‹ L'Ankylostomiose: Dans les Colonies FrançaisesChapitre 5 sur 21 · Necator Americanus · texte numérisé non relu

Necator Americanus

À l’œil nu, le Necator americanus ressemble à l’Ankylostomum duodenale.

À l’examen microscopique, il en diffère par:

1° La capsule buccale qui est armée d’une paire ventrale de lames semi-lunaires tranchantes ; de quatre petits erochets dorsaux, et puis, dans la profondeur, de deux lames pharyngiennes encadrant une puissante dent dorsale médiane dirigée vers la bouche.

2° La bourse caudale montre douze Does au lieu de onze, chez l’Ankylostome européen. Le lobe postérieur est double au lieu d’être médian; il est de plus bifurqué.

° La vulve s’ouvre près du tiers antérieur du corps, au lieu de déboucher, comme chez l’Ankylostomum duodenale, en avant du tiers postérieur.

4° Les tubes génitaux mâle et femelle, très longs et très minces, ont une disposition moins régulière que chez l’A#kylostomum duodenale.

Le mâle mesurerait d’après Stiles, de 7 à 9 millimètres ;

PAL MES) NE a la femelle, 9 à 11 millimètres, dimensions inférieures à cel- Les de l’Ankylostome européen. Les œufs sont plus volumineux en général. | |

Dans l’ensemble, le développement du Necator americanus est identique à celui de l’Ankylostomum duodenale, et la résistance de ses œufs et de ses larves aux différents agents physico-chimiques est aussi la même.

Symptomatologie

L’on peut distinguer dans la symptomatologie de l’an-

kylostomiase trois périodes:

La première, ou invasion du corps par l’embryon, est marquée par des dermatites de genres différents: papulovésiculaire ou-pustulo-ulcérative. Ces dermatites sont situées généralement sous la plante des pieds ou au tiers inférieur de la jambe. Le symptôme initial de ces dermatites serait à rapprocher de celui de l’urticaire, c’est-àdire de la rougeur et de la démangeaison. Ces phénomènes locaux seraient dus à la pénétration de la larve dans les tissus.

La seconde période, due à une sorte d’infection pyogénique, serait caractérisée par ide la leucocytose et de l’éosinophilie précédant la symptomatologie vraie de Pankylostomiase.

Enfin, la troisième période serait marquée par une anémie plus ou moins intense: le malade vient pâle, faible, avec de l’œdème généralisé, quelquefois de l’ascite. L’anémie des tissus est marquée surtout à la conjonctive de la paupière inférieure, qui est d’un blanc mort d’une appa-

rence particulière.

Tous ces signes cliniques at de à | avec le paludisme, la cachexie et le kala-azar.

A ces caractères physiques, s’ajoutent d’ autres symptômes d’ordre fonctionnel:

L’appétit disparaît, le malade é éprouve de douleurs épigastriques plus ou moins vives, les réflexes des membres inférieurs sont diminués ou abolis; on constate parfois de la diarrhée ou de la constipation avec selles sanguinolentes, et la présence de cristaux de Charcot-Léydeni: puis surviennent des bourdonnements d'oreille, des vertiges, de la dyspnée et des palpitations: le pouls est rapide, dicrote et intermittent. |

Si à ce moment l’on n’intervient pas, l’anasarque peut apparaître avec épanchemeñt dans les séreuses et albuminurie; la mort peut survenir soit par neope, soit par complication intercurrente.

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Fièvre. — On peut, dans l’ankylostomiase, rencontrer trois types de fièvre:

1°. Le type intermittent, qui est le plus commun et dans iequel la température monte rarement au-dessus de 38°;

2° Un type irrégulier quelquefois intermittent, quelquefois subcontinu ;

3° Un type onduleux, très rarement observé.

La fièvre ne serait pas due au parasite lui-même, mais serait d’origine bactéricide: l’Ankylostome, lésant la muqueuse, ouvrirait une porte d’entrée aux bactéries siégeant dans l’intestin, d’où infection.

Urine. — L’urine est abondante, pâle, souvent alcaline; sa densité oscille entre 1010 et 1015. On y trouve rarement de l’albumine, mais il y a en général augmen-

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Ces différents états pathologiques sont dus à l’ invasion de l’organisme par le parasite, à ses toxines et surtout à l’accès dans un terrain PrÉpÈTe d’autres germes pathogènes. |

L’ankylostomiasique est donc le sujet Drénéntant des phénomènes morbides plus ou moins accusés, avec modification du tissu sanguin; l’ankylostomé, ou porteur du parasite, ne présente, lui, aucun trouble objectif ou fonctionnel, et l’examen du sang ne révèle aucune modification.

Sang

° Globules rouges et hémoglobine. — La diminution se nombre des globules est fréquente et peut être considérable. Le taux de l’hémoglobine subit un abaissement très marqué et peut descendre jusqu’à 25 0/0. ;

Cette anémie globulaire et cette diminution du taux de l’hémoglobine ne sont pas de règle absolue.

Les avis sur cette question sont assez partagés: les uns admettent une hyperglobulie constante ainsi qu’un taux d’hémoglobine hyponormal; les autres, une hyperglobulie et un taux d’hémoglobine hypernormal.

Weinberg et Léger, au cours d’une enquête sur l’ankylostomiase dans les bassins houillers du Midi de la France, constatèrent que chez la plupart des malades examinés, le nombre des hématies et le taux de l’hémoglobine étaient normaux; dans trois cas cependant, ils observèrent une hyperglobulie et un taux d’hémoglobine hypernormal. Dans les expériences. de laboratoire, auxquelles ils se livrèrent à la suite de ces constatations, en injectant à des

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à cobayes de l’extrait de Scerostomum cquinum, Weinberg . et Léger obtinrent chez ces animaux une augmentation dei

la richesse globulaire et hémoglobinique du sang.

L’hyperglobulie et l’augmentation du taux de l’hémoglobine, constatées chez les mineurs, étaient done probablement dues à l’action stimulante produite chez les ankylostomés, porteurs d’un petit nombre de nématodes, par la sécrétion en petite quantité d’hémotoxine vermineuse agissant sur les organes hématopoiétiques.

L'’on peut admettre au début de 1 infestation, si le malade ne présente aucun trouble de la santé, une phase d’hyperglobulie et hyperchromémie; plus tard, lorsque le sujet est resté sans soins et est devenu un ankylostomiasique, sous l’action de toxines absorbées en abondance, on constate une baisse progressive et parfois très accentuée des globules rouges, en même temps qu’une diminution parallèle du taux de l’hémoglobine.

2° Globules blancs. — En général, l’on n’a constaté dans l’ankylostomiase aucune variation du nombre des globules blancs. Au début de l’infection, on admet cependant, à la suite d’expériences de laboratoire, que les leucocytes augmentent dans de notables proportions pour revenir bientôt à leur taux normal. :

3° Formule leucocytaire. — Le caractère essentiel de la formule hématologique dans l’ankylostomiase est l’éosinophilre.

En 1891, Muller et Rieder signalaient 8 à 9 0/0 de polynucléaires éosinophiles chez les deux porteurs d’ankylostome.

Jappert a compté jusqu’à 17,0/0 de cellules éosinophiles; Ehrlich et Leichtenstern signalent un cas avec 72 0/0.

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