‹ L'anglomanie au Canada [microforme]Chapitre 5 sur 9 · SO · texte numérisé non relu

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sant. C'est beaucoup plus que les cathelioues demandent et qu'ils ont, personne n'en doute, le droit de demander.”

20. Les catholiques ne doivent cesser de protester contre la violation de leurs droits naturels et constitutionnels, et de demander le redressement de leurs griefs, jusqu'à ce qu'ils aient de nouveau obtenu des écoles tenues selon les principes de notre saiute religion. Toutefois, comme le but que l'on s'est proposé d'atteindre, et que l'on doit atteindre en effet, m'impose pas une ligne de conduite déterminée et exclusive, mais en admet au contraire plusieurs" tous doivent Setudier à apporter beaucoup de discrétion pour “déterminer ce qu'il y aura de mieux à faire : tous doivent décider et agi * dans une entente toute cordiale et non sans avoir pris conseil des évéques.”

350 * En attendant, et jusqu'à ce qu'il soit donné aux catho: liques de faire triompher toutes lenrs revendications, qu'ils ne refusent pas des satisfaictions partielles.”

Le chef du pouvoir federil at-il ten compte de 4 parole du Souverain Pontife, comme il l'avait annoncé? Quel est l'etat présent des écoles catholiques du Manitoba ?

Le Saint-Père, nous venons de le dire, avait conseillé aux ‘atholiques de ne pas refuser les satisfactions partielles qui leur étaient offertes. Mer Langevin erut entrer dans les vues du chef de l'Eglise en laissant prendre Le nom d'écoles publiques aux écoles qu'il avait organisées et qui ne dépendaient que de son autorité, pour qu'elles fussent subventionnées par le gouvernement provincial et par les municipalités

Mais d'autre part, Léon NTIT avait déclare Je reglement défectueux, dun parfait insufliscnt sembla montrer un certain désir d'obtenir du gouvernement pro-

Le gouvernement federsl

vincial quelques nouvelles concessions en faveur des catholiques,

Voici ce qui a eté fait jusqu'ici.

Un Inspecteur catholique. envoyée au Manitoba par M, Laurier, T, Rochon, visita, dans les premiers mois de ES9S. on certain

nombre d'écoles catholiques, à Notre-Dame de Lourdes, à Saint-

Léon et en d'autres centres français, et déclara qu'il permettait, au nom du gouvernement, un certain nombre de livres francais et catholiques, entre autres {a série de Montprlil etoménie les

Devoirs du Chrétien. demanda instannment aux maitres que

la prière du commencement fût faite avant Fheure réglomen: taire, Il ajouta que les maitres pourraient donner, mais Îles engagea

& pDiopos des

lecons de lecture, des explications chrétiennes: en même temps à s'abstenir de ce qui avait un caractere crclusie

venment catholique. 1 protestr hautement que le gouvernement

ne voulait nullement imposer des écoles sans Dict.

Ces concessions, aux veux de plusieurs, avaient peu de valeur , car ce qu'un inspecteur fait peut être défait par un autre inspecteur. Elles avaient au contraire, selon d'autres, une valeur officielle, où au moins officieuse, puisque M. Rochon paraissait avoir reçu une mission du gouvernement fédéral, Ces espérances furent fortement ébranlées, quand on sut que M. Rochon avait été tancé fortement par certains hauts fonctionnaires du département de l'Education et qu'il avait été méme en danger de perdre sua place,

Sur ces entrefaites, Mgr Langevin se mit en route pour: aller en Europe, et particulièrement à Rome, Avant de quitter le Canada, au mois de février IS98, il voulut voir le chef du pouvoir fédéral. M, Laurier lui déclara que les concessions faites jusqu'à ce jour étaient un &@ compte et que les autres demandes des catholiques allaient être accordées,

Les négociations, en effet, continuérent à Ottawa et à Winnipeg. Mais le gouvernement àe Manitoba ne voulut jamais consentir à permettre par écrit aux écoles catholiques de se servir de livres catholiques. ne voulut jamais consentir à supprimer, ou seulement à modifier Ja formule de serment prescrite aux instituteurs et par laquelle ils doivent déclarer, après chaque

semestre, sous peine du refus des fonds publics pour leur école, qu'ils n'ont donné aucune instruction religieuse, ni fait aucun exercice religieux Gurant les heures réglementaires de classe, avant 3 heures et demi,

Quelle ne fut pas la surprise de larchevéque de Saint-Boniface, quand,revenant de Rome quelques mois après.il vit que cette fois encore, les promesses du premier ministre n'avaient été suivies d'aucun effet !

Voilà tout ce qui a éte fait, jusqu'à ce jour, en faveur des écoles établies dans les centres français du Manitoba. On peut le résumer pa: trois propositions prises à des discours officiels de M. Greenwav. 10 D'une part, ‘le gourerncinent veut bien, quand il Le peut en demeurant duns les lünites de La loi, administrer cette loi de La facon le plus libérale (1): c'est-à-dire, il consent à faire quelques légères concessions ui ne touchent pus à la substance des lois de 1890, Ou encore, * Le gouvernement ne peut avoir des officiers pour monter La garde & la porte de chaque inaïson d'éco- Le (2)° catholique : “c'est-à-dire il est disposé à ne pas surveiller strictement, dans les circonstances présentes, lapplication des

(1) Discours du 13 avril 1899, devant l'assemblée ICgislative,

(2) Discours du 13 février 1899.

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lois persécutrices, 20 Mais d'autre part, “ce que Le gouvernement peut faire el veut fuure, c'est de confisquer l'octroi législatif si les règlements concernant l'adininistration de ces écoles sont violés,” c'est-à-dire si les lois de 1890 et le réglement de 1896 ne sont pas strictement observés, 30 Conclusion: “ Le gourernement conserve aujourd'hui la môême attitude que celle qu'il « toujours cue depuis La passation de l'Acte des écoles publiques," depuis la publication des lois de 1890: * son but est de faire du peuple de cette province un seul peuple par l'éducation, (1

# En d'autres termes, pour un temps, nous ne surveillerons pas strictement ce qui se fait dans les écoles catholiques : mais nous continuerons de leur appliquer les lois de 1890 et le reglement de 1896, parce que nous voulons qu'il n'y ait au Manitoba qu'un seul peuple,” chacun suit lequel,

En définitive, malgré les promesses répétées du parti libéral et. de son chef, les écoles établies dans les centres français demeurent sous le régime des lois de IS90, avec le seul tempérament du règlement de 1896, Une demi-heure de catéchisme est permise à la fin de la classe du soir : on souffre l'enseignement du francais par la méthode bilingue : en dehors de la derniére demi-heure, l'école est purement et absolument neutre, sans qu'il y soit permis en principe aucune prière, aucun signe, ni aucune parole de religion ; si, dans quelques écoies, on tolère certains livres catholiques, cette tolérance ne repose sur aucun texte écrit, ni méme sur l'autorisation d'un cor;s où d'un personnage influent : elle a le aractere d'une infraction aux lois, et peut et doit cesser par un simple retour à la loi, sur la motion du preinier subalterne venu (2).

Quant aux écoles catholiques des centres anglais, conrme celles de Winnipeg, du Portage de la Prairie, ete, on n'a apporté jusqu'ici en leur faveur aucun tempérament, pas même celui d'une application quelconque du Réglement de 196: elles ont toujours été et elles demeurent dans l'alternative ou de se soumettre complètement au régime des lois de 1890, où de ne recevoir aucune subvention. Ajoutons, à l'honneur des écoles catholiques de langue anglaise, que toutes elles ont constamment préféré la pauvreté à une lâche soumission aux lois persécutrices,

() Ibid.

(2) Un certain nombre d'iustituteurs catholiques ont reçu récemment du dépurtement de l'Education La bste des tivres prrnrs À l'école. ne S'Y trouve pas un livre

catholique. L'envoi de cette liste était accompagné de cet'e note : # Toute école où seront employés des livres non autorisés sera immediatement puuie de La suppression de l'octroi législatif” Voilà ce qui se fait dans le temps où les deux gouvernements s'appliquent à étre généreux envers les catholiques, Que seta-ce quand l'anglomanie

Lattra de nouveau son plein ?

Cependant, M. Sifton et d'autres membres du gouvernement fédéral se mirent à parcourir le Canada et à annoncer solennellement que la question des écoles de Maniloba était réglée. Mgr

Langevin dut donner un démenti, ‘Vous le savez conime nous, M. le Ministre, écrivit-il à M. Laurier, la question des écoles n'est pas réglée au Maniloba, puisque les lois scolaires contre lesquelles nous protestons depuis huit uns, restent au fond les mêmes ; mais elle est entrée dans ne phase de soulagement pour nous et d'apaisement pour tout le pays:

Le même archevêque et ses suffragants, réunis à Calgary au mois de mars 1899, écrivirent aux Vénérables archevêques et évêques des dioceses de la Province de Québec: # Les écoles publiques et séparées, là où elles existent, n'ont, en certains lieux, qu'une existence précaire, Fous n'ignorez point, Vénérés Seigneurs, que La question des écoles est loin d'être définitivement réglée, au Mantioba et méme au Nord-Ouest, en conformité avec les principes de notre fot et Les simples règles de l'équité el de la justice. Kidèles à la direction donnée par le Saint-Siège, nous attendons, dans l'espoir que nos droits imprescriptibles nous seront rendus un jour dans leur intégrité."

La minorité attend donc. Et en attendant, elle réclame la réparation de l'injustice. Mgr Langevin et les évêques ses suffragants ont adressé, de Calgary, une nouvelle pétition au Gouverneur genéral pour le prier de prendre de nouveau en main la cause des catholiques et de leur donner une satisfaction convenable.

Citons ce document:

* L'archevèque et les évêques de Ta province ecclésiastique de Saint-Boniface, réunis ce 7 mars, à Calgary, (N. W.T.) prennent la liberté d'exposer humblement à Votre Excellence que certaines déclarations touchant la question des écoles du Manitoba, ayant été dernièrement énoncées publiquement par des membres de Votre Conseil, nous considérons que ce nous est un devoir, conforme aux obligations de notre charge, de déclarer, en conformité avec une lettre, datée du 19 novembre dernier et envoyée au Très Hon. Sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada, par S. G. le Très Rév. Archevêque de Saint-Boniface, que nous ne considérons pas ladite question comme réglée à la satisfaction des parties intéressées, et qu'il en sera de même tant que les lois scolaires de 1890 et de 1895, que nous repoussons, demeureront telles qu'elles sont.

“Nous demandons aussi la liberté d'exposer particulièrement à Votre Excellence que parmi nos droits scolaires, il y en a trois qui sont fondamentaux :

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“lo Le doit d'organiser des districts scolaises catholiques partout ote il y à le nombre sullisant de contribuebles et d'enfants catholiques, conune c'était autrefois :

“20 La liberté de l'enseignement religieux :

“30 L'usage des livres selon nos principes religieux.

* En conséquence, quoique nous soyons reconnaissants pour ce qui à été fait afin de soulager notre malheureuse condition, nous prions cependant humblement que ces droits particuliers, cusst bien que tous nos autres droits scolaires, en rapport avec Les principes de notre Eglise el en conformité avec la constitution du pays, nous soient rendus."

M. Laurier se décidera-t-il enfin à user des pouvoirs que la constitution lui donne pour rendre justice à une minorité opprimée ? Il S'est engagé devant In province de Québec à régler la question scolaire à la satisfaction des parties intéressées," à rendre justice ‘à la minorité souffrantes" à “employer le recours constitutionnel en entier et complètement, si la voie des

négociations ne suffisait pas pour rendre aux catholiques vous leurs droits Un homme d'honneur peut-il forfaire à sa parole ? Ne doit-il pas être capable de tous les sacrifices, et de In mort méme, sil le faut, pour défendre l'innocence contre Foppression du puissant ?

Le Souverain Pontife, à la suite de l'enquête provoquée par M. Laurier lui-même, a déclaré le réglement de 1896 ‘défectueux, nparfail, insuffisant" M. Laurier n'est-il pas obligé comme chef du pouvoir, comme l'élu de la province de Québec, comme chrétien, de compléler, de parfaire et de rendre suffisant le règlement de 1896 ? ;

Oui, il est obligé, Mais remplira-t-il son obligation ? On peut en douter, Lui-même parait v renoncer,

Au cours de la session de 1899, M. Casgrain à interpellé le gouvernement pour lui demander :..."*20 Si la minorité catholique romaine du Manitoba à accepté le réglement de ladite question connu sous le nom de Réglement Laurier-Greerniray: 30 La question des écoles du Manitoba est-elle entiérement et finalement réglée 2 40 Si oui, quels sont les arrangements conclus et les termes du règlement ? 50 Quand ce règlement a-t-il été effectue, et quand a-t-il été accepté par la minorité catholique romaine du Manitoba ? ”

M. Laurier a répondu : “ Le gouvernement x toutes raisons de croire que le règlement connu sous le nom de Règlement Luurier-Greenway a été accepté par: la majorité de la minorité, bien qu'il ne l’ait pas été à l'unanimité.” Quant aux autres questions

il s’est contenté de répondre par cette ironie : “Si l'honorable

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