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aiicniiou sur la situation tirs sujets du roi on Chine, dans L* but de rétablir leurs relations sur un meilleur pied. I.a conduite infâme d'un capitaine, M. Clarj, qui saisit un navire hollandais h Watnpmi, en 1781, ce que Davis raconte, et l’impuissance de la Compagnie à empêcher de tels procédés, contribuèrent à décider la couronne à envoyer une ambassade à Pékin. » Tant que le commerce anglais en Chine fut entre les mains de la Compagnie des Indes orientales, les sujets de la Grande-Bretagne étaient sous l’autorité du conseil de direction (select committce), on plulét de son président. Nais, le privilège de la Compagnie étant expiré en 1834, le gouvernement anglais envoya lord Napier avec le titre de surintendant général (chief superintendent ) du commerce britannique; il arriva en Chine avec tout un personnel d’employés, dont les appointements s’élevaient à 18,200 livres sterling, et, après avoir écrit au vice-roi de Canton , il se rendit dans cette capitale , où il reçut , par l’intermédiaire des commerçants bongs, un édit dont voici quelques passages : • Dans cette circonstance, Vcoil (le surintendant) des barbares, lord Napier, est venu à Canton, sans s’être arrêté à Macao pour y attendre des ordres, et sans avoir ni reçu ni même demandé l'autorisation dn chef de la douane, mais il s’est avancé en toute hâte jusqu’à Canton ; grave infraction aux lois établies ! Les employés de la douane on autres, qui ont pris sur eux de le laisser entrer , ont été envoyés avec une communication demandant leur jugement. Toutefois, par bienveillance et considération pour le sosdit œil (inspecteur) des barbares, qni, étant nouvellement arrivé, ne connaît pas les lois et ordonnances du Céleste Empire, je ne pousserai pas l’enquête avec rigueur.... Sa venue à Canton a pour objet les affaires dn commerce. Or le Céleste Empire établit deux sortes de fonctionnaires , les uns civils pour le gouvernement du peuple , les autres militaires pour la terreur des méchants. Quant aux affaires ordinaires du commerce, elles doivent être réglées par les marchands eux-mêmes; les fonctionnaires n’ont à s’en occuper en aucune sorte. ... S’il survient quelque affaire nouvelle , il est indispensable d’attendre qu’on respectueux mémoire ait clairement exposé la chose an Grand Empereur, et que ses ordres soient arrivés. Les grands officiers dn Céleste Empire ne sont point autorisés à avoir aucun rapport par lettres avec les barbares dn dehors. Si le susdit œil (surintendant) des barbares ose écrire des lettres, moi, le gouverneur, je ne les recevrai point , je n’y jetterai même pas les veux. Les factoreries de la Compagnie, situées en dehors des murs de la ville , sont un lieu de résidence temporaire ponr les étrangers qne le commerce attire à Canton; il leur est pe* mis d’y manger, d’y dormir, d’y acheter et d’y vendre; mais ils ne doivent ni sortir de ces factoreries, ni circuler à l’entour. »
Cet édit fut porté à lord Napier par les commerçants hongs; mais il re-
fusa de le recevoir, disant qu'il avait ordre de traiter direcleiueut avec le vice-roi.
Celui-ci douna avis à la cour de Pékin de tout ce qui s’était passé , et voici quelques passages de son rapport à l'empereur : ■ Le susdit œil (surintendant) des barbares n'a pas voulu recevoir les commerçants hongs; mais aussitôt il est sorti de la ville pour me présenter une lettre à moi Lu, ministre de Votre Majesté. Sur l'enveloppe, il a employé les formes et le style dont on se sert avec un égal , et il y a écrit ces mots absurdes : Ta ■yiny kwok (la grande nation anglaise). Pour peu qu'on réfléchisse , il est évident que préserver la population de l'empire de tout contact avec les étrangers, est une chose très-importante pour le maintien de la dignité et de la souveraineté. L’inspecteur des barbares a-t-il ou n'a-t-il pas un rang officiel? C’est un fait que nous n'avons pas les moyens de vérifier complètement; mais, quand même il serait un fonctionnaire de ladite nation, il ne pourrait pas pour cela se permettre d'écrire sur le pied de l’égalité aux officiers de la frontière du Céleste Empire. Au point de vue de la dignité nationale, il y aurait de grands inconvénients à autoriser par la plus légère concession cette tendance à opérer des rapprochements, à établir des rapports, qui auraient pour résultat l'amoindrissement de la considération. En conséquence , des ordres ont été donnés au colonel Ilan Shanking, qui commande les forces militaires de ce département, pour qu'il signifie de la manière la plus formelle à la personne susdite qu'en vertu des lois et règlements du Céleste Empire , il n'y a jamais eu de communication par lettres avec les barbares du dehors; que, pour ce qui a rapport au commerce , on doit adresser des pétitions par l'intermédiaire des marchands hongs, et qu’il n'est pas permis d’envoyer ou de j»résenter des lettres.... Après mûr examen, mon humble opinion est que le commerce des barbares anglais a jusqu’ici été dirigé par les marchands hongs et les taïpans, et qu'il n'y a jamais eu d’inspecteur dont la nomination puisse former précédent. Ainsi cette résolution subite de nommer un officier ou surintendaut n'est nullement conforme aux usagés reçus. D'ailleurs, si ladite nation désirait prendre ce parti, elle' devait exposer dans une pétition la nature des affaires qui seraient attribuées î cet intendant et la manière dont il procéderait, et elle devait faire présenter ce mémoire, en suppliant Votre Majesté de donner des ordres d'après son bou plaisir, afin de s’y conformer avec une parfaite obéissance , soit que l’objet de sa demande fût concédé , soit qu’il fût refusé. Mais le susdit inspecteur des barbares, lord Napier, au lieu de procéder ainsi franchement par voie de pétition, est venu à ('improviste s'installer dans les factoreries étrangères qui se trouvent en dehors de la ville, et a affiché la prétention d’échanger des documents olliciels et des lettres avec les olliciers du l'empire fleuri du
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Milieu ; c’est là en vérité s’éloigner singulièrement des limites de la raison, »
Lord Napier fit diverses tentatives pour obtenir que l'on reçût sa lettre , et les commerçants hongs, de leur côté, allèrent trois fois chez lui pour le décider à mettre sur l'adresse le mot pin (1), c’est-à-dire pétition, ce qui aurait suffi pour qu’elle fût reçue. Lord Napier ayant refusé, le viceroi publia un édit ou manifeste dans lequel , après avoir reproduit ses observations sur le tort qu’avait eu lord Napier de venir à Canton sans permission , il ajoutait : « Supposons qu’un personnage officiel envoyé par une nation étrangère vint en Angleterre pour conclure quelques arrangements , pourrait-il se dispenser d’esposer dans un mémoire adressé au roi de ce pays l'objet de sa mission? pourrait-il se permettre des actes contraires h ce qu’exige la dignité de la nation chez qui il serait venu , et ne suivre que sa propre volonté et son caprice? Puisque le susdit inspecteur des barbares déclare qu'il est un personnage officiel, il doit être plus que personne pénétré de ces principes. Avant qu'il m’eût adressé une lettre, moi, le gouverneur, j’avais reconnu qu’il ne convenait pas do la recevoir, parce que les lois du Céleste Empire interdisent aux ministres et aux autres autorités toute relation par lettres avec les barbares du dehors. Les affaires commerciales ont été jusqu'ici laissées à la responsabilité des marchands. Si par hasard quelque négociant barbare avait à faire une pétition pour demander l'examen d’une affaire, la loi exige que la pétition soit par le susdit laipan rédigée d’une manière régulière et présentée dans les formes d’usage, et que l'on attende la réponse, faite par voie de proclamation. Il n’était jamais arrivé qu’un barbare du dehors se hasardât ainsi à adresser une lettre.
» Les marchands hongs , voyant l’inspecteur barbare refuser de se soumettre aux anciens règlements, ont demandé que le commerce de cette nation fût suspendu, démarche qui indique une profonde connaissance des grands principes de la dignité de l’empire et mérite les plus grands éloges. La coupable opposition de lord Napier exigerait impérieusement que l'on eût recours à ce procédé, et rien ne serait plus juste que de défendre immédiatement aux siens d’acheter et de vendre. Mais, considérant que jusqu'ici le roi de cette nation a été au plus haut degré respectueux et obéissant, je ne puis croire qu’aujourd’hui , en envoyant lord Napier, il ait voulu que celui-ci montrât cette opiniâtre résistance. Les quelques
(l) Sur l'adresse de tout écrit que l'an présente cacheté à une autorité chinoise doivent ae trouver le nom et les litres de celui qui écrit, le nom et lea titres de la personne à qui on écrit, et de plus un caractère signifiant, scion les cas, communication, pétition, etc. Le mot communication ne peut être employé que de supérieur à inférieur nu d’égal à égal.
centaines de millions de droits de commerce que nous paye chaque année le susdit pays, si ou considère leur importance par rapport au Céleste Empire, peuvent à peine se comparer au poids d'une paille ou d’une plume. Avoir ces sommes ou ne les avoir pas est nne chose qui ne mérite [tas absolument la moindre attention. Leurs draps fins et leurs camelots ont encore moins d’importance et méritent moins qu'on s'en préoccupe. An contraire, le thé, la rhubarbe, la soie, produits de notre pays, sont pour ladite nation des sources qu’on ne pourrait intercepter sans occasionner sa ruine. Moi , le gouverneur , me souvenant et me pénétrant des sacrées et divines volontés du Grand Empereur, qui sont que nous ayons pour tous les étrangers le même amour, les mêmes soins que |iour nous-mêmes, je sens que je ne puis me faire à la pensée de pareils malheurs. En outre, tous les marchands de ladite nation, pour venir dans ce pays, traversent les mers , parcourant des myriades de milles et s’exposant à bien des dangers. L'objet de toutes leurs espérances , c'est de réaliser des bénéfices en vendant et en achetant. S'ils ne se sont point rendus au meeting où les marchands homjs les ont invités afin de délibérer sur ce qu’il convenait de faire, c'est qu'ils étaient sous la direction de lord Napier; ce refus ne provient certainement point de la libre volonté des marchands eux-mêmes. Anéantir en un jour leur commerce , ce serait plonger dans le malheur un grand nombre de personnes, qui, après de longs voyages par terre et par mer, se verraient ruinées pour la faute d’un seul. homme, de lord Napier. Non, je ne puis, pour un pareil motif, les réduire ainsi au désespoir.... Quant à l'inspecteur, on assure que c’est un homme d’un esprit solide et étendu et d’une parole pleine de charme. S’il réfléchit mûrement , il pourra par lui-même distinguer parfaitement le vrai du faux ; mais qu'il ne se laisse pas égarer par les hommes qui l'entourent.... Quand le roi de ladite nation aura connaissance de ces ordres répétés et de ces réponses officielles , il saura aussi tous les mensonges de l'inspecteur barbare; mais, dans tout ce qui s’est passé, on ne pourra pas reprocher au Céleste Empire de n’avoir.pas porté aussi loin que possible les égards pour la vertu cl la respectueuse obéissance pratiquée par le roi de ladite nation. • Deux semaines après la publication de cet édit , le vice-roi en rendit un autre, qui suspendait le commerce anglais , et qui en outre defeudait absolument <i tout indigène d'aider et de servir lord Napier. « L’inspecteur barbare, disait-il, en apprenant ce qui a été décidé h son sujet, s’est trouvé comme un poisson enveloppé dans un filet. C’est véritablement un homme stupide, aveugle et ignorant, à qui il est impossible de faire entendre raison. Si un personnage aussi extravagant demeurait à Canton pour diriger le commerce , il serait désormais impossible que la population commerçante vécût en paix et en lionne harmonie. •
Lord Napier, se sentant malade et voyant qu'il ne pouvait obtenir aucun résultat, partit pour Macao, où il mourut au bout de quinze jours, trois mois après son arrivée en Chine, l’ar suite de cet événement et du départ des vaisseaux de guerre qui se trouvaient à Whampou, le commerce fut de nouveau ouvert.
Dans les dépêches de Pékin , que l'on reçut il Canton , au sujet de tous ces faits, la conduite du vice-roi était complètement approuvée, et il était ordonné que ceux qui avaient servi les Anglais fussent punis. Quant au cabinet de Londres, il désapprouva l’esprit des dépêches de lord Napier, qui annonçaient des mesures coercitives. Lord Palmerston lui disait : « Que ce n’était point par la force et la violence que Sa Majesté entendait établir des relations commerciales entre ses sujets et la Chine , mais par des moyens de conciliation. •
M. J. Davis succéda à lord Napier et fut lui-méme bientôt remplacé par sir George B. Robinson. Sur ces entrefaites , il s’était formé parmi les négociants une chambre de commerce, qui, lorsqu’il était nécessaire, communiquait officiellement avec les commerçants hongs.
En 1836, le poste de chief super intendent (surintendant) fut supprimé , et sir George B. Robinson reçut l’ordre de remettre toutes les pièces à son lieutenant ou secrétaire, le capitaine Elliot. Celui-ci s’adressa au vice-roi par l'intermédiaire des commerçants hongs, comme cela avait lieu antérieurement, et, en conséquence, il put revenir il Canton avec une permission de l'empereur. En accusant réception du décret souverain , il disait au vice-roi : « Le soussigné proteste respectueusement à Votre Excellence que son devoir, et en môme temps, son plus ardent désir, est de se conformer en toutes choses au bon plaisir impérial; aussi apporterat-il la plus grande attention aux points indiqués dans l’écrit qu’il a sous les yeux. »
Maintenant nous devous entrer dans quelques détails sur l'opium. Il est reconnu que l’usage de le fumer vint aux Chinois par lo pays d’Asarn, où il existait très-anciennement; toutefois, jusqu’il la fin du siècle dernier, cet usage dut prendre peu de développements, car les missionnaires catholiques n'en ont fait aucune mention. En 1767, l’importation s’éleva à 1,000 caisses, et elle continua sur ce pied pendant quelques années. En 1791, il entrait librement à titre de médicament , moyennant un droit de sept piastres par quintal. En 1800, l’empereur le défendit, en disant que c’était une cause de perte de temps pour son peuple , qui échangeait son argent contre la vite ordure des étrangers ; mais comme il était aisé de suborner les mandarins , qui d'ailleurs fumaient eux-mômes de l’opium, ce trafic continua, surtout à Macao. En 1820, le vice-roi de Canton publia un édit qui défendait ce commerce sous des peines sévères , et les subré-
cargues de la Compagnie anglaise recommandèrent qu’on n'en apportât point dans les navires de la Compagnie ; ils demandèrent même aux autorités anglaises dans l’Inde de n’en point permettre la culture. Comme les Portugais exigeaient des droits exorbitants pour l'entrée de l'opium à Macao, l'usage s'établit de le tenir. dans des embarcations armées qui étaient constamment à l’ancre dans les anses de quelques-uns des Ilots voisins de Canton , comme Hong-kong , Liuting et autres. Ces magasins flottants ont été appelés receiving-shipt. Les commerçants propriétaires de l'opium demeurent généralement à terre dans leur factorerie : un Chinois va leur acheter une ou plusieurs caisses d’opium ; il en remet le prix et reçoit un ordre avec lequel il va, dans un canot, prendre à bord du rcctivingskip son opium, qu’il introduit dans le pays par contrebande, soit en trompant la vigilance des employés de la douane , soit , ce qui est beaucoup plus ordinaire , en les achetant.
Celte contrebande alla augmentant toujours d'importance , en sorte que la quantité d'opium introduite annuellement finit par s’élever à une valeur de plusieurs millions de piastres. Ces Chinois n'ayant à donner en échange aux Européens d'autres articles importants que le thé et la soie, la balance du commerce leur devint bientôt extrêmement défavorable, et l'exportation de l'argent commença à se faire sur une grande échelle. Il résulta de là que le gouvernement commença à trouver des difficultés dans la perception des impôts, et que le déficit du trésor s'accrut rapidement d'année en année. L’argent devenait chaque jour plus rare , et par suite sa valeur s’élevait. En conséquence, les ministres de l’ékin songèrent tris-sérieusement à extirper l'habitude de fumer de l’opium , et rendirent pour cela des décrets fulminants. Pendant l'automne de 183fi, le vice-roi de Canton condamna à l'exil neuf commerçants européens, parce qn’ils’ctaient les principaux importateurs d'opium; mais ils ne tinrent aucun compte de cette sentence.
• Durant les années 1837 et 1836, il y eut, le long de la côte, de continuels démêlés entre les employés du gouvernement , les contrebandiers indigènes et les commerçants étrangers : les premiers faisaient quelquefois concurrence aux seconds , souvent s’entendaient avec eux , parfois enfin en arrêtaient quelques-uns; tandis que les commerçants étrangers, évitant tonte collision , s’efforçaient d’activer la vente de tout leur pouvoir. En février, le capitaine Elliot écrivit au contre-amiral Capel , dans l’Inde , pour lui demander d’envoyer en Chine un vaisseau de guerre, afin de visiter les mouillages où se faisait le commerce de l'opium , « ce qui était le meilleur moyen, soit pour obtenir que les autorités provinciales revinssent au système de connivence qui avait jusqu’alors prévalu , soit pour avancer le moment où le gouvernement de Pékin reconnaîtrait comme légal le commerce de l'opium. » Eu conséquence de cette demande , la
rorvelle le Hateiqh ne larda pas S arriver, el elle fui envoyée à Kuhrhau dans le but d'obtenir la mise en liberté de quelques Indiens qui avaient lait partie de l’équipage du F air y, vaisseau employé au commerce de l'opium, et qui se trouvaient déteuus depuis plusieurs mois. Celle mission obtint un plein succès. Mais pour atteindre le but principal de la demande du capitaine Klliot, ce qu’il y avait de mieux, c’était de faire intervenir le gouvernement anglais. En conséquence , pendant l’automne de 1837, le secrétaire de Sa Majesté transmit à l'amiral l’ordre de se rendre lui-même en Chine et de se mettre en communication avec les autorités britanniques.
» Le capitaine EUiot, étant alors à Canton le chef reconnu du commerce britannique, reçut, en septembre, des autorités de la province, par l’intermédiaire des marchands hongs , l’ordre d’éloigner de Linting les receiving-ships, et de transmettre à son souverain un ordre de l’empereur pour que dorénavant il leur fût défendu de revenir. Il répondit qu'il ne pouvait transmettre i son souverain un ordre qui ne lui venait pas directement du gouvernement, el il citait l’exemple récent du gouverneur général de Fuhkien , qui avait communiqué directement avec le commandant d’un vaisseau de guerre anglais. Le gouverneur se vit donc obligé de prendre une autre voie , et il envoya l’ordre en question au préfet et au colonel du département en leur enjoignant de le transmettre au capitaine EUiot. Celui-ci répondit en promettant de l’envoyer dans son pays.
«Vers la fin de l'année 1837, le pavillon britannique à Canton fut de nouveau amené, et le surintendant retourna & Macao parce que le gouverneur avait refusé de recevoir une communication sur laquelle le capitaine EUiot n’avait point voulu écrire le mot pin, en vertu d’instructions qu’il venait de recevoir. En juillet 1838, sir Frédéric Maitland arriva sur le vaisseau de Sa Majesté Britannique ie WelUsity, de soixante-quatorze canons, et entra presque aussitôt en correspondance avec l'amiral chinois Kwang au sujet d’un schooner anglais sur lequel les forts avaient tiré comme il passait le Bogue, et que l’on avait arrêté pour lui demander s’il avait b bord sir Frédéric , ou quelqu'un des hommes de son équipage ou leurs femmes.
» Aussitôt après l’arrivée de sir Frédéric , le capitaine Elliot s’efforça de se remettre en correspondance avec le gouverneur, en envoyant aux portes de la ville une lettre ouverte, que l’on reçut et que l’on fit parvenir a son adresse ; mais le jour même elle fut renvoyée parce qu'elle ne portait pas la suscription exigée.
• Les efforts du gouvernement supérieur pour supprimer la contrebande furent en 1838 plus énergiques qu’ils n’avaient jamais été, et ils indiquaient une détermination arrêtée de ne rien épargner pour arriver au résultat. En avril, un indigène, appelé Kwoh Siping, fut étranglé pnbli-
quement à Macao , sur l’ordre exprès de l'empereur, pour servir d'exemple aux autres et empêcher de s'engager à exporter de l’argent ou à introduire de l'opium.
■ Le nombre des navires composant la petite force étrangère moulant et descendant la rivière h cette date était de cinquante , la plupart occupés à faire la contrebande. Quelquefois le gouvernement semblait disposé à exercer son pouvoir, et alors des naTires étaient détruits, les contrebandiers saisis et torturés , et la vente de l'opium empêchée. Mais les mêmes manœuvres recommençaient bientôt aussi hardiment qoc jamais. On s’emparait facilement de ces bateaux, car le gouvernement pouvait oxercer un entier contrôle sur ses propres sujets; mais lorsque les schooners étrangers, fortement armés et équipés, montaient et descendaient la rivière, et livraient de la drogue (l'opium) sur scs bords, les croiseurs officiels craignaient de les attaquer.
» Des collisions devinrent do plus en plus fréquentes entre les Chinois et leurs gouvernants en conséquence do l’accroissement de. la rigueur des ordres émanés de la cour. En septembre , dans une rixe près de Wampou, entre les militaires et des villageois, plusieurs furent tués et un grand nombre arrêtés. Les débitants d'opium â Canton furent mis en prison , et ceux que l'on trouva en d’autres lieux , amenés dans celte ville enchaînés. A Hupé, le bruit courut que les officiers avaient châtié les fumeurs arrêtés en leur coupant une partie de la lèvre supérieure, afin de les mettre hors d’état de faire usage de la pipe. En outre, la vénalité des officiers était telle, que même à cette époque le Gis du gouverneur lui-mème se livrait â ce trafic , et qu'on grand nombre d’ageuts subalternes n'opéraient des saisies de la drogue sur les bateaux contrebandiers que pour la revendre eux-mémes en détail. L’eiposé fait au trône par Ilivang Fsioli-tsz’, où la peine de mort était conseillée, fut promulgué à Canton vers le même temps; et le rescrit de l’empereur, requérant • les commandants en chef des provinces de Moukden (Sbing-king), Kirin, Tsi-tsi-har, et les gouverneurs et lieutenants-gouverneurs de toutes les autres provinces d'exprimer , sous forme de règlements, leurs vues personnelles sur ce sujet et de la déposer promptement au pied du trône» provoqua des mesures plus rigoureuses. Cet exposé préconisait les plus fortes pénalités. Dans un rapide examen des effets résultant de l'usage de la drogue, il reconnaît que cet usage s’était étendu jusqu’à la Mandchourie et pénétrait dans tous les rangs de la société du haut en bas. La marche de l'argent, «dans les profondeurs insatiables des régions transmarines » avait eu pour elfet d'élever le taux da change de l'argent jusqu'au point d'entraver les affaires du gouvernement. Il passe en revue les divers pians proposés dans le but d’empêcher le commerce de l’opium , cause de tout ce mal , tels que de faire garder
les ports, de supprimer tout le commerce étranger, d’arrêter les contrebandiers, de faire fermer les boutiques, et enfin d’encourager le développement du commerce intérieur. On avoue , dans cet exposé , que les sommes payées au personnel des gardes-côtes et aux officiers de marine, pour les corrompre, sont si considérables qu’elles empficbent toute vigilance de leur part.
■ La contrebande faite dans les eaux de la rivière s’accrut à un tel degré, .pendant l'année 1838, que tout le commerce étranger semblait devoir bientôt y être compromis.
» Le 3 décembre de cette année eut lieu une saisie de quelques caisses d’opium dans laquelle furent impliqués M. Y nues, commerçant anglais, et SL Talbot, Américain du Nord. Un décret d’expulsion fut lancé contre eux. mais ils n’y obéirent point.
» Lo gouverneur, comme s'il n'eût su quoi faire après cela, résolut de montrer aux étrangers 1 quelles conséquences s'exposaient les indigènes en faisant le IraGc de l’opium ; et , tandis que M. ïnnes était encore à Canton, il envoya un officier avec un peloton de cinquante hommes pour exécuter devant les factoreries un marchand d'opium condamné à mort , nommé Ho-Lankin. L’officier était sur le point de remplir sa mission près du mit de pavillon américain, lorsque les étrangers sortirent do leurs factoreries, renversèrent la tente de bambous que l'officier faisait dresser, la foulèrent aux pieds, ét lui signifièrent avec résolution qu’il s’abstint de faire exécuter là cet homme. L’officier, qui ne s’attendait point à une opposition de cette sorte, s’empressa de faire enlever son attirail, puis il alla dans une rue voisine où l'bomme dont il était question fut étranglé. Sur ces entrefaites , un grand nombre de curieux indigènes s’étant assemblés pour voir cette singulière manière de procéder, les étrangers s’efforcèrent de le dissiper, supposant qu’un peu de résolution y suffirait. Contrairement i leur atlento, des coups leur furent portés en retour, et ils se hâtèrent de rentrer dans leurs factoreries, dont les portes furent fermées. Cette réunion de curieux était devenue une populace nombreuse, et, sous l'impression produite sur elle par la saisie de deux indigènes, elle se mit à assaillir le devant des factoreries et à en briser les fenêtres à coups de pierres et de morceaux de briques. La place était restée en sa possession environ trois heures, et le danger devenait imminent , lorsque le magistrat du district y entra accompagné de trois ou quatre officiers, suivis d’un petit corps d’agents de police. »
La chambre de commerce indignée fit des représentations au vice-roi sur ce qu’il avait voulu transformer le jardin des factoreries eu uu lieu d'exécution. Le vice-roi répondit entre autres choses que ce jardin faisait partie du territoire chinois aussi bien que tout le reste , et que par cette raison l’autorité locale pouvait en disposer.
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• Le capitaine Elliot arriva à Canton le même soir de Wampou avec des bateaux armés. Dans une réunion générale il exprima que, dans sa conviction, ces malheureux événements avaient pour ■cause le trafic de contrebande fait dans les eaux de la rivière , et déclara qu’il avait l’intention de donner l’ordre à tous les vaisseaux anglais de quitter ces parages dans un délai de trois jours. Il exprima l'espoir qu'une démarche ultérieure faite dans le bat d'entrer en communication avec les autorités provinciales afin d'obtenir leur coopération pour expulser ces vaisseaux , serait rendue inutile par le prompt départ de tous les vaisseaux engagés dans ce trafic. Les injonctions et les menaces qu'il adressa à ses propres compatriotes n'eurent , en définitive , aucnn succès , et en conséquence il s'adressa au gouverneur , lui exprimant son désir de les voir coopérer ensemble 1 leur expulsion. Dans un avis au publie le capitaine Elliot faisait remarquer que ce genre de trafic, dans sa rapide progression, avilissait profondément le caractère anglais et exposait le commerce légal à un danger imminent; il déclarait qu'il avait l’intention de ne reculer devant aucune responsabilité pour y mettre un terme. Le gouverneur, comme on s’y attendait, loua le surintendant de ses offres , mais lui laissa tout le poids de l'œuvre en ajoutant avec cet orgueil caractéristique des mandarins chinois qui arrête si efficacement notre sympathie pour eux dans leurs embarras : • Vous devez concevoir que tous ces bateaux -là ne me donnent pas le moindre souci, • comme s'il n'avait qu'l se lever dans sa majesté pour les faire aussit&t disparaître.
• Cette affaire attira un torrent d’injures sur le capitaine Elliot de la part des journaux anglais, les rédacteurs de ces feuilles lui adressant toutes sortes de grossières épithètes , le présentant sous l'aspect ridicule d'un serviteur de la douane chinoise, et aidant les autorités pusillanimes 1 mettre leurs ordres 1 exécution....
• Vers cette époque le gouvernement suprême avait pris son parti. »
Le gouverneur de Hukwang, Lin-tse-su, fut nommé commissionnaire,
ayant mission, avec des pouvoirs illimités, de mettre fin au trafic de l’opium.
Les autorités invitèrent les fumeurs 1 se réformer , et la police fut chargée de pénétrer dans les maisons pour y rechercher la drogue et les pipes.
« De nombreux agents subalternes furent condamnés et punis sommairement, et le 26 février Fung A-ngan fut étranglé devant les factoreries en raison de son immixtion dans le trafic de l'opium et de sa participation 1 la rixe qui avait eu lieu 1 Wampou quelques mois auparavant; les pavillons anglais , américain , hollandais et français furent tous amenés en conséquence; la suspension du commerce en général devint imminente, et le gouverneur pressa les étrangers de faire retirer immédiatement des eaux de la Chine les vaisseaux 1 opium. »
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De nombreuses exécutions eurent lieu aussi dans les provinces. Du respectable missionnaire caiholique me raconta que dans la ville où il se trouvait un Chinois opulent fut condamné, parce qu'une petite quantité d'opium fut trouvée chez lui, à avoir les ongles arrachas et puis la tête tranchée, mais que sa famille obtint, moyennant uu présent de 3,000 piastres fortes , qu'il aurait seulement la télé tranchée.
Le nouveau vice-roi, Lin, arriva à Canton le 10 de mars 1030, et après quelques petits incidents qu’il serait prolise de détailler il finit par faire détenir dans leurs maisons, et sans communications ni vivres, tous les étrangers (au nombre de deux cent soixante-quinze) , y compris le représentant du gouvernement anglais, capitaine Elliot. Toutes ces personnes demeurèrent sans aucun de leurs domestiques et sans plus de provisions de bouche que celles qu’ils avaient par hasard, ou celles qu'ils purent introduire au moment où on leur arracha leurs gens. Ils restèrent trois jours dans cet étal; quelques-uns durent se charger de balayer, d'autres de puiser de l’eau , et ceux qui possédaient quelque talent culinaire se transformèrent en cuisiniers. Celui-ci pesait le riz qui lui restait , celui-là comptait les olives ou les anchois ; et cette tragi-comédie dura jusqu'à ce que le capitaine Elliot , se conformant aux désirs ou plutôt aux ordres du commissaire impérial I.in , fit distribuer une circulaire où il était ordonné , au nom de son gouvernement , que tout l'opiutu qui se trouvait dans les navires lui fût remis. En conséquence, on lui livra 20,300 caisses d'opium , dont la valeur était à peu pris de 10 millions de piastres ( £ 2,000,000) , et il les mit à la disposition de Lin , qui les fit détruire entièrement
Immédiatement après on remit en liberté les étrangers, auxquels ou rendit leurs serviteurs, et le capitaine Elliot partit pour Macao, ordonnaut à tous scs compatriotes de quitter Canton.
Si uous devons croire le Chinete Rtposilory , le triomphant Lin adressa à la reiue d'Angleterre une lettre (1), dont j’extrairai les passages suivants :
(1 ) Ayant cherché à savoir du ministre des affaires étrangères d'Angleterre si cette lettre était vraie ou apocry plie , je reçus la réponse suivante : « Dans les archive* de ce ministère il ne se trouve point de lettre telle que celle contenue dans le Chinât htposïtonj , vol. VIII, page ». » Il a pu arriver que la leUre, bien qu’elle ait été écrite par Lin, n'efit pas été envoyée à Elliot, ou que, quoique ayant été reçue par lui, elle n’eût pas été envoyée à Londres; ou bien encore que, y ayant été envoyée, elle n'y eût pas été prise au sérieux , et que par conséquent elle n’alt point été conservée dan» les archives du gouvernement. Toutefois, l’exigence exprimée diverses foia par les mandarius relati rement à la défense à faire par la reine d’Angleterre à ses sujets de produire de l'opium et de l’exporter eu Chine , et ce fait , de la part de sir II. t’oltinger, d’avuir adresse un mémorial à l’empereur céleste relativement à la légalisation
n Notre Cour Céleste a pour famille tout ce qui est entre les quatre mers: la divine bienveillance du Grand Empereur est si étendue qu’il n'est personne qu’elle ne couvre de son ombre.
» A Kwangtung, depuis le rappel des interdits mis sur les communications maritimes, il y a eu un courant permanent d'intercourse commercial. Le peuple de ce pays et ceux qui viennent des autres contrées par navires étrangers ont joui ensemble , dans la paix, de ces avantages pendant des dizaines d’années jusqu’à ce jour. Et quant à la rhubarbe, les thés, la soie écrue, et de tels autres riches produits de la Chine, si les nations étrangères en étaient privées, elles manqueraient des moyens de continuer à vivre. De sorte que la Cour Céleste, en accordant, dans la spontanéité de sa bienveillance universelle, la permission de vendre et d’exporter ces produits , — et cela sans exception ni réserve , — a , en vérité, répandu ses faveurs dans le cercle le plus étendu (des nations).
» Avec la vigoureuse autorité que la Cour Céleste exerce sur les civilisés aussi bien que sur les barbares , quelle difficulté pourrait-elle trouver il appliquer immédiatement même la peine de mort? Mais comme nous donnons un être substantiel à la plénitude et à l’étendue de la sacrée intelligence , il nous convient d'adopter d’abord la voie de l’admonition. Et n'avant jnsqu’à présent envoyé aucune commnnicajion à Votre honorable Souveraineté , si les mesures d'interdiction les plus sévères étaient prises tout d’un conp, il pourrait être dit pour excuse qu’on n'avait pas eu connaissance préalable des faits.
» Nous voudrions donc, maintenant, nous concerter avec Votre honorable Souveraineté sur les moyens d’en finir à jamais avec cet opiom si préjudiciable à l’humanité; nous, en en défendant l’usage dans ce pays, et vous , en en empêchant la fabrication.
» Les moyens puissants par lesquels la Conr Céleste tient dans sa sujétion tontes les nations sont vraiment divins et inspirent le respect au delà de toute supputation. Qu’il ne soit pas dit qu’un avis hâtif n’ait pas été donné de ceci.
» Lorsque Votre Majesté recevra ce document , qu’une prompte dépêche nous soit adressée en réponse, par laquelle il nous soit donné avis des mesures que vous adopterez dans le but d’empêcher l’entrée de l'opium dans un port quelconque.
» N’allez pas, en anenne manière, par des paroles fleuries, éluder ou retarder une solution. Réfléchisscz-y sérieusement ; observez attentivement ces choses.
do commerce de l'opium , font présumer qn’it y a en quelque chose de vrai au sujet de la lettre de Lin.
» Taou-kwang, 19' année. 2ù* mois, — jour. — Communication envoyée à la souveraine de la nation anglaise. »
(Chincse Repoaitory, vol. \JH , p. 9>(1).
« Le cours des événements pendant la ün de l’année 1839 présente uu singulier mélange de traQc et d'hostilités. Les marchands anglais, désirant disposer des cargaisons qui étaient arrivées , dans l’ignorance de tous ces actes, s'efforcèrent de faire quelques arrangements pour les envoyer de Chuenpi à Canton; mais ce projet ne réussit pas, et l’on eut alors recours aux vaisseaux naviguant sous d'autres pavillons , par lesquels , en effet , le commerce, pour la plus grande part, fut fait pendant cette année-là. La vexation qu’éprouva le commissaire par la distance où se tenait la marine anglaise en dehors des ports chinois fut grande, et il fit placarder des affiches où il exhortait les capitaines à entrer dans le port. Cette mesure amena une réponse du capitaine Elliot, exposant les raisons pour lesquelles il défendait aux navires anglais de se placer sous l’autorité du gouvernement. Dans cette pièce , le capitaine. lillidt se plaignait de son injuste emprisonnement, le présentant comme un traitement qu’il ne convenait pas de faire supporter à un officier d’ûne nation amie, reconnu par l’empereur, erqui avait toujours rempli son devoir d’uue manière paisible et irréprochable....
> Une collision entre des gens ivres et quelques matelots anglais eut lieu à Hong-Kong, dans laquelle un indigène inoffensif, uomtné Lin Wcchi , perdit la vie. Le commissaire, après avoir appris ce qui s'était passé, ordonna qu'un examen du corps fût fait et demanda qu’on lui livrât le meurtrier, conformément à la législation chinoise.
• Un cadavre flottant ayant été vu dans le port de nong-kong, il profita de cette circonstance pour indiquer qu’il croyait que c’était le corps du coupable; mais voyant que ce moyen ne lui réussissait pas pour obtenir une satisfaction, il prit d’actives mesures contre les Anglais à Macao, dans l’intention non-seulement de leur nuire, mais aussi en vue de faire éprouver des dommages sérieux à la population portugaise. 11 défendit qu’on leur fournît des provisions et ordonna que leurs domestiques s’éloignassent d'eux. Des troupes furent stationnées dans le voisinage , et , afin que personne ne pùt s’excuser en prenant prétexte de son ignorance , des crieurs furent envoyés dans les marchés pour y proclamer les ordres de prohibition tels que les portaient les affiches suspendues à leur dos. L'irritation de la
(I) A la pige 497 du même tonie se trouve une seconde lettre , qui , au lieu d’étre originale, semble plutôt être une amplification des idées renfermées dans celle-ci, étendue probablement par quelque lettré accoutumé dans les examens à faire Ica gloses des thèmes de Confucius et de Menius.
population étrangère, eu apprenant res procédés, s'accrut en conséquence d'une attaque par des soldats chinois d'un petit schooncr ayant nom the Black Joke, et qui allait à Hong-kong , attaque dans laquelle cinq hommes de l’équipage furent tués ou blessés et un passager il bord blessé d’une manière barbare et laissé pour mort, arec scs oreilles coupées et fourrées dans sa bouche. Les sujets anglais , presque jusqu'au dernier, quittèrent Macao, le 20 août, et se retirèrent à bord à Hong-kong, principalement par compassion pour les Portugais, que le commissaire menaça de sa colère parce qu’ils les abritaient dans leur port. Ce déplacement eut pour effet de mettre les Anglais hors de l'atteinte du commissaire, mais ne rendit pas plus efficaces ses efforts pour éloigner les vaisseaux a opium de la côte et engager les commerçants non contrehandistes à entrer dans le port. Les ventes d’opium avaient recommencé même avant la destruction de la drogue au Bogue, et elles s'accrurent lorsqu’on eut appris que celte immense quantité avait réellement été détruite. Lin commença alors à voir que son plan pourrait bien ne pas avoir autant de succès qu'il l'avait présupposé , car il était forcé de rester à Canton jusqu'à ce qu'il pût annoncer la complète suppression de la contrebande et la possibilité de continuer sans danger le commerce légal. Lui et le gouverneur Fang visitèrent Macao , accompagnés d'un corps nombreux de soldats chinois et escortés par un détachement de troupes portugaises , l’un et l’autre quittant l'établissement le même jour.
• Trouvant que la (lotte anglaise à Hong-kong était trop bien défendue pour qu’il pût l’en expulser, il interdit aux habitants de fournir des provisions aux navires. Il en résulta une collision. Le capitaine Elliot envoya une lettre aux officiers locaux à Kaulung, par l’entremise de M. Gutzlaff, qui expliqua aux officiers ayant le commandement de quelques jonques l’état des affaires et les requit de faire parvenir la lettre. Ils s’y refusèrent, mais ils dirent qu’ils exposeraient verbalement l’affaire , quoique en même temps les soldats , voyant deux petits schooners qui s'approchaient, commencèrent à manœuvrer les canons dans une batterie voisine. Le capitaine Elliot envoya à la côte, pour acheter des provisions, une chaloupe que la police arrêta précisément comme elle allait partir; il Gt feu sur les trois jonques, qui lui répondirent immédiatement , ainsi que le fort Cette escarmouche continua jusqu'à la nuit, et les jonques se retirèrent alors sans avoir éprouvé beaucoup de perte. L’équipage d'un canot ayant disparu un jour ou deux après, on supposa qu’il avait été pris, et le capitaine Smith, du V otage , notifia le blocus du port ; mais les hommes ayant reparu peu de temps après, il retira sa notification. Le capitaine Elliot, le même jour (H septembre) , ay ant donné l’ordre à tous les vaisseaux auglais engagés dans le commerce de l'opium de quitter le port et la côte, la plupart sc dirigèrent
vers N'amoa. Un vaisseau espagnol , le Bilhaitui, fut brûlé U jour suivant, étaul à l'ancre à Taypa , par les Chinois , dans la présomption qu'il était anglais; et le gouvernement britannique, en conséquence, arma un petit vaisseau pour croiser autour de l’établissement et repousser tous les navires de celte sorte. Tout l’opium qui se trouvait dans la ville avait été rembarqué , mais les habitants en faisaient encore le commerce.
> Les deux parties furent dès ce moment engagées dans des hostilités ; cependant des négociations à l’effet de continuer le commerce prés du Bogue furent entamées, en octobre^ entre les marchands anglais et le capitaine Elliot, d'un côté, et les marchands hongs, les sous-préfets et autres officiers , de l'autre. Les détails des arrangements étaient presque complétés, le capitaine Elliot avait donné des garanties pour qu'ils fussent menés facilement à exécution, et le commissaire lui-méme avait signé la convention, lorsque i'entrée sans autorisation du vaisseau anglais le Thomas Coulis eut pour conséquence la rupture de toutes les négociations et la répétition de la demande de livraison du meurtrier de Lin Weihi. Des mesures coercitives furent prises de nouveau contre les familles anglaises à Macao, et le capitaine Elliot ordonna que tous les vaisseaux anglais se rassemblassent à Fung-ku sous la protection des vaisseaux de guerre te Volage et U Hyacinthe. Il se rendit aussi au Bogue pour requérir que les menaces contre les Anglais fussent retirées et qu'il leur fût possible de résider à Macao, sans crainte d’y être molestés, jusqu'à ce que le gouver* nement pût arranger les difficultés , lorsqu'un engagement s’ensuivit entre l’amiral Kwan , ayant à ses ordres une flotte de seize jonques et les deux vaisseaux de guerre. Trois jonques furent coulées, une sauta, et le reste fut dispersé. Des mesures actives furent prises par les Chinois contre la flotte à Hongkong, et les vaisseaux qui y étaient allèreot à Fung-ku. Le commissaire, de son côté, trouvant que tout effort fait pour porter les vaisseaux anglais à rentrer dans le port restait sans succès , deux seulement y étant entrés, déclara que le commerce avec cette nation serait discontinué après le 6 du mois de décembre , et défendit que des marchandises anglaises fussent importées par d’autres vaisseaux. Vers la fin du mois , le capitaine Smith lança une autre notification de blocus qui devait commencer le 15 de janvier; mais ni l’une ni l’autre menace n’eurent d’effet. Les grandes pertes provenant de la détention des chargements à bord poussèrent les Anglais à demander que leurs marchandises pussent être emmagasinées à Macao, mais les Portugais se sentirent obligés de le refuser.
» Le clipper Ariel, dépêché par le capitaine Elliot lors de son arrivée de Canton, y retourna en 1840, annonçant la résolution du gouvernement anglais d’en appeler aux armes dans le cas que l'empereur refuserait d’a-
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planir les difficultés sans qu’il y eût elîusion de sang. Les Chinois apparemment prévirent la collision qui devait avoir lien et commencèrent à réunir (les troupes et 4 réparer leurs forts; et Lin, alors gouverneur général de Kwangtung, acheta le grand vaisseau le Chesapeake et établit un intendant de circuit près de Macao |>our garder les eûtes. Les résidents anglais, pour la plupart, retournèrent à Macao an mois de janvier, et continuèrent de faire leur commerce sous des pavillons neutres. On ne (il point d’efforts ultérieurs pour leur nuire, et depuis l’arrêt mis à leur commerce, en décembre. Lin n’éprouvait point le désir d’accroître les difficultés par des tentatives inutiles faites dans le but de les harasser. »
Une partie des forces envoyées en Chine par le gouvernement anglais y arriva pendant l’été de 1 840 , et commença aussitôt 4 opérer. Le 4 juillet , on vit paraître dans l’archipel de Chuzan cinq grands vaisseaux de guerre, trois vapeurs et vingt et nn transports, avec environ 3,000 hommes de débarquement. Tinghai, la principale ville de l'archipel, fut immédiatement prise , et , quoiqu'elle fût fortifiée , il n’y eut presque point de résistance.
Le capitaine Elliot, plénipotentiaire anglais, se dirigea avec l’escadre vers Tien-sin , où il se mit en communication avec Ki-shen , gouverneur générai de la province de Cbi-li, et, après bien des négociations et bien 'fies messages 4 Pékin , Ki-sbcn persuada le capitaine Elliot de se transporter à Canton , où il allait lui-même par ordre de l'empereur , et où l'affaire serait examinée et arrangée. En conséquence, l’escadre partit le 15 septembre pour Chuzan.
Le capitaine Elliot et Ki-shen se réunirent eti effet 4 Canton vers le commencement de 1841 , et arrêtèrent les préliminaires d’un traité de paix. Mais Lin, qui avait été destitué pour avoir provoqué les hostilités, Gt tous ses efforts pour que la guerre continuit, et, son parti l'ayant emporté 4 la cour, l’empereur rendit, le 27 janvier, un décret des plus violents, ordonnant l'extermination de tous les rebelles anglais. 50,000 piastres étaient promises pour les têtes d'Elliot et des autres chefs anglais.
Le séjour de Chuzan avait été funeste aux Anglais ; les fièvres leur avaient enlevé 400 hommes, et ils en avaient 1,000 dans les hôpitaux. On évacua cet archipel le 24 février 1841. Le 26 du même mois les forts de la rivière de Canton , appelés Bogue, furent attaqués et pris par 500 hommes soutenus par neuf vaisseaux et deux vapeurs de guerre. L’amiral Kwan, de qui dépendaient ces forts, ordonna 4 son fils, avant l'action , de s'en aller avec sa mère , parce qu’il était décidé à mourir à son poste. En effet , bien qu'abandonné de ses soldats et de ses officiers, il combattit jusqu’au dernier moment , et mourut en vendant chèrement sa vie, malgré tous les
(•(Torts (les Anglais pour le faire prisonnier et le sauver. On permit 4 ses parents d'emporter son corps, et le vaisseau le Bleui te im lui rendit lus honneurs militaires.
Le lendemain , on s'empara d’une longue batterie située tout près de Canton , et on retira du fleuve un grand radeau au moyen duquel on avait essayé d’intercepter la navigation. Dans cette journée, plusieurs Chinois se firent tuer avec une grande intrépidité.
Ki-shen fut dégradé, et d'autres commissaires impériaux furent envoyés du nord avec des renforts. Le plan des nouveaux chefs chinois était de tromper l’ennemi; en conséquence, le 20 mars, on signa unei trêve, pendant que tout se préparait pour attaquer il ('improviste les Anglais par trahison. La plupart des négociants européens étaient retournés aux factoreries de Canton. Mais on eut avis des intentions secrètes des Chiuois, et, par ordre d’Ëlliot , tous les Knropéens se réfugièrent 4 bord des navires. Les Chinois, se voyant découverts, essayèrent, pendant la nuit du 21 mars 1841, contre les vaisseaux anglais, une attaque qui fut b peu près sans effet Alors les Anglais remontèrent vers Canton avec toutes les forces qu’ils purent faire venir de Hong-kong, s’emparèrent, après une vigoureuse lutte, des forts qui défendaient la ville, et ils se disposaient 4 entrer dans la ville elle-même, lorsque les Chinois demandèrent que les hostilités fussent suspendues, et payèrent immédiatement 6 millions de piastres comme pour racheter Canton; en conséquence, les troupes n’y entrèrent pas et se retirèrent.
Le 10 août 1841 arriva d’Angleterre un nouveau ministre plénipotentiaire, sir H. Pottinger. •
Le 21 du même mois, il partit de Hong-kong avec une expédition composée de neuf vaisseaux de ligne, de quatre vapeurs, de vingt-trois transports et d’environ 3,500 hommes de débarquement ; il resta 4 Canton et 4 Hong-kong six vaisseaux de guerre-et 400 hommes de troupe. Le 27, Amoy fut enlevé après une faible résistance. Le 1" octobre , Chuzan fut occupé de nouveau, et, cette seconde fois, la résistance fut beaucoup plus grande qu’elle ne l’avait été la première. Les officiers se battirent corps 4 corps et moururent 4 leur poste. On établit dans cette île un gouverneur militaire , et on y laissa une garnison de 400 hommes.
Le 9 octobre , on s’empara de la place de Chang-hai, sitnée 4 l’embouchure du fleuve qui conduit 4 Ning-po. Les Chinois perdirent dans cette affaire environ 1,500 hommes. Le général Yukien, qui commandait dans la place , voyant tout espoir perdu , se jeta dans la rivière afin de se noyer. Ayant été retiré de l’eau, il courut 4 Ning-po, où il se tua. Le 13, Ning-po fut occupé sans résistance.
Dans la nuit du 10 mars 1842, les Chinois firent preuve de courage eu
attaquant Ning-po ; mais ils ne réussirent pas, et ils (lerdirenl 600 hommes. Les Anglais n’éprouvèrent aucune perte.
Le 7 mai, les Anglais évacuèrent Ning-po pour aller s’emparer de Chapu, ville très-fortiGée. Leurs forces sc composaient de sept vaisseaux de ligne , de quatre vapeurs , de plusieurs vaisseaux de transport et de 2,200 hommes de débarquement, auxquels se joignirent 250 soldats de marine.
Les fortifications furent enlevées assez facilement; mais 300 Tarlares, s’étant retranchés dans un temple, y firent une résistance désespérée et périrent presque tous. On assura que leur chef, sc voyant perdu, s’était assis sur un baril de poudre et y avait mis le feu. lin grand nombre d’autres Tarlares qui se trouvaient dans cette ville se coupèrent le cou après avoir tué leurs femmes et leurs infants. Les Anglais eurent treize morts et cinquante-deux blessés.
L’expédition sortit de Chapu et sc dirigea vers Wassung, à l'embouchure du fleuve qui conduit à Chang-hai. Le 16 juin, la place fut prise après une résistance plus grande qu'à l'ordinaire. Le général Chiu , qui y commandait, tomba percé de coups de baïonnettes comme il combattait vaillamment sur le rempart. Le 19, 2,000 hommes entrèrent à Chang-hai, dont les habitants payèrent 300,000 piastres pour se préserver du pillage.
Vers ce même temps, sir IL Pottinger publia en langue chinoise une sorte de manifeste dans lequel il expliquait au peuple les griefs que le gouvernement anglais avait contre celui de la Chine. L’empereur, de son côté, rendit un décret où il récapitulait les événements de la guerre , qu'il attribuait à la question de l'opium , déplorant en même temps les malheurs qui retombaient sur son peuple et exhortant toutes les classes à redoubler d’efforts.
Le 6 juillet , une expédition , composée de quinze vaisseaux de guerre , de dix vapeurs et de cinquante transports, et ayant à bord 9,000 hommes de débarquement, partit de Wassung et remonta le Yang-lse-kiang dans la direction de Nankin. Il n’arriva rien d’important jusqu’à ce qu'on fût parvenu à Ching-kiang-fu , près du grand canal.
Cette ville était une station de Tartares Mandchous, et on y comptait environ 2,700 hommes en état de combattre. La ville, attaquée par trois colonnes, sur trois points différents, fut prise après deux heures d'une vive résistance. Les vaincus, soit par un effet du désespoir, soit qu'ils crussent qu’on allait les passer au fil de l’épée, se tuèrent pour la plupart. Voici comment s’exprime à ce sujet, dans son Midle Kingdom, M. S. W. AVilliams :
■ La destruction des vies humaines fut horrible. Quelques Mandchoox s’étaient renfermés dans leurs maisons, mais on pouvait voir à travers les fentes des portes des gens coupant précipitamment la gorge à leurs
femmes et détruisant leurs enfants en les jetant dans les puits. Dans une maison , uu homme fut tué d’un coup de fusil au moment où il coupait le cou à sa femme qu'il tenait sur nn puits dans lequel il avait déjà précipité
ses enfants
Dans une autre maison , on ne découvrit pas moins de quatorze cadavres , principalement de femmes. Telles étaient la terreur et la haine qu’inspiraient les envahisseurs, que tout âlandchou préférait la résistance, la mort, le suicide ou la fuite à la soumission. On a estimé que sur une population mandchoue de quatre mille âmes il n’a pas survécu plus de cinq cents individus, dont la plus grande partie des morts avait péri par leurs propres mains. » ,
Le capitaine Loch , qui se trouvait dans cette expédition , raconte en ces termes son entrée dans une vaste maison :
« Après nous être fait une voie à travers les piles d’objets d’ameublement placés là pour barricader la porte, nous entrâmes dans une cour dont le sol était jonché de riches étoffes et couvert de sang caillé. Sur les degrés conduisant à la demeure des ancêtres gisaient les corps, froids et roides, de deux jeunes Tarlares qui semblaient être frères. Après être parvenus jusqu’au seuil de leur demeure , ils avaient expiré là où ils étaient tombés par suite de la perte de leur sang. Nous entrâmes dans l’intérieur du bâtiment, et nous nous trouvâmes en face de trois femmes assises, une mère et ses deux filles, et à leurs pieds gisaient deux corps d’hommes d’un certain âge, ayant la gorge coupée d’une oreille à l’autre, et dont les têtes posaient sur les pieds de ces dames. A droite étaient deux belles et délicates jeunes filles faisant des efforts pour cacher avec leurs corps un
soldat vivant
Je m’arrêtai , frappé d’horreur devant ce que je voyais. Le froid et inexprimable désespoir peint sur le visage de la mère fit place à une expression violente de mépris et de haine, qui finit par éclater en invectives, puis par se répandre en un torrent de pleurs, qui sembla, si quelque chose l’avait pu , la soulager. Klle vint à moi , me saisit le bras, et, les dents serrées et avec un regard horrible, elle me montra les corps morts, ses deux filles, sa demeure splendide et sa personne même ; puis elle fit un pas en arrière , et, les mains crispées et d’une voix rauque, elle parla, à ce que je pus juger par ses gestes, de son infortune, de sa haine et, je n’en saurais douter, de vengeance. J’essayai par des signes de me faire comprendre, je lui offrais mes services, mais elle me repoussa avec indignation. •
Le chef de l’expédition disait lui-même dans son rapport :
« Trouvant des cadavres de Tarlares dans chaque maison où nous entrions, surtout de femmes et d’enfants , jetés dans les puits ou tués d’une autre manière par leurs propres parents, je fus bien aise de retirer les
troupes hors de celle scène de destruction , et je les logeai au quartier septentrional. •
A la prise de Chin-kiang, les Anglais curent 37 morts et 131 blessés.
L’expédition poussa jusqu’à Nankin , et tout était disposé pour commencer l'attaque, lorsque, le 16 août 1868, le commissaire impérial Ki-ying demanda un armistice. Le mauvais succès de la guerre avait effrayé la cour, et l'empereur ratifia le traité que Ki-yiug et sir H. Pottinger signèrent le 29. Les points essentiels de ce traité sont : la cession à la Grande-Bretagne de l’ilc de Ilong-kong, l’abolition du monopole des négociants hongs à Canton , le payement , au gouvernement anglais, d'une indemnité de 21 millions de piastres, indépendamment des 6 millions déjà perçus devant Canton, et l'ouverture au commerce étranger des ports d’Amoy, Fucliau, Ning-po et Chang-hai.
Le, traité additionnel, qui fut signé au Bogue le 8 octobre, comprenait un nouvean tarif des droits de tonnage tant pour l’importation que pour l'exportation.
Un des articles de ce traité déclare que les commerçants dé toutes les nations seront admis , aussi bien que les Anglais , dans les cinq ports ouverts au commerce extérieur.
Sir H. l’ottinger publia un ordre qui défendait à tout vaisseau anglais de dépasser le 32 r degré de latitude nord, déclarant aux autorités qu’elles pouvaient confisquer toute embarcation et arrêter toute personne qui serait trouvée au delà de cette limite.
En décembre, une grande partie de la flotte partit pour l'Inde , emportant près de 5,000 hommes. A Hong-kong, Kulang-su et Chuzan, il demeura (i,S00 hommes. Les pertes des Anglais pendant toute la durée de la guerre s'étaient élevées à plus de 3,000 hommes, morts soit de blessures, soit de maladies.