‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 119 sur 124 · scène in · texte numérisé non relu

scène in

Le brouillard s’est dissipé. Il fait nuit : la lune éclaire le burg des Gibichungen ; Gutrune, sortant de sa chambre, entre dans la grande salle. Au loin retentit, sur un ton funèbre, le cor de Siegfried. « Etait-ce lui? » Elle écoute ; seul h' motif de l’annonce de la mort, pp , lui répond. De mauvais rêves ont troublé le sommeil de Gutrune ; elle a cru entendre le hennissement d’un cheval et le rire de Brünnhilde... et « quelle est la femme — qui vers le Rhin fai vu marcher? » (motif

LE CRÉPUSCULE DES DIEUX

145). C’était Brünnhilde, dont la chambre est vide maintenant, comme Gutrune s'en aperçoit. De nouveau un cor retentit, cette fois sur le thème de l’appel des noces. « Non... rien... » Pourtant qu’y a-t-il ? Le Hoiho de Hagenperce l'obscurité de lanuit, accompagné du motifdu serment de lamort(lSo), qui retentit lugubrement aux bassons, violoncelles et contrebasses : Hoi-ho ! Iloi-ho ! Debout! Debout! Vite! Vite! des lumières! Nous rapportons du gibier. » De tout côté arrivent des hommes et des femmes avec des torches. Gutrune demande avec angoisse : « Qu'apportent-ils, Hagen? » et llagen, comme il l'avait décidé, répond : « D'un cruel sanglier victime, — Siegfried, ton époux, est mort. >» Gutrune pousse un cri et tombe sur le cadavre qu'on vient de déposer dans la salle. Gunther veut relever et consoler Gutrune; elle le repousse avec ce cri : « Loin! Frère parjure. — C'est toi qui fis ce meurtre. » Gunther dénonce Hagen comme l’auteur du crime. Hagen, avec un cynisme effrayant, s’approche et avoue qu’il a frappé Siegfried avec la lance sur laquelle celui-ci avait juré son faux serment, et, pour prix de sa vengeance, il réclame l’anneau (le motif de l’anneau 139 accompagne cette scène) qui est à la main du mort. Mais Gunther refuse de donner ce qui lui revient, et comme Hagen ne lui reconnaît pas ce droit, Gunther déclare que l'anneau sera l’héritage de Gutrune. Alors, tandis que les trombones exposent le motif de la malédiction d’Alberich, Hagen tire son glaive en s’écriant: « Il vient du Niblung — et son /ils le veut », et il frappe Gunther (motif de 1 annonce de la mort) qui se défend à peine et avant que les hommes qui se précipitent sur lui aient

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