‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 117 sur 124 · ACTE II. — SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II. — SCÈNE II

vainqueur. — Oh ! avec quelle ardeur m'étreint — la belle Brünnhilde en ses bras . » « Qu'entends-je ? » s’écrie Gunther atterré, — et deux corbeaux, les corbeaux de Wotan, s’envolent d'un buisson, tournent (aux sons du motif de Loge, 149) autour de la tète de Siegfried et s’envolent pour annoncer à leur maître le commencement du crépuscule des dieux. Le choix du thème de Loge s’explique ici par la raison que l’incendie du Walhall est le symbole de la perte des dieux : « Sais-tu aussi — ce qu'ont dit ces corbeaux ? » demande Hagen... Siegfried se lève rapidement et tourne le dos à llagen, pour suivre des yeux les corbeaux... « Frappe ! Tel est leur cri ! », et sur le motit du malheur, éclatant fr, uni à la malédiction d Àlberich, llagen plonge sa lance dans le dos du héros. Siegfried dresse encore une fois son héroïque stature; son bouclier menace d’écraser le meurtrier. Mais Hagen l’a bien touché; — Siegfried s’abat, sur son bouclier qui a échappé à ses mains. L’orchestre a accompagné tous ces événements avec un terrible réalisme : lorsque tombe le héros, il s éteint, comme épuisé, en donnant comme accompagnement au thème (lo8) des trombones, les sons lugubres du motif de l'annonce de la mort, pour suivre le meurtrier qui s’éloigne dans le crépuscule.

Bouleversés, Gunther et ses hommes entourent le mourant, dont les yeux brillants s’ouvrent pour la dernière fois, et qui envoie à Brünnhilde un suprême adieu. De légers arpèges de harpes enveloppent son chant, qui repose d abord sur les accords par lesquels Brünühilde, à son réveil, salua la lumière; ensuite

POCHHAMUKR.

LE CRÉPUSCULE DES DIEUX

d une façon saisissante, il

188 (S 126). Sa/u/ dumourde Rr'ùnnhilde

WH#

éunit le motif 188 (salut d’amour de Brünnhilde), le motif de la joie d'aimer (102), le motif de Siegfried et le motif de l’annonce de la mort, aux sons duquel le héros expire. Toute autre parole — le compositeur l'a senti et nous le sentons avec lui — serait maintenant sans effet, et gênerait môme ; c’est pourquoi la musique pure, la musique instrumentale reprend ici ses droits, substituant aux paroles des sons qui trouvent un écho dans les cœurs sensibles, dont ils sont compris. Cette admirable marche funèbre , durant laquelle les hommes portent le •cadavre de Siegfried sur son bouclier, pour le ramener en un cortège solennel jusqu'au burg royal, cette marche — sans parler des autres mérites de cette magistrale composition — est particulièrement saisissante parce que tous les thèmes des Walsungen s’y rejoignent pour faire une apothéose au plus digne héros de cette race ; tout le destin, heureux ou malheureux, des Walsungen est couronné par la figure héroïque de celui que l’on pleure. Le thème de la détresse des Wal¬

sungen ouvre cette musique funèbre, pour représenter le destin des Walsungen. Ensuite viennent le motif héroïque des Walsungen (155), le motif de

180 (W ù9). Motif'de lu détresse des Walsungen

100 ( W 34 ). Motif de Sieglinde

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