‹ L'Animal de Culture dans l'Ouest des Hauts Plateaux ConstantinoisChapitre 9 sur 24 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Nécessité d’avoir un animal de culture

Le cheval barbe, le mulet du pays étaient suffisants pour trainer la petite charrue arabe, pour gratter le sol, puisque aujourd’hui encore, dans les pays du Sud, où elle est restée l’unique instrument aratoire en milieu indigène, on la voit fonctionner avec les tractions les plus bizarres : chevaux, mulets, bœufs, ânes, chameaux; et même parfois encore la femme arabe.

Mais les moyens de culture moderne ne se contentent pas d’une pareille traction; le travail des champs se faisant à l’aide d’instruments plus forts demande une traction plus forte.

Le problème de l’animal de culture s’est donc posé il y a longtemps. Différentes méthodes ont été employées pour le résoudre. Certains facteurs tels que le climat, la pénurie de pâturages l’ont sérieusement compliqué. Si aujourd’hui la solution n’est pas encore définitivement trouvée, il semble cependant que

l’on se trouve dans la bonne voie. Des améliorations notables dans la traction agricole ont été réalisées, on possède maintenant un animal de trait presque suffisant ; mais son amélioration doit être poursuivie pour que l’on puisse avoir un tracteur agricole correspondant bien aux besoins de l’agriculture, telle qu’elle se pratique dans l'Ouest des Hauts Plateaux Constantinois.

Au début ,on s’est servi de ce que l’on avait sur place, c’est-à-dire du cheval barbe et du mulet du pays ; certains colons originaires de régions de France où la traction par les bœufs est en honneur, ont aussi essayé son emploi en Algérie.

Les charrues étaient alors traînées par huit ou dix bêtes, chevaux ou mulets; parfois ceux-ci étaient remplacés par trois ou quatre paires de bœufs, mais on s’est rapidement aperçu que ces moyens de traction étaient insuffisants et nécessitaient la présence dans les écuries d’un cheptel trop important. Le cheval barbe est d’un poids trop faible et d’un tempérament trop nerveux pour faire un bon cheval de culture. Le mulet du pays, tel qu’il était produit, présentait les mêmes inconvénients. Le bœuf, s’il était plus calme et s’il avait plus de poids, fournissait, par contre, un travail trop lent, étant données les grandes étendues de terre à travailler.

Par conséquent, il fallait dans ces régions un animal de trait répondant aux besoins de la culture nouvelle, et pour ce, il fallait tenir compte de différents facteurs tels que climat, ressources fourragères, conditions d'hygiène, etc...

De nr

Mais avant de voir comment s’est fixé le choix de Panimal de culture, il y a lieu d'examiner quelles sont les conditions et mode d’existence de cet animal dans

nos régions.

Condition et mode d'existence de l'animal de culture

Les conditions et mode d’existence varient, suivant que l’on a à faire aux Européens ou aux Indigènes ; elles seront donc étudiées séparément pour chacun d’eux.

1° Chez l'Indigene. — L’écurie, lorsqu'elle existe, n'existe qu’à l’état rudimentaire; c’est, en général, un petit recoin de la cour de la maison d'habitation, dont les murs sont en pisé et la toiture en chaume ; le plus souvent, c’est un simple hangar recouvert également en chaume, ou avec de vieilles caisses à pétrole. Le pauvre cheval et le pauvre mulet sont ainsi exposés à toutes les intempéries : l’été, ils passent la nuit complètement dehors, hélas | il leur arrive souvent d’en faire autant l’hiver. Dans les grandes fermes indigènes, l’écurie existe bien, mais dans ce cas, elle devient plutôt une cave qu’une écurie ; les ouvertures y font complètement défaut, et elle‘:est maintenue dans un état de malpropreté telle, que l’on se demande s’il ne serait pas préférable de laisser les .- animaux exposés à tous les temps. Le pavé de l’abri est en général en terre battue, jamais nettoyé, de sorte que les animaux reposent sur une litière de fu-

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