NÉCROLOGIE. — BURY PALLISER
(Penny Magazine, de 1832) qui lui était tombé entre les mains. Le bruit de ce petit événement arriva jusqu'à la Société polytechnique de Flamouth, qui le récompensa en lui votant la première médaille d'argent qu'elle décerna. Grâce à cet encouragement et à l'aide amicale d'amateurs, sir Charles Lenon et autres, il devint sculpteur, exécuta des bustes du prince de Galles, d'un grand nombre de notabilités de Cornouailles, et fut chargé de la statue» de Richard Lander, pour le monument élevé à Turno à la mémoire de ce fameux explorateur de l'Afrique. Il a exposé entre autres œuvres, à l'Académie royale de Londres, le buste de Gerald Massey, le chansonnier de la Ligue contre la taxe des céréales (1855), celui de Cobden (1855), et celui du célèbre romancier Thàckeray (1867). On a dit de lui qu'il n'avait pas retrouvé le chemin du Laocoon découvert dans sa jeunesse, et sa vie s'est terminée un peu dans l'oubli et l'obscurité.
BURY PALLISER (M°^0» critique d'art anglais, morte en février 1878. Cette femme distinguée, qui avait acquis en Angleterre une réputation de compétence éprouvée et de grande érudition en matière artistique, a laissé une Histoire de la dentelle (the History of Lace), publiée en 1865 chez Samson et Lowe, traduite en français en 1869, qui est son principal titre littéraire. C'est elle qui a rédigé pour le South Kensington Muséum l'excellent catalogue de la dentelle. On doit encoi;^ à M"»' Bury Palfiser : la Bretagne et ses Chemins de traverse (Britany and its Byways iSQ9) ; Histoire des devises, emblèmes et cris de guerre, etc. Elle a donné en outre de remarquables traductions de plusieurs ouvrages français, no-
tamment: Histoire de la céramique et Histoire dumobilm, d'Albert Jacquemart ; Histoire' des arts industriels au moyen âge, de Labarte.
GÂRLIER (Modeste), peintre belge, né à Mons, mort en août 1878 dans la force de l!âge. Artiste à imagination ardente, il s'est fait remarquer par des hardiesses, et cela dans un genre qui n'est pas propre à faire ressortir la virtuosité d'un artiste, le portrait. Ainsi il a peint un portrait de -M. Jean Rousseau sur un fond d'or, à la manière des vieux maîtres ; un portrait àe M, A. Picard, peint de face et modelé en pleine lumière sur un fond de jardin. Il y avait de Garlier au Salon de Bruxelles, en 1872, un paysage naturaliste qui fut remarqué. Mons, sa ville natale, possède de lui un tableau historique tout local, une grande composition empruntée à l'orageuse histoire des cités flamandes.
CERM AK (Jaroslav), peintre autrichien, mort à Paris le 23 avril 1878. Né à Prague (Bohème) en 1831, Cermak alla étudier en Belgique, où il fut un des bons élèves du célèbre peintre belge Gallait. De Belgique, il vint à Paris et s'y fit élève de Robert Fleury. Il garda néanmoins le souvenir constant de ses maîtres belges et s'adonna à la peinture de genre. Un de ses premiers tableaux, peutêtre Je meilleur, est un féroce épisode de la propagande catholique en Bohême. Cette œuvre sérieuse fit impression, et aucune des élégantes peintures produites depuis par l'auteur nia pu la faire oublier.
La sauvagerie des simulacres demi-orientaux que les premiers temps de sa vie avait logés dans sa mémoire semble s'effacer peu à peu et s'adoucir au contact de notre civilisation d'Occident. « L'originalité de Cermak,