SCÈNE XIV
Les mêmes , plusieurs recors.
RAYMOND (à part).
Diable, ils sont en nombre... C'est égal, ce sera plus drôle.
PROTÊT
Entourez monsieur, et marchons.
RAYMOND (aux recors qnî s'approchent).
Un moment! un moment! (à /;ar^) Ils croyentm'emmener... en avant l'anneau de Gygès.. (// frotte L'anneau et tourne le chaton.) Disparais! (// veut se sauver; les recors le prennent au collet. ) C'est singulier comme ils m'ont saisi juste au collet. (// tente d'ôter son habit et de s'échapper.') PROTÊT.
C'est enTain que vous voudriez nous échapper; nous avons des yeux.
RAYMOND
Pour ne point voir. (// frotte encore sa bague et essaye de s'échapper).
PROTÊT
Trêve aux railleries, monsieur, il faut marcher.
RAYMO:ND(àpari).
Eh! mais... est-ce qu'ils me verraient réellement, (haut.) Est-ce que je ne suis pas disparu?
PROTÊT
Allons, vite, qu'on l'entraîne.
O ciel! ma bague a perdu son effet. Je ne suis pas invisible. Messieurs, une petite explication. C'est un jeune homme que vous venez chercher.
PROTÊT
Ta, ta, ta... nous n'écoutons rien.
CHOEUR (excepté Raymond).
Aia : Marchons, suivons les pas.
Marchez Et vous allez En effet disparaître ; Vous serez tout de hon , Invisible en prison, (ùis.)
BAYMOND.
Ma IjHgue est sans effet ; Cielije vais disparaître^^ Je serai tout de bon , Invisible en prison.
Choeur • àlarchez , etc.
( Ils sortent tous par le fond. )
SCÈ?sE XV.
ALBERT (seul; il entrouvre doucement la porte et parait quand tout
le inonde est sorti ).
Pour cette fois, voilà l'anneau tout-à-fait en discrédit, et ce pauvre monsieur Kaymond qu'ils emmènent à ma place!.. Mais c'est pousser assez loin la uiystificalion... Courons le délivrer,.. O ciel ! que vois-je? mou père? rentrons dans le sanctuaire impénétrable aux profanes. (// rentre dans le cabinet. )
SCÉJNE XVI.
GUILLARD, Mad. LEFRANC, EUGÉNIE, THOMAS.
[Entrant par une porte latérale.)
THOMAS
Tiens... Ils ne sont plus ici.
GUlLLAr>D, Quoi ! madame Lefranc ! vous clés sûre que c'est mon fils.
M..d. LEFllAJNC.
Oh! mon Dieu, oui.
EUGÉISIE (à Thomas ;.
Et tu ne les a point vus partir?
THOMAS
Dam' j'étais à l'autr' bout du jardin.
M..d. LEFRAKC.
Est-ce que vous le laisserez ainsi conduire en prison?
GUILLARD
Non pas vraiment; je ne croyais pas que cela irait jusque-là. Je lui ai refusé assez durement, il est vrai, un millier d'écus
pour acquitter une dette : mais si j'avais su qu'il eût affaire à un arabe... Mon pauvre fils en prison!... Un garçon plein de mérite an moins, Madame Lefriuic, et qui, j'en suis sûr, fera le bonliour de mademoiselle Eugénie.
EUGÉNIE
Ma tante et moi nous savons l'apprécier.
GUILLARD
Il est jeune, il a fait des folies, c'est tout simple; mais je lui pardonne de tout mon cœur. . . Voir mon fils en prison!
AIR du Carnaval.
Ah! tous ses torts , son malheur les réparc; Dùt-il bien plus, chez moi les tonds sont prêts. Quoi dans les fers un créancier barbare, Va sans pitié le plonger! . . Non jamais.
{Albert ouvre la porte et s'avance.^