‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 152 sur 218 · Livraison de juin, juillet et septembre · texte numérisé non relu

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NÉCROLOGIE.— ^jGRUIKSHANK. 497

tueuses colonnades le zigzag favori et le caprice peu architectural de ses caricatures. Son père voulait le pous-? ser vers la peinture académique ; il Pavait en conséquence placé chez Fuseli, membre de l?Académie de peinture de. Londres. Mais le futur caricaturiste s'esquivait furtivement de râtelier pour aller à Billing'sgate étudier la physionomie des matelots et des vieilles femmes qui vendent la marée. Plus lard il trouva dans ses cartons les croquis de sa jeunesse et sut s'en inspirer.

La grande popularité qui devait s'attacher à son nom commença avec la publication, entre 1819 et 1821, 4e satires illustrées sur la vie pubUque et privée du prince régent ; elles étaient intitulées : la Maison politique que Jack a cons truite, r Échelle matrimoniale et Non mi recordo (Je ne me souviens pas), allusions au mariage et au procès de la reine Caroline ; F Homme dans la lune, etc. Ces vives satires obtirent une vogue immense et quelques-unes se rendirent à 200,000 et 300,000 exemplaires. Après ce prodigieux succès, Cruikshank abandonna la caricature politique pour se consacrer à celle de la vie anglaise, aux scènes de mœurs et à l'illustration des Uvres. Parmi les plus populaires de ses dessins,, on cite : Pointes de gaieté, les Matinées à Bow-^treet, Tom-Pouce,John Guilpin^ la Chasse d'Epping, Trois plats et un dessert, le Dimanche à Londres, Mon Carnet d'esquisses. Singularités phrénologiques, les illustrations des romans de Dickens, les dessins donnés à r Omnibus, eux Punch, enfin ses planches de la Bou^ teille, dans lesquelles, se montrant tout acquis au mouvement entrepris alors par les sociétés de tempérance, il stigmatisait le vice de l'ivrognerie. Sa brochure du Verre, publiée plus tard, montra encore à quel point il était

teetotaller actif et convaincu. Les gravures qu'il fit en 1858 pour la Vie de sir John Fahtaff comptent aussi parmi ses plus remarquables compositions. Nous ne parlerons pas des nombreuses peintures à Thuile qu'il présentait annuellement aux expositions et qui dénotent en lui l'ambition du grand art.

L'œuvre caricatural de George Cruikshank est considérable; il comprend plusieurs milliers de planches qu'on a vainement tenté de réunir en un catalogue complet. Continuateur d'Hogarth, de Bunbury, de Gillray, l'artiste a cherché dans cette forme de, l'art, d'un accent si particulier et si reconnaissable en Angleterre, la diversité des caractères, la profondeur humoristique des traits, l'empreinte des singularités humaines. Qu'on nous permette de reproduire ici quelques lignes d'une étude sur la Caricature anglaise contemporaim que nous avons publiée dans Tirf *, et dans laquelle nous avons émis l'appréciation suivante : « Cruikshank n'est pas inférieur A Gillray dans la caricature politique. Il égale aussi Doyle dans l'art de saisir la ressemblance d'un personnage, sans exagérer les traits saillants de sa physionomie et les particularités de sa tenue habituelle, comme il égale Seymour et John Leech dans ceâ esquisses de la vie champêtre qui reproduisent les accidents comiques auxquels s'exposent le cokney équestre et le sportjnan. Il est supérieur à tous dans l'illustration des roiùanciers humouristiques... Cruikshank a été nioins préoccupé de la beauté que de la recherche de l'effet ; habile à montrer la vivacité de l'action, à donner à ses lignes de la

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