SCÈNE IV
Les mêmes , RAYMOND , THOMAS.
RAYMOND, (il porte sous son bras une boîte pleine Je vieille ierraille, un \lei>-\ casque, une tunique cl une urne.)
Air de Bancelin.
Siècle ignare 1 ( Bis . ) Siècle Irivoie et barbare
Oùraudque,
Le gothique
Sont mis A d'aussi bas prix !
Peut-on le croire , grands dieux 1 Le glaive du vieil Horace, Moins cher qu'un couteau de chasse, A'^ient de se vendre à mes yeux.
On estime un cachemire Plui qu'un manteau de Dldon:
D'Homère on vendrait la lyre Moins qu'un méchant violon.
Siècle ignare I^Bis. ) , etc.
Tiens, Thomas... pose ces objets sur cette table... Doucement, doucement.... des précautions, (//rourf à lu porte du cabinet, cherche la clef dans sa poche et entre à demi. ) Bien , tout est bien dans mon laboratoire.
Mad.LEFRANC.
Bonjour, mon frère.
RAYMOND
Bonjour , ma sœur... Quel est ce monsieur ?
Mad.LEFRAINC(bas).
Il est venu pendant votre absence... C'est un savant étranger, m'a-t-il dit.
RAYMOND
Un savant! {saluant Albert.) monsieur...
ALBEKT.
Oui, Monsieur, membre d'une société d'antiquaires d'Allema-'ne, je n'ai pas voulu passer auprès de la demeure d un homme dont la réputation est européenne, sans lui demander la permission de lui présenter mes hommages et de visiter les antiquités précieuses dont il est possesseur.
RAYMOND
Monsieur... tout ce que je possède est à votre disposition.
{a part.) Ma réputation européenne!., hein! ma sœur.. . ce
que c'est que la science!., vite, un repas magnifique, un vrai
repas de savant.
Air du vaudeville des Blouses.
Un -vrai savant , loin d'aimer l'abstinence. Veille aux besoins du corps et de l'esprit.
ALBERT
Gardez-vous bien de vous mettre en dépense , Je n'eus jamais un fort grand appétit.
Mad. LEFRANC.
Quoi! vous aimez h faire maigre chère?
Mon cher Monsieur, vous êtes en ce cas De cessavans comme on n'en trouve guère, De ces savans comme on n'en trouve pas.
RAYMOND et Mad. LEFRANC.
Un vrai savant , loin d'aimer l'abstinence , Veille aux besoins du corps et de l'esprit; C'est pour ne pas nous induire en dépense Qu'il a parlé de son peu d'appéiit.
ALBERT
Un vrai savant ami de l'abstinence.
S'occupe moins du corps que de l'esprit. Gardez-vous bien de vous mettre en dépense ; Je n'eus jamais un fort grand appétit.