MARTINEZ
AOUI,
IiPPOLYIE DAEYE : Portrait de vieille femme
GODEFROID DE VREESE : Le monument des Eperons d'or, à Courtrai
(Vue d'ensemble)
prête aux chairs comme un frissonnement et fait deviner que le sang circule sous la peau. Il y a un symbole tout aussi charmeur dans un autre plâtre voisin : Sollicitude maternelle, de M. Henri Boncquet. Ici, c’est une mère qui serre contre elle avec amour ses deux mioches. Ces trois êtres nus constituent un groupe où l’auteur a appliqué avec éloquence les saines règles de la statuaire, c’est-à-dire le souci de la masse harmonieuse et l’accord des éléments variés dans le mariage des proportions. Le métier est caressé, velouté et donne aux formes dodues une souplesse grasse et chaude.
On connaît le Carrier de M. Léandre Grandmoulin, une œuvre puissante et parlante, exécutée largement, avec un admirable sens de l'expression décorative. Autrefois, c'est avéré, l'artiste subissait démesurément l'influence du chantre essentiel et immortel du pays noir. C’est ce qui permit un jour au plus britannisant de nos peintres de s’écrier, devant un travailleur des champs en bronze, exposé dans un salon de cercle : « C’est un petit Meunier dans un Grandmoulin !... » L'auteur du monument de Soignies a oublié cette période de tâtonnement, bien qu’elle ne soit pas très lointaine. Son tailleur de pierre au repos est un morceau dont la ligne, d’où qu’on le regarde, est rythmique et équilibrée. Et l’ensemble de la figure respire une force tranquille, franche et sûre. L’Etude en marbre de M. Louis Mascré, pour le groupe de la «Marche funèbre», est d’une finesse alanguie et rêveuse; le souvenir de l’art distingué et charmeur de Julien Dillens hante le cerveau de M. Jean De Keyser, dont la statuette en plâtre : Figure tombale, n’est qu'une réminiscence... Combien est autrementoriginale et captivante cette seconde Figure tombale de M. Eugène De Bremaecker. Il y a une grâce solide en ce savoureux corps nu de jeune femme qui, du bout des doigts, laisse choir des roses à ses pieds. Le geste de la tête fléchie à droite est heureux et le modelé des chairs déjà savant et senti.
À rapprocher de ce travail la figure féminine que M.Ed. De Valériola intitule inexactement : Le Dédain. Car est-ce bien cela que signifie cette plantureuse fille d’Eve, offrant ses seins comme si c’étaient deux fruits mûrs où elle paraît
inviter à mordre ? Ce morceau-là aussi est nerveux et d’une belle vie matérielle; il est le gage d’une personnalité qui s’imposera un jour. Il y a un intéressant effort dans une figure de plâtre de M. Victor Voets, également intitulée : Le Dédain; pas plus que son voisin, il ne nous fait partager son intention allégorique. Cette figure exprime tout ce qu’on veut bien lui attribuer ; pourtant, il y a une recherche de sveltesse, appuyée sans doute, mais raisonnée en ce corps amaigri, aux membres exagérés à la manière de Georges Minne. En l’éphèbe en plâtre que M. Georges Vandevoorde plonge dans les Illusions, il y a de bonnes parties, quoique l’ensemble soit médiocre d’effet.
L'envoi de M. J.-L.-B. Kemmerich est considérable et témoigne d’un labeur énorme et vaillant. Cependant le résultat n’est pas égal à l'effort. M. Kemmerich est le sculpteur géométrique ; il taille la matière à larges plans abrupts, appliquant à la lettre le principe de Michel-Ange disant qu'une statue peut tomber d’une montagne sans se casser le nez. Ses héros à lui se casseront d'autant moins le nez qu'ils l’ont d'habitude camard et très aplati...
Si cette constante préoccupation de maintenir le langage du bloc, d'observer la masse, de lui subordonner tout détail marchait parallèlement avec le souci d’une observation sincère de la nature, on aurait l’occasion de rendre au sculpteur l'hommage mérité. Mais sa vision lourde et trop brutale lui fait créer une humanité qui n’a rien de vraiment humain; tout est gonflé, ronflant, boursouflé et amphigourique. Pour prêter plus d'énergie et de résistance à ses personnages, M. Kemmerich leur taille des muscles qui conviendraient seulement à des titans. C’est un travers qui a dévoyé Wierts et lui à valu sa fallacieuse réputation de puissance creuse et théâtrale. Les attitudes elles-mêmes sont empruntées et complètent cette sensation de faux et de voulu que l’anatomie outrée communique au premier abord. Regardez donc cette singulière autant que gigantesque Etreinte ; un homme sans habits, roide et pesant, arque démesurément les jambes, tandis que le buste s’arrondit et retombe en avant dans la tentation, irréalisable cependant dans la vie, qu'accomplit l'individu pour embrasser son fils; et celui-ci, pour accorder son allure à
celle de son père, accomplit des prodiges de désarticulation, de déboîtement plus suprêmes encore; il se traîne sur le sol en une posture qui défierait les acrobates les plus disloqués de l’univers.
C’est de la gageure. Si vous voulez vous assurer de ce que peuvent le goût et l'harmonie, allez revoir, au Musée royal de Bruxelles, le Pardon, de M. Pierre Braecke, un chef-d'œuvre de forme distinguée et d'émotion contenue, et dont le groupe de M.Kemmerich paraît être une parodie boursouflée. Pourtant, ce dernier est capable de nous intéresser et de nous conquérir quand il oublie de vouloir épater : son Coup de collier montre, en même temps qu’un roulier visiblement meuniéresque, un cheval superbe de force véhémente et de mouvement emporté. Et, dans le morceau en pierre : Détresse, il y a une simplification de plasticité qui indique une tendance au style. Qu'il est donc difficile d’être soi-même !
Un artiste qui reste bien lui-même, qui n’a cessé de compléter son talent original et de préciser ses qualités, c’est M. Joseph Baudrenghien; parti d’un réalisme puisé à l’étude directe des gothiques, il est insensiblement parvenu à vêtir ses œuvres d’une beauté personnelle, faite de cadence grave, de couleur sobre, auxquelles il assujettit la facture serrée que lui dicte la vérité des choses. Sa Cariatide a été vue déjà ailleurs; on aime à en ressavourer l’imposant langage décoratif et l’action harmonieuse. Le réalisme de M. Th.Blickx est plus àâpre, plus terre à terre, plus exact, en ce sens qu’il reproduit les gens de sa préférence avec une fidélité photographique, d’où exclusion presque totale d'émotion, car ce n’est qu'en magnifiant, qu’en interprétant selon son sentiment personnel les êtres et les choses qu’on communique un frisson à celui qui regarde. Ainsi M. Blickx a assis sur un banc, en des poses fatales et passives, trois enfants et leurs parents. On dirait une scène d’un mélodrame fade, au sentimental excessif. On ne s’apitoye point sur cette famille malheureuse et misérable, — dans l’esprit de l’artiste tout au moins — on se contente de la regarder avec curiosité. Ce groupe énorme représente un travail considérable et patient. Souhaïitons à celui qui l’a modelé plus d'inspiration etplus de modestie.
La quantité de bustes qu’on rencontre à Gand est nombreuse. Il s’en trouve de bons, de médiocres et de pires; il en est un notamment en marbre, celui de M. B..., exécuté par M. Jules Lagae, qui n’est précisément pas ce que ce pénétrant psychologue a réussi de mieux; c’est froid et immobile. La tête du peintre Jef Leempoels, taillé dans le carrare par M. Victor Rousseau, est pleine de toutes les qualités d'élégance, de distinction et de finesse dont s’honore ce merveilleux sculpteur; mais cette effigie aussi manque de vie morale. Cette vie intérieure, en même temps que la vie physique, à été saisie par un tout jeune, M. Eugène Canneel, en son buste en plâtre de M. G. Van Wetter. Elle se réflète aussi dans le buste en plâtre de M. V.., dû à M. Alfred Crick, qui ne nous a pas habitués à des morceaux aussi réussis. M. François Huygelen a un charmant buste d’enfant en marbre, et M. Charles De Cock un buste de jeune femme où on lit peu le sentiment intime, mais qni à de la ligne et de la couleur.
Cependant, ce qu’il y à de plus remarquable dans cette catégorie, c’est Une Vieille, de M. Thadée Miszewski; ce petit buste en plâtre est animé d’une vie si intense, si concentrée, qu’on ne parvient pas à en détacher le regard une fois qu’on l’a découvert. Et plus on l’examine, plus on y trouve une expression vive, obtenue par une observation extrêmement pénétrante. C’est modelé avec un sens singulièrement compréhensif de la chair; les plans sont si approfondis, si admirablement entendus, que toute cette tête est colorée et respire... La bouche paraît garder dans son pli amer la trace de la dernière parole et à l'ombre des arcades sourcilières les yeux encore pétillants de cette femme âgée brillent intensément. Néanmoins, la facture n’est pas méticuleuse, ne s’arrête pas aux détails excessifs; elle est spirituelle et attentive. C’est la l’œuvre d’un artiste qui pourrait bien conquérir la maîtrise. Certaines de ces qualités de métier impressionniste et de couleur sont partagées par MM. Desmaré, dont la figure de plâtre bronzé : Vieillard, est comme l’époux, plus sénile, plus débilité, de cette Vieille inoubliable. Signalons enfin les chiens en marbre et en bronze d’un jeune animalier bruxellois, M. Pierre Schaar, déjà adroit dans l’obtention du
mouvement et de la physionomie mobile de ses modèles quadrupèdes.
Nous terminons ici cette étude du Salon officiel de 1906; nous avons vu que, sans offrir à notre examen des chefs-d’œuvre transcendants, il contient des ouvrages d’une beauté capitale, émanant d'artistes de toutes nationalités. Ce qui doit le plus nous réjouir, c’est de constater que nos peintres continuent, en tant que coloristes, à supporter victorieusement la comparaison avec tant de maîtres étrangers. Et nous avons remarqué que le niveau peu éclatant de la sculpture est dû, non pas au manque de glorieux statuaires en notre cher pays, mais au fait que la plupart semblent s’être donné le mot pour ne pas participer à la Triennale gantoise et en laisser ainsi le grand honneur à leurs frères de la palette et du pinceau. Souhaitons-leur une revanche l’été prochain à Bruxelles, en même temps qu’un peu plus de sollicitude gouvernementale.
L'EXPOSITION o o DU « VRIJE KUNST »
Dimanche 16 septembre.
I est dans la logique des choses qu’une association de jeunes artistes évolue à mesure qu’ils grandissent en âge et précisent leur vision. Le Vrije Kunst constitue une dérogation à cette règle permanente. Cette fallacieuse étiquette d’ «art libre » sert de prétexte à une telle privauté envers les Muses de la splendeur plastique qu'on se demande si, dans l'esprit de ceux qui l’ont adoptée, elle n’est point une simple ironie!... On prend là avec l’art des libertés qui sont la négation de tout respect à l'adresse de la beauté. C’est sans doute ce manque de pudeur esthétique qui a déterminé quelques sociétaires à rompre, à la veille même de l'ouverture du présent salonnet, avec des compagnons dontils refasaient de partager la compromettante... indépendance. Avec une partie des éléments qui surnagent dans cette débâcle, on va en ligne droite à la décadence. Aussi est-il à présumer que le Vrije Kunst ne fera plus longtemps parler de lui, puisque son rôle est négligeable, pour ne pas dire davantage.
Parmi ceux qui se sont obstinés à ne pas déserter les salles du Musée Moderne, il en est cependant qui ont certain talent; et ce sont précisément les tout derniers venus. Songez donc à ce qu’aurait été la présente exhibition sans le concours de ces recrues providentielles. Celui qui tranche le plus sur la médiocrité ambiante, nous dirions volontiers régnante, n’est pas un peintre, mais un simple dessinateur, M. Dessenis. Il montre une série de portraits à la plume, exécutés avec une fermeté un peu sèche, manquant d'ordinaire de couleur, mais dont le caractère est fort original. Ces effigies d'hommes, de femmes, d'enfants, ont du naturel et de la vérité dans l’expression et dans les attitudes. Ce qui est surtout significatif en cette série de
têtes fouillées, c’est l’acuité du regard. Toutes ces prunelles ont une égale intensité, paraissent appartenir à un même visage et révéler un seul caractère effaré et effarant, d’une fixité mystérieuse dont on reste hanté. On dirait vraiment que l'artiste, épris de rêve, de singularité et de mystère, a prêté aux yeux de ses modèles, en dépit de leur âge, de leur sexe et de leur tempérament, la pénétrante vivacité de son œil à lui.
Combien sont inférieurs et creux, par contre, les dessins, faits au pastel, de M. Jean Eyckelbosch. Ses « huiles » sont meilleures, tout en manquant de distinction; ou bien cela est cru et brutal, comme dans son Lit de rivière, ou c’est excessivement engrisaillé, comme dans son Brouillard du matin. Ce qui est tout à fait mauvais, par exemple, ce sont ses compositions à tendances sociale ou panthéiste. Les Misères humaines sont une machine simplement prétentieuse, et De l’orgie à l'abime nous parcourons un chemin triomphalement parcouru chez nous, notamment par ce charmant et ardent évocateur sylvain qu'est le Liégeois Emile Berchmans. On est quelque peu étonné de trouver à la cimaise des ouvrages de ce peintre personnel et fougueux qu'est M. A. Van Beurden, lequel excelle, comme on sait, à traduire les coins de villes anciennes à l’heure du soleil décroissant, à l’heure où les rayons, comme paresseux, caressent les choses de la lente lueur horizontale du déclin. 11 nous offre le ragoûtant spectacle d’une série de vives variations sur son thème préféré, tout en nous montrant aussi un Vieil escalier, tout rempli du silence et du recueillement des demeures où l’on a beaucoup vécu et beaucoup souffert.
M. J.-J. De Boever, dont la Virag'o est justement remarquée à la Triennale gantoise, est ici moins heureux; ses têtes de jeunes femmes, posées dans la lumière artificielle et voulue qui lui est habituelle, sont sans vie et n’ont que le charme de leur présentation fantaisiste. Bien doué, en possession d’un métier solide et emporté, M. Henry Meuwis est un paysagiste dont le talent promet. Il lui manque la transparence de couleur sans laquelle il n’est point possible d'évoquer la finesse des lointains enveloppés dans l’air du matin ou du crépuscule, ou noyés dans le fluide
océan de la lumière ensoleillée. Pourtant, M. Meuwis a du sentiment et sait lire dans la nature; de là l’attirance de ses sites largement truellés, dont nous aimons surtout les somptueuses Bruyères et l'Eté, où des touffes de corolles jaunes mettent sur la crête d’un chemin creux, pittoresquement établi, les festons d’or de genêts merveilleux.
Si ce peintre est éclatant et recherche les accords violents et fermes, M. Edgar Bytebier, au contraire, se confine dans une vision tendre et pâle, tout plein d’analogie avec la vision de Corot. Son Paysage (n° 3) se distingue par le style du coin de nature évoqué et par le mystère dans lequel l’auteur l’a drapé. Il se dégage de la séduction du Crépuscule de M. Joseph Demeyer, où, à travers les feuillages et entre les troncs des arbres, on aperçoit, délicate et chaude, l’illumination du couchant, qui rosit les eaux limpides d’un ruisseau encaissé. Rien de ces qualités ne se découvre en les paysages de M. Paul Bayart, brossés par à peu près. Plus insignifiants encore, presque lamentables, sont lesinterprétations rurales de M. François Halkett, tableaux informes et enfantins, mal dessinés, mal peints, sans émotion aucune, et qu’on ne voudrait pas être condamné à mettre aux murs de son logis... Le signataire de ces choses vides n’est cependant pas dépourvu de toute qualité, ainsi qu’en atteste un fragment de son grand tableau : Dans les champs. On remarque là, à gauche, une fillette blonde dont la tête penchée est jolie d’innocence rieuse. L'envoi de M. Louis Taverne est considérable. Ce qui nous à le plus attiré, c’est un petit paysage, une simple étude, rayonnante de lumière joyeuse et où chantent les verts tendres des champs et les terres blondes des collines. À Malines est Hein UE de mélancolie, avec un ciel d’une belle profondeur.
La facture de M. Jules Dubois est encore gauche et hésitante, tellement que nulle homogénéité n’existe entre les nombreuses toiles qui le représentent au Vrije Kunst; on dirait que tout cela est sorti d’une main et d’un esprit différents. Toutefois, dans le Soleil couchant en Campine, il règne une quiétude délicate et sentimentale qui porte à la rêverie, preuve évidente que cette terre rosée par la suprême heure du jour à su émouvoir l’artiste requis par son
GoperRoID DE VREESE : Le monument des Eperons d'or. Le départ Groupe de la face occidentale (Pierre bleue)
GODEFROID DE VREESE : Le monument des Eperons d'or. Le retour Groupe de la face orientale (Pierre bleue)
S otgonen de frede chetioech.
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D ecuware tn otemcels {Honden:
e autfen eerthvaruent vondent:
| 4 FR anche: wvaf | (: techr d'nacr:
{f. far bine teued.
Wal: 1407 1 4 Tien tide wvilde 1] de tintven
: Fes At a ne FRE ae daer. d6): dod-
llene felue metr vard:
ay et eenen cautere Cond fuerd:
Le juge Samgar armé du coutre de charrue ou goedendag (manuscrit de la fin du xXuIe siècle, conservé à la Bibliothèque royale de Bruxelles). — Le goedendag : coutre flamand monté en arme de guerre.
(Clichés communiqués par la Société d'Archéologie de Bruxelles)
oin de pelile ville en fête
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