SCÈNE III
Tout d’un coup, il est pris d'un tremblement violent ; les rayons du soleil scintillant à travers les feuillages de la forêt, joints aux murmures mystérieux de la solitude
SIEGFRIED
sylvestre font surgir dans son esprit excité des images effrayantes : il croit voir Fafner (motif du dragon, 80, à la contrebasse), le serpent sauvage qui crache du feu, ramper vers lui. Une gueule affreuse s’ouvre devant lui et avec ce cri : « Le monstre m'attaque , — Fafner ! Fafner ! » le nain épouvanté tombe derrière le grand enclume. Cependant résonne du dehors la voix de Siegfried qui rentre et, s'informant du glaive, s'étonne et rit de voir Mime tremblant, qui sort, en rampant, de derrière l’enclume. Il essaye d’éluder d’abord la question de Siegfried qui lui demande pourquoi il n'a pas forgé le glaive : il prétexte qu’il a cherché le moyen d’enseigner la peur à son élève, ce qui est indispensable dans la vie. Le motif de Loge accompagne la description du sentiment de la peur; il est uni à la fin avec le motif du sommeil (90) pour indiquer le moment (acte III) où Siegfried apprendra réellement la peur.
.... # >jr Siegfried ne connaît
96 (W 74) . Motif du sommeil
pas encore la peur et est prêt à apprendre cet « art ». Fafner, le serpent géant, doit, au dire du nain, la lui inspirer. Siegfried s’y déclare prêt encore; mais il faut qu'il se serve du glaive de son père et puisque Mime n’a pas su le forger, il faut que lui-même le forge. Le jeune homme se met impétueusement à l'ouvrage. Pour figurer son travail vigoureux, Wagner emploie (97 a) la [première partie de l’appel du cor de Siegfried (82), tandis que la seconde partie (97 b) du motif 58 s’v annexe pour caractériser excellemment la hâte du jeune et impétueux forgeron.