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De même, l’Indigène devra comprendre qu’il faut pour ses animaux une écurie, je ne dis pas luxueuse, mais au moins un abri confortable et suffisamment. aéré. Il faut qu’il sache que les animaux et en particulier les animaux de trait ont besoin de quelques soins de propreté. De ce côté l'éducation de l’Indigène est complètement à faire, aussi bien chez le propriétaire qui cultive à la française que chez le vulgaire fellah.
B. — CHoiX DES REPRODUCTEURS
..@&) Juments. — La jument barbe est une excellente mulassière. M. Trouette vantait déjà en 1910 l’aptitude mulassière de nos juments en ces termes : «Mieux que toutes les juments du mondé elles sont intérieurement mulassières, et cela sans l’intervention spéciale de l’étalon mulassier, auquel on attribue en Poitou une si grande influence. Alors qu’en effet dix juments poitevines ne donnent que cinq mulets, dix de nos petits juments barbes en donnent sept. »
Le développement de la production mulassière depuis cette époque n’a fait que confirmer cette affirmation. Malheureusement il ne faut pas se dissimuler que la belle jument barbe devient de plus en plus rare. En effet, nous l’avons déjà vu, le Service des Remontes, entre les mains duquel a été placé Ia production chevaline en Algérie, s’est efforcé depuis de nombreuses années d’intriduire du sang arabe. On a obtenu ainsi des juments plus fines, accusant plus de distinction, mais certainement moins aptes à la
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production mulassière que la belle jument barbe telle qu’il en existe encore quelques rares spécimens.
Les besoins de l’agriculture n’ont jamais intéressé ce Service, la remonte des régiments de cavalerie a toujours été son seul but. Je ne dis pas que la production du cheval de selle soit complètement à abandonner, mais il est indispensable que ce Service ait d’autres buts. Cette manière de faire a déjà éloigné des stations de monte la plupart des éleveurs européens, ceux-ci se soucient peu d'élever un poulain qui leur coûtera excessivement cher pour être amené à l’âge adulte, et qu’ils verront le plus souvent refuser par les comités d'achat, ou qu’ils vendront à un prix de beaucoup inférieur au prix de revient.
A notre avis, les Remontes, en milieu indigène, pourraient rendre de très grands services, mais il faut de toute urgence qu’elles changent de méthode, sans cela leurs stations de monte seront de plus en plus délaissées. Comme nous l'avons déjà dit, l’Indigène n’amène sa jument à l’étalon du Beylick que pour courir la chance d’avoir une pouliche; certains préfèrent même la conduire à un étalon rouleur qui leur paraît plus apte à donner de meilleures mulassières que l’étalon qu’ils trouveront à la station. Malheureusement les rouleurs'sont encore plus mal choisis que les étalons de l'Etat. k
L'Etat a dans ce Service une organisation toute trouvée, disposant d’un budget déjà important, qui. avec d’autres directives et une collaboration plus étroite avec les services de l'Agriculture, en particulier avec le Service de l’Elevage, pourrait influencer sérieusement la production mulassière indigène,
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Les Européens se sont d'eux-mêmes éloignés des stations de monte pour produire par leurs propres moyens où par l'intermédiaire des Syndicats d’Elevage des juments mulassières. L’Indigène au contraire a besoin d’être guidé, il faut qu’il trouve dans ‘une organisation de l'Etat des étalons et surtout des conseils.
A notre avis, on pourrait dans les stations de monte avoir deux catégories d’étalons ; les uns destinés à maintenir dans de justes proportions la production chevaline (et par production chevaline nous entendons ici la production du cheval de guerre). D’autres, destinés à former une pépinière de juments devant servir à la production mulassière.
Par suite de la production intense du mulet, nous avons dit que les juments devenaient rares, ét qu’il était de toute urgence de faire des mères. En procédant de cette façon, on pourrait obtenir le renouvellement des juments mulassières dans d’excellentes conditions; ce serait rendre un grand service à l’agriculture et aussi à l’armée, qui à l’heure présente a encore plus besoin de mulets que de chevaux.
Si pour des raisons que nous ne voulons pas énumérer ici, cette solution ne pouvait pas être appliquée, il existe une autre ressource pour pouvoir augmenter le nombre et améliorer la production des juments mulassières en milieu indigène.
Nous avons vu que dans certaines communes mixtes, on a importé des baudets qui servent uniquement à la production mulassière indigène. Pourquoi dans toutes les communes mixtes où l’élevage du cheval et
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du mulet se pratique, les administrateurs aidés par les vétérinaires du Service de l'Elevage n’achèteraient-ils pas des étalons propres à faire de bonnes juments mulassières. On a créé partout des mutuelles labour; pourquoi ne créerait-on pas aussi des sortes de mutuelles bétail? Etant données les primes accordées maintenant par le Gouvernement Général, nous ne voyons pas de communes, surtout de communes mixtes, qui ne pourraient pas trouver les fonds nécessaires pour acheter et entretenir un ou plusieurs chevaux étalons. Les Indigènes comprendraient rapidement l’avantage qu’il y aurait pour eux à amener leurs juments à ces étalons, et au moment de la monte ils pourraient en outre leur être donné certains conseils sur la facon d’élever mères et produits. En ajoutant quelques primes pour ceux qui soigneraient le mieux leurs animaux, le résultat bienfaisant de la méthode ne se ferait pas attendre.
Les Administrateurs de communes mixtes qui ont déjà joué un grand rôle dans la culture indigène, peuvent encore être d’un secours rapide et efficace dans la question Elevage. Ils peuvent être certains qu'ils trouveront dans les Vétérinaires du Service de PElevage tout le concours désiré.
b) Baudets. — Les Indigènes ont surtout demandé aux baudets de Ia taille, sans tenir compte de la conformation générale, ni des membres, ni des articulations.
Voilà un point capital sur lequel l'éducation de l'Indigène est à faire. Celui-ci sait cependant discer-
ner un beau beaudet, mais au moment de faire saillir sa jument, il lui donne le plus souvent celui qui se présente, c’est-à-dire celui qui passe dans les parages de son habitation. Ainsi le hasard joue encore un trop grand rôle dans la production mulassière indigène.
Il est difficile d’agir par la persuation, l'exemple des Européens ne suffit pas pour montrer à l’Indigène comment par les soins et le choix judicieux des reproducteurs, on arrive à avoir une production meilleure et plus rénumératrice.
L'Etat devra donc intervenir; comment cette intervention pourra-t-elle se faire ?
Pourquoi, d’abord, ne mettrait-on pas dans les stations de monte de bons baudets ? En effet, l’Indigène a encore une certaine considération pour les étalons du Beylick; s’il trouvait à la station des baudets, il les préférerait aux étalons rouleurs, et n’hésiterait pas à parcourir souvent de très grandes distances pour venir faire saillir sa jument à la station.
D'autre part, nous disions plus haut que les Vétérinaires du Service de l’Elevage examinaient les baudets rouleurs au point de vue de certaines maladies. Leur examen devrait aussi porter sur l’aptitude à la reproduction de ces étalons; il faudrait demander un minimum de taille, de périmètre thoracique, d’épaisseur de canon, aue les vétérinaires puissent, après avoir apprécié la conformation du baudet, donner ou refuser l’autorisation de la monte. Ce serait un moyen d’écarter de la reproduction beaucoup de baudets inaptes à leur rôle de reproducteurs.
Il faudrait même aller plus loin, c’est-à-dire ordonner la castration des baudets ne remplissant pas certaines conditions. Cette dernière mesure nous paraît indispensable pour pouvoir écarter les baudets mal conformés, car il est bien certain que si le vétérinaire refusait simplement l’autorisation de saillie sans castrer l’animal, le propriétaire ne se priverait pas de lui faire saillir en fraude le plus de juments possible.
Pourquoi aussi, dans le même but n’établirait-on pas une catégorie d’étalons baudets approuvés, comme cela existe pour les chevaux ? |
Il ne faut pas oublier que l’élevage est en grande partie aux mains des Indigènes, que ceux-ci en font par plaisir et aussi par profit. Mais ils ont besoin d’être guidés, et pour arriver à un résultat, il faut souvent les empêcher de faire mal, et pour cela ne pas hésiter à prendre des mesures exceptionnelles.
Au point de vue type de baudet, il faudrait s’en tenir, croyons-nous, au baudet indigène bien sélectionné dans la région sud. Pour la partie nord qui dispose de plus de ressources, le baudet pyrénéen ne me paraît pas devoir être banni d’une façon absolu de l'élevage indigène, surtout chez les propriétaires aisés qui du reste sont assez nombreux.
IT. — Chez l’européen
Les méthodes d’élevage, chez l’'Européen, diffèrent beaucoup de celles employées par les Indigènes: les moyens d'amélioration du mulet diffèreront aussi.