‹ L'année 1817Chapitre 17 sur 33 · LAN NÉE 1817 IV.YA · texte numérisé non relu

LAN NÉE 1817 IV.YA

Rosières, écrivait le lendemain le Journal des Débals, ne manque ni de grâce ni de fraîcheur... Les auteurs demandés et nommés au milieu des applaudissements sont, pour les paroles, M. Théaulon, et pour la musique M. Hérold, jeune élève de M. Boïeldieu. M. Hérold a eu la faiblesse de céder à l'invitation qui lui a été faite de comparaître en personne sur le théâtre 1. — Le 18 octobre de la même année, Hérold fit jouer la Clochette, qui obtint un succès plus vif encore et où se trouvait l'air devenu aussitôt populaire : Me voilà, me voilà, pour toi que faut-il faire ? Ainsi s'ouvrait, par deux œuvres charmantes, la carrière, si courte mais si éclatante, de l'auteur de Zampa et du Pré aux -Clercs.

De son côté, l'Académie royale de .Musique attira et retint longtemps la foule avec les Danaïdes.

La première représentation des Danaïdes, opéra de Salieri, élève de Gluck, avait eu lieu le 26 avril 1784, l'année du Mariage de Figaro. La reine Marie-Antoinette y assistait, et le bailli de Suffren, qui paraissait en public pour la première fois depuis son retour de l'Inde, s'étant montré au balcon, avait été salué par les bravos des spectateurs et par les fanfares de l'orchestre.

Chaleureusement applaudie dans sa nouveauté, la pièce de Salieri, remaniée sur ses indications par Spontini et Paer, reçut, le 22 octobre 1817, un accueil enthousiaste. La voix de Nourrit et de Mme Branchu, le jeu de Mmc Courtin et de MUes Bigottini, Gosselin et Fanny Bias, enfin le tableau de l'Enfer par M. Degotty,

1 Journal des Débats, 28 janvier 1817.

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tout se réunissait pour assurer aux Danaïdes encore plus de représentations que de cousins-germains et de maris ; elles remplissaient tous les soirs la salle du Grand-Opéra, comme autrefois leur tonneau, et Leur succès semblait devoir être inépuisable comme leur supplice. Leur vogue pâlit cependant devant celle de leurs sœurs cadettes, les Petites Danaïdes. Cette désopilante parodie, écrite par Désaugiers avec une verve endiablée, et dans laquelle Potier jouait d'une façon si comique le rôle du père Sournois, est restée le chefd'œuvre du genre : elle n'a pas eu moins de six cents représentations '.

De tous ces petits événements, la première représentation en France d'un opéra de Rossini, les débuts de Hérold, le succès des Danaïdes, M. Hugo ne nous dit rien, ni de cet autre petit fait, qu'au concours de 1817, pour les prix de Rome, le second grand prix de compositien musicale fut remporté par un jeune homme de dix huit ans, destiné à écrire un jour Y Éclair et la Juive, Fromental Halévy, qui entrait dans la carrière au moment même où disparaissaient Marsollier, Méhul et Monsigny 2; il se borne à quelques lignes sur une

1 La vogue de la pièce de Désaugiers n'était pas encore épuisée en 1820. La veille de l'assassinat du duc de Berri, le 12 février, le duc et la duchesse avaient paru à un bal costumé donné par le comte le Greffulhe, pair de France, et ils avaient pris beaucoup de plaisir à cette tète, égayée par des travestissement sempruntés aux Petites Danaïdes.

2 Monsigny, le restaurateur ou plutôt le créateur de notre opéra-comique, mourut le 14 janvier, Marsollier le 22 avril, et Méhul le 18 octobee 1817. C'est dans la séance publique tenue par l'Académie des Beaux-Arts, le 5 octobre 1817, qu'llalévy fut

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romance d'Edmond Géraud et sur les concerts intimes de la marquise de Sassenaye.

« Toutes les jeunes filles, dit-il, chantaient Y Ermite de Saint- Avelle, paroles d'Edmond Géraud ». J*ai suus [es veux la romance d'Edmond Géraud, qui a pour vrai titre : Y Ih-nnite de Saint-Avelle ; elle obtint en effet un grand succès, mais en 1820 seulement, époque à laquelle sa popularité fut consacrée par deux comédies, jouées toutes les deux le même soir, le 3 juin 1820, au théâtre du Vaudeville, et à celui des Varités l. Le

couronné. Le gr;md-prix de peinture fut remporté par Léon Cogniet, élève de Guérin, et le grand-prix de sculpture par Charles-François Lebeuf, dit Nanteuit, élève de Cartelier, qu'il remplaça, en 1831, à l'Institut. On distribua, pour la première fois, le grand prix de paysage historique, ajouté par le roi Louis XVIII aux autres prix d'usage ; il fut décerné à Michallon, qui n'avait alors que vingt ans et qui devait mourir le 23 septembre 1882 avant d'avoir accompli sa vingt-sixième année, à l'heure où tout semblait lui promettre un succès éclatant et une renommée durable. Son plus célèbre paysage, la Mort de Roland à Roncevaux, fut exposé au salon de 1819. — Voilà beaucoup de notes et de digressions. Le lecteur me pardonnera sans doute s'il veut bien se rappeler que je l'ai averti au début du chapitre n, — un lecteur bien averti en vaut deux, — et s'il est disposé, comme moi, à dire après le poète Delille :

Le détour me rit plus que le chemin lui-même.

1 Le théâtre du Vaudeville était alors situé rue de Chartres- Saint-IIonoré ; il avait pour directeur Désaugiers, qui avait succédé à Barré au mois de décembre 1815 :

Bon Désaugiers, mon camarade, Mets-nous en train, bien en train, tous en train, Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin.

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