LE SALON DE GAND
RÉFLEXIONS SUR L'ÉCOLE BELGE DE PEINTURE. — LA TENDANCE DU PAYSAGE ET LA DÉCADENCE DE LA PEINTURE RELIGIEUSE. — DE LA NÉCESSITÉ DE POUSSER L'ÉTUDE DE LA FIGURE. — LES EXCÈS DU LUMINISME ET DE L'INTIMISME. — LES MAITRES DE DEMAIN.
Mardi 21 août.
L'exposition triennale est toujours l’événement artistique essentiel de l’année. C’est là que, non seulement on peut étudier l'extrême tendance esthétique dans notre pays, mais aussi le mouvement des arts dans les contrées voisines. Cette fois, c’est au tour de Gand à abriter, dans les salles admirablement aménagées de son Casino, les œuvres de peinture, de sculpture, les projets d’architecture qui constituent l’ensemble de la trente-neuvième exposition officielle des beaux-arts organisée dans la cité des Artevelde. Avant d’entreprendre, comme il convient, l'examen des ouvrages réunis dans les divers compartiments, selon leur genre et la nationalité de leurs auteurs, | il est peut-être intéressant de considérer, dans son aspect | général, l’état actuel de notre école de peinture nationale et d'essayer d'établir, en recourant au témoignage des derniers venus dans cette école, si les principes actuels établis par ce mouvement réaliste qui a restauré chez nous les saines traditions de nos anciens seront encore ceux des maîtres de demain, si ceux-ci prolongeront le règne heureux et fécond du lumino-naturisme, où s’ils rompront avec les principes en question pour adopter de nouvelles lois répondant à une orientation nouvelle.
Notre art reste aujourd’hui franchement vériste. Ils font exception, ceux qui, isolés dans leur orgueilleux atelier d'ivoire, s’obstinent à chanter seul des couplets inharmoniques, en déposant des offrandes sur les autels de
LÉON ALLARD : Chaumière (Aquarelle)
LÉO SCHAEKEXN : Tendresse (Pastel)
VANDAMME
NESTOR CAMBIER : Blanc et noir (Portrait de femme
Paur, BAuPs : Sur le sable (Aquarelle)