Journal des Débats . 31 mai
qui échaujSent son imagination ^ » L'effort de M. Albert Maignan, dans le Saint Louis consolant un lépreux, a été plus contesté^ et bien qu'on se soit accordé à reconnaître les bonnes intentions du peintre dont le talent est certain, quoique inégal, on a trouvé son tableau « mal conçu *, » la figure de saint Louis « trop approximative » et le lépreux même sans accent. Quant à M. Gustave Doré, dont le Moïse devant Pharaon et VEcce Homo remplissaient entièrement de vastes panneaux, on l'a renvoyé à la sculpture, à laquelle l'habile artiste se livre avec un succès vraiment extraordinaire, car sa couleur de décor, sa facilité effrénée, son dessin a qui s'arrête à l'indication du mouvement sans pénétrer le modelé, intérieur », rendent ses tableaux indignes de sa grande renommée. Nous ne parlons pas de M. Glairin, dont le Moïse, aussi étrange d'attitude que de couleur, a été surnommé H 4'énergumène », et a été considéré coiïime une erreur d'un charmant pinceau.
Il faut dire un mot des jeunes peintres de l'École des beaux-arts qui font delà peinture religieuse : MM. Ferrier, Comerre, Besnard, etc., écoliers bredouillant leur dernière leçon. Le premier surtout, par sa Sainte Agnès, a fait concevoir de véritables espérances en montrant des qualités de décorateur. Voulant représenter sainte Agnès au moment où, amenée dans un lieu de débauche pour servir de proie aux criminels désirs de quelques Romains à moitié ivres, elle est délivrée par un ange vengeur, l'auteur n'a su ni donner à sa composition trop tumultueuse assez* de fermeté et d'assiette, ni prêter à