NÉCROLOGIE. —DANTAN
ieures, dit-on, qui en ait été exécutée. Revenu en France, l'artiste ne tarda pas à se distinguer parmi les premiers sculpteurs de son temps qui, joignant à la recherché jdélicate de la ligne et du modelé la noblesse et la grâce -de l'expression, poursuivaient le perpétuel idéal des Grecs. Au moment où les tentatives de la jeune école de sculpture, représentée par David (d'Angers), affirmait hautement la nécessité de renouveler par le mouvement dramatique, par un caractère plus moderne et plus vivant les traditions de Part, Dantan, fidèle au principe de son éducation, continuait à représenter avec éclat l'école opposée. Ses figures du Baigneur jouant avec son chien (marbre, 1835), V Ivresse de Silène (bas-relief, plâtre; 1836), et la Jeune Fille jouant du tambourin (bronze, 1838), dans lesquelles on remarquait des réminiscences évidemment involontaires de l'antique, une forme irréprochable, mais pas assez personnelle, furent accueillies avec beaucoup de faveur. Dès cette époque, Dantan était en possession de la notoriété et obtenait la commande de travaux nombreux et considérables pour le gouvernement, comme la Statue de Louis Joseph de Bourbon, celle du Maréchal de Villars, le buste du Dauphin de France, celui de la Dauphins Marie-Joséphe de Saxe, etc., qui sont dans les galeries de Versailles ; le Juvénal des Ursins, type remarquable du bourgeois du moyen âge, pour la façade aujourd'hui détruite de l'Hôtel de Ville de Paris; un Duquesne (1844) pour la ville de Dieppe, un Saint Christophe pour l'église de la Villette, un Malherbe (1847) pour la ville de Gaen ; un buste de /.-/. Grandville (1848), qui eut un grand succès, etc. Citons encore quelques portraits de femme ; le Bv>ste de M^ Delaroche, VImpèratrice
Joséphine, 3Î^ de Mirbel, la tragédienne Rachel, etc. C'est dans ces morceaux, où il avait à traduire la physionomie humaine arec un certain aspect de noblesse convenue et de gravité officielle, qu'excellait Dantan. Dans ses dernières années, l'artiste, profondément frappé dans ses affections par la perte de son frère, dit Dantan jeune, — mort en 1869 et qui s'était acquis une réputation moins sérieuse peut-être, mais plus aimable et plus populaire, par ses sculptures satiriques des personnages contemporains, — vivait dans la retraite et ne produisait presque plus» Il avait été décoré en 1843, mais n'ayant obtenu à la suite de l'Exposition universelle de 1855 qu'une 3* médaille, il s'était pris d'une sorte de découragement de se voir attribuer une récompense qu'il considérait comme une injustice.
DAUBIGNY (Gharies-François), célèbre peintre français, mort à Paris le 20 février 1878. La vie de Daubigny a été racontée par M. Frédéric Henriet dans un volume intitulé : C. Daubigny et son œuvre gravé, rempli de faits précis, d'anecdotes, et dans lequel ont puisé tous les nécrologistes de la presse au lendemain de la mort de l'artiste. Gomme bon nombre d'hommes remarquables, Daubigny eut des commencements très difficiles. Né à Paris, le 15 février 1817, son père, miniaturiste de talent, lui donna les premiers principes de son art. Quant à d'autres études, il n'en fallut point parler, car la famille était trop pauvre pour subvenir aux frais d'une éducation même sommaire. Gharles Daubigny ne put songer que plus tard à se donner lui-même une instruction en rapport avec son rang. .
A quinze ans, il peignait des dessus de boîtes de Spa