‹ L'anneau d'argentChapitre 3 sur 30 · MADAME DE FOLLEVÏLLE , PLACIDE DE MELYAL, CÉCILE · texte numérisé non relu

MADAME DE FOLLEVÏLLE , PLACIDE DE MELYAL, CÉCILE

CÉCILE , à Placide, en riant.

Je parlais de vous.

PLACIDE

Que de remerciemenls ne vous dois-je pas pour me faire connaître ainsi à madame de Folleville , que je vois pour la troisième fois seulement.

MADAME DE FOLLEVILIE, SOuHant.

Grâce à ma nièce , nous voilà d'anciennes connaissances.

PLACIDE

Et j'ai commencé à eu prendre tous les droits, en m'occupant de vos plaisirs , mesdames.

CÉCILE

Comment ?

Vous aurez , ce soir , de la musique , grâce à moi. . . J'ai prié quelques artistes de me rejoindre ici . . . et j'amène aussi des instruments ! . . Des cornets à piston, des ophicléides, des trombonnes... Oh! ce sera.,.

CÉCILE, riant.

A n'y pas tenir, à ce qu'il paraît?

PLACIDE

Vous verrez !

CÉCILE, riant.

Cest-à-dire que nous entendrons!.. Et que trop, peut-être?

PLACIDE

Oh ! madame de Verneuil aime à me contrarier !.. Je ne m'en fâche pas!., mais j'oublie que je me suis chargé d'une commission, une lettre... (Il la tire de sa poche.) de monsieur Arthur de Vérigny.

CÉCILE, reculant.

Ah!

PLACIDE

C'est pour madame de Folleville.

MADAME DE FOLLEVILLE

Donnez, monsieur; je vous remercie. (Pen^ dant qu'elle Ut d'un côté , les autres continuent la conversation.)

PLACIDE

Ma sœur ne tardera pas à venir, mais elle n'a Jamais voulu mouter dans mon briska ; elle prétend que je trouverais le moyen de verser , même avec une voiture inversable.

CiCILE.

Elle a raison ! . . . L'autre jour , ce bon monsieur do Verpy...

PLACIDE , riant.

C'est vrai !.. Il sortait de chez vous avec moi; il était à pied, j'avais mon tilbury. .. «Je- « tez-moi à l'entrée de la Chaussée-d'Antin, me « dit-il, je vais faire une visite, et je serais « bien aise de n'être pas crotté 1... » Je l'ai jeté en effet sur le boulevard, mais, je ne sais comment cela s'est fuit, c'était du huut de mon tilbury.

Ain ; tlii baiser au porteur.

CÉCILE

Voyez pourtant ! Un fiîs de la Victoire Par cent combats aux dangers, aguerri, Pouvait mourir, malgré toute sa gloire,

Tué par votre tilbury !

Il serait mort sous votre tilbury !

PLACIDE

Oh ! non madame En accrochant ma roue ,

J'eus le bonheur de le verser Juste au milieu d'un épais tas de boue. ...

Il ne pouvait pas se blesser.

CÉCILE, riant.

Et lui qui ne voulait pas être crotté!

Au reste, je suis bien aise qu'Aglaénesolt pas

venue avec moi :

faire une surprise

j'ai proûté de cela pour lui J'ai mis sa harpe dans ma

voiture; elle la trouvera en arrivant ici, CÉCILE , souriant.

Je gage qu'elle est cassée,

PLACIDE

Je l'ai placée moi-même.

CÉCILE , riant.

Bon !

MADAME DE FOLLEVILLE, qui rt lu.

Cette lettre m'est bien adressée , en eÉfet , par monsieur Arthur de Vérigny , mais il n'y est question que de toi, ma nièce.

CÉCILE

De moi? (Regardant Placide avec inquié' tude.) Monsieur de Melval, vous arrivez. . . Si vous vouliez prendre quelque chose ?

PLACIDE

Merci , Madame !.. Je n'ai besoin de rien .

CÉCILE

Vous reposer du moins?

PLACIDE

Pour deux lieues faites en voiture, je ne peux pas être fatigué.

CÉCILE , à part.

C'est juste ! Je veux qu'il s'en aille il

restera ! (Haut.) Ah! vous devriez apporter ici la harpe d'Aglaé.

PLACIDE, allant vers la sonnette.

Si Madame le permet, je vais sonner un domestique.

CÉCILE, vivement.

Y pensez-vous?.. Après l'avoir placée vous même dans la voiture, risquer qu'il lui arrive quelque chose, faute d'y veiller.

PLACIDE

Ah ! vous avez raison , Madame ! . . . J'y vais moi-même. (Il fait quelques pas.) CÉCILE, à elle-même.

Enfin !

PLACIDE , revenant.

Si cependant

CÉCILE

Oh ! . . . mais allez donc , Monsieur 1 . . ,

»LAClDE.

Oui, oui ; . . . mais je roviens le plus vite possible. (Il sort.)

Page 1