‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 39 sur 218 · VArt, n<» du 22 septembre · texte numérisé non relu

VArt, n<» du 22 septembre

« il Ta exalté dans le sens du caractère » en lui prêtant les signes de Tavarice. « On admire, daps les musées, dit M. Mantz, des Ribéra qui, mis à côté des toiles de M. Ribot, paraîtraient vagues et anodines *. »

A peu près au même rang que ces figures originales et puissantes, on a placé, — non toutefois sans quelques restrictions, — la Famille D.^ de M. Fantin-Latour, qui, lui aussi, a pu goûter enfin, cette année, les prémices de la popularité. « Son talent est presque une révélation pour le public », dit M. Ph. Burty*. Son tableau représente la famille d'un artiste connu. C'est une collection de personnages assis dans un appartement peint en gris clair, intérieur bourgeois, d'un aspect un peu triste, auquel cependant quelques critiques ont trouvé un air de ressemblance avec ceux de Chardin. « Le charme un peu silencieux et froid qui s'en dégage à l'user est trop subtil pour qu'on ne signale pas comme un coup de maître l'œuvre qui en est empreinte. Tout artifice, tout ce qui pourrait troubler la conscience la plus oiribrageuse a été écarté. M. Pantin n'a jamais trouvé sous son crayon des attitudes plus aisées, sous sa palette , des jeux de lumière et de couleur mieux appropriées aux personnages et à la scène qu'il voulait rendre '. » Cette intimité morale dont l'artiste a su imprégner ses modèles, et que la critique a hautement louée, n'a pu néanmoins faire oublier quelque sécheresse d'exécution, la monotonie un peu froide de la composition, le manque d'éclat, un . trop Qpmplet dédain de la mise en

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