‹ L'Animal de Culture dans l'Ouest des Hauts Plateaux ConstantinoisChapitre 12 sur 24 · PR LS CO · texte numérisé non relu

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Dans toute ferme importante, on trouve un étalon breton. L’arrondissement de Sétif possède, à l'heure actuelle, 28 bretons, alors qu’en 1919, il n’en existait que 8. les mâles bretons sont castrés et prennent la place d’un mulet à la charrue. Ces animaux fournissent un excellent travail, malheureusement ils sont trop exigeants au point de vue ration, et n’ont pas la même résistance au travail que le mulet; aussi les préférences des colons vont-elles tout de même à celui-ci.

Comme chez l’Indigène, chez l'Européen, la production mulassière a augmenté dans de fortes proportions, elle s’est surtout beaucoup améliorée. Suivant les exploitations, cette production se fait, soit par sélection des juments barbes et des baudets du pays, soit par accouplement de la jument barbe avec des baudets importés, surtout des pyrénéens. Ces deux méthodes ont donné de très bons résultats, cependant on tente de plus en plus à abandonner la première ; car même en sélectionnant soigneusement juments et baudets du pays, les sujets obtenus ne sont pas suffisamment importants pour répondre aux besoins de la culture. La jument mulassière est en général bien choisie ; assez forte, bien membrée, assez près de terre. Elle fait l’objet de soins spéciaux. Sa fonction n’est pas seulement de produire, pendant la plus grande partie de sa gestation, elle fait, avec le mulet, tous les travaux de la ferme. Elle n’est guère mise complètement au repos que deux ou trois mois avant la mise bas. Aussitôt après l’accouchement, elle est à nouveau livrée au baudet et reprend son

travail. Le travail qu’elle fournit n’est cependant pas aussi pénible que celui demandé au mulet, et, à sa rentrée à l'écurie, elle trouve toujours une excellente et copieuse ration ; c’est certainement lanimal le mieux soigné par le colon.

Le baudet du pays disparaît de plus en plus des exploitations un peu importantes. Si le prix d'achat des baudets pyrénéens n’était pas aussi élevé, les baudets du pays disparaîtraient complètement des fer-

mes européennes,

Recherche de l'animal de culture

Ainsi, comme nous l’avons déjà dit, lagriculture moderne demande un tracteur suffisamment puissant, mais cet animal, étant données les conditions d'existence qui lui sont imposées, devra être très rustique. Différentes méthodes s’offraient aux agriculteurs pour obtenir cet animal, toutes, peut-on dire, ont été employées.

Nous allons maintenant examiner chacune des méthodes employées, indiquer les résultats obtenus avec chacune d'elles.

1° Quelques tentatives de sélection des chevaux barbes ont été faites il y a bien longtemps, mais les résultats obtenus ont été si peu encourageants que cette méthode d'amélioration a été rapidement#abandonnée. C’est à peine si avec cette manière de procéder, on a pu obtenir des animaux de trait léger un peu plus importants que les barbes ordinaires.

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Il n’en a pas été de même pour la production mulassière ; en effet, en choisissant bien ses juments et ses baudets, en leur donnant une nourriture appropriée et surtout plus substanielle, on obtient des animaux assez forts pour servir de tracteur agricole dans la petite culture. D’ores et déjà, on peut dire que tant que l'éducation de l’Indigène ne sera pas faite (et hélas, nous ne sommes pas encore près d’atteindre ce résultat), cette méthode est la seule qui puisse s’adopter dans ce milieu.

2° Certains colons ont tenté d'importer des animaux de trait. C’est une méthode qui a été aussi vite abandonnée; ces animaux sont d’abord d’un prix d’achat trop élevé, et peu du reste ont résisté au climat; de. plus, leur entretien était par trop onéreux. Seuls de tous les importés, les bretons ont résisté et dans certaines exploitations, il existe encore de leurs descendants pas trop dégénérés.

3° Des juments de races de trait importées ont été dstinées à la production pour être croisées avec le cheval barbe ; les résultats obtenus ont été si dévevants que cette méthode n’a donné lieu qu’à de très rares tentatives.

4° Le croisement de la jument barbe avec l’étalon importé a donné des résultats appréciables. Dans cet ordre d'idées, ce sont les étalons de race bretonne qui ont obtenu le plus de suffrages. Les sujets de croisement obtenus répondent assez bien aux besoins de la culture ; ils résistent bien au climat, leur poids est suffisant, mais ils sont assez exigeants au point de vue ration; mais répétons-le, il faut opérer par croi-

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