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et rehausser le tout d'une des lampes allumées , dit-on, miraculeusement le samedi saint, à Jérusalem (t). Un siècle après, en digne héritier du Jérosolymitain, son arrière petil-fils Foulques V» à son avènement au trône de Godefroy et de David, obtient du sultan du Caire (3) et nous adresse un nouveau fragment de la Vraie-Croix appelé à une haute et redoutable célébrité (3). Qui ne se rappelle, en effet, Tidée de terreur attachée jadis aux serments solennels (4) prêtés devant cette auguste relique attirant sans retard sur les parjures les foudres du ciel (5)? Qui n'a vu maintes fois, en parcourant nos vieilles annales, ce formidable prestige de la Vraie-Croix de Saint-Laud invoqué par les tribunaux dans les cas ténébreux? Qui n'a vu surtout ce prestige exploité, comme l'un des plus énergiques ressorts de sa diplomatie, par le machiavélisme superstitieux de Louis XI, aux prises avec les dernières et formidables tentatives de la féodalité?
et Antiquités cTAnjou^ p. 215. — Barth. Roger, pp. 152-153. — Histoire de Foulques Nerrùf par Alex, de Salies (tSU), pp. 116-149, et Office du Saint- Sépulcre, pp. 527 et 533, avec notes de Tabbé Oagueuet.
(1) Office du Saint-Sépulcre, eod.^ p. 506, et notes de Tabbé Daguenet, p. 531. — Nous reviendrons plus tard sur ce miracle annuel du samedi saint, dans notre étude sur YHisloria Hierosolymilana do Baudri de Bourgueil. Constatons dès à présent à cet égard, Taccord unanime des historiens de la première croisade.
(2) Inutile de rappeler que l'ancienne opinion de Roger et de Uiret, autrefois partagée par M. Godard- Faultrier lui-même, est aujourd'hui universellement abandonnée (V. au manuscrit 681, pièce 2, p. 38 à YObiit). — C'est en mémoire de cette importation en Anjou, par Foulques V, que chaque fois qu'un de ses successeurs, nouvellement intronisé, approchait de l'église de Saint-Laud, le doyen du chapitre le recevait avec les évangiles, Tencensoir et l'eau bénite, en présentant à ses lèvres l'auguste relique. — Une partie du morceau de la Vraie- Croix, due à la libéralité du sultan du Caire, fut donnée par Foulques V à la ville de Loudun, qui, pour la recevoir, bâtit la célèbre église de Sainte-Croix, où se voit encore l'élégant bas-relief du quatorzième siècle représentant (par un anachronisme évident) l'entrée du roi de Jérusalem à Loudun avec sa relique à la main [Essai sur CUistoire de Loudun, par Dumoustier de la Fond, Poitiers, 1778, pp. 14 et 15).
(3) Pour éviter des redites, nous avons dû seulement esquisser, à grands traits et fort en raccourci, Thistoire si attachante des reliques angevines de provenance orientale, chacune de ces reliques ayant déjà fait l'objet de mono* graphies très-complètes.
(*) Voyez-en le curieux cérémonial, même pièce 2 du mss. 687.
(5) C'était une très ancienne croyance que ce parjure mourait dans l'année même du serment. V. eod., le procès-v&^bal d'enquête des miracles advenu» contre ceux qui $e sont parjurés après avoir prêté serment sur la Vraie^Croix de Saint-Laud.
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Lequel des grands vassaux de son règne, coalisés d'abord contre la couronne puis habilement détachés un à un de la Ligue du bien public, n'a pas eu à lever la main devant ce religieux instrument des revendications royales^ depuis le fougueux Charles-le- Téméraire jusqu'au vacillant duc de Guyenne (1)? Et, à cet égard, pourra-t-on jamais oublier le trépas tragique et mystérieux de ce dernier prince expirant au moment où il allait se parjurer par le mariage suspect avec Marie de Bourgogne (2) ? Pour en revenir à la relique de Foulques, aujourd'hui à jamais bannie do domaine judiciaire et politique , elle n*en poursuit pas moins annuellement à travers les rues de notre cité angevine sa marche triomphale, au chant du Vexilla régis (3).
Un siècle après l'avènement de Foulques V au trône de Jérusalem» nous arrivait d'orient une troisième portion du bois sacré, non moins illustre que les précédentes par sa provenance et sa valeur. Jean d'Alluye, seigneur de Ghâteau-la-Vallière et de Saint-
(1) V. notamment, comme type de tous ces serments politiques, celui prêté par le duc de Bretagne François II, le i" août i370. (Hiret, loc. inf, cit.)
(2) Puissions-nous quelque jour revenir à loisir sur ce chapitre des destinées politiques de la Vraie-Croix de Saint-Laud, dans un ti^vail déjà projeté par nous sur le rôle de TAnjou dans la Ligue du bien public !
(3) Collections de titres et documents concernant la Vraie-Croix de Saint-I.aud, mss. 681, pcissim. — Ami, et Anliq. d'Atijou, par Hiret, pp. ii44i8. — Barth. Roger, pp. 358-360. — VUa Pétri jErodii et Guillelmi Menagii, scriptore JEgidio MenagiOy pp. 381-389. — Sentences du présidial d'Angers, par Claude Pocquet de Livonnière (mss. 3i2), pp. 6i recto, 65 recto. — Description de la ville d:' Angers, par Péan de la Tuilerie, (Publ. C. Port), pp. 225-226 et suiv. -^ Hi8t.de France, parVillaret et Gamier (Paris 1767), t. .X.Vll,p. 343. — Duclos, sut. de Louis XI (Paris, 1824), t. II, pp. 363-365. — IJist. des ducs de Bourgogne, par M. de Barante [i* éd., 1826), t. IX, pp. 232-234. — Bod in, Recherches sur V Anjou, t. I, pp. 542*543. — L'Anjou et ses monuments, par M. Gk>dard- Faultrier, t. Il, p. 355. — Angers et V Anjou sous le régime municipal, par Blordier-Langlois (1843). Suppl. et pièces justificatives, pp. 363-365. — Bulletin du Comité de la langue, de l* histoire avec arts de la France (1853-1853), t. I, pp. 362-364. — Béné dWyijou, publ. de M. de Quatrebarbcs il853), p. 117. — Claude Pocquet de Livonnière, par M. Camille Bourcier (Revue d'Anjou, 1851), pp. 67-68.— Procès-verbal de M. Godard-l'aultrier [Société d'agriculture, sciences et arts d'Angers), n« 36, passim.— Les dévotions de Louis XI en Anjou, par Tabbé Bodaire(/?eï'Me d'Anjou, 3» série, t. Il, pp. 169-181.— 6'a«a%w^ des manuscrits de la Bibliothèque d* Angers, par M. Lemarchand, p. 256, en n.— Le roi René, par M. Lecoy de la Marche, 1. 1, pp. 404-40.'., et Pièces Justificatives, t. II, p. 360. —Annales Ecclùsiastiques d'Anjou, M, Tabbé Pletteau (septembre, octobre 4875), p. 162. - Dictionnaire historique, de M. C. Port, art. Foulques V.
Christophe (1)> ayant pris part, en 1239, à la stérile croisade de Thibault de Champagne, y avait du moins reçu en Crète en 1 341 (2), de révoque d'Hiérapolis Thomas (8), qui lui-même la tenait de Gervais, patriarche latin de Constantinople, un des plus considérables morceaux de la Vraie-Croix^ que l'empereur Emmanuel Comnèue portait dans les combats contre les Sarrasins (4); à son retour il en dota en 1244, sur les confins de ses domaines, rhumble abbaye des Bernardins de la Boissière, enfouie avec ses Tutaies et ses étangs dans les replis du petit ruisseau du Marconne, et qui dès lors écartela avec son ancien écusson de fleurs de lis l'écusson de la Croix (5), tout en consacrant à jrinesti-
(1) La terre de Chàteau-la-Vallière était jadis décorée du titre de première baronnie de TAnjou, et la puissante race des Alluye y était solidement établie dès la fin du dixième siècle. — La statue de notre croisé existe encore au château d*llodbert, commune de Saint-Pateme (Indre-et-Loire).
(2) Avec des vêtements de la Vierge et des reliques des apôtres dont nous ignorons le sort.
(3) Peut-être, comme on le suppose, en reconnaissance des services militaires que Jean d*Alluye aurait rendus dan.-$ le cours de sa croisade à Tile de Crète, eu la préservant des incursions des corsaires sarrasins, qui alors infestaient la Méditerranée. Cette conjecture peut s'appuyer de ces termes de la charte de révêque d'Hiérapolis : • devolionem ipsiwf attendenten ; t si , comme M. Tabbé Chevalier, nous les traduisons par < considérant les preuves de dévuuement que nous avons reçues de sa part, »
[A) f Quam, sicut scimus... Emmanuel... deferebat. • -— C'est l'énoimité toute exceptionnelle de ce fragment de la Vraie-Croix qui a soulevé plus d'un doute sérieux sur son authenticité. .Mais, vu le modique intervalle de 35 ans qui sépare le décès d'Emmanuel Comnène, survenu en 1180, de l'élection du patriarche Gervais qui se place en 1215, on a pu facilement vérifier cette authenticité ; surtout si l'on songe que Gervais était le successeur immédiat de Thomas Marosini, premier patriarche latin de Constantinople et, à ce titre, premier déposi* taire des reliques recueillies dans le sac de cette ville, en 1204, par les croisés Français et Vénitiens. Quant à la transmission de la relique du patriarche Gervais â Tévéque d'Hiérapolis, elle peut s'expliquer tout naturellement par des liens d'amitié qui, au moment de l'organisation ecclésiastique de la conquête latine, se seraient formés dans la capitale du Bas-Empire entre les deux prélats presque contemporains, Gervais n'étant décédé qu'en 1239 et Jean d'Alluye ayant reçu dès 1241 la Vraie-Croix des mains de l'évéque crètois. — En ce qui est de la provenance de cette relique, fut-elle emportée à Constantinople dès le temps de sainte Hélène ou seulement en 636, lors de l'incendie du Saint-Sépulcre par Omar? C'est là une question douteuse et^ suivant nous, secondaire. — L'essence du bois de notre Vraie-Croix offre une conformité parfaite avec celle des cèdres du Liban. — Par un insi^me privilège , nul châssis jaloux ne s'interpose entre la relique et les lèvres de Tadorateur.
(6) Avec la devise : vetera squernmata cederunt locum lilia cruci.
mable trésor une svelle chapelle encore aujourd'hui iotacle (1). La relique de Jean d'Àlluye y reçut longtemps un culte patronné par la maison d'Anjou-Sicile ^ dont les deux premiers chefs (2) s'intitulèrent en son honneur parrains d'une Confrérie de la Vraie-Croix, et au quatorzième siècle l'abritèrent dans leur château d'Angers contre les invasions anglaises. Plus tard, lorsque la tourmente révolutionnaire l'eût poussée, comme vers un nouvel et inexpugnable asile > au seuil de la maison des Incurables de Baugé, il n'y eut pas jusqu'à la garde nationale et aux membres du district les plus avancés qui, sur son passage, en se découvrant, ne l'aient baisée à genoux. Par là se déclarait la vertu du talisman qui bientôt, à l'heure même des derniers bouleversements , maintint en prospérité croissante l'hospitalière demeure, et dont une parcelle brilla sur la poitrine toujours préservée d'un ancien enfant de chœur de l'abbaye transformé en soldat de la République (3).
Mais les souvenirs du Christ appellent naturellement ceux de la Vierge-Mère, et à côté des morceaux de la Vraie -Croix et du Saint-Sépulcre nous devons placer le tissu qui pressa le chaste flanc où germa le principe de notre rédemption et de notre immortalité. A son retour du pèlerinage en Palestine qu'en 1154, en sa qualité de grand pécheur, il avait entrepris comme une pénitence infligée par saint Bernard, Guillaume, comte de Poitiers,
(1) Dite de la Vraie-Croix,
(2) Louis !•' et Louis IL
(3) Celte parcelle , qu'à Theuro du départ pour Tannée il avait pieusement ôuslraite (témoin Tentaille encore visible) fut malheureusement par lui perdue au retour de ses campagnes. Mais Taveu de son larcin lui a du moins valu pour ses derniers jours une place à Thospice des Incurables, où il décéda il y a environ une vingtaine d'années. — Deux autres parcelles détachées de la Vraie-Croix de la Boissière, au moment de la réception, par la vénérable fondatrice des Incurables, M"« de la Girouardière, ont été adressées et sont encore révérées, Tune à Thôpital de Saint-Joseph de Baugé, l'autre à l'église du Vieil-Baugé. Titres de la Vraie-Croix, déposés aux Incurables: Chartes latines , !<> de l'évèque d'Iliérapolis (original); î« de Jean d'Allcya (copie). — Armoriai général de France, de d'Hozier, reg. liï, p. 22(1738-1764). — Grandet, Notre-Dame Angevine, pp. 267-270. — V abbaye de la Boissière et la Vraie-Croix des Incurables ^ par l'abbé Chevalier (Revue d: Anjou, année 1855), pp. 3i6-363. — Notice historique sur la Vraie- Croix de Baugé, par rabbé J.-B. Barreau [i87i), pawim. — Dict. hist, de M. C. Port, art. Alluye.
saWant une tradition immémoriale » bâtit l'église grandiose du Puy-Notre-Dame, pour y recevoir une portion de la Sainte- Ceinture qu'il tenait du patriarche de Jérusalem (1 ). Du fond de ce sanctuaire la relique attira d'innombrables pèlerins qui de loin récitaient un ave à genoux, à l'endroit demeuré encore aujourd'hui célèbre sous le nom de Salut de la bonne Dame; et les paroisses voisines , en se renvoyant Tune à l'autre le Salve Regina, traçaient sans relâche un cercle d'hommages autour de la triste colline d'où s'enlève solennellement la vieille basilique. Hais la Sainte-Ceinture du Puy-Notre-Dame était surtout invoquée et portée par les femmes enceintes; et cetera son plus beau titre de gloire d'avoir été revêtue par Anne d'Autriche dans l'heureuse grossesse qui nous donna Louis XIV (2). Du reste, il semble que les bénédictions du ciel étaient dès longtemps attirées sur la maison de France par sa dévotion et ses largesses envers la virginale relique (3). Enumérerai-je les fondations groupées autour de la nef angevine par Louis XI, son oratoire , le chapitre, la psalette^ le collège royal? Parlerai- je du trésor à dix clefs (4) et à fermoir aux armes de France, protégé nuit et jour par quatre hommes
(i) £n ce qui est de Tauthenticité de la relique en elle-même , Tautorité de M. le curé du Puy, Zacharie Bedouet, appuyée de longues investigations poursuivies surplace, doit prévaloir sur les dénégitions sceptiques de M. C. Port.— Quant à la provenance, la question est un peu plus délicate. Nous avons vu ailleurs Geoffroy Grisegouelle déposer, dans l*église par lui récemment bâtie de Notre-Dame de Loches, à la fin du dixième siècle, cette partie de la Sainte-Ceinture dont les empereurs de Constantinople avaient gratifié la cour de France, et que lui-même avait obtenue de la munificence du roi Lothaire, après Tavoir portée sur lui, en 996, dans la lutte victorieuse contre le saxon Berthold. Or, suivant le Gesta, Bourdigné et Bodin, ce ne serait qu*une portion de cette relique dont aurait plus tard hérité la basilique du Puy-Notre-Dame. Mais en Tabsence de tous documents authentiques, la tra>lition immémoriale, si attentivement interrogée par M. Tabbé Bedouet , nous a décidé à adopter après lui Topinion de la Notre-Dame Ange' vine.
(2) Peut-être même figura-t-elle dans cette première procession de la mi-août, qui précéda seulement de quelques semaines la naissance de Louis XIV, où la France fut solennellement consacrée à la Vierge. — Anne d'Autriche redemanda la Sainte-Ceinture et s'en revêtit encore avec le même succès dans sa seconde grossesse, qui aboutit à la naissance de Monsieur, duc d'Orléans.
(3) Visitée au moins une fois par saint Louis, probablement par Charles VII, et peut-être par les Plantagenets.
(i) Gardées par dix chanoines conclavisteg.
d*armes et un chien de garde nourri par la fabrique ; de ce trésor, d'où l'on exhibait entre autres richesses à la fête de la Sainte- Ceinture (1) une statue de la Vierge en vermeil, une Sainte- Chapelle en argent massif et une statue de Louis XI en argent du poids du dauphin royal (2)?
Voilà, certes, les plus beaux fleurons de la couronne que nos antiques pèlerins ont, à l'envi, composée à notre Anjou* avec les souvenirs de la Palestine. Signalons-y encore d'insignes joyaux. C'est d^abord une portion du Saint-Sépulcre, la plus ancienne de nos reliques orientales, rapportée de Jérusalem en 996 par le pèlerin Robert, qui, pour la recevoir, bâtit, dans l'enclos même de l'abbaye de Saint-Aubin, l'église paroissiale aujourd'hui disparue de Saint4licbeMa-ralud(S). C'est ensuite» à Saint-Maurice., un fragment de la Vraie-Croix qu'en 1202 l'évêque Guillaume de
(1) Qui tombait le 3t août. — La relique était elle-même renfermée dans une cassette en vermeil, donnée par Louis XIIL
(2) Louis XI avait promis de venir renouveler cette donation tous les cinq ans : Il ne put exécuter que deux fois son engagement. — Malgré Tautorité si souvent invoquée par nous de M. Tabbé Bedouet, nous ne placerons point autour de notre Sainte-Ceinture Tétendard enlevé à la bataille de Baugé sur le duc de Clarence par Guérin des Fontaines qui, suivant Bourdigné (t. M, p. 143), Grandet et Bodin (t. II, p. 302), serait allé déposer ce trophée dans Téglise du Puy-Notre-Dame. Cette tradition fort accréditée , il faut en convenir , par le voisinage du château de Guérin des Fontaines, est demeurée longtemps incontestée {l'Anjou et ses monuments f t. Il, p. 322). Mais, depuis Tingénieuse découverte de M. Th. de Soland, qui à cet égard substitue à notre sanctuaire angevin Téglise angélique de Notre-Dame du Puy en Auvergne (Voir Causeries en Auvergne, Angers, 1851, pp. 85-81, et aussi les Invasions Anglaises en Anjou, d'André Joubert, llevue d'Anjou t septembre 1869, pp. 190-191), Fétendard du duc de Clarence devient nécessairement étranger à l'hisioire de la Sainte-Ceinture. Notre-Dame Angevine^ PP.U2-U9. — Reg de bapt. de la paroisse du Puy, 14 mai 16U et 27 novembre 1651.
— Kalendner histonal de la glorieuse Vierge Marie , par M. Vincent Charron (Nantes, Pierre Doriou) — Hist. du culte de la Sainte Vierge en France, par M. le curé de Saint-Sulpice (Par:>, 186i), pp. 258 et suiv. — Pèlerinage de la Sainte-Ceinture au Puy-Notre-Danie, par Tabbé Zacliarie Bedouet, passim. — Diction hist., de M. C. Port, art. Puy-Notre-Dame. — Annales ecclésiastiques d'Anjou, par Tabbé Pletteau, (novembre 1878, p 209.)
(3) Démolie durant la Révolution pour Télargissement de la rue Saint-Aubin. Cartul. S»» Albini de rébus quœ sunt Andeg., n« 16. — Péan de la Tuilerie» pp. 277-2J8. — État historique, ecclésiastique et civil de V Anjou, avant la Révolution de i789, par Rangeard (mss. 894). — La Charte de Saint-MicheU
a^Paiud [Revue de V Anjou et de Maine-et-Loire, l'« partie, t. II), pp. 572-573.
— Notices archéologiques, par M. d*Espinay : le cloître et la tour de Tabbaye de Saint-Aubin, p. 130. — Dictionnaire historique, de M. C. Port, 4« livr., p. 59.
Beaumont rapports des Saints-Lieux et qu'il fit enchâsser dans une croix d'or ornée de diamants, avant de la déposer dans Topulent reliquaire de la cathédrale (1). A l'abbaye de Saint- Florent-le- Jeune , voici encore un fragment toujours subsistant de la Vraie-Croix, avec des parcelles du Saint-Sépulcre et de la pierre arrosée du sang du Christ, le tout donné au onzième ou au douzième siècle au moine-pèlerin Jean par le prieur de Sainte- Marie-Majeure de Jérusalem (2). A l'abbaye de Saint-Serge, c'est une partie du chef de saint Serge reçue en 1153 du templier Girard de Beaupreau, qui la tenait d'Aimery, patriarche d'Antioche (3). A Fontevrault, c'est une Vraie -Croix avec des cheveux de la Vierge dus à la munificence de Kichard Cœur-de- Lion (4). A l'abbaye aux Bons-IIommes, c'est encore et toujours une portion du bois sacré donnée en lt74 par Henri II, qui l'avait reçue de son cousin Amaury, roi de Jérusalem (5). Enfin, dans l'élégante chapelle du prieuré de la Jaillette (6), émergeant d'une touffe de châtaigniers et d'ormeaux dans une des boucles
(1) Cérémonial de r église d'Angers, par René Lehoreau, passim, — Annales ecclésiastiques de V Anjou, par Vabbé Plelteau (Revue d'Anjou, septembreoctobre 1876, p. 157).
(2) Codex argenteus du Carlulairc de >Saint-Florent, Dom Iluynes, pp. 205 v«, 217 et 428. — Rapport sur la Vraie-Croix , découverte à Saint-Florent le 23 avril 1858, par X. Barbier de Montault {Revue de l'Anjou et du Biaine, t. IV), pp. 41-47 ; 109-113 ; et fac simile de lauthentique, par lui restitué^ du treizième siècle, fol. 128.
(3) Dès 1114, Hugues de Mathefclon avait apporté d'Antioche à Tabbaye de Saint-Serge un bras du même saint. — Ckron. S. Sergii {Chro7i, des églises d'Anjou, publ. Marchegay). pp. 143 et 148. — Historia regalis abbaliœ SS. Sergii et Bacchi prope Andegavorum ab Alex, Fournereau [Revue des Sociétés savantes des départements, 5» série, t. II, octobre, novembre, décembre 1876, communie, de M. Godard- Faultrier , pp. 375-383. — Barth. Roger, p. 134. — Péan de la Tuilerie, p. 379'. — L'église Saint-Serge, par M. d'Espinay {Revue d'Ar^ou, décembre 1873), p. 330.
(4) Pavillon, Vie de Robert d'Arbrlssel, preuves 90. Epilaph. Richardi régis Anglorum, p. 585. — Uodin, 1. 1, p. 359. — Annales ecclésiastiques de l'Anjou, par M. Tabbé Pletteau, mai-juin 1876, p. 275.
(5) Histoire des évêques d'Angers, par Guy Artaud (mss. 624), t. II. p. 659 v». — Annales ecclésiastiques de l'Anjou, eod., p. 260. — Le même Amaury adressa un autre morceau de la Vraie-Croix à labbaye de Clairvaux postérieurement au décès de saint Ucrnurd (cabinet historique, 4* année, t. IV : inventaire du trésor des reliques de Tabbaye de Clairvaux.
(61 Dépendante de Tabbaye du Mélinais.
tracées par les suaves contours de TOudon, ce sont dMnsignes reliques de sainte Catherine i.nportées d'une croisade , à la fin du douzième siècle, par le bienheureux Geoffroy de Loistoir (1). Pour n'avoir pas, du moins à notre connaissance, hérité de reliques de la Palestine, quelques autres sanctuaires n'en doivent pas moins trouver ici leur place. Nous avons ailleurs parlé de cette basilique de Saint-Nicolas, promise par Foulques-Nerra au grand thaumaturge de l'orient dans une tempête aussitôt apaisée sur les côtes de la Lycie; de cette basilique, dont on dit que trois rameaux tombés du bec d'une colombe désignèrent l'emplacement prédestiné, et où Urbain II et Robert d'Arbrissel prêchèrent la guerre sainte (2). Autour de ce monument groupons Téglise du Saint-Sépulcre de Beaupreau, bâtie en 1101 , sans doute au
(1) L*eii«tence de cette relique est fort contestée par M. G. Port. Mais, en l'absence de tout document authentique et indépendamment de la tradition locale, Tasserlion de Dom Chamard se fortifie des considérations suivantes : 1* il est certain que Geoffroy de Loistoir rapporta de Jérusalem des reliques dont il enrichit la chapelle de la Jaillette ; iP cette chapelle était jadis enregistrée dans le Pouillé du diocèse d*Angers sous le nom de chapelle de Sainte'-Catherine ; 3* notre bienheureux figurait peut-être au nombre des cent-vingt croisés (parmi lesquels un Auber de la Jaille), que nous avons vu en 115i prêter serment aux mains de révéque du Mans, Guillaume de Passavant, dans Téglise de Mayenne» et qui en Palestine guerroyèrent vers le Sinaî, où reposait le corps de sainte Catherine. — Quoi qu'il en soit de cette dernière conjecture, l'illustre fondateur du prieuré de la Jaillette y fut longtemps et hautement vénéré dans une humble chapelle contiguê au sanctuaire principal et aujourd'hui convertie en cellier, mais encore connue sous son ancien nom de chapelle de Saint^Geoffroy^ et où ses cendres reposaient encore, suivant l'intime conviction de M. le curé de la Jaillette. Archives départementales de la Sarthe , fonds des^ pièces de la Jaillette, reg. H 58-1, pièce i (ancien classement). — Grandet, mss. 886, note sur les saints de l'Anjou. — Pouillé du diocèse d'Angers, 1783. — Dom Chamard, Vie dês Saints Personnages de VAvjou^ t. Il, pp. 282-287. — Annales ecclésias^ tiques, eod,, p. 289. — Dictionnaire historique, de.M. C. Port, art. Loistoir.
Peut-être pourrons-nous ajouter à tant de sanctuaires celui de l'abbaye de Saint-Georges-sur-Loire , si l'on suppose que le choix du titulaire y aurait été déterminé par la donation des reliques du soldat-martyr, apportées d*oatre-mer par quelque crois>é inconnu. Ajoutons à l'appui de cette conjecture que le culte de saint Georges en France ne remonte guère au-delà des Croisades. Notice Ms torique sur V abbaye de Saint-Georges-sur- Loire, {Mémoire de la Société d*agncuUurey Sciences et Arts, nouvelle période, t I), p. 60.
(2) Mss. 113. fol. 68 V* et 162 v«. — Bourdigné, 1. 1, p. 221, 285 et 236.— Barth. Roger, pp. 152-153. — Chron, d^Anj. : Hist. sanct, Flor. Satm», p. 275; Frag, hisi, andeg. auctore Fulcone Richin, p. 380. — Dom Huynes, Hist, dé S. Flo^ rent, p. 9i. — Hirct^ Ann, d'Anj, p. 17, r« et v». — Rangeard, mss. 887.