ACTE I — SCÈNE II
91 Motif du voyagtrur
Le dieu, comme voyageur, a échangé le heaume pour un chapeau à larges bords. Mime, nullement édifié par cet hôte imprévu, à l’aspect solennellement mystérieux, invite avec angoisse ce voyageur à le cjuitter le plus tôt possible. Le voyageur lui dit bien qu’il a beaucoup voyagé, qu’il sait beaucoup, et qu'il a donné à plus d un de bons conseils; Mime renonce à la sagesse du voyageur et n’est pas peu étonné lorsque celui-ci, malgré tout, s’assied à son foyer et offre au nain sa tète comme gage d’un pari, le motif du contrat servant ici d introduction et de conclusion à ses paroles. Pour se débar¬
rasser de l’indiscret. Mime accepte sa proposition (motif de la réflexion, 76) et lui demande d’abord : « Dis quelle race —vit au terrestre abîme?» Le voyageur sait tout ; il lui parle desNibelungen (motif de la forge, 77) de Tarn neau (motif de l’anneau, 81) et du trésor amassé par Alberich pour conquérir le monde (motif du malheur, 78). Mime retombe dans une profonde méditation et sa seconde question porte sur les habitants du « dos de la terre », les géants. Le voyageur satisfait aussi à cette
SIEGFRIED
question ; lorsqu’il fait mention de Fasolt et de Fafner, lemotifdesgéanls intervient(93) ; aussitôt résonnent les motifs de l’anneau et du dragon (81 et 80) ainsi que celui du contrat.
Gomme troisième question, le nain désire savoir « quelle race — vit aux monts nuageux ». Naturellement cette question est pour Wotan la moins embarrassante de toutes. Le motif du Walhall vient confirmer les dires du voyageur sur Wotan et les alfes du jour, habitants du Walhall. Lorsqu'il est question de forme du monde, résonne le motif du devenir ou des nornes 1 (95), lequel, au reste, est le plus souvent employé 95(h.3). sous une lor-
me resserrée (croches pointées, voir motif 104), mais dont le rythme est parfois modifié. Aux mots « Tous à jamais le subissent — Vépieu puissant du dieu ! » Wotan frappe la terre de sa lance (motif de la lance = motif du contrat, parce que les contrats étaient jurés sur la lance, 92) et un léger roulement de tonnerre dit au nain, qui se dresse effrayé, avec qui il a engagé le pari. « Certes , ton gage est libéré , dit anxieusement le nain, donc , passe , suis ton