‹ L'année artistique 1906Chapitre 36 sur 44 · MODESTE · texte numérisé non relu

MODESTE

silence. Le Soir de pluie à la Bourse paraît, au premier abord, faux et froid dans sa vastitude ; mais à le regarder de près, c’est-à-dire avec attention, on y découvre du mouvement et de la vie et certaine exactitude dans le rendu de l’atmosphère humide d’une nuit pluvieuse. Il est malheureux que tous ces êtres qui animent le boulevard soient si mal dessinés ; leurs silhouettes gauchement saisies en font des mannequins informes, ce qui est de nature à compromettre les qualités de ce morceau énorme et laborieux.

Nous finirons cetterapideanalyse des principales œuvres réunies dans les salles de l’Ancienne Cour en signalant les Saules de M. Hubert Van den Bosch, une des bonnes toiles de ce salonnet. C’est un admirable morceau, peint à pâtes copieuses et grasses et qui démontre une fois de plus que, sans recourir à la rigoureuse décomposition des tons à la manière des néo-impressionnistes, il est possible d’être lumineux. 11 y a, en effet, une franche et pleine lumière en cette campagne traversée par une jolie rivière aux bords ornés de saules, dont les troncs tortueux se réfléchissent dans une onde qui boit le soleil... Chose unique dans les annales des cercles d’art : il n’y à pas de sculptures au Vrije Kunst. Par contre, il y a des cuirs décorés. Mais leur présence ne rachète pas le vide de ce manque de statuaires..

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