LES MÊMES , THOMAS
THOMAS ( accourant tout effrayé et heurtant Raymond),
Not'maitr', notr' maitr'... Ah!
RAYMO^^D.
Butor, tu ne peux pas prendre garde.
THOMAS
Dam ! je n'yous vayais pas.
RAYMOND
Ah! c'est vrai, mon anneau... J'oubliais que j'ai tourné le
chaton. {^11 le retourne.) Mais tu me vois à présent Eh!
bien que veux-tu?
THOMAS
C'est un petit homme tout noir qui dit comm' ça qu'il vient arrêter...
RAYMOND
Qui donc?
THOMAS
Un monsieur Albert.
BAYxMOND, EUGÉNIE.
Vous!
ALBERT (.1 pan).
J'en étais sûr. (à Raymond.) Vous n'ignorez point que nous autres savans , nous ne nous occupons pas beaucoup des biens de la terre... Je me trouvais dans une situation forr embarrassante; et, pour m'en tirer, au moyen d'une opération du plus haut intérêt, je suis parvenu à faire de l'or.
J'entends; vous avez trouvé la pierre philosophais
ALBERT (à Eugénie).
Oui, à 75 pour cent.
RAYMOND
Etl'onvous accuse sansdoute de manœuvres cabalistiques.^ Voilà comme on traite le mérite.
ALBERT
Ce n'est pas d'aujourd'hui, monsieur, vous le saver.
RAYMOND
Et c'estçour avoir voulu marcher surle3 traces des grands hommes...
ALBERT
Qu'on est sur les miennes.
RAYMOND
Comment faire?... laissez-moi réfléchir, (à part.) Si je lui prêtais mabagueil pourrait aisémentéviter leurs regards... Oui, mais un objet d'un si grand pii'i jieut-on le confier à des mains étrangères?. . Ma foi... Si moi-même ? Je ne risquerais rien , et je m'amuserai. [Iiaui. ) Mon ami, vous êtes sauvé.
ALBERT
Vraiment!
RAYMOND
Ma fille, laisse-nous; et toi, Thomas, fais entrer ce monsienr.
THOMAS
Oui, nol' maitr'.
EUGÉNIE. Courons prévenir ma tante de ce contre-temps. {Elle sort avec Thomas. )