PROS
breton. C’est une méthode qui est déjà couramment employée dans les grandes exploitations. Les juments de premier croisement sont déjà beaucoup plus étoffées, ont des membres beaucoup plus forts que les juments barbes même bien sélectionnées et font déjà d'excellentes mulassières.
Cette production de la jument mulassière croisée demande à être poursuivie; elle ne devra pas se limiter aux grandes exploitations, mais au contraire la mulassière devra être produite dans toutes les fermes européennes. Il est possible pour chaque propirétaire d’avoir dans ses écuries des juments destinées à produire des mulets, et d’autres réservées uniquement à la production de la jument mulassière. Jusqu'ici, l’étalon breton n’existe que dans les grandes exploitations; les moyennes et petites sont réduites à aller acheter leurs juments dans les grandes, ou à faire saillir leurs juments barbes par l’étalon de trait, de l'exploitation voisine.
C’est ici que les syndicats d'élevage doivent jouer leur principal rôle. Il est absolument indispensable que le petit colon comprenne que le syndicat est le seul moyen pour lui de faire aussi bien que le gros exploitant.
Ces associations sont surtout faites pour lui; quelques étalons bretons appartenant en propre à ces sociétés, et bien répartis sur le territoire doivent suffire pour améliorer toute la production mulassière. Cette manière de faire a déjà donné de très bons résultats dans des régions voisines. Le syndicat d'élevage de Sétif fournit bien à ses adhérents des étalons à la
> en ee
condition de faire saillir un certain nombre de juments appartenant aux autres membres du syndicat, mais cela est tout à fait insuffisant. Il est absolument indispensable, si l’on veut généraliser cette production de la jument mulassière croisée, que les étalons appartiennent en propre aux syndicats, et qu'ils soient mis entièrement à la disposition des moyens et petits éleveurs, soit gratuitement, soit moyennant une faible redevance dans les cas où les ressources de la société ne seraient pas suffisantes.
b) Baudets. —- I1 y a déjà longtemps que les éleveurs enropéens avisés emploient pour leurs juments des baudets importés des Pyrénées. L'expérience a suffisamment démontré que cet animal était l’étalon mulassier de choix. Il s’acclimate très bien dans nos régions, et les produits qu’il donne soit avec les juments barbes, soit avec les juments breton-barbe, sont suffisamment étoffés pour répondre aux besoins agricoles. Le baudet indigène doit, à notre avis, disparaître des exploitations européennes.
Aiünsi, que ce soit chez l’'Européen ou chez l’Indigène, la production mulassière dans l’ouest des Hauts-Plateaux constantinois a déjà fait de grands progrès. En ce qui concerne le premier, la méthode employée nous paraît excellente; il y a lieu simplement de la généraliser. Chez l’Indigène quoique la production mulassière soit de beaucoup supérieure à ce qu’elle était il y a seulement dix ans, il y a encore énormément à faire pour l’amener au niveau de la. production européenne. Tant que la mentalité indi-
ca Bo
gène n’aura pas changé, l’amélioration du mulet ne pourra pas être poussée trop loin dans ce milieu.
L'Etat, en l’espèce le Gouvernement Général, a fait de sérieux efforts pour développer et améliorer l’élevage en Algérie. Les importations de géniteurs ont surtout fait l’objet de son attention. Pour bien indiquer l'effort fait par les pouvoirs publics, je ne puis mieux faire que de citer la circulaire que M. le Gouverneur Général Viollette a adressé aux Préfets des trois départements :
« Un certain nombre d’éleveurs algériens, d’associations agricoles et de syndicats d'élevage de la colonie, s’attachent à introduire en Algérie des géniteurs des espèces bovine, ovine, chevaline, asine et porcine, destinés à l’amélioration de l’élevage algérien et notamment à donner, par croisement avec les races indigènes, des produits susceptibles de rendre les meilleurs services à l’agriculture.
« L’effort tenté vise particulièrement la production du cheval de trait et du mulet.
« Il m’a paru qu’il y avait intérêt à continuer à encourager les initiatives de cette nature si intéressantes pour le troupeau algérien et l’avenir économique de la colonie.
« J’ai, en conséquence, décidé que des primes ou subventions pourraient être allouées aux importateurs d’animaux reproducteurs mâles des espèces indiquées pour les couvrir, en partie, des frais occasionnés par l’acquisition et le transport des animaux envisagés,
Ni ——
« Ces primes ou subventions qui seront proportionnelles à l'effort financier consenti par les importateurs et à la valeur en tant que reproducteurs des géniteurs introduits, ne pourront dépasser la moitié du prix de revient des animaux quand il s'agira d'étalons importés par les syndicats ou pour leur compte, et quand ces animaux seront destinés à demeurer la propriété collective du syndicat. Si, au contraire, les animaux sont acquis par des particuliers ou par des syndicats pour les besoins de leurs adhérents, la prime ou subvention ne pourra dépasser le quart du prix de revient des géniteurs.
« L’allocation des dites primes ou subventions sera toutefois subordonnée aux conditions et réserves suivantes.
« Les importateurs qui désireront obtenir l’aide financière de la Colonie, devront préalablement à toute introduction d'animaux, adresser, par votre intermédiaire, au Gouvernement Général (Direction de l'Agriculture) une requête dans laquelle ils indiqueront les espèces et le nombre d'animaux qu’ils ont l'intention d’acquérir, et le port par lequel ces animaux pénètreront en Algérie. Cette requête devra m'être transmise avec votre avis motivé et un rapport suffisamment détaillé du Vétérinaire départemental sur l'opportunité de lui donner satisfaction. Après examen de la demande et de vos propositions, mon administration fera connaître aux intéressés la suite dont elle aura été susceptible : acceptation ou rejet. Une copie de cette décision vous sera adressée.
« Dans le premier cas, les importateurs feront ve-