‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 158 sur 218 · NÉCROLOGIE. — HIS DE LA SALLE · texte numérisé non relu

NÉCROLOGIE. — HIS DE LA SALLE

leur distinction aristocratique, de leur personnalité anglaise, tout en faisant un tableau d'une harmonie charmante, d'uiie touche libre et légère, qui pourrait figurer avec honneur dans un Musée parmi les tableaux des maîtres. » Sir Francis Grant obtint à cette Exposition universelle une grande médaille.

HENDERSON (John) , amateur et collectionneur anglais, mort à Londres le 20 novembre 1878. Né en 1796, John Henderson était membre de la Société des Antiquaires et trésorier de Flnstitut royal d'archéologie de Londres. Grand protecteur des aquarellistes modernes, il était très connu à Londres pour la richesse de sa galerie. On prisait beaucoup sa science, la sûreté de son jugement et sa fine appréciation des œuvres d^art. Dans le cours de sa longue ej^stence, il avait pu se composer toute une galerie d'aquarelles très remarquables. Il possédait aussi quelques peintures des grands maîtres, des porcelaines d'Orient, des faïences rares, des armures, et toutes sortes d'objets d'orfèvrerie d'une valeur uAique. M. Henderson a eu la générosité d'en léguer un grand nombre aux collections de son pays, comme la Galerie nationale, le Musée d'Oxford, etc. Pendant sa vie il avait fait aussi exécuter une certaine quantité de photographies des. objets en sa possession et en avait formé un volume accompagné- de notices descriptives. Ce volume n'a pas été daiis le commerce ; il était seulement destiné à être distribué à des amis.

HIS DE LA SALLE (Aimé-Charles), collectionneur français, mort à Paris, le 29 avril 1878. Il était né le 11 fé- Trier 1795 et sa biographie est presque tout entière l'histoire de sa passion éclairée pour les arts. Cet amas

teur délicat entre tous, qui, avec une générosité sans pareille, a donné au Louvre les admiriables dessins du Poussin de la salle des Boîtes, le précieux bas-felief en marbre de Mino da Fiesole et les bronzes de la salle Micbel-Ange ; ce chercheur infatigable qui a fait présent à la bibliothèque de FÉcole des Beaux-Arts d'une cen* taine de dessins inestimables, et dont la libéralité a créé, au Musée de Dijon, une galerie spéciale, formée exclosivement de ses dons ; cet homme de goût, qui «emble n'avoir songé, qu'à l'honneur de son pays, en consacrant sa vie et sa fortune à collectionner, venait de donner, quelques jours avant sa mort, une preuve nouvelle de générosité et de désintéressement en enrichissant le Louvre de la magnifique collection de tableaux dont nous avons parlé dans un précédent chapitre ^ •

His de la Salle, après avoir fait ses études classiques, commença par être officier de cavalerie ; c'est alors qu'il prit le goût des chevaux de Géricault et c'est de ce moment qu'il se mit à rassembler ses collections de tableaux et de dessins. Il donna sa démission en 1826, puis il alla en Italie, où il pénétra profondément dans l'étude des maîtres des xv« et xvi« siècles. Il y prit ce tact fin et juste, ce goût délicat et sûr qui- ne le trahirent jamais. Dans la notice émue que son ami, M. Charles Clément, lui a consacrée dans le Journal des Débats *, les transformations successives de ses goûts de collectionneur ont été expliquées en ces termes. « Il s'attacha d'abord aux estampes, dont il forma une magnifique collection ; mais, préférant cependant les œuvres directes

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