A. — AMÉLIORATION PAR L'ALIMENTATION
D'une manière générale, le colon nourrit le mieux possible ses animaux, malgré les difficultés énormes qu’il éprouve souvent à assurer le ravitaillement de ses écuries. Il a au moins cet avantage sur l’Indigène, c’est qu’il est plus prévoyant. Malgré tout, bien souvent les fourrages manquent, et la nourriture, des jeunes surtout, est trop souvent négligée.
Cette question des fourrages préoccupe tous les éleveurs, mais comme la plante fourragère venant en terrain sec n’a pas encore été trouvée, pour avoir du fourrage il faut avoir de l’eau avec laquelle on pourra créer des prairies artificielles, qui dans une certaine mesure remplaceront les naturelles.
Des travaux d’hydraulique ont été entrepris dans beaucoup d’exploitations; il est absolument indispensable que ces travaux se généralisent. Le sous-sol renferme certainement beaucoup d’eau, il faut que des travaux de sondage, de forage de puits soient faits pour aller l’y chercher. De même beaucoup trop de sources encore ne sont pas captées.
Des recherches scientifiques et empiriques pour trouver de l’eau dans le sous-sol ont été faites; elles ont toutes deux donné de bons résultats dans un grand nombre de cas; il y a donc lieu de les poursuivre d’une façon plus active.
Trop de colons donnent encore uniquement de la paille et du grain à leurs animaux de trait, réservant le peu de fourrage dont ils disposent pour leurs bovins et aussi pour leurs ovins pendant les mauvais
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jours. Si le mulet adulte peut se contenter de cette ration, le jeune en souffre certainement; s’il pouvait être mieux nourri, la production s’en ressentirait sérieusement au point de vue qualité.
Pour pallier un peu à cette absence de fourrage, l’éleveur devrait au moins préparer les aliments; en particulier il devrait toujours écraser le grain qu’il destine à la ration de ses animaux de culture. Cette pratique du concassage de l’orge se fait dans certaines exploitations, et le cheptel en retire une action bienfaisante. Pourquoi ne se généralise-t-elle pas ?
Il serait aussi très utile que les colons apprennent à faire de l’ensilage, car même si les équidés n’acceptent pas très volontiers les fourrages ensilés, les bovins et ovins en sont friands; par suite, les fourrages naturels et artificiels pourraient en très grande partie être retirés à ces derniers et être réservés aux premiers.
Le colon ne devra pas oublier non plus que les soins de propreté de l’animal et de l’écurie sont des facteurs importants de l’élevage.
B. — CHoIx DES REPRODUCTEURS
a) Juments. — Chez l'Européen, la production mulassière s’est aussi intensifiée d’une façon telle au cours de ces dernières années que les juments commencent aussi à faire défaut. Il devient donc nécessaire de refaire des juments mulassières et d’en profiter pour poursuivre leur amélioration.
Cette amélioration devra ici se faire surtout par croisement continu de la jument barbe avec l’étalon