‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 41 sur 218 · L'Art, n<* du 22 septembre, page · texte numérisé non relu

L'Art, n<* du 22 septembre, page

sissante. « 11 faudra se souvenir de Texposition de M. Élie Delaunay, en 1878 », dit M. Paul Mantz. Et, en eflfet, M. Delaunay, qui a pourtant le secret des têtes expressives, puissamment marquées du sceau de l'individualité, n'a point de meilleurs morceaux que les portraits de if"* Georges Bizet et de M. G. C. Sans doute on y a trouvé encore le défaut habituel à Tartiste, cette adhérence de la figure avec le fond de la toile qui fait que ses tableaux sont « comme des maisons qui n'auraient que des façades ». Mais le mouvement, l'intelligence, la vie qui se lisent dans les traits de l'homme, le charme mélancolique et exempt de toute pose qu'on admire sur le visage de la jeune, veuve, voilà des qualités suprêmes qui appartiennent à un art sévère et que jamais l'artiste n'a dépassées. De même, M. Bonnat, « à qui les fantasmagories furent longtemps chères » , li'a pas souvent cherché d'aussi près l'exactitude par le dessin et la couleur que dans le Portrait de M. de Montalivet « chef-d'œuvre d'individualité profonde et de caractère », dit M. Paul de Saint-Victor. « Le vieillard, vêtu d'un habit à boutons de métal, qui trahit un- corps émacié par l'âge, est assis dans un fauteil dont le vert sombre se raccorde avec une harmonie sévère au bleu presque noir du vêtement. » Dans ce portrait, que tout le monde a trouvé « admirable », le peintre a été jusqu'à faire même le sacrifice des empâtements dont il a parfois abusé, ainsi que des ombres un peu noires « qu'on peut encore reprocher à celui de M. Thiers* ». Il serait facile de citer d'autres exemples de cette noble

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