‹ L'année 1817Chapitre 20 sur 33 · HORTENSIA · texte numérisé non relu

HORTENSIA

Eh ! c'est monsieur Lantimèche, l'inventeur de ce nouvel éclairage.

LANTIMÈCHE.

Lui-même ! Mais ne confondons pas. Je ne suis pas de ces éclaireurs obscurs, de ces génies pâles et ternes qui ne sortent point du lampion, ou qui ne se sont jamais élevés plus haut que le réverbère. J'apporte avec moi un foyer de lumière, une invention nouvelle... J'ai proposé d'éclairer tout Paris avec un seul quinquet, un immense quinquet, dont on aurait multiplié les branches à l'infini. Je dis les branches, vous le remarquerez, parce que le gaz hydrogène est l'ennemi juré des mèches ! C'est même ce qui assure notre supériorité ; quelque vent qu'il fasse, nous ne craignons jamais chez nous que la mèche soit éventée.

Presque au début du Cnnbat des montagnes, Yhermite de la Chaussée d'Antin esquissait ainsi le tableau de Paris en 1817, et ces petits vers de Scribe nous en

commencerait par éclairer le palais du Luxembourg. La compagnie Winsor s'étant mise en liquidation en 1819, M. Pauwels créa, en 1820, une nouvelle société, qui est aujourd'hui encore en pleine prospérité, c'est la Compagnie française. « Louis XVIII,

— dit M. Figuier, auquel j'ai emprunté les détails qui précèdent

— voyait avec peine la décadence en France d'une industrie déjà florissante en Angleterre. On n'eut donc pas de peine à obtenir de la liste civile les fonds nécessaires pour continuer l'éclairage du Luxembourg et d'autres quartiers. Le roi devint ainsi, par le fait, entrepreneur d'éclairage?. Lorsque cette circonstance fut connue à la cour, on s'empressa de souscrire des actions, et de là est venu le nom de Compagîiie royale que porta cette société. > Voy. L. Figuier, Histoire des principales découvertes modernes, iv, 158.

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apprendront peut-être plus que la prose de Victor Hugo sur les théâtres et les amusements de la grande ville à cette date :

Paris est comme autrefois, Et chaque semaine Amène Nouveaux jeux, nouvelles lois, Et voilà ce que j'y vois :

Des chevaux dans les Ballets, Des serins tirant

Au blanc, Le chien jouant au

Loto ', Et le cerf dans son

Ballon s...., Don Almaviva 3 S'en va ;

Déjà Monthabor 4

Est mort ; Feydeau voit chez lui

L'ennui ; L'Opéra souvent En vend ; Le café Turc est joli, Mais on n'y consomme guères Et l'on va mettre aux enchères Les nymphes de Tivoli 5.

1 Le fameux chien Munito, qui jouait au loto et au domino dans la salle de la cour des Fontaines, au Palais-Royal.

2 L'aéronaute Margat s'était élevé en ballon avec un cerf dressé par lui. ,

3 Almaviva et Rosine, ballet de la Porte-Saint-Martin.

* Spectacle dans le genre de Servandoni, établi rue Monthabor. S On venait de vendre les jardins de Tivoli.

360 l'année 1817

Que de freluquets

Muets, Qui brillent par leurs

Tailleurs I On fait les discours

Très courts,

Et les pantalons

Très longs...

Eu terminant ce chapitre sur les théâtres, je ne puis me défendre d'un sentiment de tristesse, que le lecteur partagera peut-être, au souvenir de tous ces acteurs aujourd'hui disparus, de toutes ces pièces aujourd'hui oubliées, et qui ont été cependant une heure, un jour, la fête et la joie de nos pères. Je ne puis m'empêcher de recueillir, avec un intérêt mélancolique, ces dates, ces anecdotes, ces fragments épars,

Des spectacles d'hier affiches déchirées !

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