Ibid
scène qui fait que les quatre figures du tableau semblent isolées, juxtaposées, mais non reliées par une communauté d'idées et de sentiments. Aussi quelques écrivains qui avaient vivement goûté, en 1877, le charme de la Lecture de M. Fantiri-Latour, où se trouvaient les deux jeunes femmes représentées encore cette année dans la Famille Z)..., se sont-ils montrés assez sévères pour cette dernière œuvre. M. Castagnary, par exemple, a trouvé « les quatre personnages assez pauvrement groupés et peints sans finesse ni éclat ^ ». M. Paul de Saint-Victor a porté un jugement moins cassant, et tout en constatant que le tableau de Tartiste ressemble « à une lettre de faire part encadrée de noir», il ajoute : « Il est vrai qu'il manie cette couleur difficile avec une habileté et une souplesse peu communes. » Enfin M. Véron, dont l'analyse subtile et consciencieuse a très finement caractérisé le talent de M. Fantin-Latour, après avoir déclaré que le peintre est loin d'avoir chez nous la renommlée qu'il mérite et qu'il possède en Angleterre, termine en disant « qu'il peut et doit devenir un de ceux que le suffrage unanime des connaisseurs impose au respect sinon à l'admiration de la multitude* ».
L'effort de notre école actuelle de peinture est si visiblement tendu vers la représentation rigoureuse et sincère des types, l'idéal contemporain se montre tellement fatigué des à peu-près, des généralités prétentieuses qu'il n'est pas jusqu'aux maîtres les plus réputés du portrait qui n'essayent de rajeunir leur manière par une application plus soutenue, par une simplicité plus sai-