‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 53 sur 218 · Paul de Saint-Victor, Liberté, 18 juin · texte numérisé non relu

Paul de Saint-Victor, Liberté, 18 juin

dans les galeries de M. Goupil, que les spécialistes du genre avaient organisé leur exposition particulière. Nous n'avons donc plus à signaler, dans la série des peintures épisodiques que les œuvres de fantaisie pure qui empruntent leur intérêt soit à ]fL curiosité du costume, soit à la singularité ou au pittoresque du sujet. Dans le Harem marocain, M. Benjamin Constant a décrit une de ces scènes orientales aujourd'hui si connues, où Ton voit nonchalamment couchées sur des divans moelleux de belles jeunes femmes aux vêtements multicolores. « On croirait voir végéter des fleurs. L'âme sommeille dans ces corps oisifs, désirables à la façon des beaux fruits ». M. Beiyamin Constant ne nous a rien appris de nouveau dans cette page éclatante, et il n'a cherché à traduire que des effets de couleurs au lieu de présenter la mystérieuse et fade immobilité du harem. « Le regard s'éparpille sur un papillotage d'accessoires ; il s'accroche à un grand tapis trop bien fait. . . Du talent sur tout cela, des figures jolies et piquantes, une dextérité surprenante dans le travail des étoffes, de fins et brillants morceaux de couleur. C'est le lien qui manque à ce fouillis tapageur; son désordre n'est point un effet de l'art*. » L'Orient semble, au surplus, désintéresser les artistes; après avoir joui d'une vogue étrange, il cède le pas au genre marquis, aux perruques poudrées, aux fripons corsages de soie rose, aux soubrettes délurées. Ce que l'époque Louis XV donne, à l'heure qu'il est, de travail aux peintres, voilà qui est inouï. « Il paraît que cela se vend bien, dit M. Chesneau ^ Les petits pois aussi dans la saison se

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