La France
annuelle de M. Henner ne montre même pas une ligne de profil. Ce n'est qu'un corps lumineux, fantastiquement éclairé par un coup de soleil qui resserre sur lui son rayon comme un jet de lanterne sourde. La grotte ténébreuse où elle est cloîtrée n'en reçoit pas un reflet... Et pourtant M. Henûer est un coloriste d'une qualité rare ; il a fait et il fait encore de très beaux portraits. Mais le faux sytème qu'il poursuit avec une obstination si bizarre réduit son talent à un efifet de lumière obtenu par les plus criants procédés du contraste et du repoussoir. Il le conduit à sacrifier la composition, l'intérêt, la recherche de la beauté et de la pensée, au profit d'un prestige d'éclairage dix fois répété. Admire qui voudra ces nus à surprise : je ^proteste ou je me récuse ».
Des avis aussi contradictoires, un tel mélange d'admiration et d'épigrammes prouvent d'abord une chose : c'est que le talent de M. Henner, — quel qu'il soit, — n'est point banal. En second lieu ils donnent à penser gue, malgré ses qualités magistrales et séduisantes, le talent de l'artiste, dans ses transformations laborieuses, a gardé une expression indécise dont s'irritent certains esprits, et que peut-être <( un élément d'erreur se cache dans son charme irrésistible. » Cet élément est-il le fond même du système du peintre, c'est-à-dire « un maximum de clair noyé dans un maximum d'ombre? M. Paul Mantz pose cette question, mais ne la résoud pas*. Quoiqu'il reconnaisse que ces deux toiles ne sont pas faîtes pour satisfaire absolument le regard et l'esprit, ir déclare que « de pareils morceaux sont ceux d'un maître ».