M,. Paul de Saint-Victor
fleurs, on sent tout ce que contenait de tendresse exquise ce cœur resté jeune et sincère.
Parmi les trois ou quatre cents paysages exposés au Salon, combien a-t-on pu en compter qui aient cette simplicité et cette intensité de sentiment, ce mélange de réalité et de poésie ? Un bien petit nombre assurément. Mais en revanche quelle habileté suprême et quelle variété d'efforts, quelle souplesse de main et quelle ardeur chez les artistes jeunes ou vieux, chez ceux qui sont en possession de la renommée, comme chez ceux qui cherchent encore leur voie ! Le paysage qu'on nomme « historique » n'est plus guère cultivé que par de rares fervents. M. Français, par exemple, lui reste toujours fidèle, avec sa noblesse de dessin, le charme de sa composition si harmonieuse, si exquise, dans laquelle, sans avoir la prétention de corriger la nature, il n'introduit que les éléments strictement nécessaires pour transmettre au spectateur l'impression qu'il a lui-même éprouvée. Néanmoins, on lui adressait depuis quelques années un reproche que son Effet de soleil couchant sur le mont Cervin ne fera pas atténuer : c'est de substituer « aux paysages largement éclairés qu'il aime et qu'il savait faire si lumineux autrefois, une peinture uniforme et triste, où domine un vert glauque et sombre qui ne se voit que par exception dans la nature ^ ».
M. Zuber, lui aussi, vise au style. Ses deux tableaux Dante et Virgile, et Soir d'automne, ont obtenu des éloges unanimes, le premier par la grandeur sauvage et dramatique avec laquelle il montre une « nature surnaturelle