Voy. à r Appendice, Id
nous parlons plus loin *, les actes les plus importants de l'administration de M. Guillaume durant Pannée.
LES MUSÉES. — Le Louvre et le Luxembourg. — Le musée de Glu^y,
le musée d'artillerie, etc.
On a vu plus haut que le budget total des musées nationaux, — Louvre, Luxembourg, Versailles, Saint- Germain-en-Laye et leurs succursales, — ne s'élève qu'à la somme de 762,000 francs, un peu plus que les traitements réunis des piqueurs et palefreniers des haras de l'État, et un peu moins que la subvention du théâtre de l'Opéra. Et, sur cette somme, nos musées payent leur directeur, huit conservateurs, cinq conservateurs adjoints, sept attachés, un chef de bureau, un archiviste, un rédacteur, six commis, cent cinquante-trois gardiens, trois ouvriers du service des eaux, des employés auxiliaires et des gagistes, des chefs d'atelier et des ouvriers, en tout environ deux cents personnes. Quant à la somme fixée pour les acquisitions, elle est de 150,000 fr. pour tous ces établissements, ce qui donne pour chacun un chiflfre absolument dérisoire. Encore le directeur n'at-il pas le droit d'accumuler d'une année à l'autre le reliquat de ce crédit, pour arriver à prendre une somme suffisante qui permette, à l'occasion, de faire des acquisitions plus importantes. Qu'il se présente ou non des ventes intéressantes, le directeur doit dépenser strictement la somme allouée ; il ne lui est pias permis d'éco-
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nomiser pour acheter un chef-d'œuvre qui serait disputé par les musées étrangers.
Jusqu'à ce jour, le résultat funeste d'une telle parcimonie n'a pas encore paru d'une façon éclatante. La France ayant heureusement de l'avance sur les pays voisins, ses trésors artistiques restent toujours aussi nombreux et complets que partout ailleurs. Mais depuis quelques années les efforts croissants de nos rivaux tendent à enlever partout à prix d'or les tableaux et les sculptures des maîtres. L'Angleterre; l'Allemagne et même les États-Unis consacrent chaque année des sommes énormes pour enrichir leurs musées, et le jour viendra, si l'oncontinue chez nous à se contenter de ce que le passé a accumulé, où nos collections se trouveront inférieures à celles de Londres, de Vienne ou de Berlin.
Beaucoup de bons esprits se sont préoccupés et se préoccupent encore de cette situation. Tous les gens compétents reconnaissent qu'il y a de nombreuses réformes à accomplir dans l'organisation de nos musées nationaux. Il y a trois ans, M. Reîset, dans une brochure qu'on n'a point oubliée, expliquait avec une précision éloquente les dangers de là situation. Cette année, M. de Cayx de Saint-Aymour, en quelques pages dont nous recommandons la lecture à tous ceux qui s'intéressent à l'art S est revenu à son tour sur cette question en démontrant l'urgence et la nécessité d'allouer à nos musées des crédits plus larges.
1. Un Million pour nos musées nationaux, sHl vous pUUtï (1878, Paris, broch. de 48 pages.)
L'ADMINISTRATION. — MUSÉES. ïl