BUDGET DES BEAUX-ARTS
Conclusion.
Je n'aurai plus, quoi qu'il arrive, monsieur le ministre, un autre rapport à vous adresser pareil à celui-là. Vous aurez quelque indulgence pour sa rédaction hÂtiyç, si vous voulez bien penser qu'il a été écrit sans recueillement suffisant et à bâtons rompus, à travers les ennuis et les fatigues des premiers mois de l'accablante année 1878. Je crois encore qu'il était bon, à l'occasion de la réorganisation projetée de nos services administratifs, de vous rappeler à vous et à la commission chargée de préparer cette réorganisation, lés efforts tentés pour tirer- le meilleur parti possible, au profit des arts et des artistes, des ressources très bornées de la direction des Beaux-Arts. Ces ressources, TOUS les connaissez ; quand 'on les détaille, elles sont minimes, en proportion des immenses besoins d'art de ce grand pays :
Pour décorer les monuments publics de toute la France, vraie raison d'être, je le redis et répète, seul but vraiment digne de la direction des Beaux-Arts, 400,000 francs;
Pour acquérir en dehors du Salon annuel, les tableaux et statues destinés aux 200 musées de province et parer aux demandes inces* santés de ses édifices religieux, 167,140 francs;
Pour encourager et empêcher de périr la gravure au burin, la lithographie, etc., 45,000 francs; ^
Pour utiliser les derniers graveurs en médailles, 35,000 francs.
Pour acquérir les marbres nécessaires aux statues et bustes des citoyens utiles ou illustres du pays et à la décoration sculpturale de tous nos monuments, 50,000 francs ;
Pour faire face aux dépenses du personnel et du matériel des expositions des œuyres des artistes vivants et à l'acquisition des meilleurs entre les 3,000 ouvrages dont elles se composent, 50^,300 francs ;
Pour souscrire aux principaux livres d^art et aux grandes publications archéologiques que l'État seul peut encourager, en même temps que pour faire face à la publication des Restaurations des monuments {intiques de la Grèce et de V Italie, et à celle de V Inventaire des richesses d'art de la France, 90,000 francs;
' Pour eruffire à tous les besoins de TÉcole nationale des Beaux-Arts, la grande maison modèle d'enseignement que le monde entier peuple et consulte (trente professeurs, plus les conservateurs, bibliothécaires, inspecteurs, archivistes, etc., plus un personnel de surveillance et un matériel forcément considérable), 308,510 francs ;
Pour rÉcole des arts décoratifs, dont notre pays commence enfin à reconnaître les immenses services rendus à l'industrie nationale (quatorze professeurs suppléants, le personnel de surveillance, et le matériel strictement nécessaire), 61,000 francs;
Pour l'École spéciale de dessin à l'usage des jeunes personnes (six professeurs, un pesant loyer, surveillance et matériel), 21,000 francs;
Pour rÉcole des beaux-arts de Lyon, 16,000 francs;
Pour celle de Dijon, 16,000 francs;
Pour fournir de modèles et de moulages les innombrables écoles de Paris et des départements, 30,000 francs;
Pour nourrir les pensionnaires de notre Académie de France à Rome et entretenir décemment cet établissement deux fois séculaire, qui n'est pas sans grand prestige pour l'honneur de notre pays, 144,000 francs;
Pour indemnités* annuelles à de pauvres vieux artistes, à leurs veuves ht à leurs familles, 70,000 francs ;
Pour secours d'urgence à ceux d'entre eux plus jeunes que le malheur vient atteindre, 70,000 francs.
Voilà, en y ajoutant les 197,000 francs du personnel et les 40,000 fr. du matériel de l'administration centrale, les 35,000 francs des inspections et missions, les 25,000 des encadrements, emballages et transports, tout ce que la France consacre à la gestion des Beaux-Arts proprement dits, peinture, sculpture et gravure.
Encore observera-t-on les très lourdes charges de personnel et de matériel qui pèsent sur ce budget, et que sur ces 2,353,850 francs, il n'en va directement aux artistes, en dehors des écoles d'art, c'est-
à-dire aux peintres, sculpteurs et grayeurs, pour prix des œuvres d'art créées par eux, qu'environ 027,000 francs.
• On en pourrait dire autant de notre budget des musées nationaux, lequel, bien que borné strictement aux dépenses les plus nécessaires de conservation et de surveillance, ne laisse libre, sur les 762,780 fr. qui lui sont alloués, qu'une misérable somme de 150,000 francs pour acquisition d'objets d'art destinés à compléter les innombrables séries de nos collections.
Autant en faudrait-il dire du budget de nos manufactures nationales, où Sèvres, sur 567,450 francs, n'en donne pas 150,000 à ses admirables artistes, y compris les mosaistes; — où les Gobelins, sur 208,000 francs, en donnent à peine 90,000 à ses merveilleux chefs et sous-chefs d'atelier, ouvriers et ouvrières; — où Beauvais sur 108,350 fr. en répartit 60,000 à peine entre les chefs, sous-chefs et ouvriers de ces ateliers qui ont envoyé les prodiges que l'on sait à nos Expositions universelles.
Bien pis enfin faudrait-il dire du budget des monuments historiques, où, sur un crédit de 1,335,500 francs, consacrés à entretenir sur toute l'étendue de la France des chantiers sans nombre, les architectes savants et dévoués chargés des dessins et de la conduite dé ces délicats travaux, et les sculpteurs archéologues et d*ordre spécial qu'ils utilisent, ne profitent que dans une mesure infiniment minime des sommes dépensées.
Il n'est que trop certain que notre administration act.uelle, aussi bien celle des Beaux-Arts que celle de tout autre service public, n'a plus rien de la simplicité du xvii* siècle, où Perrault et deux commis pouvaient suffire à Colbert pour l'enregistrement et le payement des ouvrages considérables de décoration de Versailles, de Marly, du Louvre, des Tuileries, de Saint-Germain, de Fontainebleau, et de tous les bâtiments rpyaux et où, par conséquent, tout l'argent du roi concourait sans détour à l'exécution des grands travaux qui ont fait l'honneur de Louis XIV et par suite de la France. Mais ce que je puis affirmer, monsieur le ministre, c'est qu'étant donnée l'organisation présente de l'administration, avec sa surabondance exigée de lettres et de pièces comptables et de papiers de toute sorte, avec le contrôle des larges cadres d'ouvriers et de surveillants que nécessite l'ouverture constante au public de tous nos dépôts d'œuvres d'art, et le perpétuel fonctionnement de commissions jadis inusitées de la direction des Beaux-Arts, le personnel actuel des bureaux est le plus souvent, faute de nombre, insuffisant à sa besogne. Je n'ai cessé de l'éprouver pendant ces quatre
■années dernières. Sans doifte, une administration qui consentirait ft se renfermer dans un statu quo passif ou distrait, peut toujours, en écartant prudemment le travail d'elle-même, le simplifier pour ses employés; mais si le chef de ce grand et brillant service a le sentiment du bien qui peut résulter, pour le pays et pour les artistes, d'une certaine activité et d'un certain branle à donner aux intelligences dont il a la charge, il sera contraint de surmener, outre la mesure permise, certains groupes de fonctionnaires de ses bureaux qui, à coup sûr, ne lui marchanderont, pas leur aide, et même de faire très souvent appel aux endployés des bureaux voisins; d'où la nécessite pour lui d'équilibrer sur l'ensemble de son personnel des gratifications qui lui seront à tort reprochées par les trop rigoureux observateurs ' des règlements budgétaires. Toutefois, qui n'agirait point ainsi, agirait contre la justice et contre l'intérêt bien compris du service.
En réalité, monsieur le ministre, le budget des Beaux-Arts, qui, au premier aspect, peut . paraître considérable : 7,579,530 francs, — up peu plus gros pour 1878 que je ne l'ai trouvé pour 1874, où il était de 6,679,755 francs, — est tout à fait indigne de notre grand pays. Il ne représente d'ailleurs, comme je l'ai dit plus haut, que des chifires extrêmement perfides, si le public et l'Assemblée nationale pouvaient y voir le sacrifice annuel de la France au profit direct des artistes. Encore faut-il détacher de ces sept millions, qui semblent dévolus aux seuls arts du dessin, les 2,136,500 francs appartenant aux thé&tres nationaux, aux Conservatoires de musique, aux Concerts populaires et aux encouragements et secours réservés pour les artistes malheureux de ce monde spécial des théâtres.
Si Ton songe que l'administration des Beaux-Arts a la- responsabilité de l'usage qui aura été fait du talent des quatre à cinq mille artistes qui ont vu leurs œuvres admises aux expositions françaises ; — que si le public ne connaît de ces artistes que deux ou trois cents renommées dahs l'Europe entière, le reste, plein encore de valeur et de science, pourrait être, et pour mieux dire, devrait être utilisé par nous au profit du pays, dans les infinis degrés qui vont du décorateur ornemaniste, serviteur de nos fabriques, jusqu'aux plus hauts sommets de la peinture et de la sculpture monumentales; autreinent, à quoi bon - ces écoles savammeht organisées où sont prévues toutes les conditions et variétés d'érudition que peuvent s'assimiler nos jeunes dessinateurs?
Si l'on songe que, malgré l'accumulation apparente, dans nos plus ^andes villes, de musées de toute sorte et de modèles utiles aux écoles.
nou« sommes très loin, ti*èB loin, en France, — il suffit d'en parcourir nMmporte quelle province, même les plus favorisées, •— de ce glorieux état d'abondance en œuvres d'art, où nous devinons la Grèce par les descriptions de Pausanias, et où nous voyons, dès le xvii* siècle, les menues villes et les bourgades de Tltalie, des Flandres, même de l'Espagne ; — que cette abondance, signe qu'une nation est vraiment grande maîtresse d'art et en pleine expansion de son génie, et que le goût est descendu dans les masses mieux instruites, nous nous la devons à nous-mêmes et que jamais armée ne fut mieux préparée pour la créer que celle qui est aujourd'hui dans nos mains ; — que pour parer à l'entreprise décorative approuvée par vous-même au bénéfice des monuments du pays, ce n'est pas 900,000 francs qu'il conviendrait d'avoir, mais une somme double ou triple, proportionnée en un mot, à la valeur actuelle des œuvres d'art.
Si vous songez, monsieur le ministre, qu'une seule belle œuvre de quelque icpportance, un beau tableau ou un beau bronze des grandes époques, se paye aujourd'hui plus de cent mille francs, et qu'ainsi notre musée du Louvre, avec ses 150,000 francs, ne pourrait en acquérir deux par an ; — que pas un seul livre nouveau, pas une seule publication nouvelle n'ont pu être encouragés cette année par la moindre acquisition sur le fonds des souscriptions aux ouvrages d'art; — qu'en m temps où les professeurs de toutes les autres carrières libérales, dans votre propre ministèi*e de l'instruction publique, ont vu, à bon droit, leurs traitements doublés et triplés, le personnel des professeurs de 'vos écoles d'art est encore demeuré dans un état extrêmement humiliant d'infériorité, qui n'est point fait pour multiplier cette précieuse spécialité des professeurs de dessin, que réclament toute» nos villes industrielles pour les enfants de leurs ouvriers ; — que même, comme je vous le disais tout à l'heure, la direction des Beaux-Arts est le plus souvent à court d'employés, notamment dans le bureau des Beaux-Arts et dans le service de VInventaire des richesses d*art de la France; — qu'elle est à court de ressourses pour opérer avec y les nations étrangères, qui nous les proposent, des échanges utiles de modèles et de moulages ; — que l'École des Beaux-Arts et l'École des arts décoratifs sollicitent toutes deux les agrandissements les plus indispensables au développement de leurs ateliers et- de leurs collections ; — qu'en une année d'exposition universelle, notre direction n'a les moyens ni d'acquérir pour le Luxembourg deux ou trois œuvres éminentes des peintres et sculpteurs des nations rivales, nécessaires pourtant à compléter dans ce musée, et plus tard au Louvre, notre
histoire générale des écoles européennes, ni d*offrir au Musée naissant <le8 arts décoratifs le premier don et le premier encouragement qui certainement devrait venir.de nous;
Vous ^ reconnaîtrez, monsieur le ministre, que notre budget des Beaux-Arts parait plutôt celui d^un riche amateur que celui d'une nation dont l'industrie tout entière ne vit que d'art; où Fart, ainsi que l'ont prouvé les* statistiques officielles, ajoute, par ses applications à rindustrie, plus de trois cents inillions à la richesse publique.
Vous reconnaîtrez, par suite, que la seule vraie réorganisation des services administratifs de la direction des Beaux-Arts consisterait, ■avant tout, dans la révision et l'amplification de son budget, et que pour les commandes et les acquisitions, trois millions, en regard de ces trois cents millions n'auraient rien d'excessif et seraient par tous considérés comme la semence la plus juste et la plus profitable.
Enfin, monsieur le ministre, si de cette réorganisation projetée, il ressort plus tard qu'il convient de ramener vos fonctions de ministre éeê beaux^arts à celles fort sensées que les deux siècles précédents avaient désignées sous le titre d'ordonnateur général des Bâtiments, Arts et Manufactures, ma pensée est qu'il serait navrant d'ajouter à un remaniement complet les difficultés créées, par un budget insuffisant, et aux artistes et À l'avenir de notre école française et à la direc* tion des Beaux-Arts : c'est aujourd'hui, et sans plus tarder, qu'il importe d'assurer à ce qui existe, par un sérieux élargissement des crédits consacrés au cadre actuel de la direction, tout le ressort nécessaire à son plein et fécond fonctionnement.
Je disais, monsieur le ministre, que la direction des Beaux-Arts n'aurait plus désormais à relever, dans des rapports ou dans des arrêtés disséminés, les faits de son administration. Dans les derniers jours d'octobre 1877, M. Brunet, votre prédécesseur, voulut bien approuver la création d'un Bulletin administratif des Beaux-Arts, « Des trois importants services qui composent votre ministère, le département des Beaux-Arts, lui disais-je, est certainement celui qui est le plus mal connu du public, celui sur lequel la presse, qui s'en ; occupe avec une curiosité infatigable, répand le plus aisément les bruits le» plus erronés et parfois les plus nuisibles. Les revues spéciales ne sont pas mieux renseignées sur ses actes que les feuilles politiques, et comme il semble que toutes aient besoin en .ces matières d'un aliment quotidien, elles imaginent ou arrangent au hasard les' inventions les plus étranges. J'ai pensé souvent à utiliser le Bulletin administratifs de Vinstruction publique, soit pour redresser les erreurs ayant cours
63ec L'ANpÉE ARTISTIQUE.
soit pour les prévenir, en introduisant dans ce bulletin les principaux aiTètés ou menus faits qui intéressent la direction des Beaux-Arts. Mais le monde des arts est tellement particulier, que ]*ai éprouvé, par deux ou trois insertions que j'ai tentées dans le Bulletin de l'instruction publique, Tinutilité absolue de ces insertions pour la publicité que Ton voudrait atteindre... Un Bulletin administratif des Beaux-Arts deviendrait une source d'informations sûres pour tout ce qui touche aux choses des beaux-arts, écoles, expositions, nmsées, manufiictures nationales, monuments historiques, missions, conservatoires, thé&tres, etc., actes, décrets, circulaires ministérielles, etc.. Il serait facile, en un mot, de faire de cette publication un répertoire sérieux des renseignements les plus utiles au public de plus en plus nombreux qui s^intéresse aux beaux-arts, en même temps qu'un exposé complet, au jour le jour, des efforts de l'adniinistration... » Depuis lors, ce répertoire parait chaque mois et fournira dorénavant à la presse et aux pouvoirs publics tous les documents qui peuvent les mettre en état de juger 'sûrement et sainement les actes et les intentions de la direction des Beaux-Arts 1. Ce sera là notre histoire la plus certaine, notre Livre de vérité. Nous n'avons rien à cacher dans nos entreprises ni dans leurs mobiles ; nous avons tout à gagner, au contraire, à nous associer le sentiment public et a faire de lui notre aide 0t notre défenseur le plus puissant ; lui seul doit être le juge sincère et loyal de toutes nos tentatives : les artistes sauront bien dire sMls sentent en nous le zèle ardent et l'équité d'un ami ', le public saura bien dire si, avec les ressources 4ont nous disposons, nous pouvons et devons mieux faire dans l'intérêt général du pays.
Tel est, monsieur le ministre, le Vilan des quatre dernières années durant . lesquelles notre sollicitude« s'est portée successivenaent sur chaque point de la direction des Beaux-Arts, et il n'en est guère qui n'ait été complètement remanié et revivifié. Ce résumé des travaux poursuivis.à travers bien des luttes et des entraves, des fatigues et des découragements, vous donnera à penser, je l'espère, que cette Courte période de l'administration des arts en France n'aura été ni inactive ni inutile à notre pays; qu'en tous cas, rien n'aura été négligé pour fournir un digne aliment au patriotisme des artistes français, et le maintenir au niveau de leur talent et de la renommée universelle de
Ce recuoil, qui était, à la vérité, excellent, a été supprimé par le successeur de M. de Chennevières, aussitôt après son entrée en fonctions. Le Bulletin offieiel dès Beaux-Ai'U n'a eu que onze numéros, du. mois d'octobre 1877 au mois d'août 1878. — {Note de l'auteur. )
notre école. Peut-être jugerez-?ous quUl a fallu quelque esprit de suite et quelque ténacité pour mener droit, en des temps naturellement mobiles, les affaires sans cesse renouvelées et toujours impatientes de la direction des Beaux-Arts, car, en ces quatre ans, sept ministres se sont succédé; qu'il a fallu tour à tour éclairer en toute franchise sur la vraie vérité des choses et des hommes, franchise plus d^une fois difficile quand il s'agissait de les prémunir contre les sollicitations mal fondées, ou contre ces doléances intrigantes de la première heure, que connaissent aujourd'hui toutes les administrations. Nous avons accompli notre t&che avec la conviction la plus ardente, le dévouem.ent le plus absolu, avec la passion de la' sincérité et de l'impartialité, de toutes les forces en un mot, de mes collaborateurs et des miennes : eux et moi, nous attendons pour l'ensemble de notre œuvre et pour l'activité qu^elle a suscitée au dehors, quelque justice et quelque estime dans revenir.
J'ai l'honneur d'être, avec un profond respect,
Monsieur le ministre, .
Votre très humble et très dévoué serviteur,
Ph. db Ghbnnevièrbs.
RÉORGANISATION DES SERVICES ADMINISTRATIFS DE LA DIRECTION DES BEAUX-ARTS.
Le ministre de l'instruction publique, des cultes et des beauxarts;
Vu le rapport fait au nom dç la commission des services administratifs par M. Edouard Charton, membre de l'Assemblée nationale, le S décembre 1875; ~
Vu le rapport fait au nom de la commission du budget de l'exercice 1878, par M. Tirard, député ; •
Vu le rapport du directeur des Beaux-Arts en date du 1«' février 1878,
Arrête :
Art. 1*'. — Une commission chargée de préparer un projet de réorganisation des services administratifs de la direction des Beaux-
Arts est instituée près du ministère de Tinstruction publique, des cultes et des Beaux-Arts.
Art. 2. — Cette commission est composée de : MM. le ministre, président;
Le sous-secrétaire d'État, vice-président;
Charton (Edouard), sénateur, membre du conseil supérieur des Beaux-Arts et de la commission des théâtres.
Iambert de Sainte-Croix, sénateur, membre du conseil supérieur des Beaux-Arts et de la commission des théâtres;
TiRARD, député, membre du conseil supérieur des Beaux-Arts;
PROCST (Antonin), député, membre de la commission des théâtres;
Qdicherat, directeur de TÉcole des Chartes, membre de la commission des monuments historiques et de la commission de rinventaire général des richesses d'art de la France ;
•BiARBEAU, conseiller d'État;
Dblaborde (le y^*), secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts ;
Du Mesnil, conseiller d'État, directeur de l'enseignement supérieur;
RoNCHAUD (Louis de), inspecteur des Beaux-Arts;
De Swarte, secrétaire,
Paris, le 2 février 1878.
Signé : A. Bardodx.
Le Président de la République française,
Sur le rapport du ministre de l'instruction publique, des cultes et des beaux-arts.
Vu le décret du 5 septembre 1870, qui a fait passer au ministère de l'instruction publique la direction des Beaux-Arts et des musées,
Décrète :
Art. 1*'. ' — Les senrices des Beaux-Arts forment une direction générale relevant du ministre de l'instruction publique, des cultes et des beaux-arts.
Art. 2. — Cette direction comprend :
1® Une administration centrale composée d'un directeur général, d'un sous-directeur, du personnel de l'inspection des Beaux-Arts et des bureaux désignés ci-après :
Bureau du personnel et de la comptabilité,
Bureau de rencouragement des arts,
— de l'enseignement des arts,
— des monun^ents historiques,
— des thé&tres nationaux,
— des manufactures nationales.
2° Les établissements dont le détail suit :
Les Musées nationaux (Louvre, Luxembourg, Saint-Germain, Versailles).
Le Palais du Luxembourg,
Le Musée de Gluny,
Les Manufactures nationales de Sèvres, des Gobelins et de Beauvais,
L'Académie de France à Rome,
L'École nationale des Beaux-Arts,
L'École nationale des arts décoratifs,
L*École spéciale de dessin pour les jeunes personnes,
Les Écoles des Beaux-Arts dans les départements.
Le Dépôt des marbres.
Le Conservatoire de musique et de déclamation.
Les succursales du Conservatoire dans les départements,
L'Exposition des œuvres des artistes vivants.
Les théâtres nationaux.
Art. 3. — r Le directeur général des Beaux-Arts est le chef immédiat du personnel de l'administration centrale. Il propose au ministre les admissions, les avancements et les révocations.
Il dirige et contrôle tous les établissements ressortissant aux Beaux- Arts ; aucune mesure intéressant le service ou engageant le budget ne peut être prise sans son avis.
Il préside de droit, en l'absence du ministre, toutes les commissions, ainsi que le Conservatoire des musées nationaux.
Il pourra proposer à ce conservatoire des acquisitions d'objets d'art; et, dans le cas où il verrait un danger, dans une opération proposée, il aurait la faculté de s'y opposer, en s'en référant au ministre.
Rien n'est modifié, pour tout ce qui concerne l'organisation du service intérieur des musées nationaux, au décret du 4 mars 1874 et l'arrêté du 6 du même mois ; toutefois le directeur général des Beaux-Arts propose à la signature du ministre toutes les affaires émanant de la direction des musées.
Art. 4. — Les inspecteurs des Beaux-Arts seront chargés de missions, feront des rapports sur toutes les questions qui leur seront iBoumises et pourront être attachés aux travaux d'un service spécial;
ils formeront un conseil qui se réunira, au moins une fois par mois, sous la présidence du directeur général des Beaux-Arts.
Un inspecteur fera partie de droit de chacune des commission des Beaux-Arts.
Art. 5. — Nul ne pourra être nommé employé de l'administration centrale, s'il n*a été déclaré admissible après examen passé devant une commission composée du directeur général et de deux chefs de bureau. Les conditions de cet examen seront réglées par le ministre des Beaux- Arts. Les candidats devront avoir satisfait à la loi sur le recrutement militaire et être âgés de moins de trente ans.
Art. 6. — Les dispositions du décret du 26 février 1878 sur Torganisation de Tadministration centrale du ministère de rinstruction publique, des cultes et des beaux-arts, sont applicables au personnel de l'administration centrale des Beaux-Arts. .
Art. 7. — Toutes les dispositions contraires au présent décret sont et demeurent abrogées.
Art. 8. — Le ministre de l'instruction publique, des cultes et des beaux-arts est chargé de l'exécution du présent décret.
Fait à Paris, le 9 septembre 1818.
Maréchal de Mac Mahon, duc J>E Magenta.
Par le Président de la République :
Le ministre de Vinstruction publique, des cultes et des beaux-arts,
A. Bardoux.
Le Président de la République française, -
Sur. le rapport du ministre de l'instruction publique, des cultes et des beïiux-arts,'
Décrète :
Le décret du 22 mai 1875, constituant le conseil supérieur des fièaux-Arts, est modifié ainsi qu'il suit :