‹ L'anglomanie au Canada [microforme]Chapitre 6 sur 9 · CAR ARTE · texte numérisé non relu

CAR ARTE

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monsieur n'est pas satisfait de ce que le règlement soit final, il a la liberté, ainsi que n'importe quel autre membre du parlement, de l'attaquer."

Cependant certains amis de M, Laurier lui prêtent un plan d'aprés lequel il compte obtenir du gouvernement provincial de nouvelles concessions, et les sanctionner par un bill fédéral: c'est aprés ce nouveau réglement de li question scolaire sanctionné par ln confédération qu'il irait se présenter aux électeurs,

Un grand nombre n'ont aucune confiance dans le- parti libéral pour régler une question qui a été soulevée par le parti libéral. Le parti conservateur à proposé une loi de réparation ; lui seul portera un reméde efficace à l'injustice dont souffre la miuorité du Manitoba,

Quoiqu'il en soit de l'avenir, nous répétons le mot de Mgr Taché: * Une question n'est réglée qne lorsqu'elle l'est selon In justice." Nous ajoutons: Les catholiques demanderont justice jusqu'à ce que justice leur soit rendue incapables de se contenter de promesses où de soulagements imparfaits et précaires, ne cessant de parler et d'agir jusqu'au plein triomphe de li cnuse sacrée de leurs écoles,

La plus sainte des causes ne saurait périr. Tôt ou tard, l'heure de la victoire sonnera, si les champions du droit demeurent étroitement unis entre eux, comme leur Saint-Père le leur à instumment recommandé, voulant tous la liberté de leur religion et de leur langue, tous marchant unanimes et serrés derrière leur chef, l'archevèque de Saint-Boniface,

Importance de la question scolaire du Manitoba

Résumons et concluons tout ce que nous venons de dire de la question scolaire du Manitoba.

L'histoire de l'Amérique du Nord, depuis trois siècles, se réduit à une lutte de deux races et de deux religions : la race francaise et la race anglaise, la religion catholique et la religion protestante ; la race française catholique aux prises avec la race anglaise protestante.

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Cette lutte entre les deux races est antetienre nu la decouverte de l'Amérique: avant d'afiger le nouvenatrmonde, elle a long temps ensanglante le vieux continent,

En Europe, la race francaise a fini par se débarrasser du joug de la race anglaise, En Atnerique, la race anglaise est parvente à dominer la race francaise,

Mais l'opposition entre les deux rnees pe s'est point eteinte avec la conquéte du Canada par F'Angleterre, Quoi qu'en disent certains rheteurs aux jours officiels, Anglais, quia voulu condque: riv autrefois la vieille France et ne Fa pu, qui a voulu se soumet: tre la nouvelle France et va reussi, detre toniours Je Francais, se montre perpétuellement chagrin de lui entendre pauder sa Jan gue sur un sol doat il s'est rendu maitre et veut le détruire où se l'assimiler,

Or la lutte scolaire du Manitoba n'est qu'un épisode de cette lutte séculaire.

Plus, en effet, on et udie Les oi igine= de la je] sectuition divigec contre les écoles catholiques de ce pays, ses phases diverses et les difficultés de la régler, à l'heure presente, plus on demeure con: vaincu que les vieux puritains du XVIe siecle sont toujours vivants dans les anglomanes du K{IkKe, que les colons de Ja Nou: velle-Angleterre, en passant dans l'Ontario et le Manitoba, n'ont rien perdu de leur haine primitive contre les colons de Ja Nouvelle-France, Dans le Manitoba, au XIXe siecle, comme sur les bords du Saint-Laurent au XVIe et au XVITe <iecles, In race anglaise protestante continue de faire la guerre à la race fran caise catholique.

Les Anglais d'autrefois s'alliaient aux froquois pour combattre nos pères: les anglomanes du XIXe siecle <'allient aux liberaux pour nous faire la guerre. C'est, en effet, comme on l'a remarqué souvent, le propre de ltrace anglaise de se servir d'instruments pour porter ses coups, de se cacher derriere des intermédiaires pour frapper son adversaire et de faire la guerre pur des alliés, Au XVIle siécle, elle trouva sous su main des sauva-

ges cruels et perfides, sans conscience, sans respect des traites, pillards, faisant périr les prisonniers dans le supplice du feu, avec des raffinements de cruauté qui épouvantent l'imagination.

Aujourd'hui, les libéraux, sauf des exceptions que nous nous plaisons à reconnaitre, se présentent aux Anglais comme des alliés naturels, indifférents sans doute à la question de race, mais systématiquement opposés à la religion catholique, qu'ils nomment cléricalisme, et aux catholiques fervents, qu'ils croient flétrir du

nom de cléricaux.

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Les anglomanes et les libéraux, dans la guerre qu'ils font à la race française an Manitoba, se servent d'armes bien plus redoutables que les Anglais des deux siècles précédents et les [roquois. Ces armes, c’est la théorie de l’école nationale où publique et celle .de l’école neutre.

Remarquez, en effet, sombien ces théories semblent inventées exprès pour permettre à l'Anglais protestant d'anéantir la race française catholique au Manitoba.

Toute nation, dit-on, doit avoir ses écoles nationales, où la jeunesse est publiquement élevée dans les principes que veut la aation. Mais la nation, c'est pratiquement et définitivement la mtjorilé : car, selon le système de la souveraineté du peuple, ce

«que veut la majorilé, la nation le veut.

La conclusion est facile à tirer. Au Manitoba, la race anglaise -est en majorité; donc, au Manitoba. les ecoles de la nation on écoles nationales sont les écoles anglaises.

Evidemment celui qui est maître de l’école est maître de l'aveir, Que pendant cent ans la langue anglaise soit seule parlée à l'école, dans cent ans le français ne résonnera plus dans le pays.

La race anglaise trouve ainsi dans la théorie de l'école publique Où nationale un nœud coulant pour étrangler la race rivale C'est pourquoi, en Amérique, tous les ennemis de la langue françuise ont un si grand eñthounsiasme pour le systéme des écoles nationales.

La théorie de l'école neutre, comme celle de l'école nationale, est une machine de guerre contre la race française. Bon gré ma] gré, la nation française, aée au baptistere de Rheims, a le sceau indélébile de fille aînée de l'Eglise. Dans tous les pays, particulièrement au Canada, il existe la plus étroite union entre la race franeaise et la religion catholique. En beaucoup de pays même, françois et catholique sont synonymes, parce que dire religion des Fruncris, c'est dire religion catholique.

C'est pourquoi l'école neutre, étant une école sans religion, se trouve, là surtout où les Français sont en grand nombre, une école antifrancaise. Les ennemis du nom francais le savent bien : pour éteindre la race française au Manitoba, ils ont décrété l'école neutre,

On dira peut-étre : * L'école neutre n'est d'aucune religion : elle n'est ni protestante, ni catholique. Elle n'est donc pas plus opposée à la religion catholique qu'à la religion protestante, ou elle est autant contraire à la religion protestante qu'à la religion “tholique. Par conséquent il faut reconnaître qu’elle n'est pas établie contre la religion des Français, où bien avouer qu'elle est

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