ARMES
OFFiaSRi
Ecossais.
Irlandais.
soi
Anglais.
DS-OFnCIERS T SOLDATS
Anglais.
Ecosstis.
Irlandais.
Cavalerie de la garde.
Cavalerie de ligne. . .
Artillerie à cheval. . .
Artillerie
Génie
Garde à pied
Infanterie de ligne..
Services administra-
tifs
Service des hôpitaux.
Totaux
Dépôts (non compris dans l'armée active,
et composés en général de jeunes sol-
dats qu'on exerce). .
Le tableau qui précède indique la composition de Tarmée de la Grande-Bretagne, qui est envoyée tour à tour dans le monde entier pour faire respecter ses droits et défendre ses intérêts.
Voici ci -dessous la liste par ordre de préséance des divers régiments ou corps au service de Sa Majesté; ce sont:
1® Les régiments des gardes du corps ( Life Guards) et les Royal Horse Guards;
2° L'artillerie royale à cheval (mais dans les parades avec ses canons, ce corps se met à droite et marche en tête de la cavalerie de la garde ) ;
3® Les régiments de cavalerie de ligne, d'après leur numéro et l'ordre de préséance;
4° Le régiment royal d'artillerie;
5^ Le corps du génie;
6® Les régiments des gardes à pied;
7° Les régiments d'infanterie de ligne, d'après leur numéro et l'ordre de préséance;
8° Les corps administratifs de l'armée et des hôpitaux.
La marine royale, quand elle manœuvre avec les troupes de ligne, prend rang immédiatement après le 49® régiment; la brigade de carabiniers, après le 93®. — L'ordre de préséance est réglé par la date de l'enrôlement de ces corps.
Il y a aussi trois corps qui appartiennent à l'armée anglaise, mais qui n'ont jamais été de service dans la Grande-Bretagne et en Irlande; ce sont : les 1^^ et 2® régiments des Indes occidentales, qui sont alternativement de service dans les Indes occidentales et à Sierra Leone, et Tartillerie milicienne de Malte [Royal Malta Fencihle Artillerie)^ chargée de la défense de cette île.
Ceux qui violent la discipline militaire ( voir les dispositions de VArmy Discipline and Régulation Act^iSlQ^sont traduits devant les cours martiales, composées d'officiers choi-
sis dans le régiment ou dans la garnison dont font partie les délinquants. Le juge avocat général {judge advocate gênerai)^ qui est un civil nommé par le gouvernement, a le contrôle de ces tribunaux. Un juge avocat général adjoint (deputy judge advocate, qui est généralement un officier) assiste aux audiences des gênerai courts-martials (cours martiales générales) , qui ont à juger des délits très graves , et veille à ce que tout se fasse conformément à la loi. Les cours martiales de régiments ou de garnison jugent les délits ordinaires. Une cour martiale se compose d'un président et de quatre à douze juges, selon la nature de la cour. On donne à l'accusé lecture de l'acte d'accusation, qui doit être rédigé en due forme; on entend les témoins à charge ou à décharge, dont la déposition est prise par écrit. Puis on fait emmener l'accusé. La cour délibère, et sur son verdict et sur la punition à infliger. Dans tous les cas, il faut qu'il y ait majorité; l'égalité des voix quant au verdict emporterait l'acquittement de l'accusé. S'il y a égalité des voix quant à la condamnation ou sur toute question autre que le verdict soulevée pendant l'audience, le président a voix prépondérante. La procédure comprenant l'accusation et les dépositions, est alors communiquée au général commandant le district si c'est une cour martiale de district qui a jugé, au feld maréchal commandant en chef si c'est une cour martiale générale, et au colonel du régiment si c'est une cour martiale de régiment. Ceux-ci opprouvent et confirment le résultat de l'audience; sinon ils renvoient l'affaire pour être de nouveau examinée, ou bien l'annulent complètement. Personne ne doit recevoir connaissance du résultat du procès, pas même l'accusé, tant que la décision de l'officier supérieur n'a pas été notifiée.
Les récompenses accordées aux braves défenseurs du pays pour leurs longs et dignes services sont un sujet plus agréable
à traiter que le précédent; elles sont données sous forme de titres, pensions, avancements et décorations. Le souverain a le droit d'accorder à ses sujets toutes sortes de distinction. La pairie et la dignité de baronnet sont souvent données aux héros des plus hauts exploits militaires, et le peuple anglais est toujours disposé à accorder les moyens matériels nécessaires pour soutenir ces dignités : témoin la dotation (provision) accordée par une nation reconnaissante à Marlborough et à Wellington, et de nos jours à Williams, le vaillant défenseur de Kars, au fils du brave et regretté Havelock, et à lord Napier de Magdala.
L'ordre du Bain est une décoration très recherchée par les officiers de terre et de marine. Cet ordre est aussi conféré aux non-combattants. Il est divisé en trois classes :
Knights grand crosses (grand'croix), G. G. B.
Knights commanders (commandeurs), K. G. B.
Gompanions, G. B.
La décoration est une étoile.
Uordre de Saint-Micliel et de SainUGeorges est conféré aux officiers qui se sont distingués dans les colonies. C^est un ordre à la fois civil et militaire.
Le très noble ordre de Vétoile de VInde (the most exalted Order of the star of India) est la récompense des services méritoires rendus dans ce pays.
Mais la décoration le plus hautement estimée peut-être que portent les soldats et les marins est la croix de VictoHa, G'est une simple médaille de bronze, mais qui porte comme empreinte cette magique devise : For Valour (Au courage), et qui n'est décernée que pour les actes de courage les plus généreux et la bravoure la plus éprouvée.
Des médailles sont souvent frappées en souvenir d'heureux faits d'armes et de campagnes victorieuses; elles sont distri-
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buées pour être portées à tous ceux qui y ont pris part. La médaille rappelle par elle-même la campagne, et sur les agrafes ajoutées du ruban qui la soutient est gravé le nom du fait particulier pour lequel le militaire en a été décoré.
Rappelons ici qu'aucun sujet de Sa Majesté ne peut porter une décoration étrangère sans sa permission, signifiée par une ordonnance signée de sa main. Cette permission n'est accordée que dans le cas où cette décoration (ordre ou médaille) a été conférée par suite de service militaire en présence de l'ennemi, ou lorsque celui qui est l'objet de cette distinction est au service du souverain étranger qui la lui confère, en dehors des pays soumis à l'empire de Sa Majesté.
L'autorisation n'est pas nécessaire pour accepter un ordre étranger qu'on ne doit pas porter.
Des pensions sont accordées aux sous- officiers et soldats qui, à raison de blessures ou d'infirmités, sont impropres au service. Les out-pensioners (pensionnés vivant en dehors de l'hôtel des Invalides) reçoivent leur pension et demeurent où ils l'entendent ; les in-pensioners (invalides recueillis dans les maisons de retraite) sont logés et entretenus dans les hospices de Ghelsea, près de Londres, et de Kilmainham, à Dublin.
Arrivons maintenant aux troupes auxiliaires , et d'abord de cette antique gardienne constitutionnelle des côtes, qui depuis si longtemps alimente l'armée régulière, la milice. Cette expression, prise dans un sens général, signifie l'ensemble (les citoyens, salariés ou non, qui sont armés pour la défense de l'État; mais aujourd'hui elle comprend seulement les troupes levées dans les comtés pour le service de ces comtés. Autrefois, les hommes de la milice étaient tirés au sort ; et celui que le sort désignait devait ou servir lui-même ou fournir un remplaçant ; aujourd'hui , les recrues se font comme dans l'armée régulière. Chaque comté a son régiment
de milice ; les grands comtés en ont plusiem^s ; ainsi le Middlesex en a cinq, et les Lancashire et Yorkshire huit. Le tableau suivant fera connaître le nombre des régiments de milice du Royaume-Uni :
MlUCE
Angleterre 16 régiments.
Artillerie.. \ Ecosse 5 »
Irlande 12 »
Total 33
Angleterre. 79 régiments y compris 12 rég. de carabiniers Infanterie, l Ecosse .... 11 » 2 »
Irlande 33 » 12 »
Totaux 123 26
Toutes les troupes d'artillerie de la milice, à Texceptioii d*un seul corps, sont établies dans les comtés maritimes; les troupes d'infanterie sont dans l'intérieur. Ces troupes sont généralement convoquées pour faire Texercice une fois par an pendant vingt-huit jours ou plus, au choix du gouvernement. En vertu d'actes récents du Parlement, la mihce peut être maintenue sous les armes et même envoyée à l'étranger. Pendant la guerre de Russie, beaucoup de garnisons, soit en Angleterre, soit dans la Méditerranée, furent fournies par des régiments de milice ainsi incorporés, beaucoup à l'honneur et beaucoup aussi à l'avantage de l'État; car le gouvernement , put ainsi disposer des troupes régulières des garnisons et les envoyer renforcer les bataillons devant Sébastopol. De plus, la milice fournit pour l'infanterie de ligne des milliers de recrues, déjà habituées à la vie de soldat, et presque suffisamment exercées et disciplinées. Les officiers et les soldats de la milice, excepté l'adjudant et l'état-major, ne sont payés que lorsqu'ils sont appelés pour les exercices, ou tant qu'ils sont incorporés. En Angleterre et dans le pays de Galles, il
y a 99 régiments de milice; en Ecosse, 16; en Irlande, 45. Le nombre d'hommes appelés pour faire les vingt-huit jours d'exercices s'élève à 128 969. Les commissions d'officiers dans la milice sont délivrées par le secrétaire d'État de la guerre, sur la recommandation des lords lieutenants des comtés.
Dans les îles de la Manche il y a dix régiments de milice, dont quatre d'artillerie et six d'infanterie. Le service dans la milice des îles de la Manche est obligatoire.
Un corps constitué d'une manière à peu près semblable à la milice est la cavalerie de la yeomanry, qui se compose en ce moment de 14 511 officiers ou soldats.
Parlons un peu des volontaires. Ce corps, qui doit son origine à la menace d'une invasion des Français, a continué de subsister et est devenu un élément permanent dans le système de défense nationale de l'Angteterre. D'après un relevé du 1®' janvier 1880, il comprend environ 245 648 officiers ou soldats, répartis comme il suit : artillerie, 43 499; chevaulégers, 600; génie, 9870; carabiniers à cheval, 120; volontaires carabiniers, 190 119; officiers d'état-major, 1440. Ces troupes font le service gratuitement, bien qu'une somme peu importante soit votée annuellement par le Parlement pour couvrir au moins une partie des dépenses nécessaires des divers corps et pour payer l'état-major. Pour avoir droit à cette allocation, il faut cependant qu'un nombre fixe d'hommes d'un corps ait assisté à un certain nombre d'exercices dans le cours de l'année.
Avant de terminer ce chapitre, quelques mots de la ré' serve. Quand la dernière guerre entre la Prusse et la France eut eu pour résultat l'afEaissement subit de ce qu'on avait toujours regardé comme la première puissance militaire du continent , de cette puissance qui avait une armée de 600 000 hommes et derrière celle-d une population guerrière
presque innombrable, la Grande-Bretagne commença à ouvrir les yeux sur sa propre situation et à se demander, si par malheur sa flotte venait à être évitée ou même à être battue, ce qu'elle aurait à opposer en seconde ligne à un envahisseur. Ses troupes régulières ne le cédaient à personne au monde ; mais que pourrait une armée de 60 000 hommes, avec toutes ses qualités, contre un ennemi dix fois plus nombreux? Il y avait bien la milice et les volontaires pour prêter mainforte aux troupes régulières; mais ils laissaient à désirer sous le rapport de la discipline; et la manière dont les conscrits inexpérimentés de France avaient été écrasés par les forces disciplinées de la Prusse, après la capitulation de l'armée régulière, montrait assez combien il faut peu compter sur le courage indiscipliné. Et de cette façon l'idée vint tout naturellement non seulement de mettre en harmonie l'ensemble de ces trois forces, l'armée, la milice et les volontaires, mais encore de leur adjoindre un corps d'anciens soldats de l'armée régulière qui, à l'heure du danger, rentreraient dans les rangs et combattraient pour leur pays. Dans ce but, on proposa de faire des enrôlements pour six années seulement et de rendre le soldat à la vie civile, en lui faisant une retenue de quatre pence, par jour, mais en se réservant de l'appeler chaque année à faire quelques jours d'exercice et de le mettre à même de reprendre son service quand il y serait invité. Ce projet, sur le point d'être présenté, fut vivement blâmé par des militaires remplis d'autorité et d'expérience.
Beaucoup le regardèrent comme un essai dangereux qui, tout en mancpiant complètement son but, c'est-à-dire la création d'une réserve, pouvait en même temps faire un tort considérable à l'armée active. Les recrues, disait-on, ne se présenteraient pas en assez grand nombre pour combler les vides faits par les hommes passant dans la réserve.
Puis on croyait qu'il serait impossible de trouver assez d'hommes disposés à faire un long service sans y être poussés par la perspective d'avantages pécuniaires supplémentaires ; et, en conséquence, le recrutement spécial d'hommes pour le service des Indes ou colonial deviendrait beaucoup plus onéreux.
On disait aussi que, dans le cas où l'Angleterre se trouverait entraînée dans une guerre avec une puissance continentale, les hommes qui étaient passés dans la réserve ne se présenteraient pas quand ils recevraient l'ordre de rejoindre leurs drapeaux. Pour ce qui regarde les deux premiers points, il ne paraît pas y avoir eu de difficulté à trouver un nombre suffisant de recrues pour tous les services.
On a vu, au printemps de l'année 1878, combien était fausse l'assertion que les hommes de la réserve manqueraient à rappel. A cette époque, en effet, les affaires d'Orient prenaient une tournure menaçante et la guerre avec la Russie paraissait imminente. La reine appelle les hommes de la réserve sous les drapeaux ; comme ils répondent à cet appel ! avec quel entrain, avec quel courage on les voit venir de tous les points du royaume aux centres de réunion pour de là rejoindre leurs régiments ! C'est maintenant de l'histoire ! Beaucoup d'entre eux quittaient un emploi civil lucratif. Oui, il y en eut quelques-uns qui, par mauvaise volonté, ou pour cause de maladie ou d'absence, ne se présentèrent pas ; mais dans quelle porportion? de trois pour cent !
Cette crise, nous en sommes heureux, s'est terminée pacifiquement; elle nous a démontré l'existence de la réserve en même temps qu'elle nous en a confirmé la loyauté et le dévouement. Tout Anglais doit se féhciter et être fier de voir que la réserve n'est pas simplement un fait légal, mais qu'elle est composée en réalité d'hommes sur lesquels on peut compter.
A. DE FONBLANQUE. 12
178 LE GODVERIVEMENT AiNGLAlS
La réserve, qui est encore dans son enfance, compte déjà 47 000 hommes. Il y a une réserve de la milice constituée d'après les mêmes principes.
Voici sommairement l'efTectif total de l'armée anglaise :
Effectif des régiments (en Enrope et aux colonies, à l'exception des tronpes de l'Inde) 123 791
Milice (y compris Fétat-major permanent et la réserve]. 139 111
Volontaires (y compris Tétat-major) 245 648
Yeomanry (cavalerie) 14 51 1
Réserve 47 000
Total des forces d'Europe et des colonies 570 061
Troupes régulières (régiments) de Tlnde 62 588
Total général 632 649