‹ L'Angleterre: son gouvernement--ses institutionsChapitre 38 sur 110 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

l'armée

Origine et histoire des années permanentes. — Système féodal. — Mer» cenaires. — Ancienne manière de faire la guerre. — Mutiny and Army Discipline and Régulation Acts. — Le secrétaire d'État de la guerre. — Etat-major. —• Cavalerie. — Infanterie. — Logement des troupes. —• Camps. — Manœuvres d'automne. — Ancien système d'achat de commissions. — Brevet rank. — Recrutement. — Solde. — Régiments de dragons. — Noms des régiments. — Drapeaux et couleurs des régiments. — • Artillerie royale. — Génie. — Composition de l'armée. — Ordre et préséances. — Cours martiales. — Ordre du Bain. — Croix de Victoria. — Décorations. — Pensions et récompenses. — Troupes auxiliaires. — La milice. — La Yeomanry. — Les volontaires. — Réserve.

Les forces entretenues pour la défense du royaume et de ses vastes dépendances contre une agression étrangère, pour le maintien de Tordre à l'intérieur, et pour la sécurité de l'immense commerce de l'Angleterre, sur toute la surface du globe, se composent principaleinent de l'armée et de la flotte.

Au moyen âge, le système féodal était suffisant à tous égards pour protéger les côtes de la Grande-Bretagne. Tous ceux qui avaient rang de chevaliers, qui étaient titulaires de fiie& (holding knighis' fees)^ — et il y en avait plus de 60,000 dans l'Angleterre seulement, — devaient être prêts à venir faire,.

aux côtés de leur souverain, chaque année, quarante jours de service militaire. Ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient pas prendre les armes étaient obligés de fournir des remplaçants sûrs ; de cette manière, en cas de révolte ou d'invasion, une armée de 60 000 hommes était prête à entrer en campagne en très peu de temps, et sans frais pour la couronne. II y avait alors peu de places fortifiées, et les plans de campagne n'étaient pas conçus d'après les principes de la science. Ordinairement, les combattants en venaient aux mains sans tarder, et la cause pour laquelle ils avaient pris les armes était, en général, gagnée ou perdue dans les quarante jours. Si la guerre se prolongeait, les milices féodales pouvaient rentrer dans leurs foyers; mais, si elles continuaient leur service, elles étaient à la solde du souverain.

Quand les rois de la maison de Plantagenet entreprirent leurs guerres étrangères et se trouvèrent en présence des soldats en partie disciplinés de la France, ils virent que le système féodal ne pouvait leur fournir ni un service assez continu, ni des troupes assez expérimentées. Ils commencèrent donc à transformer le service mihtaire de leurs tenants in capite en une contribution d'argent, ou scutage (droit d'écuyage), selon l'expression employée, mise à la charge du knights' fee (fief)» Ainsi, en 1159, lorsque Henri II fut sur le point d'entrer en campagne contre le comte de Toulouse, au lieu de forcer ses vassaux à se joindre à lui, il leur imposa un droit d'écuyage^ qui produisit une somme représentant 2 700 000 litres de notre monnaie (6 750 000 fr.), avec laquelle il leva une année aguerrie aux marches et aux fatigues et sur laquelle on pouvait compter en un jour de bataille. Il obtint ainsi une grande popularité parmi ses sujets, qui préféraient souvent rester chez eux et se Uvrer à de plus paisibles occupations. A la fin, la contribution en argent remplaça tout à fait les services

féodaux, qui furent définitivement abolis par le statut 42 de Charles II, c. 24.

Philippe- Auguste de France fut le premier roi qui leva à ses frais une armée de mercenaires, sans rappoit aucun avec les milices féodales, pour protéger son trône et en même temps ses sujets de condition inférieure contre l'arbitraire et la tyrannie des grands vassaux. Les troupes ainsi payées par lui reçurent le nom de soldati (d'où notre expression soldat), du mot italien solda, solde. Quelques rois d'Angleterre entretinrent de pareils corps de mercenaires et les payèrent à l'aide des revenus des immenses domaines appartenant à la couronne. Une garnison régulière fut établie dans la Tour de Londres, dans le château de Douvres, et dans les Marches, le long des frontières d'Ecosse, — postes d'une grande importance militaire, qui nécessitaient la présence de soldats aguerris. Mais, sauf cette exception, on ne levait des troupes que pour un but déterminé, et on les licenciait aussitôt qu'on n'en avait plus besoin.

Jusqu'au règne de Charles VII, roi de France, ce que nous appelons aujourd'hui armée permanente^ c'est-à-dire une réunion de soldats disciplinés et payés par le gouvernement, et tenus sous les armes en temps de paix pour la défense de l'État, était tout à fait inconnu. A cette époque, l'invention de la poudre à canon avait complètement fait disparaître l'ancienne manière de faire la guerre. Tant que le courage personnel, la vigueur ou l'audace décidèrent du sort des batailles, la guerre eut un grand charme pour ces nobles chevaliers, qu'on voyait toujours au premier rang, luttant chacun pour son compte, montés sur leurs chevaux et revêtus de leur épaisse armure. Les occupations intellectuelles étaient alors complètement inconnues, la guerre et la chasse étant considérées comme les seuls objets dignes d'occuper un gentil-

homme. Mais rintrodnction des armes à fea, de rartillarîe surtoat, enleva toute leur importance à la fidroe Inutale ^ à la valeur. Autre chose était, revéto d'une épaisse cotte de mailles, de courir sus à un troupeau de manants habillés de cuir, indisciplinés et («esque sans armes, et autre chose de chaiiger une ligne de soldats aguerris éL annés de piques, ayant derrière eux une rantgée de mouscpiets, dont les balles envoyaient roul^ dans la poussière cheval et cavalier, sans possibilité pour celui-ci de les éviter.

Les généraux commencèrent à comprendre la nécesâté, dans ces conditions nouvelles, d'adopter une tactique r^ulière. Une cohue d'hommes armés, combattant chacun pour soi, ce n'était plus ce qu'il Mlait pour r^ler les différends entre pays. Il devint nécessaire d'obtenir de la précision dans les mouvements militaires exécutés sous les ordres du général en chef. Pour y parvenir, on exigea du soldat des eietcices, de la discipline et une obéissance rigoureuse; on créa un corps d'officiers subalternes. On comprit de plus en plus l'importance de l'infainterie; la guerre devint un art, et les armées permanentes furent bientôt établies dans toute l'Europe.

L'origine de l'armée permanente anglaise remonte à 1660. A cette époque, Charles II créa deux régiments de gardes, l'un à cheval, l'autre à pied, et, en leur adjoignant d'autres troupes levées à l'étranger, il parvint à organiser une armée de 5000 hommes. Ce chiffre s'éleva, sous le règne de Jacques II, à 30 000. L'organisation de cette armée ne fiit cependant jamais sanctionnée par le Parlement. Le roi la levait de sa propre autorité et la payait sur sa liste civile, donnant une affectation illégale aux fonds qui lui étaient accordés pour un autre usage. Il espérait avec ces troupes forcer ses sujets à se soumettre à ce système d'empiétement ihconstitu-

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tionnel qui avait envoyé son père à l'échafaïad. Mais il fat trompé dans son calcul. Il montra tant de l^èrçté et de perfidie, que législateurs et militaires firent cause commime contre lui et que l'armée, à l'arrivée du prince d'Orange, alla presque jusqu'au dernier homme se ranger sous les étendards du prince hollandais.

Ce fut un grave danger, auquel les hommes de cette époque échappèrent et auquel ils étaient bien résolus à ne plus s'exposer. Si l'on se reporte à quelques extraits du Bill ofRighU (déclaration des droits), cités plus haut, on verra qu'une armée permanente ne peut être maintenue sans le consentement du Parlement. Ce consentement était autrefois donné par le vote du Mutiny act, qui déterminait le nombre des soldats, la durée du service, les peines à infliger, et les conditions relatives au logement, à la solde et aux pensions militaires. Aujourd'hui, la discipline de l'armée est réglée par YArmy Discipline and RegulcUUm Act, 1879 (loi relative à la discipline et aux règlements militaires, de 1879) et par les arrêtés ministériels et les ordonnances rendues par Sa Majesté conformément aux dispositions de cet acte.

Le souverain est le chef de l'armée; mais l'administration en est confiée au secrétaire d'État de la guerre, qui, cependant, doit prendre l'avis du feld-maréchal ou général commandant en chef.

Il n'y a pas encore longtemps, le feld-maréchal commandant en chef avait sa résidence officielle aux Horse-'Guards et était, à beaucoup d'égards, indépendant du secrétaire d'État de la guerre ; mais ce système de duaUsme dans le gouvernement de l'armée a été reconnu très défectueux, et l'état-major des Horse-Guards a été transporté au ministère de la guerre, dont il forme une des divisions et à la tête de laquelle est le ministre de la guerre lui-même.

Les fonctions spéciales du secrétaire d'État de la guerre sont d'abord de déterminer le nombre d'hommes que le Parlement doit maintenir sous les drapeaux et de préparer en conséquence les Estimâtes (budget, évaluations budgétaires). C'est lui qui décide quelles troupes seront envoyées à l'étranger en temps de guerre, qui nomme les généraux qui doivent les commander. Il est l'intermédiaire au point de vue constitutionnel entre le gouvernement et l'armée. Il nomme aussi les officiers de la milice et de la réserve; et toutes les propositions d'avancement dans l'armée régulière lui sont soumises avant d'être envoyées à l'approbation de Sa Majesté. — Le feld-maréchal commandant en chef est responsable de la discipline et du recrutement de l'armée. Il a sous ses ordres plusieurs officiers généraux :

L'adjudant général qui a la haute direction de tout ce qui concerne le personnel de l'armée; c'est par lui que tous les officiers communiquent avec le feld-maréchal commandant en chef; c'est aussi par lui que passent toutes les instructions, tous les règlements, tous les ordres relatife au recrutement, à l'organisation , à la discipline de l'armée et aux demandes de congé. Il règle aussi le service des officiers d'état-major, etc. Mais dans divers cas il est remplacé par le secrétaire militaire.

Le quartermaster-general (quartier-maître général) dont les attributions sont de prescrire tout ce qui concerne la marche des troupes; de faire préparer les campements, le logement des troupes, de présider à leur embarquement et à leur débarquement ; de pourvoir aux moyens de transport du matériel et des vivres, etc.

Le paymaster-general (payeur général), chargé de la paye de l'armée.

Le surveyer gênerai of the ordnance (inspecteur général de

l'artillerie), directeur du contrôle qui pourvoit aux approvisionnements et au matériel de guerre.

Ces deux derniers officiers généraux sont sous les ordres immédiats du secrétaire d'Etat de la guerre.

Ces divers officiers généraux ont au-dessous d'eux une armée de fonctionnaires et d'employés chargés de préparer et de conduire à bonne fin les affaires de ce département.

L'armée anglaise se compose de cavalerie, d'artillerie, de génie et d'infenterie. Cette partie de l'armée dite les Guards (la garde) ou Household Troop (troupes domestiques '), comme on les appelle aussi, parce qu'elles gardent les palais et la personne du souverain, se compose des grenadiers, des Coldstream et des régiments écossais des gardes à pied, des 1er Qi 2® régiments de life guards (gardes du corps) et des royal horse guards (gardes à cheval), ou blues. Ces trois derniers, qui sont des troupes à cheval, se sont particulièrement distingués dans la guerre péninsulaire (d'Espagne), ainsi qu'à Waterloo ; mais ils n'ont pas servi à l'étranger depuis 1815. L'effectif des régiments varie selon les circonstances de 500 à 1000 hommes.

Les régiments des Indes sont payés par le gouvernement indien ; ils Tétaient autrefois par la Compagnie des Indes. Ds

1. L'effectif ordinaire des household troops comprend : Gardes à pied, trois régiments, composés de sept bataillons, en tout 6300 hommes, y compris 258 offîciers. — Cavalerie, trois régiments, en tout 1320 hommes, y compris 99 officiers. — Il y a encore deux autres corps attachés à la personne du souverain qui ne servent que rarement, aux levées (réceptions) et autres cérémonies ; mais on ne peut guère les considérer comme faisant partie de Tarmée. Le premier de ces corps est désigné sons le nom de corps des Gentlemen at arms (gentilshommes d'armes) et comprend 1 capitaine, 1 lieutenant, i porte-étendard, i payeur, 1 clerk of the chèque ou adjudant, i maréchal des logis et 40 gentlemen. L'autre est appelé les Yeomen of the Guard (cavaliers de la garde) ou vulgairement Beef Eaters (mangeurs de bœuf), qui jusqu'à ces derniers temps ont porté un costume singulier qui date du règne de Henri VIII. Ce corps comprend 100 hommes commandés par 1 capitaine, i lieutenant, 1 enseigne et 2 exons ou caporaux.

reçoivent une haute paye, en raison des dépenses de la vie, qui sont là^bas beaucoup plus considérables qu'en Angleterre.

Les officiers au-dessous du rang de capitaine sont dits suhaltems officers; les majors, les lieutenants-colonels et les colonels, field officers (officiers supérieurs), et ceux qui sont plus élevés en grade, gênerai officers (officiers généraux).

Lorsqu'un régiment de cavalerie ou un bataillon d'infanterie est envoyé à l'étranger, deux compagnies restent pour former le dépôt destiné à combler les vides, etc. Les autres compagnies sont dites troupes de service ou simplement compagnies.

Quand, après la grande guerre avec la France, la paix fut proclamée, l'armée à son retour fut un moment assez populaire; mais bientôt eut lieu la grande agitation politique; celle-ci devint si intense que pendant un temps l'acte d'haheas corpus fut suspendu et que les soldats furent disséminés en petits détachements dans le pays pour faire la police et réprimer les troubles, en Lrlande particulièrement. Depuis longtemps, on regardait comme impoliticpie de familiariser le peuple anglais avec le déploiement de masses de troupes, et l'on crut que par cette dispersion en détachements on parviendrait presque à cacher l'existence d'une armée permanente. Cette concession aux préventions populaires, qui n'étaient pas sans fondement, combinée avec d'autres mesures conciliantes, rétablirent définitivement la confiance, et les soldats cessèrent d'être regardés comme les agents odieux d'un pouvoir inconstitutionnel. Cependant les troupes, dispersées ainsi en petits détachements, avaient perdu beaucoup de leur valeur; et on remarquait, quand elles étaient réunies pour exécuter des manœuvres de quelque importance, qu'elles faisaient preuve d'ignorance et de maladresse. On comprenait qu'en cas d'at-

taque subite de la part de l'étranger une armée semblable, composée d'éléments aussi inexpérimentés, ne pourrait pas entrer en lutte sérieuse avec des troupes continentales, habituées à agir en masse, avec des corps de toute nature et formant enfin des armées complètes. Pour remédier à cette lacune, des camps furent par la suite établis, d'abord à Chobham, puis Aldersnhot, à Shorncliffe et à Curragh en Irlande, et de temps en temps, pour les opérations de siège, à Chatham, oU les troupes pouvaient exécuter les manœuvres de corps d'armée et répéter les opérations ordinaires d'une campagne, l'attaque et la défense des places fortes. En 1871, on imagina les manœuvres d'automne, exécutées par des troupes de toutes armes de l'armée régulière, y compris des régiments de milice et de volontaires. Cette armée était partagée en deux corps représentant deux partis ennemis, l'un qui attaque, l'autre qui se défend. On faisait des marches et contre-marches, la petite guerre en un mot, et des arbitres nommés à cet effet décidaient de quel côté aurait été la victoire, dans le système des guerres actuelles, par l'effet de la tactique employée et des dispositions prises par les généraux commandant les divers corps d'armée.

Ces manœuvres devaient avoir lieu annuellement pendant la saison d'automne, et, en fait, elles recommencèrent en 1872 dans le Wiltshire et dans le Dorsetshire, en 1873 à Dartmoor et à Cannock-Chase, dans le Straffordshire; mais depuis 1874 on a adopté le système d'établir, chaque année, à Aldershot, un vaste camp d'instruction.

Voici l'organisation actuelle des corps d'infanterie : trois bataillons forment une brigade d'infanterie (ou régiment); deux brigades, plus un bataillon, composent une division d'infanterie.

La proportion des diverses armes dans l'armée anglaise

LARMEE \:y\)

dépend, dans le système actuel> de la nature du pixys et du genre de service qui doit y être fait; mais^ en général, une division doit comprendre : deux brigades d'infanterie ou sept bataillons; un bataillon de carabiniers à pied (rifles)^ un régiment de cavalerie, trois batteries d'artillerie do campagne, une compagnie du génie, une colonne de réserve d'infanterie et d'artillerie pour les munitions. Trois divisions forment un corps d'armée, qui est complété par le corps do l'artillorii» (trois batteries d'artillerie à cheval, deux d'artillerie de ciunpagne, et une colonne de munitions), par le corps du génie (une compagnie avec un parc de campagne, une compagnie de pontonniers et une demi-brigade de télégraphistes), et enfin par une brigade de cavalerie (trois régiments et une batterie d'artillerie à cheval).

A propos de l'armée anglaise, il est nécessaire de parler du système d'achat de commissions, système maintenant aboli, mais dont l'origine remonte à la création de la première armée, à plus de deux cents ans, et sous Tapplication duquel les armées anglaises ont souvent été conduites à la victoire. Il date du temps de Charles II, alors que les ofQciers des gardes du corps étaient autorisés à vendre leur emploi en se retirant du service, et. il a duré (à l'exception d'une courte période de temps sous le règne de Guillaume III) jusqu'au mois de novembre 4874 .

En théorie, il serait peut-être difQcile de soutenir qu'aucun officier sans autre qualité que celle de posséder une grande fortune peut acquérir à prix d'argent le droit de donner des ordres à des officiers moins fortunés, maisjplus méritants que lui, de telle sorte que les commandements importante deviennent le partage d'officiers riches, mais incapables. Mais, en pratique, ces exemples ne se sont pas très souvent présentés, le souverain pouvant toujours, sur l'avis du feld-maréchaJ

^/^CMcaxiAsicox ^sol dief , écarter aa oÉBoer nfffyïfgpwt oa (MM^, «yE»(l]«( ^{ne 9X1 la fumnie qirll ait ^aillfiors débcKiisée p6«ir ^Ktetsr dd CJ^mmffMîoiu Peut-être ce svslèiae «ral-fl ^/jwd^lik» perMnnes le regardent eiMime îndiacataAle) rarfMCâg» 4'î»tn>doÉre , daas les nmgs des offiôeiSy des

f^i/yrmiM« d<^ Yjsètàftjxi âerée et jooîisBaat dTane fixtune suffiiKMrt^ poor 1^ reikdre mdépeadaiiAs de U mai^ ^fi arUriba^f et qoî prenaient da sorke dans Famiée uni- <f oenrïent par patrkitîsine ou pour llKHiiiair d'ai^Mrtenir au noble métier de» armes. On trouvait anasî qoe le simple soldat devait être plus diq>asé à raivre nn (^Sder d'one condifJ//ri supérieure à la sienne qu'on antre de même condition que loi. N/;anmoins, le pays accueillit avec Êiveur Tidée rrofficiers profe»êional (de professon) et celle de voir les commissions d'ofiicier accordées à tous ceux qui étaient Cfipttblos de passer certains examens, et le système d'achat (ilNparut.

I)*apr6s le HyHtëme actuel, toute personne d'un certain âge, (|ul vout obtenir une commission d'officier, envoie son nom au sruTi^tniro militaire, en faisant connaître son désir de proudro part aux concours périodiques pour le grade d'offi- ('tor. Hi le candidat réussit aux examens, il est nompié lieutontmi on oxenico pour une année; puis, s'il est Tobjet tl*un rapport fiivorable, il reçoit un brevet de lieutenant permattoni ot peut arriver au grade de major, qui est donné à Tanoionnoté cl au choix. Dans les armes spéciales, dans Tartini>Ho ot dauït lo géniO) il n'exista jamais de système d'achat do i>ommt9»ious ) colles-oi tétant données à l'ancienneté.

Oo qu\^n «*^ppd)o lo b^^i^tt mnk est accordé à tous les offio(ov^^ xiu-do;K^u» df) capitaine, dans toutes les armes, comme ^>V\\in(Hxn;M> do long$ ol brillants services. Les officiers qui d^v^^t ;»> ^"oliror du ;$>ernce actif pour cause de. santé, de

blessures, etc., ou bien quand l'effectif d'un régiment est réduit, sont, sur l'autorisation de leurs chefe, mis en demi-solde. Ils peuvent cependant être rappelés sous les drapeaux.

L'armée anglaise est la seule en Europe qui soit composée de volontaires. Les forces militaires du continent dépendent entièrement de la conscription ; mais en Angleterre les rangs sont remplis par rengagement volontaire, et des détachements de recruteurs ont été installés dans ce but dans les grandes villes. Le recrutement se fait maintenant conformément aux dispositions de YArmy Discipline and Régulation Act^ 1879. En vertu de ces dispositions, une personne peut s'enrôler au service de Sa Majesté dans l'armée régulière pour une période de douze ans, ou pour une période moins longue, selon qu'il en est décidé de temps en temps par Sa Majesté. On peut s'enrôler soit pour la période entière dans l'armée régulière active, soit pour une partie de cette période (fixée de temps en temps par le secrétaire d'Etat de la guerre et spécifiée sur le certificat d'enrôlement) dans l'armée active, et pour le reste de la période dans la réserve. Un secrétaire d'État a la faculté de changer les conditions du service, de manière à permettre à un soldat qui est dans l'armée active d'entrer aussitôt, s'il le veut, dans la réserve pour le temps qui reste à courir de la période de son enrôlement, ou de rester dans l'armée active jusqu'à la fin de son engagement, ou d'y rester pendant douze ans. Un soldat de la réserve peut également rentrer dans l'armée active pour tout ou partie de ce qui reste à courir de son temps d'engagement. En outre, un soldat de l'armée active, à un moment quelconque de ses trois dernières années de service actif, sur la recommandation de son chef et avec l'approbation de l'autorité militaire compétente, peut se réengager dans le service actif, de manière à parfaire vingt-un ans de service (y compris

A. DE FONBLANOUE. {{

162 LE GOUVERNEMENT AXGUIS

le temps passé dans la réserve), constatés par la date de son certificat d'enrôlement. Enfin, un soldat de l'armée régulière qui a fait ou qui aura fait dans un an ses vingt-une années de service, peut informer son chef de son désir de continuer à servir dans l'armée régulière, ce qui lui est accordé, après l'approbation de l'autorité compétente; seulement, après avoir averti son chef trois mois à l'avance, il peut demander son congé définitif. Sa Majesté a le droit de prolonger le service actif et de fEÛre passer les soldats de la réserve dans l'armée active en cas de péril national imminent ou d'événement imprévu.

La personne qui veut s'enrôler est conduite par le recruteur devant le juge de paix. Celui-ci pose à la recrue certaines questions indiquées sur le certificat, puis, après avoir constaté que les réponses inscrites sont bien conformes aux questions, il l'invite à signer la déclaration comme garantie de sa parole et lui fait prêter le serment de fidélité. Le jour où la recrue signe la déclaration et prête serment est la date à partir de laquelle elle est réputée engagée dans l'armée régulière.

Les étrangers peuvent maintenant s'engager dans l'armée régulière; mais ils ne peuvent arriver qu'au grade de warrant officer ou non-commissionned officer (sous-ofificier). De plus, le nombre d'étrangers réunis à la fois dans un corps de troupes régulières ne doit pas dépasser la proportion d'un étranger pour cinquante sujets anglais. Nous avons eu l'occasion de parler des dispositions concernant l'engagement des noirs ou des personnes de couleur (Lettre XII, in fine). — L'acte relatif aux enrôlements dans l'armée, de 4870 {Army Enlistment Act)^ a limité à 60 000 le total des hommes de la milice et de la réserve.

La recrue, en arrivant au corps, reçoit une prime d'une livre

sterling et le fourniment. Si elle a une bonne conduite, elle peut arriver au grade de sous-officier, même d'officier. Dans ce dernier cas, elle reçoit pour son équipement, dans la cavalerie, 150 livres sterling, et 100 livres dans l'infanterie.

Le simple soldat d'infanterie reçoit chaque jour 1 schelling 2 pence, et il peut toucher, à raison de son mérite et de sa bonne conduite, de 4 à 5 schellings, s'il parvient à l'ancienneté au grade de sous-officier. Tous frais de nourriture déduits, il reste encore par jour au simple soldat de la ligne environ 5 pence, dont il peut librement disposer. Cette somme peut paraître minime ; mais il faut se rappeler qu'il est déjà nourri, vêtu, logé, chauffe, éclairé, et qu'il n'a pas de médecin à payer. De plus, s'il se conduit bien, il peut espérer avoir de l'avancement, et, en outre, il a la certitude d'une pension pour ses vieux jours , pourvu qu'il reste vingt-un ans dans l'armée régulière.

La plupart des gens de sa condition ne «ont certainement pas, à beaucoup d'égards, aussi bien traités.

Le l^r avril 1876, on commença à appliquer le système de ce qu'on appelle deferred pay (solde différée) . Il consiste à retenir une somme de 2 pence par jour sur la solde de chaque sous-officier ou soldat, laquelle somme est placée au crédit de chacun d'eux. Quand ils prennent leur congé, ils touchent le montant de ce qui a été placé à leur crédit à partir du 1®^ avril 1876, qu'ils aient fait ou non leurs douze années de service. Si un homme meurt en activité de service, ladite somme est payée à ses ayants droit.

Les hommes de la réserve peuvent adopter le système de la deferred pay. Dans ce cas, la somme de 2 pence par jour leur est payée annuellement à titre d'arrérages. Les hommes qui acceptent ces nouvelles conditions ne reçoivent plus la

somme de 1 livre sterling qui est payée aujourd'hui à chaque homme pour son équipement.

Arrivons maintenant à l'organisation de l'armée. — La cavalerie est dite grosse cavalerie ou cavalerie légère , selon la nature du service et la manière dont les cavaliers sont montés et armés. La grosse cavalerie comprend, outre les trois régiments de hausehold troops. dix régiments, dont sept sont connus sous le nom de drageons guards^ et les trois autres sous celui de dragoons. Il y a aujourd'hui dix-huit régiments de cavalerie légère, comprenant cinq régiments de lanciers , du nom de l'arme qu'ils portent , — ce sont les 5*, 9«, 12«, i6« et 17*, — et treize régiments de hussards (du hongrois husz, vingt, et ar, fournir, parce que chaque groupe de vingt maisons devait fournir un cavalier) ; ces régiments sont les 3% 4% T, S% iO% 41% 13«, i4«, 15% i8», 19«, 20e et 21e.

Chaque régiment est connu par son numéro, et presque tous ont un nom qui les distingue. Ainsi, dans la cavalerie, le 1®' drageon guards est appelé ttie kings; le 2*, the queens bays; le 4®, the royal irish ; le 6®, the carahineers; le 1«^ dragoons^ the voyais; le 2®, the scots greys; le 6®, the inniskillings; le 8* hussards, the kings royal irish; le 10®, the prince ofivales' own royal hussards.

Dans l'infanterie, la plupart des régiments portent le nom du comté ou du pays où ils ont été autrefois levés. Ainsi, le 1er régiment d'infanterie s'appelle the royal scots régiment; le 3*, the east kent^ the huffs; le 18% the royal irish; le 41®, the welsh.

Il y a neuf régiments de highlanders, savoir : le 42^, royal highlanders^ le fameux hlack watch; le 71®, highland light infantry; le 72*^, duke of albany's own highlanders; le 74®, highland; le 78'', the ross-shire huffs; le 79®, queen's oion

LARMÉE

cameron highlanders ; le ÎM«, princess Louise s argyllshire highlanders; le 92«, gordon highlanders; et le 93<', siif/«er(and

Outre les régiments de highlanders, il y a encore huit autres régiments d'origine écossaise, qui sont : le 4*% le î21*, le 25% le 26% le 73», le 75^, le 90« et le 99® ; mais, depuis les dispositions prises à l'égard de « la nouvelle brigade de dépôt », trois de ces régiments, les 25«, 75® et 99*, n'ont plus d'écossais que le nom.

Les régiments irlandais sont au nombre de six, savoir : le 18®, qui s'appelle le royal insh; le 27% inniskilling ; le 83«, county of Dublin; le 86®, royal couniy down; le 87®, royal irish fusiliers ; et le 88®, the connaught rangeré.

Les Gallois ont deux régiments nationaux, savoir : le 23», qui s'appelle royal welsh fusiliers ; et le 41°, the welsh.

Les régiments écossais et irlandais conservent (par leur composition) leur caractère national; on le verra par les détails suivants, extraits d'un relevé fait dernièrement à la Chambre des communes. Voici ce relevé en abrégé :

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