‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 10 sur 218 · Bulletin de l'Union centrale, juillet · texte numérisé non relu

Bulletin de l'Union centrale, juillet

rExposition universelle venait d'être ouverte. Llnsufflsance de Tinstallation de la section française des beaux-arts, dans les galeries du Champ de Mars, l'oubli dans lequel les sculpteurs prétendaient avoir été laissés, Tabsence inqualifiable des grands peintres morts en ces dernières années, divers détails de service, enfin un accident arrivé à la toile d'un artiste, dans le transport du musée du Luxembourg à l'Exposition, tout cela fut imputé à M. de Chennevières par les journaux hostiles, qui en firent grand bruit. Un certain nombre parmi ceux-ci, à' la vérité, savaient à quoi s'en tenir sur le plus ou moins d'exactitude de ces griefs et sur la part de responsabilité qu'il convenait de faire. C'est ainsi par exemple, que M. Camille Pelletah, dans le Rappel, accusait M. de Chennevières, non pas d'avoir oublié de montrer au Champ de Mars « nos grands morts », mais cle « n'avoir pas su tenir tête aux membres de l'Institut qui s'étaient arrogé toutes les places sur les cimaises ». Un autre journal allait plus Igin et reconnaissait formellement que la direction des Beaux-Arts n'avait point le droit de s'immiscer dans l'organisation des galeries de l'Exposition, parce que ce soin incombait exclusivement au jury et à la sous-commission spéciale nommée par celui-ci. Quoi qu'il en soit, les attaques devinrent d'une vivacité extrême. M. de Chennevières, qui, par deux fois, avait offert sa démission au ministre, la donna de nouveau. Elle fut enfin acceptée, et un décret du 27 mai désigna comme son successeur M. Eugène Guillaume, directeur de l'école des Beaux-arts ; le même jour il était^ nommé directeur honoraire.

Le choix de M. Guillaume fut d'abord très diverse-

ment apprécié. On reprochait à Féminent sculpteur ses attaches avec rinstitut ; on lui en voulait d^ ses convictions religieuses publiquement affichées. Un journal, rÉvènement, publia un document qui fit le tour de la presse et duquel il résultait que M. Guillaume, membre actif de la congrégation du Sacré-Cœur, avait puissamment poussé à Férection de l'église qui s'élève à Montmartre. Mais bientôt ces bruits s'apaisèrent. Le nouveau directeur sut se plier aux exigences du rôle où l'appelait un gouvernemient républicain. Par la gravité un peu hautaine de son attitude, la minutieuse application des règles administratives, il conquit rapidement Pautorité néces- saire. D'accord avec la commission qu'avait fait nommer M. de Chennevières, il effectua quelques changements dans le personnel placé sous ses ordres *. Il s'adjoignit un chef de cabinet; M. Roger Ballu, rédacteur de la Galette des Beaux-arts; il scinda en deux le bureau de M. G. Lafenestre (Enseignement des arts) et en constitua un nouveau (Encouragement des arts), que M. Comte fut appelé à diriger. Le même décret du 9 septembre, qui opérait cette réforme, réorganisait le conseil supérieur des beaux-arts, et plaçait sous l'autorité immédiate du directeur l'administration des musées nationaux, jusque-là trop indépendante. Comme conséquence, « la direction des beaux-arts » devenait « la direction générale des Beaux-Arts. » Telles sont, avec un règlement sur les commandes et acquisitions d'œuvres d'art* et la modification considérable apportée au régime des Salons, dont

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