‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 147 sur 218 · NÉCROLOGIE. — BRAUN · texte numérisé non relu

NÉCROLOGIE. — BRAUN

masse par une teinte mise à Tenvers qui leur ôtaît le froid de la grisaiUe. Puis, d'améliorations en améliorations, il imagina de se consacrer plus particulièrement à propager les merveilles de Tarchitecture, de la peinture et de la sculpture, à composer un musée en portefeuille qui fût rimage de tous les musées du monde. « Les œuvres des maîtres de toutes les écoles, dit M. E. Bergerat *, ont été de la sorte transcrites textuellement par Adolphe Braun dans de splendides albums qui sont aujourd'hui entre les mains de tous les amis du beau. La photographie entendue de la sorte et mise au service du génie devient elle-même un art autonome contre lequel au(îun mode de reproduction ne peut plus lutter. Mais c'est surtout dans le rendu des dessins de maîtres qu'Adolphe Braun lui a fait rendre des résultats surprenants : le grain de papier employé, sa couleur propre, les détails de la touche, les procédés de modelé particuliers au maître et jusqu'à la fleur de personnalité qui s'exhale, iasaisissable, des œuvres originales, ses planches expriment tout cela avec une fidélité d'autant plus absolue que le soleil lui-même en est à la fois le garant et l'agent. »

Dans une remarquable étude que M. Charles Blanc a consacrée * à « cet homme doux et ferme, doué pour le bien d'une invincible obstination », il termine en disant : « Quand même Adolphe Bxaun n'aurait pas rendu d'autre service que d'avoir travaillé plus que personne et avant tous les autres à la propagation de tant de mer-

i. Journal officiel, du 19 janvier 1878.

2. EUe a été reproduite dans le Journal officiel du 27 janvier.

veilles, ce serait assez pour qu'il eût bien mérité de Testhétique et de Part. »

La maison fondée à Dornach par Adolphe Braun est dirigée maintenant par son fils, M. Gustave Braun, travailleur intrépide, comme son père, et d'un goût excellent.

BRYSAKIS (Petros), peintre grec, mort à Munich le 7 décembre 1878. Né à Thèbes (Béotie) en 1814, Brysakis vint à Munich à Page de dix-huit^ns, et en 1841 attira l'attention, à l'exposition de l'Union des Arts, par des tableaux de genre représentant des scènes de la guerre de l'indépendance en Grèce. Son succès détermina en quelque sorte la voie qu'il suivit : on ne cite de lui que des scènes de la vie historique des Grecs modernes. Il vint à Paris et y exposa une Apothéose de la guerre de rindépendance en Grèce qui excita un certain enthousiasme; il fut popularisé parla lithographie presque aussitôt. Malheureusement une carrière si bien commencée fut interrompue par un accident. La vue de Brysakis fut atteinte, et cette affection lui interdit les expositions annuelles. Sa Bénédiction des drapeaux grées par le métropolitain, un de ses bons ouvrages (1821), faisait partie du legs du roi Othon !•' au musée de la Nouvelle Pinacothèque de Munich.

BUBNARD (Nevill-Northy). Sculpteur anglais, mort à Redruth, comté de Gornouailles, le 27 novembre 1878 ; il était né à Altarnum en 1818 (même comté). Son père voulait en faire un maçon comme lui-même. Sans éducation, sans autres outils que ceux qu'il parvint à se créer, il exécuta en ardoise de CornouaiUes une statuette du Laocoon, d'après le frontispice de la Revue à un sou

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