L'Art, n" du 29 septembre
conque avec la pensée et Timpression personnelle », puis les exerce « à traiter de préférence les sujets qui ne leur disent rien et ne peuvent rien leur dire ? » Est-ce manque de grandeur dans la pensée? est-ce le dédain dont notre époque est atteinte pour tout lyrisme ? est-ce impuissance de concentration ? Telles sont les questions qui s'imposent à tous les esprits sérieux chez lesquels n'entre pas simplement le souci de relever, . dans les œuvres des peintres, les incorrections de détail, comme pour un devoir de rhétorique, mais de juger celles-ci dans leurs rapports, c'est-à-dire dans leur accord ou leur désaccord avec les mœurs, avec les aspirations et les courants d'idées du temps présent. A ce point de vue, il faut le dire, le Salon a laissé une assez triste impression, « celle que tout homme ou tout cerveau ordonné doit ressentir devant le gaspillage futile de forces lentement exercées, devant la prodigue dispersion d'efforts tentés à l'aventure, sans direction, sans but, déterminés par le caprice, la fantaisie d'un moment, sans autf e mobile que l'ambition peu élevée de plaire et d'amuser ^ »
La peinture d'histoire, sauf de rares tentatives dont nous allons parler, se manifeste donc seulement au Salon par quelques anecdotes trop solennellement contées, par des restitutions archéologiques d'une exécution précieuse et adroite, mais qui restent froides, enfin par des « mythologiades », comme disait dédaigneusement Bûrger, qui semblent à peu près toutes sorties de la même fabrique, tant elles sont littéralement inspirées par l'idéal rigoureux que l'École des beaux-arts enseigne.