ACTE ïî. — SCÈNE IV
nant haïr. Après un trait en doubles croches résonne aux. bois le motif du Walhall (134) et celui de la mauvaise humeur (171) tandis que Brünnhilde conjure les dieux de punir celui qui l’a trompée. Comme conclusion à ses paroles, une série de thèmes du malheur (183), allant toujours vers le grave, nous représente le malheur qui va s'abattre sur Siegfried :
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Si Wagner fait paraître cette suite de motifs sous forme de syncopes, ce n’est peut-être pas sans raison, mais pour indiquer que ce malheur, quoique appelé en apparence par Brünnhilde, est cependant l’œuvre des Nibelungen (les syncopes caractérisent les Nibelungen dans le thème IGG) de qui l’action se manifeste en ce moment dans les actes de Ilagen.
Gunther veut faire entendre des paroles d’apaisement : mais Brünnhilde l’appelle « traître » et même « trahi ». « Sache donc , peuple, — que lui , — non l'homme là — est mon époux. » Dans son accusation interviennent, lorsqu'elle parle de Détresse, le motif du glaive (140) et celui du contrat (135); lorsqu’elle rappelle que Siegfried l’a conquise, ses paroles sont confirmées à la clarinette et au cor par le motif (147) de l'amour conjugal de Brünnhilde. Elle affirme que Siegfried la « soumise au charme d'aimer ». Naturellement, les hommes qui assistent à la scène croient que Siegfried a violé et trahi son serment de fraternité,
LE CRÉPUSCULE DES DIEUX
et qu'il a déloyalement possédé Brünnhildc lorsqu'il allait la conquérir pour (iunther, tandis que Brünnhilde, dans son accusation, pense au temps où Siegfried l’a conquise après l’avoir pour la première fois éveillée, ce que Siegfried a oublié grâce au breuvage et ce dont les autres, hormis Ilagen, ne se doutent pas. Aussi les hommes, Gunther etGutrune le pressentils de se laver de cette accusation par un serment. Siegfried est prêt à jurer et Ilagen offre son arme pour recevoir le serment : « Prend* mon fer de lance , — j'ose Voffrir ; — qu'il soit gardien du serment. » (La quinte diminuée nous fait ici reconnaître le thème de Ilagen, un peu modifié.) Au serment que Siegfried prête en posant les doigts sur la lance de Ilagen, le tutti fait entendre le motif 172. Car c’est la même lance avec laquelle, dans la scène suivante, Ilagen jure de frapper le héros et c'est h' même motif 172 qui, devenu plus tard le motif LS5, sanctionnera la résolution : « Siegfried tombe ». « Clair épieu , — arme très sainte, — fais droit aux justes paroles ! — Sur ta pointe vive — fais-je serment : — Pointe , sacre mon vœu! — Ou peut ton fer m'atteindre — perce ma chair ; — où la mort sur moi peut fondre — fonds sur moncorps, — Sicetle femme dit vrai, — si j'ai au pacte manqué ! »