‹ L'ANNÉE ARTISTIQUE (volume 2)Chapitre 59 sur 218 · Revue de France, 1" juiUet, 1878, page · texte numérisé non relu

Revue de France, 1" juiUet, 1878, page

lii L'ANNÉE ARTISTIQUE.

sculpture, sans subir, comme celle de la peinture, les mouvements d'une mode passagère et futile, attestait les plus louables efforts de renouvellement. « Il est facile de s'apercevoir, dit un critique, que les œuvres de nos jeunes sculpteurs présentent de moins en moins cette uniformité de caractère qui résulte d'un enseignement classique. » Sans être complètement abandonnées, les traditions de Fart antique ne suffisent plus aux aspirations de notre temps. La Renaissance a été mise à la mode par les œuvres de MM. Paul Dubois, Guillaume, Mercié; d'un côté. Car peaux a poussé vers la recherche de la vie exubérante, du mouvement et de l'expression ardente. Enfin Barye a de fervents adeptes. « L'imitation de Barye se montre d'une manière évidente dans le Lion de Belfort, par M. Bartholdi, dit M. Louis Menard*, l'œuvre la plus importante du Salon par les dimensions et peut-être aussi par le style. C'est un modèle au tiers de l'exécution de la statue colossale destinée à perpétuer le souvenir de l'héroïque défense de Belfort pendant la dernière guerre. L'énergie de la résistance est admirablement rendue par l'attitude calme et flère de ce grand lion, qui semble s'incruster sur le sol de la patrie. Ses larges pattes rigidement tendues brisent la flèche qui lui a été lancée; sa tête droite et menaçante regarde l'ennemi. C'est le type de la majesté dans la force. Ni grincement de dents, ni hérissement de crinière, rien d'excessif, aucune de ces exagérations d'expression qui dépassent le but. »

Les œuvres de M. Eug. Guillaume se distinguent

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