‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 58 sur 218 · LE SALON. — SCULPTURE · texte numérisé non relu

LE SALON. — SCULPTURE

jeunes gens à qui nous donnons des récompenses nous répondent quelquefois par les plus noires trahisons. Quant à présent, la distinction attribuée à Fauteur de • Samsm et Dalila est pleinement justifiée. »

Puisque nous suivons lk)rdre des récompenses, c'est par M. Delaplanche, qui a obtenu concurremment avec M. Barrias le prix d'honheur, que nous eussions dû commencer. Outre la reproduction en marbre de sa Vierge au lis, ce délicat artiste avait exposé une statue de la Musique d'une grâce pénétrante. Rompant avec la tradition, qui attribue au personnage mythique d'Orphée le privilège à peu près exclusif- de symboliser le plus émouvant des arts, M. Delaplanche a donné à la musique les beautés et les séductions de la femme. « Heureuse conception!... dit M. E. Chesneau^. Enivrée des vibrations harmoniques qui rayonnent autour d'elle, émanant d'elle-même, la jeune enchanteresse, à demi nue, renverse sur l'épaule sa belle tête laurée, son corps ondule

en de souples flexions, les bras se meuvent en de délicieuses élégances : le droit déplié au rythme de l'archet d'ivoire, le gauche se recourbant vers la crosse et lés petits doigts nerveux se posant sur la touche de , l'instrument, comme les nœuds que gonfle la sève ascendante aux tiges fécondes de la saison printanière. C'est bien la musique, cet art qui remue, jusqu'aux profondeurs les plus mystérieuses, tout ce qu'il y a de sensible et de sensitif dans l'homme; c'est le rêve, l'enthousiasme, les généreuses folies, les vingt ans, l'amour. »

On a constaté que notre école contemporaine de

Page 1