirent par en fournir une partie Ji, 700,000* piastres). Voici en quoi consiste le nouveau système : Tout propriétaire dé thés doit , en arrivant à Canton , les déposer dans l'un des entrepôts du gouvernement, c'est-à-dire dans les magasins de certains individus autorisés et patentés à cet effet. Aucun négociant ne peut acheter des thés sans avoir obtenu, dans un de ces entrepôts, une autorisation spécifiant la quantité, la qualité, etc. Les propriétaires des thés sont tenus de payer aux entrepôts, pour chaque quintal, un demitael d'argent (720 taelsfo;)t 1,000 piastres) comme droit d'emmagaginage, et un cinquième de tael, qui doit être remis par les entrepôts à la corporation des anciens négociants hongs , d^où , eà fin de compte, il doit passer dans les caisses de l'JÉtat. Le décret ordonne encore que , sur les payements, il soit ajouté, en faveur des entrepôts, 2 p. cent, pour la perte que peuvent causer les monnaies ; que ces monnaies soient pesées avec la balance de l'intendant des finances , et non avec celles qu'emploient
(es négocia^nts;; enfin c^ue les appoints soient, 4pn de. 100 catis, m^^ ae 90. Toutes ces dispositions, comme il est aisé de le reçoQinalçpe, tendent à aççrQÎtrç.le produit de 1^ contribution, en sprte qi^, gar .çxei)[\ple, Tanûée dernière, rexportation du thé s'étant élevée à envîrptt 140 millions 4e livres,^ le b^néjice.gue le gouyernem^nt impérial retira de cette expprtâtion fle fut |)as de moin^dq.500,00(> jpîast^es: Cet impôt a naturellement fait reuchérir U P^rchandi^e, et gar conséquent ce ^ont ef\ réalité les cpnsommat^urs étrangers qui Tgut ;payé. Ç',est ainsi que Ife gou^yernemçnt chinois a trouvé le moyen de rentrer peu ^ peu dans les 28,000,000 de piastre? qu'il a payés aux Anglais pour le. rachat de, Cajiton et pour le remboursement des frais de la guerre. Cejt établissement de magasins
Srivîlégiés pou^ le thè, et le systènae de contributions quç nous venons ^exposer, constituent une violation flagrante du traité de Nankin; car il en résulte la . destruction de la liberté du commerce stipulée dans ce traité j ejt, le rétablissement de la corporation des commerçants hongs ; à laquelle les mandarins tenaient tapi , parce que leur rapacité y trouvait une mine inépuisable ; enfin une brèche se trouvait ainsi faite au tarif luimôme. À tous ces inconvénients il faut en ajouter un autre fort grand : fç précédent que cette mesure établissait. Car si l'on reconnaît aux mandarins ie dfoit de grever l'exportation du thé d'un cinquième de tael par quintal, ne doit-on pas s'attendre à les voir plus tard augmenter ce chiffre, ou grever la soie et les autres articles? A quoi sert donc 10 traité obtenu au prix de tant de sang? tes Anglais réclamèrent et proteS: tirent, mais i^ans fien obtenir.
À la fin de Tanpée 1 850 , mourut l'empereur TaorKuang, prjnce clou^ d*çxcellentes qualités, mais qui n'avait qii'une capacité médiocre. Il eyt pour sucçessieur un de ses fils, âgé d'un peu plus de vingt ans. p(^ parti fractionnaire s^empara aussitôt de lui, et voici le décret que piiblia ce prince :
«, Décret écHt à i'enpre d^, vermillon, Uéctarant ie dêUt coi^m^ par Mu'ChanQçi et J^i-^yincf^
» te premier devorîf d'un monarque est, sanff aucun dbute, d'employef les bons et d'éloigner de son sertice les méchants; ei râdmînîstration rtô peut être formée exclusivement d^hommes dignes aussi longtemps que leS fndignes ne sont point écartés. Aujoîsrd'huî Tétat dé ruine oà i'eïnpîre b été conduit par une extrême faiblesse est arrivé , on peut le dire , à X^t'^ trème. Certainement c'est à nous que doit être iùiputée la faute de la ré« trogradation quotidienne du gonvernement et de h démoralisation progressive do peuple ; mais il est du devoir de deux ou trois employés supér'ieurs
de nous proppser ce qui est juste et de nous avertir de ce qui ne l'est pas» nous venant ainsi en aide lo^'sque nous n'atteignons pas le but que nous devrions atteindre.
» Mu-Changa^ été pendant plus d'un règne favorisé de l'emploi de pre- .mier ministre de notre cabinet, mais il n'a pas tenu compte des difficultés, de l'attention diligente qu'il devait y porter, et de l'obligation qu'il avait de s'identiûer avec la vertu et les bons conseils de son souverain. Au contraire , tandis qu'il conservait sa position et jouissait de la considération qui y était attachée, il a. tenu éloignés des hommes dignes, au détriment de l'État. Sans loyauté et sans foi , dissimulant ses pensées et ses tendances complaisantes, il a fait passer inaperçue sa trahison. Faisant usage d'abord de ses talents et'de ses connaissances, il est parvenu à amalgamer ses idées avec les vues de son maître. La manière dont il traitait, lorsque pour la première fois se posa la question des barbares , ceux qui ne pensaient pas comme lui , est un sujet fait pour exciter la plus grande indignation.
» Dans le cas, par exemple, de Talcungah et Yan-yung, dont l'extrême loyauté et l'énergie l'embarrassaient, il ne dut tendre qu'à amener leur chute; tandis qu'il fit tout son possible pour établir Ki-ying^ parce que dans cet homme sans pudeur et sans vertu il trouvait un complice qui partageait son iniquité. Il y a en beaucoup de ces cas où il a eu des pré* férences dans le but de s'arroger indûment une partie du pouvoir. Ces cas sont trop nombreux pour qu'on puisse les énumérer. Sa Majesté notre dernier empereur était trop noble pour pouvoir en agir autrement qu'avec honneur envçrs les hommes , et il en résulta que Mu-Changa eut toute latitude pour pousser en avant sans crainte ses procédés déloyaux. Si la lumière de la sainte intelligence était tombée sur sa trahison, il aurait été châtié sévèreitient Certainement on ne lui eût montré. aucune miséricorde; mais (n'ayant pas été découvert) il mit à proGt la faveur qui lui était accordée pour se livrer à une plus grande licence , et il a continué ainsi jusqu'à la fin sans s'être amendé.
» Dans le commencement de notre règne, qui date du premier mois de l'année courante, toutes les fois que j'eus l'occasion de lui demander de m'exprimer son opinion, ou il me la donnait d'une manière ambiguë, ou il gardait le silence ; mais après plusieurs mois il commença à mettre en pratique ses artifices. Ainsi, lorsque le vaisseau des barbares anglais arriva à Tien-sin, il voulut mettre en avant Ki-ying comme son confident, afin qu'il soutint sa propre politique , et il eût voulu exposer une seconde fois la population aux cheveux noirs de l'empire aux calamités passées. Il serait impossible de dire ce que ses intentions renferment de dangereux. Quand Shi-ngan recommanda Lin-tsi*su pour qu'il fût employé, Mu-Obangn» à plusieurs reprises, exposa que sa santé débile et ses infirmités le ren-
— godaient impropre au senrice, et quand nous lui ordonnâmes d'aller à Kouang-si pour exterminer les rebelles de cette province, Mu-Chaoga ex* prima plusieurs fois le doute qu'il pût exécuter cet ordre (1). Il a obscurci notre vertu par ses faussetés , aûn que nous ne vissions pas ce qui se passait dehors, et c'est en cela réellement que consiste son déliL
• Les tendances antipatriotiques de Ki-ying, sa lâcheté et son incapacité sont tout à fait surprenantes. Lorsqu'il était à Canton , il ne ût qu'opprimer le peuple pour plaire aux barbares sans prendre jamais souci des intérêt» de l'État. On en eut alorsja preuve évidente, si on ne l'eût pas déjà eue dans d'autres occasions, lors de la discussion qui eut lieu à propos de l'entrée dans la ville. D'un côté il faussa le divin principe de la justice , et • de l'autre il outragea les sentiments naturels de l'homme jusqu'au point presque d'occasionner des hostilités, quand il n'y avait point de motif pour qu'il s'en élevât. Le dernier empereur, bien informé de sa duplicité, lui ordonna de revenir promptement dans la capitale, et, quoiqu'il ne l'ait point dégradé immédiatement , il l'eût certainement fait plus tard.
» Souvent, durant mon règne, Ki-ying, toutes les fois qu'il fut appelé devant nous, a recommandé de cultiver des relations amicales avec les barbares anglais, exposant les divers services qu'ils pouvaient rendre; il pensait que nous ne nous apercevions pas de sa déloyauté. Mais , tandis qu'il travaillait à consolider son emploi et ses émolument$, plus il déclamait et plus il apparaissait clairement qu'il était dénué de tout principe de probité; sa parole était comme la rage d'un chien; mais il était, plus que l'animal^ un objet de compassion.
» Les vues de Mu*Ghanga étaient occultes et difficiles à découvrir ; celles de Ki-*ying étaient évidentes et faciles à connaître; mais le crime de tous les deux, en tant qu'il devait porter préjudice à l'État, est égal.
» Par conséquent, si la loi n'était pas satisfaite, comment se feraient respecter ^les règles du devoir, de manière qu'elles conserVei^t la rectitude dans le cœur des hommes? ou comment ne serions-nous pas ingrats et ne manquerions-nous pas à l'importante chaîne que le dernier monarque nous a ccH^fiée? Toutefois, considérant que Mu-Ghanga a été ministre sous trois règnes, nous ne pouvons nous résoudre à le condamner en un joui* 5 subir le sévère châtiment qu'il mérite; qu'il soit donc, par un effet de grande miséricorde, privé de son rang, et qu'il ne soit plus jamais proposé pour remplir un emploi quelconque.
» L'insuffisance de Ki-ying a été extrême; mais comme il a été accablé par les difficultés de sa position , que la plus grande miséricorde possible
(1) Lin est mort «n route, tandis qu'il se dirigeait vers Kouaagrsl.
#é(fe!ïd» aussi jdscjtt^lui , qtt'H -Soh dëgraJë ,^ qu'af reste en ÔisponibBité, aspinmt à un émj^ de yuen-vaî-lang dans un des six cônseife.
»ljà condoite intéressée de ces deux hommes et f onbli quHls ont fah de !eor souverain sont choses notoires dans toutrempire. ffe faimnt rien avec excès, nous ne les avons point condamnés à là dernière peine, fen prenant une décision sur ce cas, notre sentence a été rendue après utie mûre défibération, après I*avoir longtemps considéré. Notre sensibilité', comrite nos sujets peuvent se Pimaçiiier, est réellement émue dTatpîr à fàïrie ce qui est inévitable.
» Dorénavant tout employé, grand ou peth, civil on militaire, ayant une destination dans la capitale ou partout ailleurs, doit régler sa conduite sur Âé bons principes et servir loyalement PÉtat. Que les maux accumulés pendant le long espace de temps qu'ont prévalu la |)aresse et l^artifice soient uji motif de repentir et de réformes accompagnés de crainte et de tremblement; on ne doit point reculer devant les difficultés ni se laisser dominerpar la paresse , et si quelqu'un est en position de proposer quelque mesure qui puisse avoir de ^importance pour le gouvernement dè^PÉtat et !e bien- être du peuple, qu'il l'exprime avec droiture et sans résérvîê.
» Que personne n'agisse dorénavant par affection pour son maître en po- Btiqùe, ou sous l'influence de ses sentiments envers qui le favorise; maïs que tous s'attachent, comme nous espérons qu*ils le feront, à tout ce qur est chose de raison , sans s'en écarter le moins du monde , remplissant avèo modération ses fonctions respectives.
» Que cela soit promulgué spécialement dans la capîtaîé et hoïS de sfes itours, pour que notre volonté soit rendue publique.
» Décret spécial du tS*jb^^ 21? 'a 1** l^^fe de Patl 80 dé tatt^-kaan?;; (21 novembre 1850).
» Que ceci soït respecté! »
Au commencement de 1851, un Chinois; né à Singapour (te^fîtolréi anglais) d^nne mère naaïaise, et qui était employé à bord d'un des vâïsffeâux qui font le commerce de Popium, fut arrêté par les autorités chlàolses , bien qu'il se trouvât inscrit au consulat anglais comme sujet de \k firande-Bretâgne. Le consulle réclama; mais les mandarins, avant de \é remettre, le firent fouettfer, et cela d'une manière si cruelle que, lorsqu'on l'envoya au consulat dans une chaise lu porteurs , les employés ,' au moment où ils voulurent le retirer de la chaise, n'y trouvèrent plus que le cadavre audit èhinois, qui s'appelait Tan-çhîn-chîn. Â cette vue, les porteurs, laissant la chaise ^ la porte du consulat, prirent là fuite. les mandarins accusaient ce malheureux d'appartenir à la société secrète appelée Sanho'hiiei.
A la fin de 1851, leu-ke-yu, gouverneur de 'la province àe Fou-kien,
fnt19fegradi^/(fië màodarb^^it cotipable d'^toir ptiBlié; C[tiéliitiéi adnées iopamant, nue intëfessante géographie miiverseife en six voImneÀ, dansf laquelle il donnait sur' )e$ pays étrangers des notices assez eiactes, qde pmt éonséquent on jugea n*avbîr été écrites que pour favoriser ces pays. Les cartes qui accoinpégiiâiëit cet ouvrage étaient copiées sur des atlas pioK HSés en EnrOpe.
En avril 1&52, les autorités chinoises de Fnchan arrêtèrent deux* écrivains qu'employait dans son école un missionnaire anglais appeK^Hf ; ^Moh; Aies traitèrent avec la dernière mhumanité. te consul Î¥alfcer adressa, à ce sujet , un message très-ënergique au gouverneur général 'de la prë*' ^cé, lequel ne daigna même pas répondre.
Le 25 avril 1^52, §iii écrivait au plénipotentiaire anglais qu^if n'avait pas Icv temps d'avoir une entrevue avec lui, et qu'il lur proposait dé fa différer jusqu*à ce que les hostilités contre les rebeHes fussent terminées. • En novembre 1852, le lieutenant de vaisseau M. de Lisle et un autre officier nommé Cushing furent volés et blessés à Kowlonn, vrâ-à-vl^ Élong-kong. Le second put s'échapper ; mais, le premier étant demeuré à terré, le commodore de l'escadre anglaise, accompagné d'employés et ^Interprètes de Hong-kong, alla à sa recherche avec la frégate la dêà- ^âtre. Us se rendirent auprès du mandarin de Rowfoun; mais il se cacha dansjintérieur de ses appartements, faisant dire qu*fl étaft absent; et lés Aîiglais furent reçus par des officiers tout à fait subalternes, qui se montrèrent fort girossiers. Voici un passage du rapport officiel qui fut ùit Ht cette occasion :
« Je puis seulement na^expliquer là réception réellement impolie que nous avons trouvée par le fait que les autorités chinoises ^ dans leurs relations avec les officiers étrangers, sont toujours, prêtes, lorsqu*clîes sitp^-^ sent que ces derniers ignorent leurs règles d'étiquette, à les recevt)ir d*nne manière qui "prouvé à la fois leurs idées de supériorité nationale et leur désir de les abaisser dans Testime de leur peuplé; tendance qui n*af pas été assez réprimée dans l'affaire des mandarins de Kowlonn, lesquels* peuti-être n'ont pas été sûfflsaniment informés du rang des perkinnes auxquelles ils avaient affaire. Dans notre cas, ils espéraient pouvoir continuer ce même système , et ce ne fut qu'après nos péremptoires réclamations que nous parvbmes à obtenir d'eux le peu de courtoisie qui nous fai i k fin accoiidée à contre-cœur, et d'une manière très-incomplète. En effet, chaque fois que nous dûmes aller vt)ir le mandarin, on nous laissa exposés aux ardeurs du soleil jusqu'à ce qu'il parût , et après cela on nous tint assis dans la salle extérieure de son tribunal, où on juge les criminels ; ces deux niodes de réception étant complètement opposés aux idées de politesse chinoise. «
En conséquence, le vapeur Y Hermès fut envoyé à Tendroit où se trouvait le chef local y et, après beaucoup de démarches et de difficultés, on obtint qu'il adressât au commodore une lettre d*excuses.
Sir J. Bowring écrivait le 25 avril 1854 que le ministre américain M. Mac-Lane n*avait pu obtenir une audience du commissaire impérial, bien qu'il Feût sollicitée avec beaucoup d'instances; il ajoutait que M. Bourboulon se montrait on ne peut plus mécontent des procédés dont on usait à son égard.
Le 22 mai 1854, le commissaire impérial Yeh écrivait à sir J. Bowring qu'en 1849 sir G. Bonham avait renoncé pour toujours à entrer à Canton, et citait le passage suivant de la dépêche : « Désormais cette affaire ne doit plus être discutée. » Or tout cela était une pure invention du mandarin. £n 1849 , Siu disait à sir G. Bonham que la convention en vertu de laquelle l'entrée de Canton devait être ouverte au mois d'avril de celte même année avait été signée en 1847 avec sir J. F. Davis, et que celui-ci étant retourné en Angleterre avant l'expiration du délai , la convention se trouvait par là annulée. Voilà ce que c'est qu'une correspondance officielle avec les mandarins chinois. Tant qu'il ne s'agit que d'échanger des communications , il n'y a point d'argument ni d'engagement qui les arrête, et ils ne se gênent pas pour se tirer d'embarras en débitant avec un merveilleux aplomb un mensonge ou une absurdité; mais quand ils voient arriver des vaisseaux de guerre et des soldats, alors c'est autre chose; ils écrivent sur un ton plus sérieux.
Dans la communication que nous avons mentionnée un peu plus haut» Yeh se refusait à recevoir sir J. Bowring dans le palais où il faisait sa résidence; mais il lui offrait une entrevue hors de la ville, dans le magasia du commerçant Howkua.
Pendant l'été de 1854, sir J. Bowring fit à Tien-sin un voyage que le gouvernement anglais a entouré d*un profond mystère, comme cela avait eu lieu pour le voyage du vapeur le Reinard^ en 1850. Peut-être sir J. Bowring alla-t-il renouer personnellement les négociations dans le but de se mettre en relation avec la cour et de faire parvenir la lettre 4e la reine Victoria ; peut-être aussi essaya-t-il d'arriver de sa personne à Pékin. Quoi qu'il en soit, on peut assurer qu'il fut mal reçu et qu'il ne put obtenir le résultat qu'il s'était proposé en allant à Tien-sin ; car, dans une communication d'un ton fort aigre qu'il adressait à Yeh, en date du 27 décembre de la même année, il lui rappelait les leçons passées (past lessons) , et formulait des plaintes amères, que l'on pouvait appeler des menaces, disant entre autres choses :
«Le gouvernement de Sa Majesté Britannique, qui a déjà été informé des résultais de ma visite à Tien-sin, saura aussi ce qui a eu lieu à Canton »
afin qa'il poisse prendre les mesures qa'il jugera convenir à la dignité d'une» grande nation. »
En décembre 185^ , Canton fut vivement menacé par les insurgés , et Yeh descendit jusqu'à I*hnmiliatiori de demander à sir J. Bowring (le 7 décembre) que les vaisseaux de guerre anglais aidassent les troupes im^ pénales à repousser les rebelles , qui amenaient avec eux un grand nombre de bateaux, servant de transports et de magasins. Sir J. Bowring profita de cette circonstance 'pour demander de nouveau à être admis à une entrevue dans le palais du gouvernement, à Tintérieur de la ville; mais Yeh, malgré ses embarras, répondit négativement.
Le 11 juin 1855, sir J. Bowring sollicita de nouveau une entrevue, disant qu'il avait à présenter au commissaire impérial M. Alcock, nouveau consul de Canton; que si cela présentait quelque difficulté, il priait le commissaire impérial de recevoir M. Alcock en tel endroit qu'il jugerait convenable; enfin que, si cela ne pouvait être, il désignât pour le recevoir une personne d'un rang convenable , par exemple le trésorier de la province.
Yeh répondit qu'une entrevue avec le consul Alcock serait sans motif; car pendant que lui (sir J. Bowring) avait occupé le poste de consul k Canton, aucune cérémonie de ce genre n'avait eu lieu.
 la fin de juin 1856 , on imprima et ou répandit à profusion un factum chinois d'une extrême violence , dans lequel on menaçait de mort tous les Européens qui oseraient sortir de leurs factoreries pour se promener dansla campagne. Sir J. Bowring, en rendant compte de ce fait, disait :
« D'après tout ce que j'ai pu recueillir sur ce sujet, je suis porté à croire que Texj^ession publique de sentiments hostiles envers nous a son origine plutôt dans le gouvernement que dans le peuple, et qu'elle est surtput à déplorer en ce qu'elle tend à ranimer les vieilles aiiimosîtés que le cours du temps et les changements survenus dans l'état du pays semblaient avoir en grande partie affaiblies. »
Sir J. Bowring ayant adressé à ce sujet une réclamation au commissaire impérial, celui-ci répondit que la publication de ce factum pouvait provenir de ce que les Anglais avaient pris Thabitude d'aller de Canton à Hong-kong par la voie de terre, au lieu de faire le trajet par mer, et que cette manière d'agir était contraire aux traités. Nous voyons dans cette réponse une preuve de ce fait, que les mandarins, pour éviter d'entrer dans ce qui est véritablement en question , tlisent n'importe quoi , et vont jusqu'à paraiu*e se moquer des autorités européennes. Hong-kong étant une Ue, comment le commissaire impérial pouvait-il dire que les Anglais avaient pris Thabitude d'y aller par terre?
Le factum dont nous avons parlé tout à Theuife produisit son effet. Le 2 juillet, deux négociants anglais, MiJIl. Johnson et Wittall, se provenant .
à.oberal, êw poovpir dérouter p^immfib (Wik ntMeat^M pip» fnr^t poursuivis avec des sifiOl^ts et à coups de pierres, jusqu'elles qA*J)l$ se r#fi|r fp^rmi à^m W iactorerk^.
. A U fi9 d*oc^Ql)re de cette mjime sml^eSli^f. lesjauiborjliéft^^BbiAoîi^, «^{LDt 4pprîs;qiie.deus: indigbsm qu'oUes Tt)ixiAi^Qt ftiTdter<^.troi«fmeat:i Jwird.de lalordia^rr^^iu!» oiouiliée AmsA^^mxMÇ^U^ityem^iègiM 46S gens.i»rfRâi qqi ^oimeoèreot. prisooui^ UHit r^âquipage. C^t^te gabare ;gKait;étâ(CaQstç4)Uei Hi^^igrkoQg, file a?ait pateate aDg|atf»e».,ponaii^;par.viU9ii;B0gJais, et était dirigée; par un p^jtipn aiigUâs:; les oiatelots aeuk étaient Chinois. Le consul anglais réclaoïa les iadmd(Qs.arf4lé$ etdeiuao^a ;satistactiQn .pour l-insulte. failei m paTJUoQ. De cette affaire réniilièrent iSucc^Y^saent la réclamation, de Tanural Se^jnour, les icovips de «ainm 'tirés par Jes anglais, rinceadiedu conaula anglais^ et de toules les b^io^ jrerîes de Canfion; en un mot ^. la seconde guerre de la Grande-Bretagne -contre le Céleste £mp^e. Il seraitauperfladleiaminer dans tous ses détails TAffatre de \ Arrow. .Après tout ce^qoe j!ai.rapporté, ii'est^U pas^itident i|a.'utte .seconde guerre était inévitable et pcocbaiiie? L'anraitHHi.é^jtée ^0 cédant dans Tafiaire de la gabare? Il me semble qu'un moyen bien plus sûr, c*eût été de nepassoùffiriir, dès le principe ^ tant.ti-ijisultes et tant d'iofraclÀens .au traité.
'.., l^)gQuvernemeitt4K)rtQgaisjiemaia:4.en.l8&&^ ministre plénipotentiaire en Cbifte» M. .A., da âiiveira .Pinto » qui avitit été. gowremear>dfe MacAo;,n»is le.vice«rroi ceAisa de ,1e reconnaître» disant/que, pour>les. «rapports avec les Portiigds, il suffisait du procurador ^lë de ministre d'État ûu de secréuire du gouvernement deManao)* Ce Canotionnaine eu «mplôyé civil .de la colodie avait. joaque-lS été' ehargé.de la correapon*dance avec les autorités chinoises.
En 18^9, le gouverneur de ladite colonie^ AL J« AL F. lmaral« ayalit eu avec les mandarins qudques difficultés ,. qu'iLserait «ni^ kng.de rapporter. ici» on sutqa'à Canlon^uneJionne somme. avait iété promiseà qullivreraitsa tête.
Cette circonstance n'était pas un .mystère pour. AL Amaral^ etlui-meitie m'en pailla deux jours^ avant sa. mort , m*exprimant fonaielieinent xsl sout diction qu'il unirait par être, assassiné» £a effets se promenant à cheval AV^ son aide de camp., il lut^ attaqué, tout près de la "vQi^^ par Imiton neuf Chinois > qui les reaversèrent tons les deux^ .blessèrent l'aide ^ cianfyi^t coupèrent au<gou9emeurJa.|3ête.et ime main qu'ils. emportèrent dans un petit sac. ........
Xes.Px)rtiigal8.8'emparèrentak>mide'la porte du BHir qui 8épàr6 le terri-
, foicejportiigais du, it^vritaiiie «hinois » et qu'aident occupée jnsqu'àoeioio^
t&Bot trob ou qpaitre.Mbl«!^ ciUsma.:!! Si'ett^dfit qii^ofi fort;, qiii*ét«k»à portée de canon, commença à envoyer des boulets contre i la portB^OH se trouva alors dans lanéçe§sii(,ott d'ftbaodwoer Ja.*ik>rtû«.4>a.ée.prei]dre .le.fori ; on adopta £q deri^e^, parti , et h cbosi^fol immédiikCéinçnt isxécDlâe^ .grâce à rimfiHridité d'unjey^^ ofi&çkr qui, sans ^oir riiabttiide d&i la guerre, s'offrit à prendre d*assaut le fort défendu par 20 pièces deoaaoU 4e 18 1 6am de 20 hp^me? qM!ii danmii et de 12 antres qai sortirent voLontajramenvM^ leuj^jrsiags.pour l'i^qmpagiier; jUtadeva leioEtavec .autant depromptitujde g^e d*iq(réppdi^* Ce vaillant jQ|ine.homiiiB%, qui^ je jB^çi^f n'a -pasiiçç^ un^, récon^pense propwtionnée.aa senôce qu-H.« rendii» se n^Mm^? Y« M* dç M^siqiiita.
. . Le représepjUint de la. ÇF$ia4^-BKQta{[tt0>ailoesaft directement au 'Vieîsnrbi jioe réclaoïfitiQ^ jjM^}im^J^ ^. HêSS^am^i de Finfâciuiké. Amiaialr «ft même temps nous lui adressâmes de Macao.* le^otiiisCro delFoMoei iebii àe» Ét^^l^njs ^t iQoi; U9fi râo)aaiaU<Hi La<rfi6ctiB^ -. âprèsic^)iiQi)9i09iitft»iyn^ jséptHTémeot ift correspondance à pe nijet ; mais pour ne pas entrer dans de trop longs détails, je dirai seulement qa^ des qoinupkimifiAtiQnsi.fj|i^9 pur tetCOWiauafaiteiimpéfiiakJhii^mdme, iLrésullait ;ui9ez49Îriewei)]l(qW41>«^'étaft.pas^ï^^ cè€atl tnigîqc»i.Ii avpua sana 4ifficidté,qtte la tMé/Hi la,maitt/da;niaUieureuK Amaral sq tamh mmt eaisa.pofi0C)$$iott, aJQ^t^t qu'il aeJes.Êoiièttraitipbintv si^oki œ lui ir^pyoi?at| pa»to tfoln 9(ddat6jChiaois cpni s& troava^erit àJaixMft&âe- la^limite de Macao^ nom loia deJaquolle Jie.gomrerneuc a]»ût été assassmé' et par laquelle. avaient passé lea^imalfaiteQrs aveC'la tête. JLe fcuirerneinent âe Uaoad avait fait arirêler«^s soldats a&ad'«btaiii!'par em/^es n^seigne*' laenta sur les.iiifooinstanoes diijcidme; Dans oeatristes oirconstances j-aM à GaaifNB avec le vapeur espagnol k/lfa^iane^, et après avmr réussi àiaire venir à bord .uafinvoyé da>Tiçe-Toi^ je promis^qe si on tnd livrait la télé, les. trois; soUats fifainoia seraient ^bientût ceiâabés» Le<vice*r4)i offrit de me remettre la tête à l'instant même, si je promettais par éoritqoa les soldats ^eraieQt.QiiSyen Jibetté^ ea déterminant le joui^oùoeli «aurait lieu. Les J'ortui^is ne yonlaient point consentir à^réchange des Chinois contre la tête dutfeu g6ttvenaenr|.etàOouuiie la promesse par éerUqa*!! exigeait d& moi« iine.6>ia.Bppn)avéc par^leigouTernemeot de^Macao, eù% en la inêmù.foi»ejq«'iiB'4oIiiiogi»'ifiimôdiat, je n>tnpi8^4a négociation^^ je rdatimaiià Macao.
Enfin le tràs^^digtie éféqai^E. ¥4 .1^ 4k 3* da^àtta, qni pembttt tiH» ces 1ep4)Â)diffiailéB lot.» par bonh^m*, à la têia du gouvefnemem^ de filAcaQf peràuada.au conseii qn'il présidait de^ «lettre les prisonniers «ti libertés aybilticeiliipiliAinr Ita négooîaiîoms eiMuaiéas jpar nmi que leHeè* DÛ MuaWlail laitêteqop commet uMgaiwMie de lin vedcfoito dea chi^ofo»
lesquels Chinois eussent fait peut-être des révélations si Ton Se fât décidé à les mettre à mort.
Ces hommes une fois mis en liberté, le vice-roi envoya à Macao la tête et la main pai^faiteoient conservées, mais sans aucun appareil, par l'intermédiaire d*un estafier de bas étage et dans un misérable esquif' de louage.
Il affichait tout le mépris possible envers une nation que les mandarins croyaient être hors d'état de se venger, et malheureusement ils voyaient juste; mais je ne puis m'empêcher de dire qu'à mon sens c'est et ce sera toujours une honte pour toutes les puissances chrétiennes qui ont des intérêts et des représentants en Chine de laisser sans châtiment un attentat si inique et commis avec tant de perfidie. Ce fut là un acte de scélératesse qui aurait dû être puni par toutes les puissances civilisées. Je re« viendrai plus loin sur ce sujet.
Maintenant, je rapporterai brièvement ce qui m'est arrivé à moi-même en ma qualité d'envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire d'£s-
Je dois dire avant tout que mon gouvernement n'a jamais eu de différends avec la Chine depuisL que des relations se sont établies entre les deux pays, ce qui eut lieu après la découverte et la conquête des Philip* pines. Jusqu'à l'année 1815 » l'empire recevait annuellement de Manille deux à trois millions de piastres fortes, en échange de soieries et d'autres •articles qui étaient transportés au Mexique et aux autres colonies espagnoles d'Amérique. La somme totale depuis 1565 ne saurait être portée au-dessous de SOO^OOO.OOO de piastres. Aussi les piastres espagnoles sont^elles encore aujourd'hui la monnaie courante sur toutes les côtes de Chine. Indépendamment de l'argent, le seul article de quelque importance que l'on reçoive des Philippines, c'est le riz, dont les mandarins favorisent avec sollicitude l'importation , afin que le premier aliment du peuple ne hii manque pas.
Les vice-rois, commissaires impériaux, Lin et Ki-ying, ont fait des sollicitations pour obtebir que le gouvernement anglais prohibât dans l'Inde la culture de l'opium : or, cette culture a été défendue aux !les Philippines, le gouvernement espagnol craignant que les naturels ne contractent l'habitude de le fumer, et ne deviennent plus paresseux encore qu'ils ne le sont Cependant les îles Philippines produiraient de l'opium ausn boa, sinon meilleur, que celui de Patna, de Malwa ou de Benarès.
. En abordant en Chine sur le vapeur la Reine de CastiUe, j'annonçai mon arrivée à Siu, vice-roi et commissaire impérial, et je signalai à son attention la prohibition dont je viens de parler, mais je lui laissais entendre qu'on avait agi ainsi dans le but de faire plaisir au gouvernement
chiitois (1). Je ne fâisiisi 7)ornt n^m?on du fâehetit événeihetrt dtr brick c9pdgflot et Biibaino, e( j6 loi demamhis, de la pàit de ùia sotrrerânie, des noaveltes de là santé de l'énip^recrr.
Le ketéur se* rappdfcra qere j*ai tnemioimô , dans le chapitre précédent , un navire espâgncH brûW pendant Fa guerre. On petit mandarifl de la marine impérictie était alté à bord du brîganrîn et BMaîna, qui , coinplétetoent ^cbatfgé et son patilfoii déployé, élatf mouillé à Taîjra en vue de MaeSMH II eâioieua encbalnés n» pilote et Quatre matefotsr qui sef trou- Tâient à bord et brûla le navire, annonçant aussitôt, dansr un rapport pompetfï ; qu-il avait détniii une barque anglaise chargée d'opium.
l^ôtrr rédainer contre cet outrage, le gouverneur général des Pbïlïppines expédia en Chine le capitaine de vaisseau (aujourd'hui amiral) doit Msé M Hsricbtf.
Geliri^ entcfâ une Communication , qui lur fut retournée parcer que f^ suscripiidtt ne portait pas le mot pin. (pétition); et aucrun mandarin ne voffkrt le recevoir.
Bientôt après, lorsque les Chinois durent payer aux Anglais les 6 miU HoBS de piattlres stipulés pour la rançon de Canton et pour indemnité des pertes éprouvées^ par les Anglais, Fe capitaine Elliot eut la bonté d'ajouter sur son reçu une MOttie de 39,000 piastres pour {e SUôaino, et les Chinois lui remirent eetce somme, qu'il fit passer & don Sàsé M. Aalcêu. Les cinq hommes de l'équipage furent envoyés à Macao et remis au prôcurtêdor et cetfè colonie, dont le gouverneur avait fait des réclamations àf l'occasioo de Patientât cWlessus rapporté.
Les fflMfdËrlus avaleni traité notre envoyé avec le dernier mépris , quoi-' que ses q^oatifés personneflesf lui éusseht mérité partout une grandie considératimi. Remplissant en Chiné u^e mission toute pacifique, et me con^ formant aux intentions formelles de Uion gouvernement » je m^abstins dcf faire h moindre allusion à cet événement.
Je reçus du commissaire impérial une lettre d*(in style trés-fieurf, txïài dans laquelle il ne répondait point à mes- questions sur l'état de la Santé de l'empereur.
Il me disait qu'il sataif bien qi»e c;*éfaif une obligation pour lui d'aller
(1) L'attaiitioff-qiM Sti #t à oe«te ptrtieulariCé pibuve la jUsIiMâe de etf que sir J. BowriDg écrivait 1 lord CkMiidon , en dAe du 8 jttvier ia3« ï « It may iteit be doubted wether a dedaratioD on tbe part of tbe east India Company* ttiat Uiey weie willing to stop tbe growtb and tbe export of opium,, wouid influence in tbe 6ligbte«t degree the répulsive policy.of Cbina or obtain for us, as lord Shaftsbury assures your lordsliip if cmLld not fait iù db, coin mercfal^ concessions from Che Cbine^e g<yvenHBelii in aÉy 8liilpe"wb9tetep. »>
œé faire une visite, malis qu'il était très-occupé , et que mon séjour à Macaro devant être de longue durée, il irait ue voir quand cela lui serait possible. Sur Tenveioppe de sa réponse, il avait mis les titres que moi-même je m'étais donné»; mais son nom et ses titres étaient placés plus haut que les miens, ce qui signifiait qu'il se considérait 9u-dessus de moi.
Afin qu'on se fasse une idée plus exacte de ces détails dç l'étiquette chinoise, je donne ci-jointe une copie de l'adresse : à droite est le nom de celui qui écrit, à gauche celui de la personne à laquelle est adressée la dépêche. Il m'enj^oyait incluses dans la sienne des copies des traités faits avec l'Angleterre, la France et les États-Unis, en me disant qu'ils renfermaient toutes les règles par lesquelles devaient se conduire les commerçants étrangers. V
Du reste, cette communication né me fut ni apportée par un em]:4oyé ni remise par l'intermédiaire du mandarin résidant à Macao; on se contenta d^. me renvoyer par un des patrons qui portent des marchandises de Canton à Macao ^ et qui, moyennant rétribution, se chargent des lettres qu'on leur confie.
Toutefois, désirant éviter les difficuhés, et sachant que mon gouvernement n'était pas disposé à me soutenir s'il en survenait , je fermai les yenx sur tout cela; seulement, lorsque j'eus à écrire de nouveau au vice-roi, je plaçai mon nom plus haut et le sien plus bas, de la même manière qu'il l'avait fait à mon égard.
' Je compris aussitôt que Siu n'avait nullement l'intention de venir me voir, et qu'il ne viendrait qu'autant qu'il y serait contraint. C'est ce que j'écrivis à Madrid , en ajoutant que le seul moyen de le contraindre était de le menacer que j'irais à Tien-sin, pour passer ensuite à Pékin; mais que pour cela il était nécessaire que l'on m'envoyât deux ou trois navires de guerre, afin qu'il prit ma menace au sérieux.
Le ministre, à Madrid, satisfait du style fleuri de la communication chinoise, me répondit qu'il ne voyait pas de motif de se méfier de ces paroles; qu'il trouvait intempestive ma demande touchant les navires de guerre, et craignait que leur présence ne produisît un mauvais effet; enfin il m'enjoignait de conclure promptement un traité avantageux.
Il serait trop long de raconter les démarches officielles et particulières que je fis toujours sans résultat.. Siu, après m'avoir écrit qu'il savait que c'était une obligation poujr lui de venir me voir, se refusa constamment à le faire soos toutes sortes de prétexlbs , et finit par se renfermer dans l'offre de se rencontrer avec moi dans un des magasins ou maisons de campagne des commerçants chinois.
J'essayai de conclure un traité par l'intermédiaire de secrétaires.. En effet les miens eurent des entrevues avec quelques mandarins que Siu en-