ACTE II. — SCÈNE IV
viennent soutenir son cri: a Ah ! ... L'anneau... — à cette main! — Lui ?... Siegfried?... » — Les assistants surpris s’interrogent mutuellement; mais Ilagcn, arrivant à l’arrière-plan, se glisse parmi les hommes, et insinue : « Ouvrez l'oreille — écoutez sa plainte ! » L’orchestre indique que c’est le Nibelung qui parle en lui (motif IGG).
Brünnhilde, dont les paroles s’unissent au thème de l’agitation d’esprit,
180 (W 53). Motif de l agitation desprit
a peine à maîtriser son agitation ; elle se tourne vers Siegfried. « [L'anneau] me fut pris par cet homme », dit-elle, — en désignant Gunther. Cependant Siegfried nie avoir reçu de Gunther aucun anneau et Gunther lui aussi déclare ignorer l’anneau. Le motif IGG nous explique que toute cette scène est l’intrigue d’un Nibelung; mais Brünnhilde continue avec rage. Pour conclure, un puissant passage de cordes (181), issu du motif 172, avec un accord fortissimo du tutti ,
prépare l’accusation quelle lance contre Siegfried : « A h ! c est lui seul — lui qui nia ravi l'anneau : — Siegfried ! — 0 fourbe voleur. » Tous les regards se tournent avec impatience vers Siegfried ; mais au déses-
LE CRÉPUSCULE DES DIEUX
poir de Brtinnhilde, l’orchestre donne une seule réponse (182) sous laquelle on pourrait mettre ces
paroles : « C’est la punition de la faute (cf. 172), que tu sois trompée par celui que tu aimes le plus. » Siegfried se justifie : « il n’a pas reçu l’anneau d’une femme; c’est le butin de sa victoire contre le dragon. » Aux bassons apparaît, comme motif du dragon, une figure qui s’élève péniblement (R 25). Hagen s’avance entre eux deux et — tandis que le motif 166 explique la question — il demande à Brünnhilde si elle reconnaît bien l'anneau qu’elle a donné à Gunther : « ... Si de toi Gunther Veut, — il est à lui , — et Siegfried Vacquit par un dol; — or qui fut fourbe — doit justice. » — « Mensonge ! Mensonge ! » s’écrie Brünnhilde au comble de la douleur. Le motif de l’anneau, sous la forme descendante (139, R 11 a), menace d’anéantir l’infidèle : « O traître! ô traître! comme jamais il n'en fut. » Mais aux cors le motif du malheur (156), trois fois répété, nous montre que Hagen a maintenant trouvé une raison d être « fidèle » ; de même, le motif 182 qui résonne sombrement aux bassons, violons et contrebasses. Le motif de la punition de Brünnhilde se développe et devient alors le motif de la vengeance de Brünnhilde contre Siegfried. Mais que Brünnhilde elle-même doive exprimer cette pensée de vengeance contre celui qu elle aime par-dessus tout, c'est une double punition pour elle, que Siegfried qui ne se doute de rien va mainte-