‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 46 sur 218 · M. Paul de Saint-Victor · texte numérisé non relu

M. Paul de Saint-Victor

on retrouve « THarpignies des bons jours * », avec un ressouvenir de notre cher Corot, et dont Fexécution « remonte évidemment à une date ancienne * ». Il faut aussi mentionner à part MM. Emile Breton, Eug. Lavieille et Herpin, qui, avec des ihérites inégaux, ont cherché dans les effets nocturnes des impressions nouvelles. Dramatique, mais confus dans sa Nuit de janvier après une bataille, M. Emile Breton n'a guère pour lui que Tavantage d'une tentative. Quant à M. Herpin, son Paris vu du pont des Saints-Pères, le soir, a semblé à M. PauLMantz « digne d'un musée », et il est certain que ces quais profonds, avec leur rangée de becs de gaz agitant de petites lueurs locales sous la grande masse tumultueuse des nuages, cette Seine silencieuse, cette lune voilée laissant entrevoir dans une vapeur fuyante la noire silhouette de Notre-Dame, toute cette tranquillité céleste au milieu de cette ville bruyante, sont d'un effet grandiose et dont la véritë rigoureuse augmente la puissance. M. Pointelin, « qui, dit M. Charles Clément, est un nouveau venu, à ce que je suppose », a obtenu, lui aussi, un. succès, avec sa Prairie dans la Côte-d'Ôr, M. Pointelin n'en est point à ses débuts; son exposition de 1877 avait été fort remarquée ; celle de 1878 a justifié les espérances qu'on avait pu en concevoir. « Il n'a point toute la renommée qu'il mérite, dit M, P. Mantz... C'est le peintre des grands espaces baignés par les humidités du matin, par là discrète vapeur du crépuscule. » La Prairie qu'il présente ne se distingue par aucune forme particulière, mais par la délicatesse de

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