‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 83 sur 124 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Entre les fragments du motif du sommeil s’élèvent des accords de harpe, sans que puisse échapper à l’auditeur la prophétie qu’apporte le motif de l’annonce de la mort (119) : le jeune couple de Siegfried et Brünnhildc, appelé à racheter pour le monde la faute des dieux, n’arrivera qu idéalement à l’empire du monde, et devra sceller de sa mort l’acte rédempteur. De nouveau alternent le motif du sommeil et les sons de la harpe d’où se détachent, pour célébrer la vierge endormie, les sons caressants du motif de Freia (110) au violon solo ; ils s’élèvent jusqu'à l’aigu, renforcés par une coda. Sous une tenue de la note la plus aiguë, retentit une fois encore l’avertissement du motif de l’annonce de la mort; pourtant, comme pour signifier que l’amour lui-même triomphe de la mort, la mélodie s’abaisse pour prendre la forme du motif du sommeil, avant de passer de nouveau dans le motif de Freia. Siegfried vient d atteindre le bord rocheux de la hauteur : il aperçoit d’abord le cheval de la Walkyrie, lequel, comme sa maîtresse, a été plongé dans le sommeil. Le héros s’avance encore : « Quel vif éclat me frappe ! — Quels riches reflets d'acier? — Ahl un homme , un guerrier! » 11 soulève le casque qui, dit-il, pourrait gêner le

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